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L’épouvantable bibliothécaire – Anne-Gaëlle Balpe et Ronan Badel

Suzanne est un petit rat de bibliothèque (mais c’est une petite fille de 11 ans et demi, pas de confusion). Quand elle apprend qu’elle va passer ses vacances dans la ferme de sa tante Églantine avec UN seul roman, c’est la catastrophe ! Heureusement, une fois sur place, entre deux corvées à la ferme, elle apprend qu’un vieux manoir abrite une bibliothèque. Bizarrement, tout le monde semble avoir peur de cet endroit : la bibliothécaire serait une vieille sorcière acariâtre…

Découvrir une nouvelle bibliothèque, c’était pour elle comme accéder à une pâtisserie où elle aurait le droit de goûter à tous les gâteaux et de manger ses préférés en entier, gratuitement, sans restriction. L’amour de Suzanne pour les livres n’est pas sans rappeler le formidable personnage de Roald Dahl, Matilda. Ces deux héroïnes ont en commun le courage, la ruse et d’être un peu asociales. Heureusement Suzanne ne sera pas seule face à cette épouvantable bibliothécaire. Il faut souligner le côté démoniaque de la méchante bibliothécaire, elle est véritablement épouvantable ! Rapidement, elle va faire la connaissance, à son arrivée à la ferme, de deux personnages déjantés : Mo, une jeune fille bourrue et Marin, un garçon hypocondriaque. L’amitié est au coeur de l’intrigue et l’union fera la force.

L’histoire est déjantée et très drôle. En plein coeur de l’aventure, on retrouvera des pauses « infos insolites » sur les moutons, les bibliothèques ou les microbes – instructives et amusantes. Les illustrations de Ronan Badel apportent une chouette dynamique.

Un roman rythmé pour rire et trembler devant une aventure inattendue qui comprendra : fantôme, boule de feu, disparition. Un titre parfait pour les jeunes lecteurs – même pour ceux qui ne vont pas souvent en bibliothèque !

L’épouvantable bibliothécaire, Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Ronan Badel (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 5 février 2020
9782377313761 – 10,90€
à partir de 9 ans
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La terrible histoire de Petit Biscuit – Carl Norac et Magali Le Huche

Petit Biscuit est un petit beurre très particulier. Pour commencer, il est né dans une biscuiterie de luxe et vit dans une boîte Assortiment royal. Enfin « survit » car les biscuits savent que leur destin est de se faire croquer… Mais Petit Biscuit a une particularité : il a deux jambes qui peuvent marcher pour de vrai, le voilà décidé à échapper à son destin.

Amateur d’humour noir, ce livre est fait pur beurre pour vous ! Carl Norac nous dévoile un conte cruel terriblement craquant. Dès que ce biscuit va quitter sa boîte de luxe, il va se retrouver dans des aventures rocambolesques. Chacun des personnages irrésistibles qu’il va rencontrer va se retrouver en miettes… même son petit coeur de beurre va finir en morceaux lui aussi. Car Petit Biscuit va tomber amoureux d’une tendre Madeleine, qui se fera déguster sous ses yeux ! Là est le destin de toutes les mignardises…

Les dessins de Magali Le Huche sont pétillants, très vivants. Après cette lecture, Lisette a l’impression de devenir une tueuse en série à chaque goûter. Il faut souligner aussi l’extrême beauté de l’objet, l’album ressemble à un livre de luxe que pourrait publier une célèbre marque de macarons parisiens. C’est beau, c’est bon, encore !

Lisette tient à dire que des biscuits ont été blessés pendant cette lecture mais qu’elle espère que ce duo pourra nous offrir encore des albums à se mettre sous la dent ! Elle en salive déjà d’avance !

La terrible histoire de Petit Biscuit, Carl Norac, illustré par Magali Le Huche (Sarbacane)
disponible depuis le 4 mars 2020
9782377313150 – 15,90€
à partir de 6 ans
Son
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De l’art de dessiner…

Dessiner, c’est quand même pas facile ! Bob en est la preuve vivante. Pourtant, nos deux illustratrices du jour nous montrent que tout est possible avec un trait, un rond, une couleur ou même une tâche sur la page… Vous y croyez, vous ? 🙂

Le livre des erreurs

Ça commence comme une erreur de débutant : on a fait un œil plus grand que l’autre. Crotte ! Bon, on remet à niveau mais là, les yeux sont vachement énormes. On cercle avec des lunettes et bim, ça marche. Sauf qu’après, le cou est trop long et les coudes trop pointus… Bref, on ne fait que des erreurs ! Heureusement que Corinna est là pour nous aider à utiliser toutes ces bourdes pour imaginer ensuite une histoire et, surtout, dessiner une image qui va ne faire que grossir et se nourrir de toutes ces tâches d’encre, de tous ces gribouillis et autres ratages !

Avec simplicité, Corinna Luyken nous offre un texte rassurant sur la créativité et l’imagination, ou comment, à partir d’une erreur, on peut tout transformer ! Loin d’être un manuel de dessin, il apporte néanmoins des petites astuces qu’on sera bien contents de pouvoir réutiliser ! Mais surtout, le trait de Corinna Luyken est d’une finesse pleine de douceur alors que se construit sous nos yeux une scène étonnante et merveilleuse. Des dessins au noir sur de grands fonds blancs, avec seulement quelques touches de couleurs. C’est drôle, intelligent et ingénieux ! Et ce n’est pas grave du tout, si on fait une erreur…

Le livre des erreurs, Corinna Luyken (Kaléidoscope)
disponible depuis le 25 septembre 2019
9782877676120 – 14€
à partir de 5 ans

Kaléidoscopages

Avec cette même envie de créativité, d’imagination et de liberté d’interprétation de l’image, Delphine Perret nous invite à découvrir toute la richesse de ce qu’offrent les traits, les points, les tâches, etc. Un album comme un imagier dans lequel nous sont proposées différents interprétations de ce que peut être in zigouigoui (nom savant, cherchez pas) ou une tâche, de toutes les lectures possibles d’une image. Et à travers cette belle manière de nous interroger sur le sens, Delphine Perret nous montre aussi tout ce qu’il est possible de faire avec des éléments de dessin tout simple ! (Dessinateurs en herbe, à vous de vous en emparer !)

Très justement sélectionné pour la Pépite albums au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil (il ne l’a pas eue si vous avez un peu suivi la chose), Kaléidoscopages est un livre à mettre entre toutes les mains, petites et grandes. Delphine Perret nous offre un jeu de perception avec une bonne dose d’humour et nous invite elle-aussi à exercer notre regard, à prendre un crayon et à entraîner notre imagination !

Et si vous n’en avez pas assez, Delphine Perret a sorti en même temps une variation sur l’arbre, tiré d’une des pages du précédent : C’est un arbre. Vous verrez que cette affirmation ne tiendra pas longtemps et, sous la forme d’un récit, on découvre tout ce que peut être un arbre : un abri pour les oiseaux, du papier pour les livres, du bois pour la cheminée, etc. Jusqu’à boucler la boucle (mais on ne vous dit pas comment !). Une très jolie variation pour les plus jeunes au travail imaginé dans Kaléidoscopages.

Kaléidoscopages, Delphine Perret (Le Rouergue)
disponible depuis le 2 octobre 2019
9782812618789 – 15€
à partir de 5 ans
C’est un arbre, Delphine Perret (Le Rouergue)
disponible depuis le 2 octobre 2019
9782812618765 – 12€
à partir de 3 ans
Son
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Homère le homard doit-il rester dîner ? – Finn Buckley et Michael Buckley

Homère est un homard fort bien élevé. Quand il est invité quelque part, il pense toujours à apporter des fleurs, le dessert et des petits cadeaux pour les enfants. Et justement, ce soir, il est invité à dîner ! Quelle chance ! Enfin…est-ce bien normal d’offrir des bracelets élastiques à un homard quand il arrive ? Ou de lui proposer un bain d’eau bouillante ?

★★★★☆

Vous connaissez peut-être Michael Buckley pour sa série Les sœurs Grimm (dont on n’a jamais eu la suite, d’ailleurs) ? Le voilà qui revient avec un album pour les plus jeunes et écrit en collaboration avec son fils de 7 ans au moment où il imagine cette histoire ! Ce duo un peu fou est rejoint à l’illustration par Catherine Meurisse, que l’on n’a sans doute pas besoin de présenter, pour un album aussi étonnant que drolatique !

Tout d’abord, sachez que l’album possède deux couvertures ! Eh oui, pour une fois qu’une jaquette a une vraie utilité, c’est celle de vous proposer deux options puisque c’est ce que fait aussi l’histoire : Homère doit-il rester dîner chez ces hôtes fort accueillants mais pas pour la raison que notre petit homard croit ? Si vous pensez qu’il doit rester, alors continuez l’histoire. Sinon, sautez directement à la page 22 ! Le choix de votre couverture – un homard content ou un homard pas content – influencera peut-être le cours de votre lecture…

Un album drôle et malicieux, qui joue avec les codes du livre-jeu, avec du suspense, des bagarres épiques, des sauvetages et un homard qui n’a pas l’air de bien mesurer sa chance ! Enfin…vous verrez comment ça se termine ! Les illustrations de Catherine Meurisse, tout en rouge homard et bleu océan, jouent sur les expressions et les scènes dramatiques et loufoques ! Un album tout en surprise, dont la dernière se révèle sur la couverture… 🙂

Homère le homard doit-il rester dîner ?, Finn Buckley et Michael Buckley, illustré par Catherine Meurisse (Phaidon)
disponible depuis le 21 mars 2019
9780714878881 – 16,95€
à partir de 4 ans
Son
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Les quatre gars – Claire Renaud

9782377310531,0-4690498

Ile de Noirmoutier. Les Fradet sont bien connus des gens de l’île qui les surnomment « la famille Dégâts », parce qu’ils font toujours tout de travers. Abandonnés par les femmes, ils sont quatre gars, trois générations, à vivre sous le même toit. Et c’est pas tous les jours facile, notamment pour le petit dernier, Louis, 9 ans, qui rêve d’une vie meilleure…

★★★★☆

Dans la famille Dégâts, je voudrais le papi. Pierre-Marie de son prénom, veuf depuis un certain temps mais convaincu que sa Raymonde lui parle au travers des éléments, et grand cuisiner de la famille. Je voudrais ensuite le père, Jean-Marie, saunier de métier (c’est le mec qui récolte le sel dans les marais salants pour ceux qui savent pas), bourru de nature, parfois même méchant depuis que sa femme est partie, un jour, sans prévenir et sans jamais revenir. Et enfin les deux fistons : Yves-Marie, futur soldat aux muscles saillants, accro à la musculation, qui draine dans son sillage un essaim de jeunes filles qui rient trop fort ; et Louis-Marie, maigrichon mais vif d’esprit comme son papi, qui aime autant les journées d’école avec les copains que d’entourlouper les Parisiens les jours de marché en leur vendant du sel deux fois plus cher (ou plus, c’est selon la tête du client). Une famille de bonhommes qui n’ont pas vu l’ombre d’une femme depuis des lustres et ne sont pas près d’en voir une…à moins que la jolie maîtresse de Louis n’y mette son petit grain de sel ? 😛

IL EST JOLI, MON LIVRE, IL EST FIN ET BIEN FRAIS ! C’est ce qu’on pourrait crier pour attirer le parigot crédule mais dépensier au marché de Noirmoutier, vantant les répliques bien salées de Papi, la touchante naïveté, vitalité, de Louis, les problèmes de cœur de Jean et d’Yves qui les transfigurent, pour le plus grand bonheur des lecteurs comme de notre petit narrateur et l’écriture pleine d’humour, de finesse, de sensibilité de Claire Renaud. Sauf qu’on vous filoute pas. Tout ça, c’est vrai ! Claire Renaud a un talent de raconteuse indéniable, on s’attache à Louis, à ses potes et à sa famille immédiatement, les dialogues sont savoureux et, si le sujet de la famille est le sujet le plus traité de la littérature, il en trouve ici encore une très belle variation, au travers de ces hommes marqués par le deuil ou l’absence (d’une présence, d’affection). La relation entre Louis et son papi est exceptionnelle, tout comme les moments où le garçon se retrouve bien malgré lui à être l’adulte de la famille, celui qui conseille et prend soin des autres. Ce qui nous offre souvent de bonnes tranches de rire avant de trouver toute son efficacité…

Les quatre gars, ce sont vraiment des chouette gars, une petite famille qu’on était super contents de rencontrer et qui nous manquent déjà la dernière page tournée…
Vous noterez, contrairement à la plupart des romans de la collection, celui-ci est vraiment accessible pour des plus jeunes lecteurs que d’habitude. 🙂

Les quatre gars, Claire Renaud (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 3 janvier 2018
9782377310531 – 15,50€
à partir de 11 ans
Son
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Les jours pairs : 179 histoires à lire avec qui on veut – Vincent Cuvellier & Thomas Baas

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Enfant, Bob n’avait pas beaucoup de livres mais il en avait un qui s’appelait quelque chose comme « 365 histoires pour toute l’année ». Un recueil avec une histoire pour chaque soir. C’était sans doute sur un thème, peut-être des contes. En tous cas, il n’en lisait pas qu’une seule par soir… 😉

★★★★★

Les jours pairs, 179 histoires à lire avec qui on veut, reprend le principe pour mieux le détourner. Vincent Cuvellier explique en effet que l’idée du livre vient du fait que beaucoup d’enfants ont des parents séparés et qu’il n’est pas toujours possible d’avoir une histoire de maman ou de papa chaque soir de la semaine ! (Bon, il paraît que c’est aussi parce qu’il était un peu flemmard et que 365 histoires, quand même, ça fait un paquet !) Du coup, ça donne une histoire pour chaque jour pair de l’année ! Et en plus, on est même pas obligé de les lire dans le bon jour ou dans le bon ordre ! La preuve, je vous en parle un jour IMPAIR, et j’en ai lu plein d’affilés (Bob le rebelle) !

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C’est donc avec un plaisir nostalgique non dissimulé que l’on découvre toutes les courtes histoires inventées par Vincent Cuvellier, qui est vraiment très très fort sur ce format ! On peut ainsi lire tous les deux jours : des histoires de la vie de tous les jours, des histoires du monde entier, des histoires d’extraterrestres, des histoires avec Jojo et son papa, des histoires avec des gens inconnus, des histoires en trois chapitres, et plein d’autres encore, mais aussi d’autres types de textes, comme des lettres (au lapin de Pâques ou à Saint-Valentin), des recettes de cuisine (à tester impérativement !) ou encore des règlements intérieur (de la piscine ou du jardin public) et des traités de zoologie (pour savoir comment c’est fait, les animaux). Le tout avec évidemment beaucoup – très beaucoup – d’humour, de naïveté, d’absurdité et d’innocence enfantine. Vincent Cuvellier a le don de faire des petits moments de la vie une aventure extraordinaire, dans une langue à hauteur d’enfant, pleine d’inventions rigolotes et de légèreté, pour une réelle complicité parent/enfant.

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Un aussi gros pavé d’histoires de près de 300 pages ne pouvait pas se contenter que de mots, et c’est Thomas Baas qui vient ajouter son univers graphique tout en tendresse et en humour. Des illustrations réalisées à la plume sur chaque page, avec des touches de couleurs légères, qui complètent à merveille les mots de Vincent Cuvellier et qui représentent d’ailleurs l’auteur dans son rôle de papa et de raconteur d’histoires.

Un album exceptionnel, à offrir à tous les enfants et à tous les parents, pour que se prenne l’habitude de l’histoire du soir. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, les éditions hélium vous proposent de découvrir une quinzaine de pages juste ici ! Profitez-en ! 🙂

Les jours pairs : 179 histoires à lire avec qui on veut, Vincent Cuvellier, illustré par Thomas Baas (hélium)
disponible depuis le 6 septembre 2017
9782330065379 – 19,90€
à partir de 5 ans
Son
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Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

9782081396623,0-4031862

Déborah entre en terminale et son année commence mal. Non seulement son chien miteux lui a dévoré toutes ses godasses et elle doit se rendre au lycée en bottes de pluie, mais il y a aussi sa mère qui découpe des magazines à en garnir tout le salon, et c’est sans compter son père qu’elle découvre au bras d’une belle inconnue… Heureusement, Déborah va pouvoir compter sur l’amitié toute neuve de Jamal et Victor, sans oublier sa meilleure amie Éloïse.

★★★★☆

Tu pensais en te levant ce matin que ta vie c’était un peu la loose ? Genre t’as pas révisé ton contrôle, ton collant est troué ou le chat a fait pipi sur ton tapis ? LOL. Tu n’as aucune chance contre Déborah, reine de la malchance (ou scoumoune, selon son théorème) qui assiste au chamboulement de sa vie, et pas juste à cause de son chien galeux, Isidore, qui pue du bec et lui détruit ses ballerines. Sa mère agit comme une folledingue, découpant des magazines et collant des post-it partout sur le miroir de l’entrée avec un mystérieux numéro de téléphone et que dire de son père, le sale traître qui embrasse une autre femme ? Et puis sa meilleure amie Éloïse qui s’amourache d’un beau neuneu et la laisse doucement tomber, la contraignant à devenir amie avec Jamal, alias mygale-man et ses dents de cheval et…le beau Victor, le nouveau. Bon, ok, tout n’est pas totalement naze…sauf quand Victor a en fait déjà une copine. Échec et mat.

Mais Déborah a de la chance, c’est Marie Pavlenko qui s’occupe de nous raconter son histoire. Après s’être plutôt illustrée dans les genres de l’imaginaire (Le livre de Saskia, Marjane…), l’auteure nous emmène dans le quotidien ébouriffant de cette ado un peu perdue mais volontaire et pleine d’humour ! Car le roman est aussi lumineux que sa couverture dorée et son titre estival : Déborah est incroyablement drôle et l’écriture enlevée de Marie Pavlenko d’une grande fraîcheur. Le secret des coquillettes sur la couverture vous sera révélé en lisant le roman, tout comme d’autres éléments de l’histoire qui, vous le découvrirez, ne sont pas tous aussi comiques que ce que peut le laisser penser cette chronique, mais la gouaille de cette lycéenne foutraque, son chien-clochard qui schlingue (mais qui est super attachant) et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ne pourront que vous ravir le cœur. C’est en tous cas ce qui est arrivé à Bob.

Il y a une vraie justesse dans cette description de l’adolescence, que ce soit dans le ton ou dans les personnages et Marie Pavlenko parvient à nous toucher et à nous bidonner en même temps (ou presque, hein, vous verrez qu’il y a quand même des trucs pas rigolos rigolos). On a dit à Bob que le roman faisait penser aux Petites reines, de Clémentine Beauvais. Au début, il trouvait que non, mais en fait, oui, il est tout aussi jubilatoire, notamment grâce à Déborah, qui n’a en effet rien à envier à la truculente Mireille. Le propos n’est pas le même, mais le plaisir de lecture, assurément ! Bref, laisse tomber les remèdes de grand-mère pour réparer ton collant troué et cours vite te procurer les épatantes aventures de Déborah ! ;D

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko (Flammarion jeunesse)
disponible depuis le 8 mars 2017
9782081396623 – 17,50€
à partir de 14 ans
Son
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Barracuda for ever – Pascal Ruter

Alors que Le cœur en braille connaît le succès d’une adaptation au cinéma, Pascal Ruter nous offre un nouveau roman que vous trouverez aussi bien dans le rayon jeunesse que chez les vieux avec des couvertures très différentes ! Vous préférez laquelle ? 🙂

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C’est à 85 ans que le grand-père de Léonard, ex-boxeur de légende répondant au nom de Napoléon, décide d’entamer un « renouvellement de vie ». Autrement dit, il divorce de sa femme, adopte un chien qu’il appelle Point à la ligne, projette d’enlever le présentateur du jeu des 1000 euros sur France Inter et passe sa vie au bowling. Et pas question de se laisser « déporter » en maison de retraite ! Pour Léonard, cette décision est aussi étonnante que pleine de promesse de moments incroyables avec son grand-père…

★★★☆☆

C’est au rythme du tube de Claude François que Pascal Ruter nous embarque dans son roman un brin fou-fou aux côtés d’un vieil homme qui pète la forme et de son petit-fils qui ne demande rien de mieux que de passer du temps avec son super grand-père, ex-boxeur pro du bowling et amateur de jeux radiophoniques. C’est Léonard qui nous raconte le changement radical de Napoléon, ce passage chez le juge où on lui accorde le divorce pour « renouvellement de vie », devant une famille sidérée et une grand-mère qui n’a rien vu venir. C’est Léonard aussi qui va vivre avec Napoléon, son empereur, des aventures rocambolesques, tout en évoquant les souvenirs de sa vie passée, de son combat mythique avec Rocky, de la façon dont il a rencontré sa grand-mère, de son métier de taximan, etc. Et c’est toujours Léonard qui sera témoin des autres changements de Napoléon, ceux qu’il tient à cacher tout particulièrement mais qui, sournoisement, le prennent en embuscade, lui tendent des pièges…

Il y a dans les romans de Pascal Ruter toujours une grande tendresse dans les personnages et dans leurs relations. La force de Barracuda for ever, c’est bien le lien qui unit Léonard et son grand-père. Ce sont toutes les situations abracadabrantes dans lesquelles ils se retrouvent, toutes les idées farfelues de ce Napoléon énergique et bagarreur. Cette tendresse mélangée à un humour ravageur, ça donne ce roman plein d’émotions, dans lequel les personnages secondaires ont également toute leur importance, des lettres de la grand-mère de Léonard jusqu’à son amitié avec Alexandre, un drôle de garçon qui ne se sépare jamais de sa casquette et lui a raflé toutes ses billes…
Barracuda for ever et son histoire intergénérationnelle parviendra-t-ils à toucher autant les adultes que les plus jeunes ? 🙂

Barracuda for ever, Pascal Ruter (Didier jeunesse)
disponible depuis le 18 janvier 2017
9782278059461 – 17€
à partir de 12 ans
Son
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L’ombre d’un nuage – Nicolas Poupon

Bon, vous avez remarqué, on a un peu loupé le coche sur les cadeaux de Noël cette année et on a pas eu le temps de vous présenter tous les trésors qu’on avait trouvé. Mais c’est pas grave ! A la place de la fève, mettez un livre dans la galette des rois, ou tartinez vos crêpes de la Chandeleur avec quelques pages… Et puis il y a bien des anniversaires chaque jour de l’année, non ? 😛

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C’est l’été et il fait incroyablement chaud ! Même pas d’ombre où se reposer ! La petite bande de Nestor s’ennuyait ferme sous un arbre jusqu’à ce que Carlos déboule en courant en disant qu’il avait vu un nuage. Ni une ni deux, les enfants partent à la recherche de ce nuage, espérant qu’il leur fournira de l’ombre et, surtout, de la pluie ! Pour la bande de copains, l’aventure commence…

★★★★★

Dans cet album entre roman illustré et bande-dessinée, Nicolas Poupon nous présente une bande de joyeux copains super attachants et en manque d’aventure, et ce dès la page de garde ! On rencontre ainsi Nestor, notre narrateur, qui n’est pas trop doué dans l’écriture mais plein de bonne volonté ; son petit frère Prosper, le plus petit et le plus mignon ; Pedro, qui ne sait pas s’exprimer autrement que sous forme de question ; Coin-Coin, l’intello avec toujours un bouquin dans les mains ; Meredith, la seule fille du groupe et la plus futée ; et Carlos, le chef de bande dont le papa fait un peu peur. Très vite, nos jeunes héros se lancent à l’aventure, bien décidés à s’emparer de ce nuage qui en devenait presque légendaire tant le soleil brille depuis un temps pas possible !

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Découpé en plusieurs chapitres dessinés, le récit de ces aventures est tout simplement délicieux ! On se laisse entraîner dans la quête de cette petite bande, ses découvertes (les double nœuds : absolument génial !) et ses questionnements (un nuage pleut-il ou pleure-t-il ?). L’écriture de Nicolas Poupon, à hauteur de ses personnages, est espiègle et pleine de vie, quand bien même les derniers mots de Coin-Coin nous demandent d’excuser son copain Nestor qui écrit vraiment mal ! Quant aux illustrations : c’est un régal : de la vivacité, de l’expressivité, de l’inventivité, que ce soit en pleine double-pages ou en médaillons, avec des bulles ou sans. Un superbe album, où l’émotion et l’humour se mêlent habilement et où la capture de ce petit nuage va réserver bien des surprises à nos jeunes héros. A découvrir absolument ! ❤

L’ombre d’un nuage, Nicolas Poupon (Sarbacane)
disponible depuis le 10 octobre 2016
9782848659022 – 18€
à partir de 8 ans
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Réclamez des contes ! – Delphine Jacquot

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Vous vous souvenez peut-être de Delphine Jacquot pour ses nombreuses collaborations avec Didier Jeunesse (Casse-Noisettes, Monsieur Offenbach à la fête, Monsieur Chopin) avec Cécile Roumiguière (Un éléphant à New-York, le fil de soie), son Cabinet de curiosités dans la collection Grandimage ou encore Les aventures improbables de Peter et Herman aux Fourmis Rouges avec lesquelles elle signe un nouvel album, précieux.

★★★★★

Delphine Jacquot semble ne pas voir apprécié les dénouements des classiques de son enfance. Son talent sous le bras elle est donc partie à la réparation des bleus à l’âme des plus grands héros connus en leur concoctant des produits miracles présentés à travers des réclames personnalisées. Usant de rimes et d’ingéniosité, cette lecture promet d’être insolite et euphorique !

On trouve le titre bien astucieux : « réclamez [des contes] » pour « réclames », les jeux de mots c’est la petite empreinte des Fourmis Rouges toujours appréciable.
Delphine a introduit la publicité dans un monde dépourvu de cette technologie et de ses pouvoirs. Un anachronisme fabuleux ! Pris immédiatement au sérieux, ce vent de fraîcheur moderne souffle sur la poussière de ces contes que l’on connait trop bien. On ferme cet album avec le sentiment que tous ces produits sont indispensables pour les personnages : comment ont-ils pu s’en passer pendant tant d’années ? Vont-ils enfin pouvoir vivre heureux ? Le but est atteint, on en réclame encore (elle était facile).

Comme ses plus grands camarades de crayons, Delphine Jacquot organise intelligemment textes et images : la réclame sur la page de gauche et l’illustration de son propos sur la page de droite pour un jeu d’observation percutant (François Roca use souvent cette technique et le résultat est à la hauteur de son talent). Une mise en valeur impeccable, une cohérence, de l’humour élégant : cet album est un travail d’orfèvre.

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L’expression du temps a une importance particulière. Comme si nous voyagions dans une capsule temporelle, Delphine nous transporte à des instants charniers des contes de fées où tout est prêt à basculer et soudain…COUPURE PUBLICITAIRE produits de super-héros les méchants seront trollés le malheur sera hors-la-loi : des réalisations au service des célébrités de la littérature, on devine que plus rien ne sera pareil.
Aussi, Le vilain petit canard a acquit confiance en lui grâce aux altères Poiplum : au sommet de tous ses comparses c’est un être affirmé, la belle-mère de Blanche-Neige obtiendra satisfaction grâce à son miroir amical et bienveillant qui l’éloignera de la jalousie, Le Petit Poucet ne se perdra pas grâce à ces post-its à coller sur son chemin…Une force se dégage des couleurs employées par Delphine : peut-on faire plus expressif et réconfortant ? Car ses personnages rayonnent et triomphent. Le format est idéal et rend justice à la lumière et aux détails que Delphine insuffle.

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Ca me rend fière d’être libraire tiens.

Réclamez des contes !, Delphine Jacquot
(Les Fourmis Rouges)
disponible depuis le 20 octobre 2016
9782369020677 – 18,50€
à partir de 5 ans