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Anne de Redmond – Lucy Maud Montgomery

Anne Shirley est de retour ! Elle a désormais 18 ans et rentre à l’université de Redmond. Au programme : étude, écriture, nouvelles rencontres et surtout, toutes sortes de mésaventures ô combien romantiques ! C’est en compagnie de ses anciens compagnons de vies : Gilbert, Charlie et Priscilla qu’elle va découvrir la vie d’étudiante. Mais c’est sans oublier ses retours à Green Gables pour retrouver sa famille, se ressourcer auprès de la nature et entretenir ses amitiés. Un troisième tome sous le signe de la colocation entre jeunes filles et de l’amour ! Oui car ce livre contient de nombreuses demandes en mariage…

Ce troisième tome vient confirmer tout ce que j’ai pu déjà écrire (ici et ) sur cette magnifique saga. Lucie Maud Montgomery a une écriture inimitable, que j’aime comparer à un cocktail entre la Comtesse de Ségur et Jane Austen. Non pas pour le style (je l’ai dit incomparable et poétique) mais pour le plaisir de lire un roman bucolique, nostalgique et plein de bon sentiments. C’est enveloppant et frais comme un jour d’automne et simultanément plein d’humour et lumineux.

En quittant l’île qui l’a vu grandir et s’épanouir, Anne découvre une nouvelle vie et une nouvelle partie d’elle, plus adulte. Ses nouvelles amitiés à l’université sont hautes en couleur. Elle va notamment faire la rencontre d’une jeune fille extravagante – qui mériterait une saga à elle seule : Philippa. Phil est aussi volubile qu’une Anne de 11 ans, elle est enflammée et ses amours sont un plaisir à suivre. Comme dirait Tante Jimsie en parlant de cette jeune fille :

– Eh bien, je l’espère, Anne. Je l’espère vraiment parce que je l’aime. Mais je n’arrive pas à la comprendre, elle me dépasse. Elle ne ressemble à aucune des filles que j’ai connues, ni à aucune de celles que j’ai moi-même été.
– Combien de filles avez-vous été, Tante Jimsie ?
– Environ une demi-douzaine, ma chérie !

Les lecteurs prendront aussi beaucoup de plaisir à découvrir les lettres du malicieux Davy, le jumeau dont s’occupe Marilla, qui vient apporter beaucoup d’humour et de malice grâce à sa vision enfantine de la vie !

Vous l’aurez compris, ce titre n’est pas un roman à intrigue, il s’agit de chronique racontant l’évolution des personnages. Et quelle évolution pour Anne ! L’autrice arrive, avec talent, à mettre en lumière toutes les subtilités qui font qu’un être peut rester le même toute sa vie mais avec des nouvelles nuances, des dégradés. Anne reste fidèle à ses convictions et en même temps évolue sous nos yeux. Anne de Redmond est un roman parfaitement équilibré, l’œuvre d’une autrice accomplie, qui non seulement approfondit ses personnages mais ouvre aussi de nouveaux horizons. Vivement la suite en… 2022 !

PS : Ai-je besoin encore une fois de dire à quel point l’objet lui-même est beau ? Monsieur Toussaint Louverture me surprend à chaque nouveau opus !

Anne de Redmond , Lucy Maud Montgomery, traduit par Laure-Lyn Boisseaux-Axmann (Monsieur Toussaint Louverture)
disponible depuis le 19 août 2021
9782381960258 – 16,50€
à partir de 12 ans
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Lettre à toi qui m’aimes – Julia Thévenot

Après avoir écrit un premier roman Bordeterre qui n’est pas passé inaperçu… Julia Thévenot revient avec une comédie légère et toujours musicale.

Le groupe de musique Les Moonatics est à la recherche d’un guitariste – le précédent passait trop de temps à fumer. Arrive Yliès qui va rapidement être surnommé Roméo… tellement il se fond d’amour pour la chanteuse, Pénélope.
C’est flagrant. Indéniable. Tout le monde le voit qu’il l’aime d’un amour passionné… mais alors pourquoi Pénélope ne l’aime pas ? Pourquoi le laisse-t-elle s’approcher si elle ne veut pas de lui ?

Chère Julia,

Pour écrire cette chronique, j’ai eu envie de t’écrire une missive, loin de moi l’idée de reprendre la forme poétique moderne de ton roman, mais la lettre est un forme intime où les mots viennent aisément. Je viens de terminer ta comédie non sentimentale. Enfin, si, des sentiments il y en a, beaucoup en réalité, c’est une belle histoire d’amour non réciproque.

Ce roman a réussi la prouesse de me rappeler mes 17 ans. Qu’est-ce que l’on peut être cruelle – bête – humaine à cet âge-là ! Ton héroïne, Pénélope, dans sa non réciprocité m’a touchée, on voit si peu ce prisme de « celle qui n’aime pas », celle qui ne demande rien. Celle qui se retrouve avec un cœur lourd entre les bras, paquet trop encombrant dont on ne sait pas quoi faire. On aimerait mettre sur ce cœur un tampon « Retour à l’envoyeur » mais voilà, quand ce propriétaire est dans la sphère amicale, comment gérer cette tension dans un groupe ? On a peur de le poser de peur qu’il se brise. Et pourtant ta Pénélope aurait de quoi aimer ce bel Yliès (je reconnais bien là ton goût pour les prénoms littéraires) dont la répartie et les déclarations amoureuses vont faire succomber plus d’une lectrice. J’imagine les adolescentes jalouses de Pénélope : « mais pourquoi elle l’aime pas ? Il a l’air parfait ! »

Dans ce texte, tu rappelles quelque chose qui me paraît primordial : ce n’est parce que quelqu’un de bien nous aime qu’on doit l’aimer en retour. C’est un détail mais j’aurai aimé lire ce texte quand j’étais adolescente. De lire cette liberté sexuelle, cette amitié entre garçon et fille. Et j’espère un peu, je t’avoue que ce texte donnera envie à plein d’adolescentes de briser des cœurs.

J’ai hâte de te lire et de découvrir tes prochains textes, merci pour cette belle surprise littéraire.

Lisette

Lettre à toi qui m’aimes, Julia Thévenot (Sarbacane)
disponible à partir du 7 avril 2021
9782377315994 – 12,50€
à partir de 13 ans
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Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

Dans ce deuxième tome des aventures d’Anne, l’orpheline idéaliste aux cheveux roux vient d’avoir 16 ans. Institutrice, elle est pleine d’ambition et souhaite gagner le cœur de ses élèves avec sa naïveté touchante et son imagination – toujours aussi débordante. De plus, avec quelques amis, elle crée la Société d’amélioration du village d’Avonlea avec la volonté d’embellir les paysages mais cette nouvelle activité va la plonger dans toutes sortes de situations embarrassantes… Histoire d’épicer encore plus cette tranquille île, Marilla, sa mère adoptive, va accueillir des jumeaux à Green Gables.

Anne est née enfant de la lumière. Une fois qu’elle a croisé une vie en y glissant un sourire ou une parole comme un rayon de soleil, la personne voyait son existence, sur le moment en tout cas, comme belle, pleine d’espoir et d’estime. Cet extrait représente en tout point l’effet anneshirleysien de ce roman ! Anne est toujours une héroïne attachante et son adolescence est encore plus délicieuse que son enfance dont vous pourrez lire la chronique ici. Notamment car ses monologues poétiques sont moins nombreux et elle partage plus de réflexions sur l’éducation, l’amour, le monde des adultes, le pouvoir de l’imagination tout en vivant des péripéties incroyables. Elle a toujours le chic pour se mettre dans des situations rocambolesques avec beaucoup de recul sur ses propres défauts. Anne grandit avec beaucoup de nuances tout en restant une éternelle optimiste.

Quel plaisir de retrouver la nature d’Avonlea à travers les yeux de son héroïne et de découvrir les nouveaux habitants. De nombreux personnages vont faire leur apparition : M. Harrisson et son perroquet moqueur, les élèves d’Anne, dont le fascinant et imaginatif Paul et les jumeaux Dora et Davy, dont le garçon est un créateur de bêtise ambulant. Même si je fus surprise de cette nouvelle adoption de la part de Marilla et que j’avais peur de la redondance, je dois avouer que le personnage de Davy apporte son lot de farces et des dialogues enfantins malicieux. L’écriture de Lucy Maud Montgomery dépeint toujours les émotions avec pudeur et réalisme, les paysages avec fantaisie et les relations humaines avec humour et empathie.

L’éditeur Monsieur Toussaint Louverture a réussi à faire de ce second tome un objet livre encore plus beau que le précédent, avec cette couverture fabuleusement colorée – et j’ai pris encore plus de plaisir que le premier livre. Anne n’a pas fini de nous étonner. Certaines héroïnes sont faites pour les aventures, et c’est un don qu’Anne d’Avonlea possède !

Anne d’Avonlea, Lucy Maud Montgomery, traduit par Isabelle Gadoin (Monsieur Toussaint Louverture)
disponible depuis le 18 février 2021
9782381960135 – 16,50€
à partir de 12 ans
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Anne de Green Gables – Lucy Maud Montgomery

Marilla et Mattew, un couple de frère et soeur âgés, souhaitent adopter un garçon pour les aider à la ferme mais par erreur, on leur confie une fille. Mais pas n’importe quelle fille : Anne. Cette orpheline de 11 ans, aux cheveux roux (pour son plus grand désarroi), à l’esprit vif, à l’imagination sans borne et amatrice des grands mots, n’est pas ce qu’ils attendaient. Anne est très. Très impulsive. Très bavarde. Très théâtrale. Très maladroite. Très fantasque. Et surtout très attachante. Elle va bousculer le calme et la monotonie à Green Gables.

Anne de Green Gables est une nouvelle traduction d’un classique (Canada), vendu à 60 millions d’exemplaires et traduit en plus de trente-six langues. L’édition de ce roman et la vie de son autrice sont déjà une histoire romanesque à eux seuls. Une mère emportée très tôt par la tuberculose et un père qui part fonder une nouvelle famille abandonnant la petite Lucy Maud à passer son enfance avec des grands-parents peu aimants à Cavendish, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Lucy Maud Montgomery fait partie de ces autrices qui ont toujours écrit et qui ont persévéré avant de trouver leurs lecteurs. Alors que ce roman a été rejeté par tous les éditeurs auxquels elle l’avait soumis, un jour de 1908, la chance lui sourit et Lucy rencontre le succès immédiatement. Les plus grands auteurs ont salué son œuvre : « Ce qui fait le génie de ce livre, ce n’est pas son réalisme, Anne est le triomphe de l’espoir », a dit Margaret Atwood ou encore Mark Twaïn qui a déclaré que l’héroïne était « l’enfant la plus attachante, émouvante et délicieuse depuis l’immortelle Alice. » Plus récemment, vous aurez peut-être découvert l’adaptation Anne with a E sur Netflix.

Lisette a une confession à faire, elle ne connaissait pas du tout ce texte et fut très heureuse de faire la connaissance d’Anne. Au tout début du roman, Anne est trop. Elle est trop enthousiaste ou trop désespérée. Ses longues tirades sur la nature ont été des passages parfois difficiles à passer mais heureusement cette intensité romanesque est atténuée par le personnage de Marilla, sa mère adoptive. Marilla est très terre à terre et essaye toujours d’expliquer à Anne qu’elle doit se taire et ne pas vivre la vie aussi intensément ! Ce décalage très moderne entre la romanesque et la fermière apporte beaucoup d’originalité dans ce roman. L’héroïne n’est pas sans me rappeler la malheureuse Sophie de la Comtesse de Ségur, toutes deux sont maladroites et tellement captivantes. Tous les personnages secondaires vont permettre à Anne d’évoluer, de ne plus craindre le manque d’affection et de continuer à voir la vie à sa façon.

« Je suppose que vous êtes Monsieur Matthew Cuthbert de Green Gables, dit-elle d’une voix particulièrement douce et claire. Je suis très heureuse de vous voir. Je commençais à craindre que vous ne veniez pas me chercher et j’imaginais tout ce qui aurait pu vous retenir. J’avais décidé, si vous ne veniez pas ce soir, de longer la voie jusqu’à ce grand merisier là-bas, dans le virage, et de grimper dedans pour y passer la nuit. Je n’aurais pas eu peur du tout, et ça aurait sans doute été charmant de dormir dans cet arbre aux fleurs blanches au clair de lune, vous ne pensez pas ? Ça aurait été comme vivre dans un temple de marbre, non ? »

Le lecteur suivra Anne de son arrivée à Green Gables (l’extrait au-dessus sont ses premiers mots) jusqu’à ses études supérieures. L’évolution de ce personnage est très belle et l’ambitieuse Anne finit toujours par rire de ses erreurs et s’en sort plus forte ! Nous la suivons dans ses apprentissages, sa découverte de l’amitié, de la religion, ses questionnements haut en couleurs et sa détermination à être la première de la classe.

Saluons la fabrication de M.T.L, l’objet est si esthétique que l’on a envie de le chérir et de l’avoir dans sa bibliothèque juste pour faire des belles photos sur Instagram. Anne de Green Gables a le charme des romans classiques, une écriture parfois un peu surannée (il faut aimer les descriptions de nature) et des personnages qui vous accompagneront toute une vie. Grâce à cette belle réédition, Anne demeure immortelle et d’une modernité surprenante ! Merci à Monsieur Toussaint Louverture pour cette incroyable édition et bravo à la traductrice Hélène Charrier. Pour ceux qui tomberont sous le charme d’Anne, un second tome est prévu en février 2021.

Anne de Green Gables, Lucy Maud Montgomery, traduit par Hélène Charrier (Monsieur Toussaint Louverture)
disponible le 8 octobre 2020
9782381960081 – 16,50€
à partir de 12 ans
Son
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Signé poète X – Elizabeth Acevedo

Xiomara, presque 16 ans, est une adolescente à qui on impose le silence. Ecrasée par une mère bigote qui veut faire d’elle une nonne, ignorée par un père constamment devant sa télé, reluquée et sifflée par tous les hommes à cause d’un corps devenu femme trop vite, son seul soutient réside en son jumeau, quoique pas toujours très aidant, et sa meilleure amie qui n’en peut plus de son intérêt pour les garçons… Jusqu’au jour où quelqu’un est prêt à entendre sa voix.

Vous en avez sans doute déjà beaucoup entendu parler, mais Signé Poète X le mérite assurément. Elizabeth Acevedo, americano-dominicaine et poétesse, a sans doute utilisé beaucoup de son propre parcours pour nous offrir celui de Xiomara, jeune fille qui doit jongler entre la religion et son premier amour. Comment réussir à être soi, à s’affirmer et à s’aimer quand, depuis toujours, le poids de la tradition, des stéréotypes, condamne toute forme d’émancipation ? Fille d’immigrés dominicains, fille d’un couple malheureux condamné au jugement des autres, fille « miracle », jumelle complètement différente de son frère avec qui elle ne parvient pas à communiquer, Xiomara ne peut quasiment compter sur personne pour s’en sortir. Alors elle le fait avec ses poings, n’hésitant pas à casser le pif de ceux qui se frottent trop près de son corps trop précoce, ou qui emmerdent son frère qui n’a pas sa carrure. Son seul refuge : un carnet dans lequel elle note ses poèmes, un jardin secret qu’elle n’est prête à ouvrir à personne, sauf peut-être à Aman…et puis à ce club de slam monté par la prof qui a remarqué son talent ?

Magnifique roman en vers, dans une traduction signée Clémentine Beauvais, Elizabeth Acevedo nous touche au cœur avec ce texte intense, et cette voix exceptionnelle qu’est celle de Xiomara, entre colère et pudeur. Un texte féministe sans aucun doute, mais qui évoque aussi la pression parentale, le poids de la religion, la puissance des mots et l’adolescence qui se cherche, qui veut croire en ses rêves. La puissance des mots de Xioamara, leur sensibilité et leur justesse, en font un roman rempli d’espoir et d’amour. Une très belle découverte, et une autrice à suivre et à entendre très bientôt en France (et profitez ainsi d’aller faire un petit coucou à notre coupine Lucille) ! 😉

Signé poète X, Elizabeth Acevedo, traduit par Clémentine Beauvais (Nathan)
disponible depuis le 29 août 2019
9782092587294 – 16,95€
à partir de 14 ans
Son
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Je serai cet humain qui aime et qui navigue – Franck Prévot et Stéphane Girel

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Un petit garçon passe les grandes vacances chez son grand-père, ancien marin-pêcheur. Lors d’une promenade, il découvre un magnifique coquillage, qu’il porte à son oreille lorsqu’il remarque l’inscription « Ecoute-moi ». Et c’est un poème magnifique qu’il entend, quand son grand-père n’y entend que les vagues de la mer…

★★★★☆

Tanni koseb yasa kana dija sebar… Ainsi commence ce poème étrange entendu dans le coquillage. Une langue, une sonorité inconnue tant de l’enfant que du grand-père. Ce charabia a-t-il un sens ? Petit à petit, à force de l’écouter, l’enfant va être touché par cette musique issue de la conque, et se laisser emporter par les mots étrangers et composer sa propre traduction. Une première traduction qu’il récite à son grand-père, en hommage à sa vie, son bateau, sa femme disparue. Et c’est un grand-père ému qui conforte l’enfant dans son idée d’un poème qui s’adresse à tous, qui voyage et se transmet dans les âmes et dans les cœurs. Après la récitation, c’est donc l’écriture de tout ce que le poème lui évoque, une façon pour l’enfant de se découvrir, de grandir, de mieux percevoir le monde qui l’entoure…

A travers un texte d’une grande qualité poétique, Franck Prévot nous offre une belle histoire de transmission entre un grand-père et son petit-fils et, surtout, un poème fabuleux auquel on peut, comme l’enfant, donner le sens que l’on désire, qui nous inspire, qui nous parle. Une invitation à l’imagination et à la création littéraire à laquelle le lecteur peut d’ailleurs apporter son bout de coquillage en traduisant lui aussi le poème, qui trouvera sa place aux côtés des autres traductions proposées. 🙂
La puissance de cet univers poétique vaut aussi par les illustrations lumineuses, solaires, de Stéphane Girel, dont la délicatesse du dessin et la lumière qui se dégage de ses couleurs sont particulièrement évocatrices. On apprécie d’ailleurs le très grand format qui permet de se laisser encore plus emporter par les images et les mots…

Et pour en voir un peu plus de ce magnifique album et en apprécier les illustrations, une petite vidéo réalisée par l’éditeur. 🙂

Je serai cet humain qui aime et qui navigue, Franck Prévot, illustré par Stéphane Girel (HongFei cultures)
disponible depuis le 19 mai 2016
9782355581113 – 16,50€
à partir de 7 ans
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Maman Renard – Amandine Momenceau

COUV-RENARDS

Premier ouvrage publié de l’auteur, cet album est insoutenable de mignonnerie. On le repose avec la satisfaction de posséder un ouvrage de qualité, une création intemporelle…on aimerait que ce livre devienne un classique. Amandine Momenceau, assez doué de ses dix doigts maispasque (oui on a lu sa bio, on se renseigne ma petite dame chez Bob et Jean-Michel), découpe en long en large et en travers rendant le final poétique et presque animé.

★★★★★

L’histoire est efficace : par une belle journée d’hiver ensoleillée, quatre renardeaux gambadent allègrement dans la neige et échappent à la surveillance de leur mère. La partie de « cache-cache » est lancée et fonctionne à merveille grâce aux animations de l’auteur. Le but est de nous balader de page en page, les découpes laissant belle part à la découverte des éléments cachés. Divertissant à souhait, le calme s’impose au fil des événements tant on se laisse porter par gaillardise des petits. Si jamais vous ressentez un soupçon d’inquiétude à la lecture ne vous faites aucun souci : tout se passe à merveille, Amandine Momenceau n’a pas réalisé un album sur la chasse et tous les petits finiront par se pelotonner contre leur mère.

Afin de vous rendre compte des animations, l’Agrume a publié une chouette vidéo de démonstration

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Maman Renard, Amandine Momenceau (L’Agrume)
disponible depuis le 20 octobre 2015
9791090743328 – 18€
à partir de 3 ans

 

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Dans la tête d’Albert – Carole Chaix & Annie Agopian

danslatêtedalbert« A Angèle Cambournac
A Thierry Magnier
Merci d’avoir dit oui à cet « ovni » ! »

Un bel ovni en effet
Comme toujours avec Carole Chaix chaque album est une jolie surprise, ses illustrations sont toujours en parfaite concordance avec les textes soignés d’excellents auteurs. Dans la tête d’Albert est une mignardise pour l’âme, qui à son tour, devient tout à coup embuée d’émotion(s).

Albert et son Chien vivent ensemble et il n’est est pas toujours facile pour l’animal de comprendre son maître car il est plein de contradictions, et son silence est parfois compliqué à décrypter.

Mais qui est donc Albert ?

Albert a un petit vélo dans la tête. Il veille, pense, réfléchit, parfois trop, le regard dans le vide, il rêvasse entre ses deux oreilles, il perd les pédales, s’énerve, s’entête, s’accroche. C’est son Chien qui le promène au bout de sa laisse. En vélo, Albert fait le fou, il s’amuse au gré du vent tandis que les gens rient de lui. Serait-il différent ? Schizophrène, bipolaire, dépressif, mélancolique ? Il voit le monde différemment, des dizaines de sensations et d’envies parcourent sa tête, parfois en même temps : chaque jour contient son lot de surprises. Ce que son Chien considère comme une insuffisance de goût ou des lacunes d’attention, relève en fait d’une grande perspicacité de la part de son maître. Serait-il un génie ? Il est seul dans sa cafetière qui bout sans cesse. Il est timide et un manque de confiance en lui le retranche dans sa tête. Il n’est pas maître de lui-même : ses émotions peuvent le dépasser et des colères injustifiées prennent le pas sur la raison. Albert est comme n’importe lequel d’entre nous : il ne connait pas la recette du bonheur mais qu’à cela ne tienne, il n’aura jamais finit d’apprendre et de grandir…
Une histoire délicate et fragile comme son personnage, à découvrir patiemment. Un album sans doute réservé aux amateurs de livres insolites, à ceux qui apprécient la poésie et allez savoir pourquoi : en le lisant, je lui ai trouvé le petit goût amer et sucré d’une tartelette au citron.

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images Thierry Magnier éditions

Dans la tête d’Albert, Carole Chaix & Annie Agopian
disponible le 26 août 2015
9782364747241 – 17€
difficile de donner un âge pour cet album, ouvrez-le 🙂

Son
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Blackwood, le pensionnat de nulle part – Lois Duncan

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Dans les nouvelles parutions de la collection Black Moon figure Blackwood, un roman qui date de 1974 et traduit pour la première fois en France afin de préparer une adaptation cinématographique actuellement en cours et produite par nulle autre que Stephenie Meyer, la maman de Twilight. Alors, prochain gros succès ou pas ? 😛

Après le remariage de sa mère, Kit est contrainte d’aller dans un pensionnat. Elle arrive à Blackwood, ancienne demeure gothique où elle étudiera avec d’autres jeunes filles. Sous la direction de Mme Duret, les filles recevront un enseignement de qualité, où les arts ont toute leur place. Mais très vite, Kit ressent un étrange malaise dans cette école…à commencer par le fait qu’elles ne sont que quatre pensionnaires…

★★★☆☆

Amateurs de mystères et de romans gothiques façon 19e siècle, ce roman est fait pour vous ! Il y a indéniablement un petit goût de vieillot dans ce roman qui a quand même 40 ans, même s’il a été remanié par son auteur il y a quelques années (ce qui a sans doute aidé pour l’adaptation ciné à venir). Si Lois Duncan a ajouté des ordinateurs et des téléphones portables (inutiles très vite) histoire de s’intégrer dans le 21e siècle, les dialogues sont quant à eux restés très old school : on imagine mal quatre adolescentes s’exprimer aujourd’hui comme elles le font dans tout le roman. Mais c’est finalement ce qui fait aussi le charme désuet de cette histoire de fantômes. On a l’impression d’être hors du temps, dans un huis-clos angoissant où la résolution ne viendra que dans les dernières pages…s’il y en a une ! (héhé, non je ne vous dis rien) Les personnages sont attachants, particulièrement Kit et Sandy, on se laisse assez vite emporter par l’ambiance et dans le mystère qui entoure cette étrange pension dont la froide Mme Duret garde bien les secrets. De quoi donner un film inquiétant… 🙂

Blackwood, le pensionnat de nulle part, Lois Duncan (Hachette)
collection Black Moon
disponible le 26 août 2015
9782012036475 – 16€
à partir de 13 ans