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J’ai vu un magnifique oiseau – Michal Skibiński et Ala Bankroft

1939. Michal a huit ans. Pour pouvoir passer dans la classe supérieure et progresser dans son orthographe, son instituteur lui demande de tenir un cahier dans lequel il doit écrire chaque jour une nouvelle phrase. Ce qu’il vit, ce qu’il voit, ou ce qu’il ressent. Pendant ses deux mois de vacances, Michal notera consciencieusement toutes les choses qui lui sont arrivées.

Véritable cahier d’écolier tenu par l’auteur quand il était enfant, J’ai vu un magnifique oiseau est un témoignage fort de l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale du point de vue d’un enfant. Tout le cahier de Michal Skibiński ne figure pas dans le livre, comme en témoigne le fac-similé de quelques pages du cahier original à la fin de l’album, mais permet de se rendre compte du changement progressif de la vie du petit garçon, d’abord très insouciante, faite des petites joies quotidiennes puis soumise à l’invasion allemande et à la guerre qui débute, accaparant toute son attention et sans doute sa peur.

Chaque phrase du cahier de Michal est accompagnée d’une illustration en double-page. Et quel magnifique travail que celui d’Ala Bankroft, qui nous propose des peintures impressionnistes à couper le souffle ! Malgré toutes les personnes de l’entourage ou de la famille citées par l’auteur dans son cahier, l’illustratrice a pris le parti de ne jamais représenter de personnages et nous offre uniquement les décors, les objets, les paysages qui rythment la vie estivale de notre petit écolier. Elle donne ainsi à voir tout ce que Michal ne dit pas de son environnement, tout ce que notre imaginaire peut offrir en lisant ses quelques phrases d’enfant, et accompagne de ses couleurs et ambiances la progression de l’histoire. Ainsi les peintures du début de l’album sont-elles ensoleillées et verdoyantes avant que la guerre ne vienne assombrir les ciels et les paysages. Une vision d’artiste superbe qui accompagne à merveille l’apparente naïveté de ce cahier d’écolier. Un album sensible et délicat, magnifique témoignage du basculement de l’insouciance à l’horreur de la guerre. Indispensable !

J’ai vu un magnifique oiseau, Michal Skibiński, illustré par Ala Bankroft, traduit par Lydia Waleryszak (Albin Michel Jeunesse)
disponible depuis le 16 septembre 2020
9782226451231 – 14,50€
à partir de 6 ans
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La princesse sans bouche – Florence Dutruc-Rosset et Julie Rouvière

Dans un beau château de conte de fée vivait une petite princesse, elle avait bon coeur et aimait courir après les papillons. La princesse était très heureuse et vivait avec le roi et la reine. Sauf qu’un soir le roi, son père, entra dans sa chambre et commit l’irréparable, l’innommable… Il la toucha comme si elle était sa femme, ce qui est interdit à tous les papas de la Terre. Incapable de partager ce qu’il s’était passé, la princesse en perdit son sourire et sa bouche.

Dans la droite lignée de Peau d’Âne, cet album aborde le thème de l’inceste grâce à la forme du conte initiatique. La petite princesse va rencontrer des personnages emblématiques du monde des contes comme le chasseur ou une dame magique. Elle fera surtout une belle rencontre avec une biche blessée dont elle va s’occuper avec beaucoup de douceur… Une belle image de sa propre blessure. Deux pages à la fin de l’album expliquent les symboles derrière les personnages que l’on peut retrouver dans la réalité et donnent des ressources et des pistes pour trouver de l’aide.

L’autrice à travers ce texte très abordable montre que chaque enfant peut renaître à la vie après avoir traversé les plus sombres drames et que la reconstruction passera par la parole. Les illustrations sont très proches du monde des dessins animés Disney avec des scènes émouvantes mais également douces et oniriques, permettant une approche plus facile avec les enfants. Car oui il faut en parler tôt ! Les chiffres sont malheureusement terrifiants : 1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 sont victimes de violences sexuelles (source OMS) et 80% des violences sexuelles, pour les enfants de moins de 10 ans, sont faites dans un contexte familiale et proche.

Thématique difficile que l’inceste (et encore peu abordée en littérature jeunesse) mais qu’il est admirable d’en parler avec le conte, cette forme si propre à parler des violences. La princesse sans bouche est, au-delà d’un beau support pour discuter d’inceste, une belle histoire poétique de reconstruction.

La princesse sans bouche, Florence Dutruc-Rosset, illustré par Julie Rouvière (Bayard)
collection Albums découvertes
disponible depuis le 4 novembre 2020
9791036315497 – 13,90€
à partir de 5 ans
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Avec le monstre du placard, ça déménage ! – Antoine Dole et Bruno Salamone

Voilà déjà un moment que le monstre a élu domicile dans le placard de la chambre et il serait temps qu’il déménage… Il a tellement pris ses aises que le petit garçon ne peut plus ranger ses affaires ! Il faudrait le reloger, mais où ? Ensemble, le monstre du placard et le garçon vont chercher, tester des endroits improbables pour trouver un nouvel habitat à cette grosse boule de poil ! Le sac à main de maman ? C’est pas bête, on y trouve des bonbons ! Mais il est trop encombré. Le journal intime de la grande sœur ? Impossible le monstre va être contaminé par une bisoutite aigüe et va vouloir faire plein de bisous ! Beurk ! Pas facile de trouver une nouvelle planque !

Amusantes, inconfortables, enfantines, les possibles cachettes du monstre du placard feront rire les enfants (et les adultes !). A chaque double page, c’est une nouvelle combine que l’on découvre pour notre plus grand plaisir. Cet album est la troisième histoire où l’on peut retrouver ce montre toujours aussi espiègle et tendre. En effet, ce duo d’artiste avait déjà dévoilé auparavant dans deux albums que Le monstre du placard existe et je vais vous le prouver ! et nous avait appris Comment élever le monstre du placard. Nul besoin d’avoir lu les albums précédents, même si le jeune lecteur aura certainement envie de découvrir comment le monstre s’est retrouvé dans le placard !

Les illustrations au trait griffonné de Bruno Salamone proposent un monstre, imposant certes, mais tellement adorable que l’on a envie de l’avoir en peluche ! Des mini-monstres se cachent un peu partout dans les dessins pour le plus grand plaisir des enfants qui adoreront les dénicher. Loin des monstres terrifiants, comme ceux que peuvent souvent imaginer les enfants sous leurs lits, ce monstre de chambre est le compagnon de jeu parfait, l’ami imaginaire idéal pour faire des bêtises !

Un album qui dédramatise la peur du monstre avec le rire, Antoine Dole arrive à mêler avec justesse le quotidien des enfants et leur imaginaire débordant. On en redemande !

Avec le monstre du placard, ça déménage !, Antoine Dole, illustré par Bruno Salamone (Actes Sud Junior)
disponible depuis le 21 octobre 2020
97823301409841 – 15,90€
à partir de 3 ans
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Nuit étoilée – Jimmy Liao

Une jeune fille se sent seule, chez elle où ses parents n’ont aucune minute à lui consacrer, et à l’école où elle se fait harceler par d’autres filles. Jusqu’au jour où un nouvel élève arrive dans sa classe. Leurs solitudes respectives vont les rapprocher et tous les deux vont décider un jour de fuguer dans la forêt où ils espèrent trouver la liberté…

Quel album singulier que cette Nuit étoilée ! Dans cette histoire magnifique, Jimmy Liao évoque la solitude de la fin de l’enfance, du passage à l’adolescence, le fossé qui se creuse entre des parents et un enfant, la difficulté de grandir quand il n’y a personne pour vous regarder faire, ou quand au contraire tout le monde se ligue contre vous. La rencontre entre cette jeune fille, héroïne de l’histoire, et ce garçon qui se ressemblent sur de nombreux points et notamment leur rapport à la solitude, sera le point de départ de la possibilité d’un espoir, d’une vie en pleine nature, la tête levée vers les étoiles. Pourtant, il faudra bien revenir et qui sait ce qui se passera au retour ?

Jimmy Liao dresse un portrait sensible, familier et enfantin de cette adolescence complexe dans une narration surprenante et éclatée, comme peuvent l’être les réflexions des enfants et des adolescents. Mais ce qui nous fascine surtout dans cet album, ce sont ses images. Des peintures d’une exceptionnelle beauté, sur lesquelles on s’attarde pour en saisir tous les détails, toutes les nuances et les nombreuses références à la peinture et à l’art qui y sont faites (notamment à Magritte et à Van Gogh, qui donne son titre à l’album). Des images fascinantes, qui nous émerveillent et nous touchent par leur sincérité, leur intemporalité, et leur puissance d’évocation. Vous ne serez assurément pas bouleversés par les mêmes peintures que Bob et inversement et c’est ce qui fait toute la richesse de cet album étonnant, émouvant et surtout plein d’espoir. ❤

Nuit étoilée, Jimmy Liao, traduit par Chun-Liang Yeh (HongFei)
disponible depuis le 20 août 2020
9782355581731 – 19,90€
à partir de 8 ans
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Le chapeau rouge – Rachel Stubbs

Un grand-père offre à sa petite-fille son chapeau. Un beau chapeau rouge, bien grand et large, qui pourra l’accompagner partout où elle voudra aller, la protègera autant du soleil que des intempéries, lui permettra de se fondre dans la masse comme de ressortir du lot. Bref, tout est possible avec ce chapeau rouge, jusqu’à raconter à son grand-père les merveilleuses aventures que l’on aura vécu avec…

Vous ne pensiez pas qu’il était possible de vivre tant de choses avec un accessoire de mode somme toute très banal ? Et pourtant ! Notre petite héroïne, poussée par son grand-père qui va lui montrer toutes les possibilités offertes par ce chapeau qu’il lui offre, va se lancer dans des aventures à travers le globe et vivre par elle-même tout ce que lui promet ce cadeau. Une façon, peut-être, de perpétuer cet héritage laissé par ce grand-père aussi affectueux qu’encourageant. Car il est évidemment question ici de transmission, à la fois d’un objet mais également de toutes les expériences de ce grand-père, de tout ce qu’il a pu vivre lui-même avec ce chapeau rouge.

Le texte de Rachel Stubbs est tout en simplicité et en tendresse, son rythme est en parfaite adéquation avec les illustrations mêlant crayons de couleur et digital. Du noir et des variances de bleu et de rouge confèrent à l’ensemble une ambiance toute particulière : entre des doubles aux détails foisonnants et d’autres plus épurées, on oscille entre les moments de partage entre le grand-père et sa petite-fille et ceux de leurs aventures, de leur imaginaire. Un album doux et sensible sur la transmission, et les moments inoubliables vécus par un grand-père avec sa petite-fille. C’est vraiment très beau !

Le chapeau rouge, Rachel Stubbs, traduit par Emmanuelle Beulque (Sarbacane)
disponible depuis le 2 septembre 2020
9782377314454 – 14,90€
à partir de 3 ans
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Ours et les choses – Andrée Prigent

Tous les matins Ours regarde le ciel, heureux et souriant. Il a belle allure. Mais un jour, il trouve une carriole et décide de la remplir. Il se baisse tous les jours suivants pour y entasser les objets qu’il trouve par terre, mais ce n’est jamais assez pour lui. Au fil des jours, à force de s’incliner, son dos se courbe de plus en plus. Il est si courbé qu’on dirait qu’il a des soucis. Jusqu’au jour où la carriole craque !

Une très belle fable pour les jeunes enfants sur la surconsommation aveuglante, le matérialisme, il n’est jamais trop tôt pour discuter de ce sujet écologique. Ours et les choses est une histoire très poétique et joyeuse en même temps. L’autrice a écrit ce texte avec beaucoup de simplicité et montre aux enfants qu’il faut parfois ouvrir les yeux en grand et découvrir le monde.

Andrée Prigent a entièrement réalisé cet album en linogravure, un travail magistral qui allie force et délicatesse. Chaque page est un tableau expressif, imprimé en deux couleurs, un bleu profond et un orange chatoyant, permettant ainsi d’entrer de plain-pied dans l’histoire. Le lecteur, grâce aux cadrages, aura presque l’impression d’être dans la carriole et de suivre l’ours (qui a des expressions adorables!) au fur et à mesure de son rapetissement.

Un album qui n’est ni moralisateur ni donneur de leçon, qui raconte avec simplicité l’importance de ne pas agglomérer des objets pour le plaisir d’avoir. Ours nous montre que parfois, il faut simplement lever les yeux de notre nombril pour voir à quel point le monde est beau.

Ours et les choses, Andrée Prigent(Didier Jeunesse)
collection Hors Collection
disponible le 23 septembre 2020
9782278097937 – 13,90€
à partir de 3 ans
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Mon île – Mark Janssen

Une petite fille et son papa naviguent sur l’océan lorsqu’une terrible tempête détruit leur bateau, les laissant à la dérive sur un radeau. Heureusement, une terre est en vue, une toute petite île prête à les accueillir… Mais soudain, leur île semble bouger ! C’est le début d’un tout nouveau voyage à dos de tortue…

Bienheureux ces naufragés qui trouvent refuge sur le dos d’une tortue ! Cette géante des mers les accueille avec bienveillance et va permettre à ce père et sa fille de profiter de toute la beauté des océans, même si ceux-ci ne sont pas dénués de dangers. Heureusement, leur île prend soin d’eux, leur fait découvrir toute la vie des créatures marines et de celles qui traversent les océans ou vivent le long de leurs côtes. Nos naufragés sont ainsi heureux sur leur île, dans cette nouvelle vie tout en découvertes. Jusqu’à ce qu’un navire apparaisse au loin, signant leur retour à la civilisation humaine. Mais la petite fille ne quitte pas son île sans lui avoir fait une promesse : celle de venir la protéger le jour où elle aussi en aura besoin.

Album sur la protection de l’environnement et des créatures qui peuplent les mers et les océans, c’est à travers les merveilles de ces eaux que les enfants pourront être sensibilisés à notre biodiversité. Et quoi de plus beau que ces illustrations incroyables de Mark Janssen ? Telles d’immenses peintures digitales, les poissons et créatures océanes prennent vie grâce à des couleurs étonnantes, qui vont jusqu’à scintiller, pour nous en mettre plein les yeux. On plonge littéralement dans ces tableaux envoûtants, vertigineux et d’une fantastique richesse visuelle. Un voyage véritablement extraordinaire et inoubliable, pour cette petite fille qui se lie d’amitié avec cette tortue salvatrice et pour les lecteurs qui seront subjugués par les images de Mark Janssen. Magique et émouvant !

Mon île, Mark Janssen (Kaléidoscope)
disponible depuis le 19 août 2020
9782378880422 – 13,50€
à partir de 3 ans
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Alice & Alex – Claire et Hugo Zaorski

Alice et Alex se croisent un jour chez le couturier alors qu’ils commandaient des tenues pour l’été. Un événement si insignifiant, qu’on pourrait ne pas en parler, cependant pour eux, c’est un événement important. Un trouble inconnu les saisit tous les deux. Malheureusement rien ne les retient ici, ils rentrent chez eux sans un mot, la tête en vrac. Les jours passent… Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, ils ne dorment plus, rougissent et enchaînent les catastrophes. Heureusement on leur diagnostique un joli coup de foudre ! Vont-ils se retrouver ? L’amour sera-t-il réciproque ?

Quel univers flamboyant que cet album ! Une rencontre amoureuse menée cheveux au vent, au rythme d’un texte dansant et chantant. La composition graphique est telle qu’Alice et Alex ont chacun leur page, tels des miroirs, ils sont reliés par un sentiment d’amour et de craintes identiques. Les plans symétriques nous montrent de manière subtile que les deux soupirants ont exactement les mêmes sentiments et désirs. (Oui même l’homme se languit d’amour !)

Les illustrations de Claire Zaorski sont captivantes et hypnotiques. Le lecteur n’aura qu’une envie : passer des longs moments à observer les motifs, les formes et les couleurs. L’univers est somptueux : végétaux et motifs sont les rois de cet album. Les couleurs sont magnifiques, le jaune, vert et rose se bousculent, se mélangent en une danse amoureuse. Une seule envie : avoir les dessins sur des cartes postales, des carnets, des tee-shirts pour prolonger le plaisir de l’illustration.

Alice & Alex, Claire et Hugo Zaorski (Sarbacane)
disponible le 2 septembre 2020
9782377314478 – 16,50€
à partir de 5 ans
Son
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Échappées imaginaires

Pour cette dernière chronique avant notre annuel repos estival, Bob vous propose de partir en voyage avec deux petites Alice : nous suivrons l’une en colonie de vacances et l’autre au cœur de la nuit. Emerveillements garantis !

Des vacances timbrées

Alice envoie à sa grand-mère une carte postale où elle raconte ses vacances en colonie. Elle y décrit ses activités, les autres enfants, les visites et les paysages… Mais si le texte semble tout à fait normal, ressemblant trait pour trait à ce que vous écriviez sûrement aussi à vos parents ou vos amis, les illustrations nous emmènent elles dans un tout autre univers, peuplé de créatures fantastiques, de paysages fantasmagoriques et d’activités étonnantes. Un décalage qui rend l’album particulièrement fascinant, jusque dans les dernières pages où la grand-mère d’Alice lui répond, nous surprenant encore un peu plus !

Un voyage magnifique, porté par des illustrations chatoyantes et inspirantes au crayon de couleur, qui rappelle par certains côtés l’univers d’Hayao Miyazaki. Mathilde Poncet mélange habilement la simplicité du quotidien à la richesse du fantastique dans un album qui nous invite véritablement à nous plonger dans les images, à voir et revoir ces petits détails merveilleux qui nous échappent à la première lecture, et à nous questionner sur ces étonnantes vacances : sont-elles le fruit de l’imagination de cette petite fille ou bien un voyage réel dans un monde fantastique ? En tous cas, on a très envie de vivre pareilles vacances !

Des vacances timbrées, Mathilde Poncet (Les fourmis rouges)
disponible depuis le 9 juin 2020
9782369021216 – 17,90€
à partir de 4 ans

La belle échappée

A la tombée de la nuit, Alice fait la rencontre d’un petit chat sauvage. Mais c’est déjà l’heure d’aller se coucher et le petit chat rejoint ses amis dans la forêt pour leur proposer d’aider la petite fille à s’échapper de sa chambre et l’inviter à découvrir les mystères de la nuit. Une balade nocturne faite d’escalades, de dégringolades pour respirer la nuit, jusqu’au moment où celle-ci s’efface au profit du jour, ramenant Alice dans sa chambre…et accompagnée du chat ! L’album alors bascule, puisque cette fois, c’est le chat sauvage qui va découvrir une incroyable journée auprès d’Alice et de ses amis…

Maylis Daufresne nous surprend dans cette histoire où les rôles sont inversés. Ici, c’est l’animal qui veut ramener l’enfant chez lui, dans son univers. Puis une parfaite symétrie s’opère quand c’est au tour du chat de découvrir l’univers de l’enfant, y découvrant des activités similaires à celles vécues pendant la nuit. Une histoire qui aborde ainsi l’amitié et la découverte de l’autre et de son monde dans une échappée tendre et mystérieuse. Les magnifiques et foisonnantes illustrations de Magali Dulain, au crayon de couleur et à l’aquarelle, illuminent cette nuit et cette journée magiques. On apprécie le petit clin d’œil aux Musiciens de Brême et on se laisse surtout happer par ses couleurs et sa nature aussi douce que merveilleuse. Une échappée magique !

La belle échappée, Maylis Daufresne, illustré par Magali Dulain (Le diplodocus)
disponible depuis le 7 mars 2020
9791094908167 – 13,50€
à partir de 4 ans

Sur ces magnifiques albums, nous vous souhaitons un été flamboyant et onirique !

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Les esprits de l’escalier – Clémentine Beauvais et Gérald Guerlais

Un esprit frappeur hante depuis 118 ans un immeuble parisien. Seul, voilà plus d’un siècle qu’il observe les humains. Il pensait avoir tout vu… jusqu’au jour où une nouvelle venue débarque pour hanter son immeuble. Elle vient juste de mourir, c’est une fille d’aujourd’hui, impertinente et insaisissable. Lui, il se languit d’amour et vient d’hier… Comment pourrait-il lui plaire ?

Clémentine Beauvais nous parle une nouvelle fois d’amour avec cet album (découvrez son interview et pour les curieux ses précédents ouvrages ici, et même ici) avec un style frais, aérien et stylisé. Dans cette histoire d’amour futée, il est question des affres de la séduction et des jeux de mots qui tombent à plat. En effet, notre pauvre amoureux reste muet face à notre fantômette et sa répartie arrive quand sa dulcinée s’est envolée. Vous manquez, comme notre héros, de riposte et vous avez une épiphanie – une réplique parfaite – qui arrive trop tard ? Vous avez l’esprit de l’escalier ! Cette expression viendrait du livre Paradoxe sur le comédien de Diderot qui écrivait «…l’homme sensible comme moi, tout entier à ce qu’on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu’au bas de l’escalier ». Mais heureusement pour notre esprit de l’escalier l’amour donne des ailes et des mots.

Au fil des grandes doubles pages, nos personnages virevoltent, se croisent ! Les grandes illustrations nous dévoile Paris, sa frénésie, ses chats (nombreux!) et l’architecture grandiose. Les lecteurs assidus de l’autrice apercevront un clin d’œil à l’une de ses précédentes œuvres – je vous laisse chercher. Mention spéciale à cette magnifique illustration d’escaliers !

 

Un très bel album pour profiter de la musique de l’autrice et pour plonger dans les somptueuses illustrations de Gérald Gerlais. Un livre qui évoque l’amour, le plaisir des mots. Comme quoi même l’amour peut toucher n’importe quel bon esprit !

Les esprits de l’escalier, Clémentine Beauvais, illustré par Gérald Guerlais (Sarbacane)
disponible depuis le 29 janvier 2020
9782377313730 – 15,90 €
à partir de 7 ans