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« OZ » la nouvelle collection de Syros

Cet été sont parus les premiers titres de la collection OZ, toute nouvelle venue pour les 8-12 ans chez Syros qui promet « des histoires où (presque) tout est possible » ! Vaste programme ! On y retrouve des auteurs et autrices bien connus de la maison qui nous offrent des histoires où priment le pouvoir de l’imaginaire, l’aventure, l’amitié et l’humour ! Contrairement à d’autres collections pour ce même âge, ici il n’y aura pas d’illustrations, seulement des cabochons en début et fin de chapitres. Aujourd’hui, on vous présente deux titres qui nous ont beaucoup plu. 😀

CornichonX

Angélina ne se sent pas très bien cette année : elle est la plus petite de sa classe et elle vit avec des parents qui n’ont jamais vraiment grandis et se comportent comme de vrais gamins ! Chez elle, on ne mange que du fast-food et des bonbons, ses parents font des concours de déguisements, on ne fait que rigoler et s’amuser…bref, ils sont très peu présents pour répondre à ses interrogations… Le jour où un bocal de cornichonx atterrit par mégarde dans leur frigo, Angélina découvre qu’en les grignotant, ils semblent répondre à ses questions…

Ah, grandir ! Grande question des préadolescents et d’Angélina qui doit se débrouiller toute seule pour comprendre… Yves Grevet nous offre un beau moment d’émotion et une jolie réflexion sur la famille, sur la difficulté à se comprendre entre parents et enfants. La dimension fantastique induite par cet étrange pot de cornichons en est ainsi d’autant plus intéressante et subtile qu’on finit par se demander si ce sont bien des condiments magiques ou si Angélina a réussi à grandir par elle-même. Un roman très malin !

Mystères à Minuit

Victor vit à Minuit, la ville la plus hantée du monde et est le seul à voir les fantômes pour de vrai ! Avec son ami Balti, 12 ans depuis six cent soixante-huit ans, ils proposent leurs services de chasseurs de mystères. Alors que la fameuse soirée d’Halloween approche, faisant de Minuit l’une des attractions touristiques de l’année, voilà que l’une des lointaines descendantes de Balti est enlevée… Un mystère à résoudre pour nos deux chasseurs…

Camille Brissot nous offre une histoire fantastique comme on les aime avec cette chasse au fantôme particulièrement drôle et un peu frissonnante ! Le décor est planté, rappelant ces villes comme Edimbourg, célèbre pour ses nombreux fantômes, et les personnages immédiatement attachants pour une entrée dans l’histoire facile et prenante. Un roman bien construit, qui joue avec tous les codes des histoires de fantômes, à grand renfort de mystères, de trésors et de légendes effrayantes. Le tout avec beaucoup d’humour et de suspense, de très jolies amitiés, bref, tous les ingrédients sont réunis pour plaire aux lecteurs affamés d’aventures qui nous tiennent en haleine jusqu’au bout. On espère que d’autres mystères nous attendant bientôt dans la ville de Minuit !

CornichonX, Yves Grevet, illustré par Benoît Audé (Syros)
collection OZ
disponible depuis le 25 juin 2020
9782748527094 – 9,95€
à partir de 8 ans
Mystères à Minuit, la ville la plus hantée du monde, Camille Brissot, illustré par Glen Chapron (Syros)
collection OZ
disponible depuis le 25 juin 2020
9782748527070 – 9,95€
à partir de 8 ans
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Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire – Maëlle Desard

Esther Parmentier, 19 ans, fait son stage dans un cabinet d’agence comptable où elle s’ennuie profondément et où la chaleur écrasante de l’été strasbourgeois lui fait regretter sa Bretagne natale. Mais elle n’est pas au bout de ses peines car elle déboule tout à coup dans un monde complètement fou et inattendu lorsqu’elle découvre qu’elle est une sorcière ! La voilà désormais stagiaire au sein de l’Agence de Contrôle et de Détection des Créatures Surnaturelles. Et sa première enquête va la mener sur d’étranges disparitions d’adolescents…

Préparez-vous à succomber au charme ébouriffant et sarcastique d’Esther Parmentier, qui n’avait rien demandé à personne et se retrouve à frayer avec des créatures sorties tout droit de contes de fées ! Inspiré de la mythologie celtique, le monde magique de Maëlle Desard se compose de créatures aussi diverses que les vampires, les banshees, les loup-garous ou encore les djinns et les fantômes. Et sachez que tout ce petit monde vit parmi nous, grâce aux sorcières qui ouvrent des portails magiques entre la Terre et le Sidh, cet autre monde dont les créatures sont originaires. Passé le choc de cette découverte et de son nouveau statut de sorcière (de niveau 2 sur 82, soit un score particulièrement bas), Esther va se laisser embrigader dans une enquête de disparitions d’adolescents qui préfigure peut-être un complot bien plus important… Et pour tuteur, elle aura l’agent Loan, un vampire ultra séduisant qui lui hérisse le poil et avec qui la relation va être plus qu’électrique !

Maëlle Desard nous offre une enquête fantastique absolument trépidante, qui nous happe dès les premières pages. Et c’est dû sans aucun doute à la vivacité d’Esther, sa propension au sarcasme et aux formules fleuries et bouillonnantes ! J’ai eu un peu peur au début, que ce soit trop lourd et agaçant, et puis on se laisse vite prendre dans ce tourbillon d’actions et de dialogues qui fusent, qui ricochent et emportent tout sur leur passage. Les personnages sont tous très drôles et rivalisent d’imagination (gros coup de cœur pour le fantôme Mozzie et ses emojis très parlants) et Esther est sans doute aussi la plus originale, se démarquant des héroïnes qui se découvrent toujours être l’élue, la plus puissante de leur espèce ou ce genre de choses. Ici, les pouvoirs d’Esther – nuls, car elle est niveau 2, rappelons-le – ne sont pas ceux que l’on attend. Alors certes, elle résiste plutôt pas mal aux pouvoirs de séduction des Créatures, mais elle se révèle surtout être une enquêtrice plutôt douée en déduction et futée quand elle y met un peu du sien. Entre ses insécurités et sa vie qui bascule sans lui laisser le temps de digérer, Esther est ainsi très attachante et son humour dévastateur achève de nous convaincre d’en faire notre future meilleure amie.

Un roman décapant et plein d’énergie qui nous laisse un peu pantelant (c’est qu’on y laisse quelques litres de sueur nous aussi !) mais avec une furieuse envie de suivre Esther et tous les personnages de l’agence dans une nouvelle tribulation !

Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire, t.1 – Cadavre haché, vampire fâché : une enquête sang pour sang, Maëlle Desard (Rageot)
disponible depuis le 1er juillet 2020
9782700275520 – 15,90€
à partir de 13 ans
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Les derniers des branleurs – Vincent Mondiot

Chloé, Gaspard et Minh Tuan sont les losers officiels du lycée, moqués aussi bien par leurs camarades que par leurs professeurs… du moins quand ils sont présents en classe. Car leur spécialité, c’est aussi sécher, même si le bac est au bout de l’année, glander et fumer. Quand une des profs les traite de « branleurs », titre certainement pas démérité, un petit sursaut d’orgueil les incite à – peut-être – tenter de faire la nique (#expressiondevieux) à ceux qui croient qu’ils sont destinés à rien. Et peut-être que Tina va pouvoir les aider à se sortir les doigts…

Depuis la bonne petite claque qu’était Nightwork, on attend à chaque fois le nouveau texte de Vincent Mondiot avec impatience. On ne va pas se mentir, l’entrée dans le roman a été un peu compliquée… Principalement à cause d’une forme assez déconcertante : les notes de côté de pages (eh ouais, même pas en bas !). Et il y en a beaucoup ! Tout le temps ou presque. Pour préciser une référence culturelle, qui est le personnage cité, un lieu, une habitude, une caractéristique…bref, un peu tout et n’importe quoi. Ce qui ne facilite pas la fluidité de lecture et que je vous déconseillerai pourtant de ne pas lire car elles apportent vraiment un petit truc en plus, le petit truc qui fait que le roman n’est pas un énième roman sur le lycée ou l’adolescence. Alors oui, il a fallu m’accrocher… et puis, finalement, ce trio de losers a eu raison de cette drôle de forme grâce à la tendresse incroyable qu’on finit par avoir pour eux. Et c’est pourtant pas gagné parce qu’ils font vraiment tout pour que ce ne soit pas le cas ! Vulgaires, sans beaucoup de centres d’intérêts dans la vie à part les mangas et la branlette (sauf pour Chloé qui trouve les premiers nazes et la seconde dégueu’), sans aucune perspective d’avenir à l’horizon, ils sont aussi désespérants que tous ces ados que vous regardez en levant les yeux au ciel. Ouais mais ils sont attachants quand même. Parce que même s’ils ont des conversations sans queue ni tête, très – très – peu politiquement correctes, leur envie de sortir de la case attribuée, leur envie de se comprendre, de se trouver, est irrésistible et touchante. Et puis on se marre ! Certains dialogues sont tordants de réalisme et, oui, on finit par se laisser totalement attendrir par ce petit groupe disparate et pourtant soudé.

Au début du roman, et dans les remerciements, il est dit que cela aurait pu être le roman de l’année 2020, s’il n’y avait pas eu la situation que vous savez. Alors oui, peut-être que la scolarité et cette dernière année du bac tel qu’on le connaît n’aura pas été vécue ainsi par tous les adolescents et que l’histoire de Chloé, Gaspard et Minh Tuan relève de l’uchronie, mais Les derniers des branleurs, c’est indubitablement le roman qui raconte l’adolescence d’aujourd’hui, qui le fait avec un humour corrosif et cru, mais avec surtout beaucoup de tendresse.

Et pour les fans de Vincent Mondiot, sachez qu’une petite surprise vous attend si vous aviez aimé Rattrapage. 😀

Les derniers des branleurs, Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
disponible depuis le 10 juin 2020
9782330136963 – 16,80€
à partir de 15 ans
Galerie
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L’épouvantable bibliothécaire – Anne-Gaëlle Balpe et Ronan Badel

Suzanne est un petit rat de bibliothèque (mais c’est une petite fille de 11 ans et demi, pas de confusion). Quand elle apprend qu’elle va passer ses vacances dans la ferme de sa tante Églantine avec UN seul roman, c’est la catastrophe ! Heureusement, une fois sur place, entre deux corvées à la ferme, elle apprend qu’un vieux manoir abrite une bibliothèque. Bizarrement, tout le monde semble avoir peur de cet endroit : la bibliothécaire serait une vieille sorcière acariâtre…

Découvrir une nouvelle bibliothèque, c’était pour elle comme accéder à une pâtisserie où elle aurait le droit de goûter à tous les gâteaux et de manger ses préférés en entier, gratuitement, sans restriction. L’amour de Suzanne pour les livres n’est pas sans rappeler le formidable personnage de Roald Dahl, Matilda. Ces deux héroïnes ont en commun le courage, la ruse et d’être un peu asociales. Heureusement Suzanne ne sera pas seule face à cette épouvantable bibliothécaire. Il faut souligner le côté démoniaque de la méchante bibliothécaire, elle est véritablement épouvantable ! Rapidement, elle va faire la connaissance, à son arrivée à la ferme, de deux personnages déjantés : Mo, une jeune fille bourrue et Marin, un garçon hypocondriaque. L’amitié est au coeur de l’intrigue et l’union fera la force.

L’histoire est déjantée et très drôle. En plein coeur de l’aventure, on retrouvera des pauses « infos insolites » sur les moutons, les bibliothèques ou les microbes – instructives et amusantes. Les illustrations de Ronan Badel apportent une chouette dynamique.

Un roman rythmé pour rire et trembler devant une aventure inattendue qui comprendra : fantôme, boule de feu, disparition. Un titre parfait pour les jeunes lecteurs – même pour ceux qui ne vont pas souvent en bibliothèque !

L’épouvantable bibliothécaire, Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Ronan Badel (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 5 février 2020
9782377313761 – 10,90€
à partir de 9 ans
Galerie
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La terrible histoire de Petit Biscuit – Carl Norac et Magali Le Huche

Petit Biscuit est un petit beurre très particulier. Pour commencer, il est né dans une biscuiterie de luxe et vit dans une boîte Assortiment royal. Enfin « survit » car les biscuits savent que leur destin est de se faire croquer… Mais Petit Biscuit a une particularité : il a deux jambes qui peuvent marcher pour de vrai, le voilà décidé à échapper à son destin.

Amateur d’humour noir, ce livre est fait pur beurre pour vous ! Carl Norac nous dévoile un conte cruel terriblement craquant. Dès que ce biscuit va quitter sa boîte de luxe, il va se retrouver dans des aventures rocambolesques. Chacun des personnages irrésistibles qu’il va rencontrer va se retrouver en miettes… même son petit coeur de beurre va finir en morceaux lui aussi. Car Petit Biscuit va tomber amoureux d’une tendre Madeleine, qui se fera déguster sous ses yeux ! Là est le destin de toutes les mignardises…

Les dessins de Magali Le Huche sont pétillants, très vivants. Après cette lecture, Lisette a l’impression de devenir une tueuse en série à chaque goûter. Il faut souligner aussi l’extrême beauté de l’objet, l’album ressemble à un livre de luxe que pourrait publier une célèbre marque de macarons parisiens. C’est beau, c’est bon, encore !

Lisette tient à dire que des biscuits ont été blessés pendant cette lecture mais qu’elle espère que ce duo pourra nous offrir encore des albums à se mettre sous la dent ! Elle en salive déjà d’avance !

La terrible histoire de Petit Biscuit, Carl Norac, illustré par Magali Le Huche (Sarbacane)
disponible depuis le 4 mars 2020
9782377313150 – 15,90€
à partir de 6 ans
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De l’art de dessiner…

Dessiner, c’est quand même pas facile ! Bob en est la preuve vivante. Pourtant, nos deux illustratrices du jour nous montrent que tout est possible avec un trait, un rond, une couleur ou même une tâche sur la page… Vous y croyez, vous ? 🙂

Le livre des erreurs

Ça commence comme une erreur de débutant : on a fait un œil plus grand que l’autre. Crotte ! Bon, on remet à niveau mais là, les yeux sont vachement énormes. On cercle avec des lunettes et bim, ça marche. Sauf qu’après, le cou est trop long et les coudes trop pointus… Bref, on ne fait que des erreurs ! Heureusement que Corinna est là pour nous aider à utiliser toutes ces bourdes pour imaginer ensuite une histoire et, surtout, dessiner une image qui va ne faire que grossir et se nourrir de toutes ces tâches d’encre, de tous ces gribouillis et autres ratages !

Avec simplicité, Corinna Luyken nous offre un texte rassurant sur la créativité et l’imagination, ou comment, à partir d’une erreur, on peut tout transformer ! Loin d’être un manuel de dessin, il apporte néanmoins des petites astuces qu’on sera bien contents de pouvoir réutiliser ! Mais surtout, le trait de Corinna Luyken est d’une finesse pleine de douceur alors que se construit sous nos yeux une scène étonnante et merveilleuse. Des dessins au noir sur de grands fonds blancs, avec seulement quelques touches de couleurs. C’est drôle, intelligent et ingénieux ! Et ce n’est pas grave du tout, si on fait une erreur…

Le livre des erreurs, Corinna Luyken (Kaléidoscope)
disponible depuis le 25 septembre 2019
9782877676120 – 14€
à partir de 5 ans

Kaléidoscopages

Avec cette même envie de créativité, d’imagination et de liberté d’interprétation de l’image, Delphine Perret nous invite à découvrir toute la richesse de ce qu’offrent les traits, les points, les tâches, etc. Un album comme un imagier dans lequel nous sont proposées différents interprétations de ce que peut être in zigouigoui (nom savant, cherchez pas) ou une tâche, de toutes les lectures possibles d’une image. Et à travers cette belle manière de nous interroger sur le sens, Delphine Perret nous montre aussi tout ce qu’il est possible de faire avec des éléments de dessin tout simple ! (Dessinateurs en herbe, à vous de vous en emparer !)

Très justement sélectionné pour la Pépite albums au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil (il ne l’a pas eue si vous avez un peu suivi la chose), Kaléidoscopages est un livre à mettre entre toutes les mains, petites et grandes. Delphine Perret nous offre un jeu de perception avec une bonne dose d’humour et nous invite elle-aussi à exercer notre regard, à prendre un crayon et à entraîner notre imagination !

Et si vous n’en avez pas assez, Delphine Perret a sorti en même temps une variation sur l’arbre, tiré d’une des pages du précédent : C’est un arbre. Vous verrez que cette affirmation ne tiendra pas longtemps et, sous la forme d’un récit, on découvre tout ce que peut être un arbre : un abri pour les oiseaux, du papier pour les livres, du bois pour la cheminée, etc. Jusqu’à boucler la boucle (mais on ne vous dit pas comment !). Une très jolie variation pour les plus jeunes au travail imaginé dans Kaléidoscopages.

Kaléidoscopages, Delphine Perret (Le Rouergue)
disponible depuis le 2 octobre 2019
9782812618789 – 15€
à partir de 5 ans
C’est un arbre, Delphine Perret (Le Rouergue)
disponible depuis le 2 octobre 2019
9782812618765 – 12€
à partir de 3 ans
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Homère le homard doit-il rester dîner ? – Finn Buckley et Michael Buckley

Homère est un homard fort bien élevé. Quand il est invité quelque part, il pense toujours à apporter des fleurs, le dessert et des petits cadeaux pour les enfants. Et justement, ce soir, il est invité à dîner ! Quelle chance ! Enfin…est-ce bien normal d’offrir des bracelets élastiques à un homard quand il arrive ? Ou de lui proposer un bain d’eau bouillante ?

★★★★☆

Vous connaissez peut-être Michael Buckley pour sa série Les sœurs Grimm (dont on n’a jamais eu la suite, d’ailleurs) ? Le voilà qui revient avec un album pour les plus jeunes et écrit en collaboration avec son fils de 7 ans au moment où il imagine cette histoire ! Ce duo un peu fou est rejoint à l’illustration par Catherine Meurisse, que l’on n’a sans doute pas besoin de présenter, pour un album aussi étonnant que drolatique !

Tout d’abord, sachez que l’album possède deux couvertures ! Eh oui, pour une fois qu’une jaquette a une vraie utilité, c’est celle de vous proposer deux options puisque c’est ce que fait aussi l’histoire : Homère doit-il rester dîner chez ces hôtes fort accueillants mais pas pour la raison que notre petit homard croit ? Si vous pensez qu’il doit rester, alors continuez l’histoire. Sinon, sautez directement à la page 22 ! Le choix de votre couverture – un homard content ou un homard pas content – influencera peut-être le cours de votre lecture…

Un album drôle et malicieux, qui joue avec les codes du livre-jeu, avec du suspense, des bagarres épiques, des sauvetages et un homard qui n’a pas l’air de bien mesurer sa chance ! Enfin…vous verrez comment ça se termine ! Les illustrations de Catherine Meurisse, tout en rouge homard et bleu océan, jouent sur les expressions et les scènes dramatiques et loufoques ! Un album tout en surprise, dont la dernière se révèle sur la couverture… 🙂

Homère le homard doit-il rester dîner ?, Finn Buckley et Michael Buckley, illustré par Catherine Meurisse (Phaidon)
disponible depuis le 21 mars 2019
9780714878881 – 16,95€
à partir de 4 ans
Son
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Les quatre gars – Claire Renaud

9782377310531,0-4690498

Ile de Noirmoutier. Les Fradet sont bien connus des gens de l’île qui les surnomment « la famille Dégâts », parce qu’ils font toujours tout de travers. Abandonnés par les femmes, ils sont quatre gars, trois générations, à vivre sous le même toit. Et c’est pas tous les jours facile, notamment pour le petit dernier, Louis, 9 ans, qui rêve d’une vie meilleure…

★★★★☆

Dans la famille Dégâts, je voudrais le papi. Pierre-Marie de son prénom, veuf depuis un certain temps mais convaincu que sa Raymonde lui parle au travers des éléments, et grand cuisiner de la famille. Je voudrais ensuite le père, Jean-Marie, saunier de métier (c’est le mec qui récolte le sel dans les marais salants pour ceux qui savent pas), bourru de nature, parfois même méchant depuis que sa femme est partie, un jour, sans prévenir et sans jamais revenir. Et enfin les deux fistons : Yves-Marie, futur soldat aux muscles saillants, accro à la musculation, qui draine dans son sillage un essaim de jeunes filles qui rient trop fort ; et Louis-Marie, maigrichon mais vif d’esprit comme son papi, qui aime autant les journées d’école avec les copains que d’entourlouper les Parisiens les jours de marché en leur vendant du sel deux fois plus cher (ou plus, c’est selon la tête du client). Une famille de bonhommes qui n’ont pas vu l’ombre d’une femme depuis des lustres et ne sont pas près d’en voir une…à moins que la jolie maîtresse de Louis n’y mette son petit grain de sel ? 😛

IL EST JOLI, MON LIVRE, IL EST FIN ET BIEN FRAIS ! C’est ce qu’on pourrait crier pour attirer le parigot crédule mais dépensier au marché de Noirmoutier, vantant les répliques bien salées de Papi, la touchante naïveté, vitalité, de Louis, les problèmes de cœur de Jean et d’Yves qui les transfigurent, pour le plus grand bonheur des lecteurs comme de notre petit narrateur et l’écriture pleine d’humour, de finesse, de sensibilité de Claire Renaud. Sauf qu’on vous filoute pas. Tout ça, c’est vrai ! Claire Renaud a un talent de raconteuse indéniable, on s’attache à Louis, à ses potes et à sa famille immédiatement, les dialogues sont savoureux et, si le sujet de la famille est le sujet le plus traité de la littérature, il en trouve ici encore une très belle variation, au travers de ces hommes marqués par le deuil ou l’absence (d’une présence, d’affection). La relation entre Louis et son papi est exceptionnelle, tout comme les moments où le garçon se retrouve bien malgré lui à être l’adulte de la famille, celui qui conseille et prend soin des autres. Ce qui nous offre souvent de bonnes tranches de rire avant de trouver toute son efficacité…

Les quatre gars, ce sont vraiment des chouette gars, une petite famille qu’on était super contents de rencontrer et qui nous manquent déjà la dernière page tournée…
Vous noterez, contrairement à la plupart des romans de la collection, celui-ci est vraiment accessible pour des plus jeunes lecteurs que d’habitude. 🙂

Les quatre gars, Claire Renaud (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 3 janvier 2018
9782377310531 – 15,50€
à partir de 11 ans
Son
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Les jours pairs : 179 histoires à lire avec qui on veut – Vincent Cuvellier & Thomas Baas

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Enfant, Bob n’avait pas beaucoup de livres mais il en avait un qui s’appelait quelque chose comme « 365 histoires pour toute l’année ». Un recueil avec une histoire pour chaque soir. C’était sans doute sur un thème, peut-être des contes. En tous cas, il n’en lisait pas qu’une seule par soir… 😉

★★★★★

Les jours pairs, 179 histoires à lire avec qui on veut, reprend le principe pour mieux le détourner. Vincent Cuvellier explique en effet que l’idée du livre vient du fait que beaucoup d’enfants ont des parents séparés et qu’il n’est pas toujours possible d’avoir une histoire de maman ou de papa chaque soir de la semaine ! (Bon, il paraît que c’est aussi parce qu’il était un peu flemmard et que 365 histoires, quand même, ça fait un paquet !) Du coup, ça donne une histoire pour chaque jour pair de l’année ! Et en plus, on est même pas obligé de les lire dans le bon jour ou dans le bon ordre ! La preuve, je vous en parle un jour IMPAIR, et j’en ai lu plein d’affilés (Bob le rebelle) !

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C’est donc avec un plaisir nostalgique non dissimulé que l’on découvre toutes les courtes histoires inventées par Vincent Cuvellier, qui est vraiment très très fort sur ce format ! On peut ainsi lire tous les deux jours : des histoires de la vie de tous les jours, des histoires du monde entier, des histoires d’extraterrestres, des histoires avec Jojo et son papa, des histoires avec des gens inconnus, des histoires en trois chapitres, et plein d’autres encore, mais aussi d’autres types de textes, comme des lettres (au lapin de Pâques ou à Saint-Valentin), des recettes de cuisine (à tester impérativement !) ou encore des règlements intérieur (de la piscine ou du jardin public) et des traités de zoologie (pour savoir comment c’est fait, les animaux). Le tout avec évidemment beaucoup – très beaucoup – d’humour, de naïveté, d’absurdité et d’innocence enfantine. Vincent Cuvellier a le don de faire des petits moments de la vie une aventure extraordinaire, dans une langue à hauteur d’enfant, pleine d’inventions rigolotes et de légèreté, pour une réelle complicité parent/enfant.

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Un aussi gros pavé d’histoires de près de 300 pages ne pouvait pas se contenter que de mots, et c’est Thomas Baas qui vient ajouter son univers graphique tout en tendresse et en humour. Des illustrations réalisées à la plume sur chaque page, avec des touches de couleurs légères, qui complètent à merveille les mots de Vincent Cuvellier et qui représentent d’ailleurs l’auteur dans son rôle de papa et de raconteur d’histoires.

Un album exceptionnel, à offrir à tous les enfants et à tous les parents, pour que se prenne l’habitude de l’histoire du soir. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, les éditions hélium vous proposent de découvrir une quinzaine de pages juste ici ! Profitez-en ! 🙂

Les jours pairs : 179 histoires à lire avec qui on veut, Vincent Cuvellier, illustré par Thomas Baas (hélium)
disponible depuis le 6 septembre 2017
9782330065379 – 19,90€
à partir de 5 ans
Son
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Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

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Déborah entre en terminale et son année commence mal. Non seulement son chien miteux lui a dévoré toutes ses godasses et elle doit se rendre au lycée en bottes de pluie, mais il y a aussi sa mère qui découpe des magazines à en garnir tout le salon, et c’est sans compter son père qu’elle découvre au bras d’une belle inconnue… Heureusement, Déborah va pouvoir compter sur l’amitié toute neuve de Jamal et Victor, sans oublier sa meilleure amie Éloïse.

★★★★☆

Tu pensais en te levant ce matin que ta vie c’était un peu la loose ? Genre t’as pas révisé ton contrôle, ton collant est troué ou le chat a fait pipi sur ton tapis ? LOL. Tu n’as aucune chance contre Déborah, reine de la malchance (ou scoumoune, selon son théorème) qui assiste au chamboulement de sa vie, et pas juste à cause de son chien galeux, Isidore, qui pue du bec et lui détruit ses ballerines. Sa mère agit comme une folledingue, découpant des magazines et collant des post-it partout sur le miroir de l’entrée avec un mystérieux numéro de téléphone et que dire de son père, le sale traître qui embrasse une autre femme ? Et puis sa meilleure amie Éloïse qui s’amourache d’un beau neuneu et la laisse doucement tomber, la contraignant à devenir amie avec Jamal, alias mygale-man et ses dents de cheval et…le beau Victor, le nouveau. Bon, ok, tout n’est pas totalement naze…sauf quand Victor a en fait déjà une copine. Échec et mat.

Mais Déborah a de la chance, c’est Marie Pavlenko qui s’occupe de nous raconter son histoire. Après s’être plutôt illustrée dans les genres de l’imaginaire (Le livre de Saskia, Marjane…), l’auteure nous emmène dans le quotidien ébouriffant de cette ado un peu perdue mais volontaire et pleine d’humour ! Car le roman est aussi lumineux que sa couverture dorée et son titre estival : Déborah est incroyablement drôle et l’écriture enlevée de Marie Pavlenko d’une grande fraîcheur. Le secret des coquillettes sur la couverture vous sera révélé en lisant le roman, tout comme d’autres éléments de l’histoire qui, vous le découvrirez, ne sont pas tous aussi comiques que ce que peut le laisser penser cette chronique, mais la gouaille de cette lycéenne foutraque, son chien-clochard qui schlingue (mais qui est super attachant) et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ne pourront que vous ravir le cœur. C’est en tous cas ce qui est arrivé à Bob.

Il y a une vraie justesse dans cette description de l’adolescence, que ce soit dans le ton ou dans les personnages et Marie Pavlenko parvient à nous toucher et à nous bidonner en même temps (ou presque, hein, vous verrez qu’il y a quand même des trucs pas rigolos rigolos). On a dit à Bob que le roman faisait penser aux Petites reines, de Clémentine Beauvais. Au début, il trouvait que non, mais en fait, oui, il est tout aussi jubilatoire, notamment grâce à Déborah, qui n’a en effet rien à envier à la truculente Mireille. Le propos n’est pas le même, mais le plaisir de lecture, assurément ! Bref, laisse tomber les remèdes de grand-mère pour réparer ton collant troué et cours vite te procurer les épatantes aventures de Déborah ! ;D

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko (Flammarion jeunesse)
disponible depuis le 8 mars 2017
9782081396623 – 17,50€
à partir de 14 ans