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Claudine Desmarteau, c’est…

Définir Claudine Desmarteau n’est pas une mince affaire. Pourtant à travers la lecture de quelques-uns de ses ouvrages  nous avons tenté de décrypter ce phénomène caché derrière ces cheveux de rock-star.

…Une vision honnête de l’âge ingrat

transformetoiClaudine a cette volonté de complicité avec son lecteur à chacun de ces livres. Elle lutte contre l’inactivité, l’haleine pourrie, l’abus de facebook et la malbouffe. Dans Transforme-toi elle surfe habilement sur les tendances en mentionnant Booba, Nabilla, Zlatan et DSK tout en tempérant avec sa culture des années 70-80 (David Bowie, Bob Marley et Serge Gainsbourg). Elle dédramatise cette période déshonorante en employant une vulgarité tempérée ainsi qu’un humour aussi incisif que désinvolte. S’aventurer comme ça dans les recoins culturels des ados…quelle intrépidité !

Si tu pouvais diminuer un peu...

Si tu pouvais diminuer un peu…

Claudine est incorruptible quand il s’agit d’aborder les transformations corporelles (et c’est pour ça qu’on l’apprécie). On nous parle poils, parties génitales, voix mutante, caractère de merde. C’est bien l’honnêteté. Un carnet de dessin qui a la praticité de faire rire sur la condition difficile à un ado aux taux d’hormones qui crève le plafond. Si elle nous avait dit d’aller brosser nos dents à 14 ans nous l’aurions fait sans broncher tant son aura est grande. Claudine permet de relativiser la période difficile des premiers émois amoureux qui sont généralement peuplés de râteaux qui blessent. Elle nous propose aussi de devenir artiste et de dessiner moult crottes. Vous aurez également le privilège de voir un chat dessiné par Claudine (un chat probablement irradié).

« Certaines parties de ton corps grandissent moins vite que tes pieds [...] la taille n’est en aucun cas une garantie des performances. »
Transforme-toi(Flammarion Jeunesse)
disponible depuis le 21 septembre 2016
9782081373945 – 12€
à partir de 12 ans

…Le langage chatoyant des adolescents

christophercolomboFaut pas prendre les jeunes pour des citrons, Claudine le sait. Grand gourou au style unique, chacune de ses illustrations possède ce trait vif quelquefois mal assuré, à l’image des adolescents bancals. Dans Christopher Colombo, elle met en scène un môme accroc à sa console embarqué par un saucisson à propulsion dans des mondes dangereux et totalement barrés. Christopher s’est-il fait confisquer sa console et s’enfuit dans les tréfonds de son imagination en guise de compensation ? Ou est-il devenu catatonique et baveux à force de trop jouer ? Toujours est-il que Mister Colombo se donne à fond dans ses aventures et ça compte, d’avoir un imaginaire développé.

Christopher Colombo,(Albin Michel Jeunesse)
disponible depuis le 28 septembre 2016
9782226325167 – 13,50€
à partir de 11 ans

janAdmirative des jeunes, Claudine puise depuis des années au fil de ses livres leur langage à la mode. D’ailleurs on a trop le seum qu’une femme plus vieille que nous nous apprenne des expressions telles que OKLM t’as vu (nous aussi on peut être provoc’ Claudine)
Dans Jan, elle s’est lancée le défi de tenir jusqu’au bout de son roman la langue d’une enfant de 11 ans. C’est d’un réalisme social confondant, on se laisse totalement embarquer dans cette écriture, dans ce style, dans ces inventions de mots, d’expressions que tous les enfants de 11 ans entendent et déforment par incompréhension.

Jan(Thierry Magnier)
disponible depuis le 13 avril 2016
9782364748460 – 14,50€
à partir de 11 ans

…Du cinéma et des bandes-son

troublesClaudine c’est aussi le cinéma qui résonne dans ses textes : de Truffaut avec les 400 coups dans Jan – d’ailleurs vous l’avez lu ? qu’attendez-vous ? – en passant par des références telles que I love you Philip Morris, le Secret de Brokeback Mountain et de grands réalisateurs comme David Lynch dans Troubles, ces références font écho aux thématiques du roman telles que l’ambiguïté sexuelle, la jeunesse perdue, les incompréhensions intergénérationnelles et l’avenir incertain. Cet éclectisme nourrit son lecteur à coup sûr. Ce n’est pas un hasard si on referme ce roman avec un clap de fin.

Troubles(Albin Michel Jeunesse)
collection Wiz
disponible depuis le 29 août 2012
9782226242891 – 12€
à partir de 15 ans
teensong

La musique est mémorable dans certains romans, aussi au cœur de Teen Song on trouve Led Zeppelin qui tourne en boucle dans le mp3 d’une adolescente de 14 ans. Ça la regonfle à bloc quand elle écoute certaines chansons « à fond », son père lui offre les dvd de leurs concerts et une gratte n’est jamais très loin…Gainsbourg y est encore présent (ndlr : il est mentionné et dessiné dans Transforme-toi) sur les murs cette fois…Des portraits riches et inspirants toujours dans l’air du temps et Claudine est là pour nous le rappeler.

« Je déteste Sarkozy. En plus il est fan de Johnny Halliday. Alors que quand il était jeune, il aurait pu aller voir Led Zep en concert. La burne » – extrait de Teen Song -
Teen song(Albin Michel Jeunesse)
disponible depuis le 25 mars 2010
9782226209580 – 12,70€
à partir de 12 ans

Claudine Desmarteau écrit des manuels de survie qui nous transportent par ses délires désopilants, ses aphorismes développés qui sont pour le moins addictifs. Les affres de l’adolescence sont impénétrables…sauf si vous lisez un de ses livres. Claudine est irrévérencieuse, on adore.

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La semaine des Claudine

L’année dernière, nous avons fait de bien belles rencontres et il s’avère que deux d’entre elles ont l’audace de porter le même prénom…L’occasion était trop belle alors on s’est dit pourquoi pas les mettre à l’honneur et leur consacrer une semaine ?
lasemainedesclaudine
Vous connaissez sûrement la Claudine des romans de Colette, le col et votre tante fort sympathique qui vous pince les joues, mais en connaissez-vous d’autres ?

Faites place à la Claudine #1

…qui a accepté de répondre à nos questions ! Pour lire l’interview, cliquez sur ses lunettes. Ou le cheval. Ou un géranium. Peu importe, tous les chemins mènent à Rome.
claudinedevey

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Jeu-concours « Il était une fois Lily »

Il y a un peu plus de six mois, Jean-Michel vous parlait d’un album qu’il avait lu en anglais (parce oui, Jean-Michel est non seulement bilingue en morse mais aussi en anglais) et qui s’appelle This is Sadie, de Sara O’Leary & Julie Morstad. Un album qui malheureusement n’était pas encore traduit…
Figurez-vous que son cri du cœur n’est pas resté longtemps sans réponse puisque, aujourd’hui même, Belin jeunesse a fait de cette tendre Sadie une jolie Lily ! :D

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Pour fêter la sortie française de ce superbe album, Belin et Bob & Jean-Michel vous proposent un jeu-concours pour remporter plein de cadeaux en plus du livre ! Est-ce que c’est pas trop chouette ?

Le jeu-concours

Le jeu commence aujourd’hui, vendredi 27 janvier, et se terminera le jeudi 2 février ! Il est ouvert à tous les internautes qui vivent en France métropolitaine et se déroulera sur la page Facebook et le compte Instagram de l’éditeur.
Pour participer, rien de plus simple : une question autour de l’album sera posée chaque jours sur les réseaux sociaux (avec plein d’indices si jamais vous êtes un peu nuls en « cherche et trouve »). Il suffira de donner la bonne réponse, ce qui vous permettra de faire partie du tirage au sort.

Les cadeaux à gagner !

Il y aura pas moins de 10 gagnants !
Les 3 premiers se verront offrir : 1 affiche avec une illustration dédicacée + l’album Il était une fois Lily.
Les 7 autres gagnants recevront l’affiche officielle de l’album, des marque-pages, 1 carnet et 1 badge.

Bonne chance à tous ! :D

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La Voix des Blogueurs #4

Bonjour à tous,

En ce dimanche, c’est une annonce un peu spéciale que nous partageons avec vous : Bob et Jean-Michel font partie depuis cette année du jury de la Voix des Blogueurs ! :D

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Vous connaissez sans doute Tom de La Voix du Livre ? C’est à son initiative qu’est né ce prix, dont nous nous permettons de citer les mots pour vous en expliquer le but :

Il découle d’une volonté commune de mettre en avant les blogueurs et leur travail, mais aussi et surtout des livres de qualité plébiscités par ceux-là et par la communauté des lecteurs que nous formons toutes et tous.
Le principe est simple. Chaque blogueur choisit son coup de cœur littéraire de l’année révolue et le propose aux autres comme sélectionné. Parmi ces romans lus par tous les membres du jury, trois finalistes ressortent et concurrent pour le titre final. Le vainqueur, désigné suite à une assemblée générale des blogueurs, se voit remettre son prix au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.
(lire la suite)

C’est avec un certain ravissement que nous rejoignons le jury composé de sept autres blogueurs et/ou booktubeurs que vous connaissez sûrement (sinon c’est le moment d’apprendre à les connaître car ils sont tous chouettes !) :

La sélection

Cette année, c’est une sélection variée qui doit être départagée par le jury et on vous annonce déjà que ça va être très très dur de se mettre d’accord… :P

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Que pensez-vous de cette sélection ? En tant que lecteurs, vous ne serez pas en reste puisque le prix propose aussi une Mention des lecteurs, qui sera également remise lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. :D Vous aurez toutes les infos en temps voulu ici sur Bob & Jean-Michel mais aussi sur la page Facebook du prix où vous découvrirez également plein de bonus et sans doute des concours pour remporter les livres de la sélection ! :)

Rendez-vous courant octobre pour l’annonce des 3 finalistes !

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L’échappée – Allan Stratton

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Après un thriller sombre et terrifiant, Allan Stratton revient avec un roman tout aussi glaçant ! Paru tout d’abord en 2000 outre-Atlantique, puis revu et corrigé en 2008, L’échappée est le tout nouveau roman de l’auteur paru en France. :)

Leslie est une lycéenne bourrée de problèmes, à l’école comme à la maison. Au point où elle pensait que sa vie ne pouvait pas être plus médiocre, Jason, un nouvel élève du type « cool-et-je-le-sais » entre tout à coup dans son quotidien de fille à la dérive…

Avec les mots de Jean-Michel…

★★★★☆

Allan Stratton a choisir de mettre en évidence une jeune femme timide, naïve, rebelle, avec un léger manque de confiance en elle comme beaucoup à cet âge, qui veut (se) prouver quelque chose…une adolescente normale en somme. Toutes les filles du lycée deviennent envieuses de Leslie lorsqu’elle rencontre Jason. Quelle chance de posséder un tel garçon dans son existence. A tort. Car Jason est un type odieux, du genre à devenir une enflure de première catégorie qui battra sa femme avec à coups de torchon bien placés pour éviter les bleus. Déterminé à contrôler chaque élément de la vie de Leslie, il va la terroriser de façons inimaginables. Le point positif c’est que cette situation va permettre à Leslie de grandir et de s’élever dans le vrai monde : vous savez celui qui est froid, dur, où on ne peut compter que sur sa propre volonté ?
Le côté sombre de la première histoire d’amour est brillamment exploité. Perturbant et captivant, ce roman l’est indubitablement car Allan n’a pas peur de nous montrer à quel point une relation abusive peut être féroce. Un auteur vraiment engagé, ce monsieur Stratton : écrire à travers le cerveau tourmenté d’une adolescente et parfaitement cibler sa psychologie, c’est du grand art.

Allan : plus fort que les plus forts ▼

Allan, auteur de la balle dans son pull en fibres mélangées ▼

…et ceux de Bob

★★★★☆

Un roman glaçant, écrit sous la forme d’un journal intime – exercice demandé par la professeur de français déprimée de Leslie – qui nous plonge dans l’enfer quotidien de la jeune fille depuis sa rencontre avec le beau et sexy Jason. Allan Stratton retranscrit à la perfection les pensées qui agitent l’adolescente sous la coupe de ce « pervers narcissique » et la difficulté qu’elle a à accepter que sa relation amoureuse ne se passe pas « normalement » mais aussi la honte, la peur, la solitude, la colère… Malgré des lueurs d’espoir, Leslie ne trouve aucun soutien du côté des adultes – la proviseure du lycée étant bien la pire ! – et n’est surtout pas prête à la recevoir quand il lui est proposé… Une descente aux enfers terrible et terrifiante tandis que les secrets du garçon sont percés à jour. Avec L’échappée, Allan Stratton signe un roman dur et sans concession, servi par une écriture à la première personne particulièrement accrocheuse. A lire !

L’échappée, Allan Stratton, traduit par Sidonie Van den Dries (Milan)
disponible depuis le 7 septembre 2016
9782745980625 – 13,90€
à partir de 14 ans
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Les pluies – Vincent Villeminot

On vous présentait hier Le copain de la fille du tueur, l’un des nombreux romans de la rentrée de Vincent Villeminot, histoire d’amour en plein thriller. Avec Les pluies, c’est encore une histoire d’amour qu’il nous propose et, même si l’éditeur insiste beaucoup là-dessus sur la quatrième de couverture (peut-être à tort ?), c’est aussi un roman entre aventure et science-fiction… :)

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Depuis des mois, il pleut sans discontinuer. Le niveau des eaux monte et, bientôt, Kosh et Lou doivent évacuer leurs maisons. Tous deux, avec leurs frères et sœur, attendant le retour de leurs parents pour partir mais très vite, il faut fuir. Juste à ce moment, les parents de Kosh arrivent mais un pont se brise et leur voiture est engloutie par les eaux furieuses du fleuve. Les enfants n’ont plus le temps, ils doivent quitter leur village. Réfugiés dans le clocher de l’église, ils attendent que les secours arrivent et tentent de survivre sous une pluie torrentielle et la montée des eaux…

Sous l’eau avec Bob

★★★★☆

C’est dans un monde similaire au nôtre que vivent Kosh et son frère Malcolm, la belle Lou, son petit frère Noah et Ombre, le bébé. Mais ce monde est ravagé par des pluies improbables, qui ne s’arrêtent jamais et qui génèrent des dérèglements climatiques importants. Lorsqu’ils perdent tout, les cinq jeunes sont obligés de survivre comme ils le peuvent et ce serait dommage de vous en dire plus sur leur survie ou l’aventure qui les attend (même si l’éditeur en révèle déjà beaucoup) car ce qui fait l’intérêt du roman, c’est justement cette surprise et cette découverte de ce monde sous les eaux chaque fois que l’on tourne une page. Il y a effectivement une histoire d’amour, celle de Lou et Kosh mais il y a aussi surtout cette confiance à construire entre chacun des enfants, les caractères différents, les difficultés à s’imposer ou se faire respecter, et celles inhérentes aux rencontres qu’ils feront. On retrouve tous les ingrédients d’un bon roman d’aventure : la quête, la séparation, les promesses, l’espoir, mais aussi ceux de l’anticipation ou de la science-fiction à tendance dystopique : la société qui s’effondre, la violence, la loi du plus fort. C’est vraiment prenant et on a hâte de découvrir la suite puisqu’il s’agit en réalité d’un premier tome !

A l’abri avec Jean-Michel

★★★★★

Grands Dieux ! Vincent Villeminot n’aurait pas pu choisir plus terrifiant comme cause mortelle : l’eau. Insidieuse, fourbe et toute puissante : que peut-on faire contre elle lorsqu’elle se déchaîne ? Il nous offre un avant-goût de ce qui, foncièrement, pourrait nous arriver. Bob trouve que ce roman relève de la science-fiction, je pense au contraire qu’il est pragmatique et on ne peut plus réaliste. Nos jeunes protagonistes sont fabuleusement dépeints et aucun n’est laissé au hasard : de Kosh qui devient leader du groupe et adulte par la même occasion, à Lou qui par la force des choses devient presque une mère, Noah et Malcolm qui se vouaient une haine mutuelle futile avant le déluge et désormais se serrent les coudes pour mieux survivre. Tous ont un rôle bien déterminé. Exemplaires et intelligents, ils nous prouvent que la survie est avant tout une question de courage et de ténacité.
Cher Vincent, tu m’as tant fait peur que tu viens de me décider à apprendre à nager.

Sachez que lorsque vous aurez terminé ce roman, une soif insoutenable de connaître la suite des événements se fera sentir. Ce sera dur, on vous prévient vous aurez la langue pâteuse. Le tome 2 ne sort qu’apparemment en février, c’est beaucoup trop long. C’est pourquoi nous vous suggérons à tous de harceler de mots d’amour l’éditeur afin que cette sortie soit accélérée. Vive Vincent Villeminot, vive la collection Lire en grand, vive le harcèlement.

Les pluies, Vincent Villeminot (Fleurus)
disponible le 9 septembre 2016
9782215132141 – 16,90€
à partir de 13 ans
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Trois petits mots – Sarah N. Harvey

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Abandonné par sa mère quand il avait deux ans, Sid a été placé dans une famille d’accueil, chez Caleb et Megan. Quatorze ans plus tard, il est toujours chez eux, où il partage sa vie entre le dessin et l’accueil des nouveaux enfants avec ses « parents ». Un jour arrive Fariza, une gamine mutique qu’il a du mal à apprivoiser. Puis un autre jour, c’est Phil qui arrive, un adulte qui annonce à Sid que sa mère naturelle a disparu et que son demi-frère, dont il ne connaissait pas l’existence, a fugué…

Un petit mot de Bob

★★★☆☆

Malgré son abandon quand il était enfant, Sid a eu la chance d’avoir une belle enfance, une famille d’accueil aimante, dont Caleb et Megan ont fini par devenir ses « vrais » parents. Sa mère biologique, Devi, était une folle un peu hippie qui l’a nommé d’après l’autre nom de Bouddha : Siddhârta. Pas de bol ! Il ne se souvient plus vraiment d’elle mais sait qu’il a hérité de ses cheveux roux. Il a fait le deuil de cette mère au fil des années, et sa vie avec Caleb et Megan, au bord de la mer au Canada, à observer le port et les oiseaux, se balader sur les îles, aller à la plage avec sa meilleure amie Chloé qui parle pour deux, dessiner et dessiner…tout ça lui plaît et lui convient. L’arrivée de Fariza, un nouvel enfant placé, est aussi une belle chose, même si la gamine ne parle pas et ne semble pas beaucoup apprécier les garçons. Sid va tout de même aider Megan dans l’accueil de Fariza et à la mettre à l’aise dans cette famille provisoire. Mais alors que le lien commence à se tisser, c’est le passé de Sid qui ressurgit : Phil, un ami de Devi, vient lui demander son aide pour retrouver à la fois Devi, qui a disparu, mais aussi et surtout Gauvain, son demi-frère dont il n’avait jamais entendu parler ! Première surprise passée, une deuxième : Gauvain a 13 ans, est massif comme un footballeur américain et…est noir ! Sid va alors découvrir toute une partie de la vie de sa vraie mère, dont il ne savait rien, ne s’était jamais soucié et n’est pas sûr d’avoir très envie de découvrir…

Bien que les sujets du roman soient régulièrement traités en littérature jeunesse, l’écriture simple et fluide de Sarah N. Harvey nous emporte dans le récit, nous donnant envie de découvrir un peu plus la vie de Sid, ce qui a bien pu arriver à Fariza et ce que la découverte de sa famille biologique va apporter à Sid, à son cheminement dans la vie. Une chronique familiale qui fait aussi la part belle aux paysages canadiens (Sid vit sur une île) et à de beaux moments de sensibilité entre tous ces personnages cabossés par la vie. Intéressant !

Avec les mots de Jean-Michel

★★★☆☆

C’est la première fois que je lis un roman où la famille d’accueil n’est pas diabolisée, ça fait plaisir ! Ecrit du point de vue de Sid, j’ai apprécié le caractère sain de ses questionnements concernant sa mère biologique, sa colère face à l’abandon, sa rencontre avec sa grand-mère maternelle et celle de son demi-frère. Megan et Caleb influencent positivement les réponses et les actes de Sid, ce sont vraiment des chouettes personnes qui inculquent aux enfants certaines valeurs fondamentales de la vie : l’amitié, l’amour, la tolérance. D’ailleurs chaque adulte dans ce roman est appréciable (attendez de rencontrer la grand-mère de Sid).
Sarah Harvey a sainement traité le thème de la maladie mentale, plus précisément la bipolarité. Elle a réussi à capturer les sentiments complexes de Sid, la colère de son frère Wain envers le monde entier (je l’ai trouvé pénible ce petit teigneux), la peur de Fariza face au reste des êtres humains. Mais ce qu’elle a le mieux exprimé dans son roman reste sans conteste cette grande et belle compassion, qui nous ferait presque croire qu’on peut guérir de tous les maux. Une histoire réaliste et contemporaine où l’espoir et l’optimisme touchent du doigt le lecteur pour mieux le percuter.

Trois petits mots, Sarah N. Harvey, traduit par Laurence Bouvard (Magnard)
disponible depuis le 26 août 2016
9782210962910 – 13,90€
à partir de 14 ans
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Tu ne sais rien de l’amour – Mikaël Ollivier

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Ne vous fiez à cette couverture…étonnante – aussi bien photoshoppée que quand Jean-Michel joue avec Paint – car dessous se cache un très beau roman. ;)

Le jour où Nicolas reçoit un mail de sa mère intitulé « Ce qu’il vous faut savoir », le jeune homme replonge dans ses souvenirs d’enfance. Une période étrange où, dès son plus jeune âge, on le voyait se marier avec Malina, la plus belle fille qu’il ait jamais vu, et aux côtés de laquelle il aime et grandit. Mais très vite, il se pose des questions sur sa famille, son père qui cache sa maladie, sa mère qui semble cacher des secrets et sur l’amour, celui qu’il porte à Malina et celui des adultes…

Bob ne sait rien…

★★★★☆

Qu’est-ce que l’amour ? Peut-on aimer une seule personne dans toute sa vie ? Quelle différence entre amour et désir ? Tant de questions qui hantent la vie de Nicolas, un garçon gentil, discret, à qui on a jamais vraiment demandé son avis, et surtout pas en ce qui concernait l’amour. Depuis qu’il est bébé, il fréquente la belle Malina. Ils grandissent ensemble et, sous la « pression » de la mère de Nicolas, sont promis à se fiancer, à être le couple parfait. Et tout dans leur vie facilite ce destin : ils sont toujours dans la même classe, passent leurs vacances ensemble et dorment même ensemble dès leur entrée dans l’adolescence… Une relation étrange, presque malsaine dans ce jeune couple qui donne au roman une atmosphère toute particulière. Mais la relation qu’entretient Nicolas avec son père et sa mère vont aussi l’amener à se poser des questions sur sa famille et les secrets qu’elle cache… Mikaël Ollivier signe avec Tu ne sais rien de l’amour un roman subtil et touchant, où les secrets et la maladie coexistent avec une très belle réflexion sur l’amour. J’ai beaucoup aimé l’alternance des souvenirs de Nicolas et de cette nuit où il reçoit le mystérieux mail de sa mère, jouant ainsi sur le suspense. C’est vraiment très fin, avec à la fois de la retenue et de l’émotion… une très belle histoire d’amour et de famille qui plaira tout autant aux grands ados qu’aux adultes.

…et Jean-Michel non plus

★★☆☆☆

Bob devrait arrêter de m’humilier en public parce que je me suis améliorée avec Paint alors que lui, ne sait toujours pas faire cuire du riz.
Il y a beaucoup de définitions de l’amour à assimiler dans ce roman : celle de l’amour maternel (d’une mère envers son fils et envers un enfant qui n’est pas le sien), l’amour d’enfance (Nicolas et Malina), l’amour adultérin (on ne spoliera point vous vous débrouillez), l’amour paternel et l’amour d’un fils envers son père. Ça fait beaucoup. J’ai fait une légère overdose. Mais aucun personnage n’est laissé au hasard : tout le monde remplit une définition, un rôle et qu’il n’y ait aucun personnage secondaire donne un poids certain au roman. Je n’ai pas apprécié cette fin qui annonce clairement des tempêtes qui renverseront à coups sûrs cette belle définition de l’adoration sans limite que se portent les personnages les uns aux autres. Existe t-il un amour possible sans culpabilité ? (ma collègue Léa m’a soufflé cette phrase et je n’arrive pas à trouver une réponse). Le roman offre néanmoins une vision positive et juste de l’amour : il est possible de le vivre mais avec des compromis et des difficultés. Un reflet de la réalité pertinent, mais grisant.

Tu ne sais rien de l’amour, Mikaël Ollivier (Thierry Magnier)
disponible depuis le 24 août 2016
9782364749269 – 15,90€
à partir de 14 ans
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Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

Après le succès incroyable de son dernier roman, Les petites reines, dont on attend avec impatience de voir l’adaptation théâtrale ET cinématographique, nous avions également hâte de découvrir le nouveau roman de Clémentine Beauvais dont, à moins d’habiter sur une autre planète, vous avez déjà sans doute entendu parler. :) Bob et Jean-Michel vous le présentent, et une fois n’est pas coutume, sont en total désaccord ! Let the fight begin!

9782848659084,0-3389543Tatiana rencontre Eugène un été. Elle a 14 ans, lui 17, et n’ont rien d’autre à faire que parler… Tatiana tombe amoureuse et semble-t-il que lui aussi. Jusqu’à ce qu’une lettre et un accident les sépare pour de bon. Mais dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard… Adaptation en vers libre du roman de Pouchkine et de l’opéra de Tchaikovsky, tous deux intitulés Eugène Onéguine.

Dans les rêves de Jean-Michel

★★★★★

J’ai su que j’allais aimer ce roman au moment où Clémentine a mentionné Roch Voisine, mais aussi la vitesse de connexion internet de 2006, Msn, Skyblog, Dromadaire.fr, Tchaïkovski et Laurent Binet. Une écriture lyrique, presque théâtrale où les mots gigotent au gré des rimes rendant tout acte décrit, langoureux et délicat. Et l’omniprésence de la fraîcheur, on en parle ?

« Je voudrais un exemplaire de la sensation de ses deux doigts sur mon poignet
Oh là là vous êtes sûre ?
Certaine
Vous savez que ça vous garantis de ne pas dormir avant trois heures, trois heures et demie du matin ces choses-là !
Je sais, mais j’en ai besoin
C’est très addictif, je dois vous avertir.
Je ferai attention
Bon. Si vous le dites. Veillez à respecter les précautions d’emploi. »

Les affres de la passion se dessinent dans le texte de Clémentine, celles des relations amoureuses aussi. On les croit profondes, elles ne sont que superficialité et égoïsme de la jeunesse. On les croit superficielles, elles représentent le véritable amour. On ne sait malheureusement tout cela qu’à la fin, quand tout est brisé. Tatiana et Eugène le savent. C’est mouvementé et efficace « il m’a claqué la porte au cœur » avec des images fortes au fil des rimes. Ma citation préférée reste celle-ci :
C’est frêle, ces jeunes personnes tellement éblouies par le jour, qu’elles ne sont pas apprêtées pour la nuit
Même si l’écriture de Clémentine est douce, il flotte de l’amour amer teinté de violence. Je suis on ne peut plus ravie par la clôture du roman qui offre la certitude qu’une histoire d’amour reste toujours complexe. Tatiana est tiraillée entre la flatterie d’un homme qui l’a rejeté et désormais ne veut qu’elle…et le désir ardant de s’en protéger : c’est si commun mais si peu exploité dans les romans pour adolescents. Jusqu’aux bout des doigts de son auteur donc, l’audace est présente à toutes les pages. Songe à la douceur est un titre bien pensé. Mais tout de même, j’ai hâte d’avoir la réponse à cette question : comment Léa, Guillaume et Florence, respectivement 15, 14 et 13 ans, vont-ils comprendre cette histoire d’amour de trentenaires ? Un livre qui promet en prime de nombreux débats.

Sur un nuage avec Bob

★☆☆☆☆

C’est un roman atypique et audacieux que nous propose Clémentine Beauvais avec Songe à la douceur et s’il remporte déjà tous les suffrages, dont celui de Jean-Michel, Bob a été beaucoup moins emballé. Est-ce cette écriture en vers et sa petite musique indissociable de sa lecture qui a embêté Bob dans son appréciation du roman ? Peut-être. Si l’écriture est belle, avec de très jolies trouvailles comme celles relevées par Jean-Michel, j’ai pourtant eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire d’Eugène et Tatiana, à me laisser transporter par les mots et les émotions. Je me suis parfois ennuyée, c’est vrai, et les personnages m’ont agacés, je n’ai finalement pas été sensible à leur amour contrarié. Un roman étonnant malgré tout, dans sa forme surtout, qui mêle habilement classicisme et modernisme et, tout comme Jean-Michel, je serais curieuse de savoir ce qu’en pensent les ados et si, comme moi, d’autres lecteurs sont passés totalement à côté… :|

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible le 24 août 2016
9782848659084 – 15,50€
à partir de 13 ans