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Les cygnes sauvages – Kochka et Charlotte Gastaut

9782081307186,0-2289862

Jean-Michel faisait son intéressant en vous parlant de contes russes il y a une petite semaine. Alors j’ai décidé de vous présenter une nouvelle adaptation d’un conte dont nous connaissons bien l’auteur : Hans Christian Andersen (et non, Jean-Michel, tu as tout faux, ce n’était pas Walt Disney !). Rois et princesses, sorcières et méchantes belle-mères, cygnes et crapauds… voici Les cygnes sauvages !

★★★★★

Et c’est Kochka qui adapte ce conte que j’ai toujours beaucoup aimé et je trouve sincèrement qu’elle fait une adaptatrice merveilleuse. Son écriture et sa sensibilité, que j’apprécie déjà beaucoup sans ses autres œuvres, se prêtent parfaitement à ce récit. Et les illustrations de Charlotte Gastaut viennent ajouter une beauté supplémentaire au texte de Kochka. En effet, elles sont véritablement splendides, riches en détails et en couleurs, certaines s’étalent même sur des doubles pages, pour notre plus complet émerveillement. (Imaginez Bob avec des étoiles dans ses petits yeux). Son utilisation de la dorure, parfois mêlée au noir et blanc, apporte la touche parfaite et féérique à ce conte, qui ravira sans aucun doute les enfants. L’onirisme et la poésie qui se dégagent des illustrations de Charlotte Gastaut est en parfaite adéquation avec l’histoire racontée et l’écriture de Kochka. Pour moi, ce duo est tout simplement parfait ! Et vous ferez sans doute des heureux en offrant ce livre à Noël !

Les cygnes sauvages, Kochka, d’après Andersen, et Charlotte Gastaut (Père Castor)
en librairie depuis le 8 octobre
9782081307186 – 13,50 €
à partir de 6 ans

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Le royaume des cercueils suspendus – Florence Aubry

9782812607103,0-2347220

Il y a quelques années, j’avais littéralement adoré Le garçon talisman de Florence Aubry. Quand j’ai vu qu’elle sortait un nouveau roman au Rouergue, j’avais vraiment hâte de le découvrir, surtout qu’il paraissait dans leur nouvelle collection consacrée à la fantasy… :)

Dans un royaume lointain, la Cérémonie est un rite qui fait accéder les jeunes hommes Bââs au don merveilleux qui les rend invincibles. Ce jour-là, Huang et son village découvrent qu’il ne fait pas partie de la tribu, il n’a pas le Don. Sa punition est terrible : il est envoyé vivant auprès de son cercueil, suspendu tout en haut de la montagne. En bas, Leï, la jeune fille qu’il aime, se désespère de cette décision et Xiong et Lou-Ki, leurs amis, voient des sentiments nouveaux se révéler…

★★★☆☆

Nouveau titre de la collection Epik au Rouergue, consacrée aux littératures de l’imaginaire, Le royaume des cercueils suspendus se passe dans une contrée et un temps indistincts, même si quelques noms et références font beaucoup penser à la mythologie chinoise. Nous découvrons une coutume étrange, qui se révèle au fur et à mesure que l’histoire se déroule, par le biais des quatre personnages principaux et d’un homme plus âgé, le père du Huang. Il est ainsi parfois difficile, au début, de reconnaître les personnages et les morceaux d’histoires que l’on nous conte car il n’existe aucune séparation véritable des chapitres. Néanmoins, on se laisse assez rapidement emporter dans cette histoire belle et cruelle du passage à l’âge adulte. La plume de Florence Aubry est toujours aussi poétique et profonde. Elle risque cependant de rebuter quelques lecteurs car certains passages sont très lents (le livre est pourtant très court !) et contemplatifs. D’aucuns pourraient dire ennuyeux. Moi, j’aime bien, et je trouve que ça correspond bien à l’univers du roman. Cela dit, c’est vrai que l’intérêt pour l’histoire se manifeste assez loin dans le roman et qu’il faut peut-être un peu s’accrocher pour parvenir jusqu’au bout. Mais c’est un récit vraiment très beau, qui m’a semblé avoir des allures de conte, parfois, aussi bien dans l’écriture que dans les thématiques : on y retrouve de la jalousie, des amours contrariés, de la cruauté, de la magie et des malédictions… Je reste néanmoins sur ma faim, car le dernier chapitre est un peu brutal et semble très rapide au vu des chapitres précédents forts en émotions… Un peu dommage, donc, car j’avais plutôt bien accroché à l’histoire…

Le royaume des cercueils suspendus, Florence Aubry (Le Rouergue)
collection Epik
en librairie depuis le 8 octobre
9782812607103 – 11 €
à partir de 13 ans

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Tant que nous sommes vivants – Anne-Laure Bondoux

S’il y a une auteure que je souhaite serrer dans mes bras, c’est Anne-Laure Bondoux. Son prochain roman est une merveille, il a fait fondre mon coeur de pierre et c’est plutôt rare.

★★★★★

tant-que-nous-sommes-vivantsBo et Hama travaillent tous les deux dans l’usine de métallurgie de la ville et vivent d’un bel amour comme on en voit peu. A la suite d’un accident, ils sont contraints de fuir vers des terres inconnues, face à face avec la rudesse de la vie et ses épreuves.

Un roman initiatique où on assiste à la transformation des personnages, l’adversité les fait grandir et les bonheurs qu’ils connaissent les font survivre.

Une histoire qui m’a fait pensé à Billy Elliot de Melvin Burgess, sans doute pour l’aspect ouvrier de la ville, la forte présence du chômage et les combats plein d’espoir des personnages. Un bel écho en somme. Mais il y a d’autres dimensions dans ce roman : empreinte de magie et d’aventure, cette lecture nous consume et on comprend peu à peu qui est ce mystérieux narrateur qui nous conte l’histoire de Bo et Hama…Je me retiens de ne pas tout vous révéler de ce roman mais je vous donne quelques indices de lecture parce que je suis sympa : une explosion, un cabaret, un nouveau-né, la nature sauvage et hostile, 19 petits personnages, des allures de légendes et des questions fondamentales qui résonnent souvent dans ce roman, comme celle de Hama :
“Faut-il perdre une part de soi pour que la vie continue ?”

Un conte au goût métallique doublé d’une écriture presque lyrique, merci Anne-Laure Bondoux pour ce roman si bien achevé.

Et Bob aussi l’a lu !

★★★★★
Anne-Laure Bondoux est une raconteuse d’histoires incroyable ! J’avais adoré ses précédents romans (en particulier Les larmes de l’assassin) et je n’ai pas été déçue avec celui-ci, que j’attendais avec impatience ! Ce roman aux allures de conte ne vous laissera sûrement pas indifférent : on se laisse entraîner dans un univers sans nom ni temps ni histoire. La seule chose que l’on sait : c’est la guerre, passée, présente ou future. Il y a l’usine, sombre et gigantesque, nerf d’acier de cette ville où vivent Bo et Hama, deux jeunes gens unis par un amour digne d’un conte de fées. Et il y a des rumeurs lointaines, des prophéties énoncées par un vieil homme, une femme aux jambes de fer, des rêves étranges… Une atmosphère qui nous enveloppe, nous transporte de la froideur du métal au soleil de la mer, en passant par les entrailles de la terre. L’histoire de Bo et Hama se déroule sous nos yeux fascinés, le narrateur se dévoile peu à peu et le cheminement de la vie se poursuit jusqu’à la dernière page… L’on pourrait discourir encore longtemps sur ce merveilleux roman, mais je vais m’arrêter là et, comme Jean-Michel, vous inviter chaudement à lire Tant que nous sommes vivants.

Tant que nous sommes vivants
en librairie le 25 septembre
Anne-Laure Bondoux
Gallimard Jeunesse éditions
9782070653799
17 €
à partir de 13 ans

* Entretien avec Anne-Laure Bondoux suivi d’un extrait, à lire sur le site de Gallimard
* Le site de l’auteur
* Je le mentionnais plus haut –> “Billy Elliot” de Melvin Burgess à découvrir

disponible en Folio Junior à 6€