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L’amie de papa – Angela Portella et Léa Mazé

Une petite fille s’impatiente, ce soir l’amie de papa va venir ! Elle a hâte de l’accueillir et surtout elle aimerait qu’elle reste ! Elle va chercher toutes les excuses pour la faire rester. La petite fille range bien sa chambre, se coiffe et dès l’arrivée de l’amie de papa, elle lui montre ses dessins, lui raconte quantité de choses pour l’accaparer et retarder l’heure de la séparation…

Au départ, je pensais que cet album parlerait de l’envie de certains enfants de voir leurs parents retrouver l’amour, tomber amoureux. Un besoin urgent des enfants que leur parent ne soit pas seul, de faire comme tous les couples et d’être deux. « Je veux tellement qu’ils soient amoureux dit-elle ». C’est ce que j’imaginais. Mais j’avais tort.

Cette histoire va au delà. Cet album tendre et puissant, parle de la séparation des parents, vécue à travers les yeux de cette petite-fille, du désir profond de remettre ses parents ensemble. Le texte est délicat, tendre, ciselé et d’une justesse comme j’ai rarement vu sur ce sujet.

L’album est porté par les sublimes illustrations de Léa Mazé qui traitent ce sujet avec finesse et sensibilité. Une petite fée apparaît dès les gardes de l’album et suit la petite fille, comme un prolongement d’elle-même. Elle est très expressive, elle va refléter l’état émotionnel de l’enfant tout au long de l’histoire. Les couleurs sont subtiles, un camaïeu de bleu, un orange doux mettent en avant les détails accrocheurs.

Un album à mettre entre toutes les mains des enfants séparés (et les autres aussi). Il est tendre et subtil. 32 pages de tendresse. 32 pages d’amour. Certes cet album n’aidera pas à apaiser la douleur de la séparation mais il permettra d’ouvrir des très belles conversations, de montrer à tous les enfants de parents séparés qu’ils ont un rêve en commun, irréalisable, certainement, mais bien réel. Une ribambelle de sentiments font leur apparition : l’excitation, le doute, la manipulation… pour obtenir ce que la petite fille souhaite. Vous l’aurez compris : un sans-faute pour Lisette !

L’amie de papa, Angela Portella, illustré par Léa Mazé (Little Urban)
disponible depuis le 23 septembre
9782374081625 – 14.50€
à partir de 4 ans
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Le concours de cabanes – Camille Garoche

Chers membres du jury, la finale du concours de cabane est là ! Une grue globe-trotteuse nous convie à découvrir les cabanes concoctées par les enfants du monde entier. Elle plie ses bagages : des jumelles pour bien observer les détails (très utile), de la crème solaire spéciale plume (car nous allons voyager loin), de la nourriture et c’est parti pour un sacré voyage.

Il fallait bien un très grand album de 40 pages pour mettre tous les détails croustillants que l’autrice et illustratrice Camille Garoche nous offre. Ouvrez grand les yeux ! Elle a fait un livre avec tout ce que les enfants aiment : des cabanes, des arbres, des animaux, des goûters et fourmillant de détails. Les lecteurs sont conviés à un voyage fascinant où tous les enfants rivalisent d’ingéniosité pour imaginer la plus incroyable des cabanes. D’arbre en arbre, notre guide nous dévoile des arbres extraordinaires : camphrier, cyprès, cèdre du Liban… Les arbres deviennent de véritables palais architecturaux, notre seule envie est de grimper à notre tour pour lire et goûter.

Un très bel album pour rêver, observer et s’instruire. À noter que les enfants sont invités à voter en fin d’album pour leurs cabanes préférées ou à envoyer le dessin de leur cabane rêvée. N’hésitez donc pas à participer. Je suis curieuse de savoir quelle cabane va gagner ! Lisette va dessiner une cabane dans un sapin de Noël, parce que bon c’est la cachette idéale pour boire un chocolat chaud et manger des biscuits à la cannelle (non c’est pas la saison mais Lisette s’en moque).

Le concours de cabanes, Camille Garoche (Little Urban)
disponible depuis le 6 mai 2022
9782374084190 – 15,90€
à partir de 4 ans
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La machine à câlins – Scott Campbell

machineàcâlins

Si vous n’avez pas été câliné aujourd’hui, gaffe à la machine à câlins qui traîne sournoisement à la recherche de sa proie. Cet agresseur pour le moins tendre vous attend peut-être au coin de la rue, tapi dans l’ombre, prêt à vous enlacer le plus chaleureusement possible… Un petit garçon se réinvente « robot » doté d’un super pouvoir : la machine à câlins est lancée et personne ne peut y échapper.

★★★★★

Irrésistible, cet album plein d’humour et de tendresse (indéniablement) définit avec brio la définition du câlin : une arme encore méconnue qui peut faire des dégâts comme vous rendre souriant, détendu, un geste simple qui signifie beaucoup. L’un des plus grands moments de l’album reste celui du porc-épic qui bien évidemment n’est pas approché tous les jours par qui que ce soit mais cela gène t-il La machine à câlins ?! Néni ! Armé de maniques et d’un casque, cet animal déboussolé repartira le coeur tout chamboulé par l’étreinte qu’il a reçu. Et admirez les expressions de l’ours et la tortue :
extraitmachineàcâlins
Alors la tortue personnellement je ne m’en remets pas : elle a un petit air narquois qui me plaît bien. Vous connaissez Scott Campbell ? Il a travaillé pour le magazine Nickelodeon (yeah) et vous aurez sans doute reconnu le trait de ses illustrations dans ses deux ouvrages édités chez Cambourakis Les grands duels du cinéma (tome I et II) et après concertation avec Bob nous trouvons que c’est un chouette auteur aux livres pétris à la dérision et à la malice. Son site est ici si vous souhaitez le découvrir un peu plus.

Pour vous exercer à câliner comme il faut : faites comme Will, trouvez un arbre.

Nous sommes très déçus avec Bob d’avoir raté cette semaine si particulière l’an dernier, cétait vraiment une idée originale 🙂
hugabookweek

La machine à câlins, Scott Campbell (Little Urban)
disponible depuis le 9 octobre 2015
9782374080000 – 10.50€
de 2 à 102 ans

Les câlins préservent la santé, étreignez-vous 5 à 10 fois par jour. Tout abus est recommandé