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Juliette et le géant feuillu – Christophe Mauri

Chez les Hidalf détester les Pompous c’est une histoire de famille, c’est aussi évident que les enfants n’aiment pas les légumes. Sauf que Juliette d’Airain adore les légumes et n’a rien contre le jeune Roméo Pompous… Alors qu’elle cherchait de nouvelles rimes pour la célèbre chanson « Oust Oust Pompous », son petit coeur a battu plus fort… ce qui a provoqué un événement extraordinaire. Le marronnier du jardin a commencé à pousser, pousser, sans s’arrêter !

Juliette, comme son frère Mathieu Hidalf (une des séries jeunesses les plus drôles que Lisette a eu l’opportunité de lire), n’a pas froid aux yeux et décide de s’aventurer dans l’arbre magique avec trois lucioles Papi, Pêche et Crac. S’ensuit une escapade tendre et pleine de fantaisie où Juliette va retrouver Roméo.

Comme le célèbre drame Shakespearien ces deux enfants devraient se détester. Sauf qu’ici point d’histoire d’amour mais le temps d’une aventure ils s’affranchissent de la bêtise des parents. Juliette n’oserait jamais désobéir mais son père n’a-t-il pas dit (en parlant de sa femme) que parfois les adultes racontaient d’énormes bêtises et qu’il ne fallait surtout pas les écouter ? Dès lors Juliette se fera un plaisir d’obéir à son père en faisant tout le contraire de ce qu’il recommande !

Cette courte histoire a l’allure d’un conte. Ici point de haricot magique ou de bon gros géant mais un arbre qui devient la scène de théâtre. Ce livre s’adresse à un public plus jeune que la série des Mathieu Hidalf, l’humour de Christophe Mauri est toujours présent et quelques ingénieuses inventions feront briller les yeux des enfants tels deux gouttes de oust-oust. Les illustrations de Lucie Durbiano sont très délicates et l’illustration page 69 fera rêver plus d’un enfant (ça vous rend curieux ?).

Pour conclure, c’est une belle lecture pour les jeunes lecteurs. La grande fan de Mathieu Hidalf que je suis reste sur sa faim, elle aurait aimé ENCORE plus d’humour, ENCORE plus de création ! Donc elle va relire sa saga d’amour. Christophe Mauri ❤️ forever !

Juliette et le géant feuillu, Christophe Mauri, illustré par Lucie Durbiano (Gallimard Jeunesse)
disponible depuis le 19 mai 2022
9782075158091 – 12,90€
à partir de 7 ans
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Le concours de cabanes – Camille Garoche

Chers membres du jury, la finale du concours de cabane est là ! Une grue globe-trotteuse nous convie à découvrir les cabanes concoctées par les enfants du monde entier. Elle plie ses bagages : des jumelles pour bien observer les détails (très utile), de la crème solaire spéciale plume (car nous allons voyager loin), de la nourriture et c’est parti pour un sacré voyage.

Il fallait bien un très grand album de 40 pages pour mettre tous les détails croustillants que l’autrice et illustratrice Camille Garoche nous offre. Ouvrez grand les yeux ! Elle a fait un livre avec tout ce que les enfants aiment : des cabanes, des arbres, des animaux, des goûters et fourmillant de détails. Les lecteurs sont conviés à un voyage fascinant où tous les enfants rivalisent d’ingéniosité pour imaginer la plus incroyable des cabanes. D’arbre en arbre, notre guide nous dévoile des arbres extraordinaires : camphrier, cyprès, cèdre du Liban… Les arbres deviennent de véritables palais architecturaux, notre seule envie est de grimper à notre tour pour lire et goûter.

Un très bel album pour rêver, observer et s’instruire. À noter que les enfants sont invités à voter en fin d’album pour leurs cabanes préférées ou à envoyer le dessin de leur cabane rêvée. N’hésitez donc pas à participer. Je suis curieuse de savoir quelle cabane va gagner ! Lisette va dessiner une cabane dans un sapin de Noël, parce que bon c’est la cachette idéale pour boire un chocolat chaud et manger des biscuits à la cannelle (non c’est pas la saison mais Lisette s’en moque).

Le concours de cabanes, Camille Garoche (Little Urban)
disponible depuis le 6 mai 2022
9782374084190 – 15,90€
à partir de 4 ans
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Scarlett et Browne, t1 : Récits de leurs incroyables exploits et crimes – Jonathan Stroud

Scarlett sait que le secret d’une hors-la-loi, c’est sa rapidité. Voyager léger, n’avoir ni attache, ni allégeance. Elle pille une ville, passe à la suivante. Dans cette Angleterre post-apocalyptique tout a été anéanti par des catastrophes naturelles. La nature est peuplée de monstres mais les villes ne sont pas des endroits sécurisées pour autant. La rencontre avec l’étrange Albert Browne va changer le cours de l’existence de Scarlett… et la transformer en véritable course-poursuite.

Western sanglant, univers hostile, aventures prenantes, mystères, pouvoirs surnaturels… ce roman ne laisse absolument aucun répit ! Attention aux coeurs sensibles, certaines scènes (de manière très sporadique) sont dignes de scènes d’horreurs. Véritable page-turner ce roman de Jonathan Stroud, l’auteur de la Trilogie de Bartiméus et de Lockwood & Co, nous offre un premier tome très percutant ! Il s’agit d’une immense course poursuite, un concentré d’action, de combat, de vol à mains armée. Cependant, ce shot d’adrénaline interroge également sur la liberté, la sécurité et par dessus-tout la tolérance.

L’univers de ce roman se découvre petit à petit, au fil de l’avancé des personnages. L’auteur nous dévoilera les dangers, les lois qui peuplent ce nouveau monde, les religions qui s’y développent. Albert est à l’image de la découverte de ce royaume, il n’est pas aussi inoffensif qu’il n’y paraît au premier regard. Scarlett va vite découvrir que ce garçon naïf cache de sombres secrets qui mettent leurs vies en danger !

Ce duo improbable fonctionne très bien, et de nombreux mystères sur leurs passés et sur leurs personnalités restent à découvrir. On imagine Scarlett comme une jeune Calamity Jane, sans foi ni loi qui refuse de se plier aux règles d’une société arbitraire. Albert serait un mélange de Sheldon (Big Bang Theory) et de Eleven de Stranger things (mais j’en dis déjà trop…). J’espère que la suite des aventures sera centrée sur le développement des personnages plus que sur l’univers hostile.

Pour conclure, ce roman est une aventure explosive dans un monde combinant Far West et une Angleterre post-apocalyptique inondée. Une aventure palpitante dans un nouveau monde inventif qui s’adressera à des très bons lecteurs.

Scarlett et Browne, Tome 1 : récit de leurs incroyables exploits et crimes , Jonathan Stroud, traduit par Laetitia Devaux (Gallimard jeunesse)
disponible depuis le 1 avril 2022
9782075158992 – 17,50 €
à partir de 16 ans
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Dans la cité électrique, Le cercle des veilleurs – Sarah Andrès

Oscar et sa soeur Livie Addington ont toujours habité dans une chic pension londonienne. D’aussi loin qu’Oscar se souvienne, l’établissement a toujours été sa maison, sa soeur son unique famille et le nom de sa défunte mère son seul lien avec son passé. Mais le jour de ses 12 ans, Oscar se voit remettre par le directeur une drôle de boîte contenant une montre ainsi qu’une lettre lui quémandant de traverser un miroir. Rien que ça !

Dans ce premier tome, à l’atmosphère steampunk, Oscar et Livie, vont se retrouver dans un Londres parallèle, appelé Londonium. Dans cette ville il ne faut pas se fier aux apparences : ici l’électricité est une arme et la lumière permet de créer des illusions aussi fantastiques que réelles. Cet univers très original, Oscar le découvre grâce aux Veilleurs. Ce regroupement de scientifiques, dont sa mère faisait partie, voyagent entre les mondes. Petit à petit, Oscar va en découvrir plus sur sa famille et sur les pouvoirs qu’apporte la science de la lumière. Mais, pour une mystérieuse raison, le dirigeant de la ville Sir Alexander s’intéresse beaucoup à Oscar et à sa soeur.

L’univers de La cité électrique est foisonnant et très complexe : complots, faux-semblants, mystères, secrets… ce premier tome est source de beaucoup d’interrogations. Certains rebondissements (sur la fin) sont dignes d’excellentes séries fantastiques… on sent que l’autrice sait parfaitement où elle veut nous emmener ! Le personnage de la petite soeur est à croquer, elle fait bêtises sur bêtises, aime regarder les livres à l’envers, colle des mouches sur son herbier. C’est une bouffée d’air frais dans ce monde que l’on imagine très sombre.

Ce roman faisait partie des trois finalistes du concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse – RTL – Télérama en 2018. (A l’époque c’était Kamel Benaouda qui avait remporté le concours avec Norman n’a pas de super pouvoirs.) Ce récit d’aventures merveilleux dans un Londres rétro-futuriste n’a donc pas fini de parler de lui puisqu’il est annoncé comme le premier tome d’une trilogie ! Avis aux très bons lecteurs et amateurs de steampunk !

« Quand tout va mal, que vous n’avez sauvé personne, que vous êtes dans de sales draps, prisonnier dans un monde étrange, loin de chez vous, faire la fête pour oublier vos problèmes peut paraître une bonne solution. »

Dans la cité électrique, t.1 Le cercle des veilleurs, Sarah Andrès (Gallimard Jeunesse)
disponible depuis le 10 mars 2022
9782075148368 – 16€
à partir de 12 ans
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Les histoires ça ne devrait jamais finir – Esmé Planchon

Zora tient un blog consacré à l’univers de la saga littéraire des Mondes Invisibles de Maria Zumaï. Zora est une des autrices de fanfictions les plus lues des forums de fans, c’est une référence dans la communauté. Mais dans la vraie vie, en dehors d’Internet, Zora s’appelle Lucien, c’est un adolescent de 16 ans, timide et renfermé. Il aime se promener seul dans ses pensées autour d’un lac, lire et re-re-re-re lire les romans. Sa vie ne tourne qu’autour de ces livres. Jusqu’au jour où une annonce va bouleverser les lecteurs des Mondes Invisibles, un tremblement de terre. La série va rester inachevée, le quatrième tome tant attendu ne verra jamais le jour ! Lucien décide, en compagnie de deux fans, de mener l’enquête pour découvrir l’identité de Maria Zumaï afin de la supplier d’offrir aux fans la suite.

Imaginez si J.K Rowling avait arrêté Harry Potter au sixième tome ? Ou une autre de vos sagas préférées ? De quoi donner des sueurs froides aux lectrices et lecteurs que nous sommes ! Depuis ses dix ans, la vie de Lucien tourne autour de ces romans. »S’il y avait eu des biscuits Maria Zumaï, je me serais sûrement nourri exclusivement de ça. » dit-il. Lucien préfère la fiction à la réalité. Sa vision du monde est douce, mélancolique et douloureuse. Si Lucien est toujours plongé dans cette saga c’est en mémoire de son meilleur ami Max. Max avec lequel il a découvert cette saga et qui est décédé à l’âge de 12 ans. Cette année là, les yeux de Lucien, d’un bleu lumineux, ont foncé vers un bleu plus sombre.

Ce roman c’est de la poésie brute, c’est de l’amour pour les livres mais aussi pour la vie. Ce sont des personnages complexes, si loin des préjugés, toutes en nuances de couleurs. C’est un hommage à tous les livres lus sous la couette, à tous les livres relus, à toutes les conversations autour de la lecture avec une boisson chaude, à toutes les histoires qui nous aident à nous construire et à nous déconstruire, à tous les lecteurs.

La prose de l’autrice Esmé Planchon est douce, onirique, d’une justesse touchante. Elle est une magicienne des couleurs. C’est admirable, poétique tout en gardant les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Les pensées de Lucien vagabondent telles la plume de l’autrice. Etre témoin de sa transformation douce et profonde est un pur bonheur. On resort de ce livre avec l’envie de sourire à sa bibliothèque, pleine de gratitude.

J’aimerais vous inviter à plonger dans ce roman comme l’on plonge dans un lac, un beau jour d’été, en sachant que cela nous fera du bien. Outre l’écriture sublime, le monde de la littérature, les personnages attachants, l’enquête fascinante pour retrouver la trace de l’autrice anonyme, on trouve aussi une romance distillée dans les chapitres. Une histoire d’amour maladroite, irrésistible, qui fera fondre les petits coeurs. Cette idylle permettra à Lucien de faire éclore son identité queer et de concilier ses personnalités avec sensibilité. Vous l’aurez compris, ce roman est un coup de coeur 💙.

Les histoires, ça ne devrait jamais finir, Esmé Planchon (Bayard)
disponible depuis le 9 mars 2022
9791036335846 – 13,90€
à partir de 12 ans
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Puffy et Brunilde, t1. Soupirs magiques – Barbara Cantini

Puffy est un petit chat noir, dodu, à la pointe de la queue blanche. Jusque là, rien de spécial. Mais quand Puffy, en proie à une désir, soupire… il lui arrive des choses très étranges ! Mais le temps passe et Puffy n’est adopté par aucun humain. Il décide alors de quitter son panier pour trouver sa voie.

De l’autre côté, nous avons Brunidle. Une jeune apprentie sorcière qui n’attend qu’une chose : l’apparition de son chat, le compagnon indispensable pour son premier vol sur une balais. Même si vous l’aurez deviné (rien qu’au titre de cet album) nos deux personnages vont se retrouver mais vous serez surpris de l’aspect inattendu que va prendre cette aventure ! Le scénario est jubilatoire, le texte est travaillé, cet album sera je l’espère le premier d’une longue série.

Barbara Cantini nous offre un album tendre, drôle et ensorcelant qui ravira les enfants et les plus grand ! Avec ses crayons et son style inimitable, Brunilde et Puffy prennent vie dans un tourbillon de couleurs et d’espièglerie. Les illustrations fourmillent de détails surtout lorsque l’on découvre la vie de la sorcière Brunilde : potions, livres magiques, mixture… vous prendrez plaisir à décortiquer sa maison. Un album à découvrir pour mettre un peu de magie dans sa vie !

Puffy et Brunilde, t1. Soupirs magiques,Barbara Cantini, traduit par Béatrice Didiot (Albin Michel jeunesse)
disponible depuis le 2 mars 2022
9788804731856 – 12,90€
à partir de 6 ans
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Gallant – V. E Schwab

La jeune Olivia Prior est à l’orphelinat de Merilance depuis toujours. Cette sinistre institution ne ressemble en rien à un foyer. Muette de naissance, Olivia y est persécutée. Personne ne connait la langue des signes, elle est coincée dans son propre monde, solitaire. Seuls des fantômes lui tiennent compagnie… Tout ce qu’elle sait de son histoire lui vient du journal intime de sa mère, avant que celle-ci ne sombre dans la folie. La folie est-elle contagieuse ? Qu’est-il arrivé à son père ? Les derniers mots de ce précieux carnet sont « Tu seras à l’abri tant que tu ne t’approcheras pas de Gallant »…Qu’est-ce que cela signifie ? Un jour, l’orpheline apprend qu’un oncle l’a enfin retrouvée et l’invite à venir vivre dans le domaine familial de Gallant. Olivia n’hésite pas une seconde à s’y rendre. Elle veut fuir cet orphelinat, découvrir son passé ; peut-être avoir une famille ? Cependant, à peine arrivée, Olivia découvre que son oncle n’a jamais pu lui écrire car il est décédé ! Son cousin Matthew lui ordonne de fuir sans explication aucune…

Faut-il encore présenter V. E Schwab ? Reconnue pour La vie invisible d’Addie Larue et de Cassidy Blake elle est une autrice phare du catalogue de Lumen et trouve parfaitement sa place dans les rayons de fantasy / fantastique. C’est donc avec beaucoup d’attente que Lisette s’est jetée dans la lecture de ce roman, qu’elle a dévoré en deux jours ! Mais il y a un mais…

Lisette est très embêtée pour ce livre, elle aurait aimé adopter Olivia et l’univers de Gallant mais ce ne fut pas le cas. Cependant si vous êtes amateurs de romans gothiques, d’ambiance sombre… ce livre est écrit pour vous ! Surtout que beaucoup d’atouts feront, nul n’en doute, plonger les jeunes lecteurs et lectrices dans une lecture frénétique (telle Lisette happée par le rythme parce que oui on veut connaître la suite des aventures !)

Si on se penche sur les personnages, Olivia est têtue, muette, orpheline, voit des goules (les fantômes) mais son personnage reste peu attachant (contrairement à Addie dans son livre précédent). Voir Olivia se battre contre les secrets et le silence étouffant donnent envie de crier pour elle. Elle va devoir déterrer seule secret après secret pour comprendre ce qu’il se passe dans la maison. Le reste du casting est assez mince can on rencontre seulement le cousin Matthew et un couple de domestiques.(J’aurai aimé que plus de temps soit consacré au développement de ce duo). Le personnage le moins convaincant reste le « méchant » (nous dirons cela pour ne pas trop spoiler), celui-ci est trop terne, simpliste et peu crédible en tant que représentant du dernier soupir.

Lisette tire son chapeau à l’autrice, pour sa capacité à créer l’attente et l’envie furieuse chez le lecteur de tourner les pages. Elle a lu le livre d’une traite voulant connaître la suite dare-dare. Une fois le livre terminé, c’était un capharnaüm sans nom dans sa tête. Un mélange de « oh! C’est touchant » et « mon dieu tout ça pour ça ». Niveau style, il comporte malheureusement beaucoup de répétions : ça chuchote à toutes les pages, les secrets abondent et les ombres s’entremêlent à tous les chapitres. Le texte oscille maintes fois entre le monologue intérieur d’Olivia et le journal intime de sa mère. Cette alternance continuelle nuit au rythme de l’histoire.

Ce roman se range à côté du Passage du diable d’Anne Fine dans le coeur de Lisette (il y a des similitudes intéressantes : les maisons, l’ambiance gothique, un côté diabolique). Il faut souligner la beauté de l’édition de Lumen. Les illustrations fantomatiques qui ponctuent les chapitres, de manière très juste, nous plongent dans l’ambiance. Bref, vous l’aurez compris Lisette est partagée. Elle reconnaît toute l’ingéniosité de l’autrice mais les portes de Gallant ne se sont pas ouvertes pour elle. Et vous chers lecteurs, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à nous donner votre avis en commentaire ou message privé !

Gallant, V.E Schwab (Lumen)
disponible depuis le 10 mars 2022
9782371022805 – 16 €
à partir de 13 ans
Son
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Sous-sol – Martine Pouchain

A cause d’une catastrophe à l’échelle de la planète, toute vie a été anéantie. Avec ses parents et sa sœur, Leslie s’est réfugiée dans le sous-sol de leur maison, attendant le moment où il sera possible de revenir à la surface, où les Elus comme elle et sa famille pourront reprendre possession du monde et le façonner à leur image. Mais l’attente est longue pour deux jeunes filles qui rêvent d’un avenir grandiose…

Enfermée dans le sous-sol de leur maison depuis qu’elle a quatre ans, Leslie ne se souvient pas de grand-chose du monde d’Avant. Seules les histoires racontées par son père et les horribles photos sur le mur pour se souvenir de l’apocalypse lui permettent de se rappeler, peut-être, quelques éléments de ce monde que les bombes et les virus ont dévasté. Avec sa grande sœur Amy, elles n’ont plus que quelques livres de contes, et notamment celui de Rapunzel (Raiponce), pour occuper leurs journées monotones dans cet espace confiné tandis que seul leur père remonte à la surface – avec un masque – pour cultiver leur potager dans une serre protégée. Alors que les années passent et que les filles grandissent, leur impatience de retourner En Haut se fait de plus en plus grande. Et lorsque la puberté arrive pour Amy, la fébrilité est à son comble. Mais leur père ne cesse de leur expliquer que le moment n’est pas encore venu, que le monde est toujours aux prises de loups dégénérés, et qu’il faut encore attendre. Mais combien de temps encore ? Alors qu’Amy tient tête à son père et que sa mère perd espoir, Leslie tente de garder la tête froide mais les choses ne se passent pas aussi bien que le père le voudrait…

Dans ce court roman aux accents post-apocalyptique dont il est bien difficile de vous parler sans vous révéler le fin mot de l’histoire, sachez en tous cas que Martine Pouchain ne manquera pas de vous rappeler ces sensations parfois étouffantes du confinement pour une mise sous tension très réussie. Le dénouement pourra vous surprendre ou pas du tout et aura peut-être un goût de trop rapide (c’est le cas pour moi) mais tout le développement de l’histoire est captivant. Car il est avant tout question de comment s’articule un groupe de personnes, une famille, dans un environnement aussi resserré et accablant, comment on grandit dans cet espace où il n’y a jamais de nouveauté, jamais de stimulation extérieure, seulement la solitude et l’entre-soi, la croyance d’un paradis qui s’ouvrira pour une poignée d’élus. C’est fascinant et glaçant, et bien plus encore lors de la résolution et de la note de l’autrice en fin d’ouvrage. Diablement efficace !

Sous-sol, Martine Pouchain (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 2 février 2022
9782377317219 – 16€
à partir de 13 ans
Son
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Enterrer la lune – Andrée Poulin

Dans un petit village en Inde, Latika déteste la Lune. Car elle est la raison pour laquelle elle et toutes les autres filles et femmes de son village sont obligées d’aller dans le champ de la Honte. Elle est la raison pour laquelle sa grand-mère est alitée, pour laquelle sa tante pleure tout le temps et pour laquelle les filles ne peuvent plus aller à l’école une fois qu’elles sont devenues femmes… Alors lorsqu’un représentant du gouvernement, M. Samir, se présente dans son village, Latika est prête à briser les tabous pour concrétiser une idée qui changera sa vie.

Ce champ de la Honte, c’est celui dans lequel Latika et les autres femmes du village sont contraintes de faire leurs besoins. Car il n’existe pas de d’installations sanitaires, comme pour 4 milliards d’autres personne dans le monde (un chiffre ahurissant !). En plus du manque d’hygiène, d’intimité, les risques sont grands pour ces filles qui doivent attendre la nuit pour se soulager en secret. Comme pour sa grand-mère qui est alitée à cause d’une piqûre de scorpion dérangé pendant la nuit, ou sa tante qui a perdu son bébé à cause de la fièvre et du manque d’hygiène. Alors Latika déteste la nuit, cette Lune qui l’éclaire si faiblement pendant qu’elle doit se cacher pour accomplir un besoin qui semble si simple et évident et lui enlève sa dignité, ce champ qui est le symbole de cette honte que les femmes doivent cacher et accepter sans rien dire, cette inégalité qui la sépare des garçons, qui l’empêchera de poursuivre ses études à l’école lorsqu’elle atteindra la puberté. Pour raconter cette injustice, Andrée Poulin a choisi le vers libre, une succession de textes courts et poétiques qui disent la honte, la colère, la pudeur et la détermination de cette jeune fille courageuse et idéaliste qui profitera de la venue de M. Samir pour oser prendre la parole et demander des toilettes pour toutes les femmes de son village.

Un texte subtil et délicat merveilleusement illustré par l’illustratrice indienne Sonali Zohra. Des couleurs chatoyantes et vibrantes, avec une dominante du violet, qui illuminent complètement ce récit plein d’espoir. Un roman qui permettra également de prendre conscience de ces privilèges qui nous semblent acquis, mais ne le sont pas pour toutes et tous.

Enterrer la lune, Andrée Poulin, illustré par Sonali Zohra (Alice Jeunesse)
collection Deuzio
disponible le 10 février 2022
9782874264801 – 14€
à partir de 10 ans
Son
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Les étincelles invisibles – Elle McNicoll

Addie est autiste. Cette année, Mlle Murphy, son enseignante, lui montre autant de mépris que certains autres élèves qui se moquent de sa différence. Le jour où, lors d’un cours d’histoire, il est question de femmes exécutées à l’époque de la chasse au sorcière dans sa ville d’Ecosse, Addie est bouleversée. En se renseignant sur ces femmes qu’on appelait sorcières, elle réalise qu’elle a peut-être beaucoup en commun avec elles. Addie décide alors de mener une campagne pour que la ville honore par un monument ou une plaque commémorative ces femmes injustement traitées.

L’affirmation de soi, le droit à la différence, l’acceptation de l’autre, autant de thèmes que l’on retrouve dans ce roman d’une grande sensibilité. Elle McNicoll, elle-même autiste, se nourrit sans aucun doute de sa propre expérience pour nous offrir le personnage d’Addie, jeune écolière pour qui les lumières trop fortes ou la lecture des visages peuvent être une difficulté dans la vie de tous les jours. Passionnée par les requins, grande lectrice et toujours fourrée à la bibliothèque de l’école ou à la librairie (avec un très chouette bibliothécaire et une super libraire en prime – tout ce qu’on adore !), Addie a besoin d’aller toujours au fond des choses quand un sujet l’intéresse et ne se promène jamais sans son thésaurus offert par sa grande sœur Keedie, autiste elle aussi. Ainsi, lorsque le passé de la petite ville de Juniper (pas loin d’Edimbourg) est abordé en classe, et que Addie découvre le sort réservé à une cinquantaine de femmes du village voilà quelques siècles, il lui faut tout savoir pour comprendre comment une telle chose a pu se produire. Et Elle McNicoll réussit très finement à faire le parallèle entre l’autisme d’Addie et les raisons qui ont pu conduire une population à exécuter des femmes innocentes. Car sans doute étaient-elles elles aussi « différentes », autistes ou neuroatypiques. La volonté d’Addie à réhabiliter ces femmes, et à inciter les autorités de sa ville à rendre hommage aux victimes par le souvenir, va être le fil rouge de cette histoire qui s’intéresse aussi aux relations qu’Addie a avec sa famille, notamment ses sœurs (ses parents sont plutôt laissés de côté et c’est peut-être le seul point noir du roman), ses amies (ancienne et nouvelle) et surtout sa maîtresse, personnage particulièrement détestable.

Malgré la violence des propos ou des actes de la maîtresse ou des camarades de classe d’Addie, Les étincelles invisibles est un très beau roman, délicat et lumineux, qui invite à la tolérance et à prendre conscience que le monde n’est pas conçu pour tous.tes et que certain.es le perçoivent différemment. Eclairant et passionnant, le roman ne manquera pas de vous toucher au cœur grâce à ce personnage si fort, si juste et si attachant. Une très belle découverte et un très beau texte sur l’autisme.

Les étincelles invisibles, Elle McNicoll, traduit par Dominique Kugler (L’école des loisirs)
collection Médium
disponible depuis le 15 octobre 2021
9782211001861 – 13,50€
à partir de 12 ans