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14-14 – Silène Edgar & Paul Beorn

14-14 a eu le prix Gulli du roman 2014 ! C’était en août. Oui, nous sommes sacrément en retard mais avec Bob, on aime se faire remarquer.
J’aime beaucoup ce prix, chaque année je suis ravie de voir de bons romans récompensés – l’année dernière c’était Le manoir d’Evelyne Brisou-Pellen et quand j’ai vu le bandeau « prix Gulli » sur 14-14 j’ai sauté de joie, c’est amplement mérité et puis ça tombe bien, je viens de le finir alors je ne pouvais pas ne pas en parler.

Couv 14-14 vdef.inddAdrien et Hadrien ont 13 ans et vivent tous les deux en Picardie, deux adolescents tout à fait normaux avec des occupations tout ce qu’il y a de plus banales…ce qui l’est moins c’est qu’Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. AH ! Ca devient nettement plus intriguant tout à coup 🙂 A l’aide d’une étrange boîte aux lettres, Adrien & Hadrien vont correspondre et se lier d’amitié. Mais Hadrien est en 1914 et la Guerre approche…

★★★★★

C’est brillant : les différentes époques sont analysées et présentées avec justesse, des copies de vieilles affiches, cartes, photos alimentent agréablement le roman. Je m’attendais à lire un roman mêlant aventure et fantastique et j’ai été surprise par l’originalité que j’ai pu y trouver. Ce roman s’avale tout seul, il se lit d’une traite, promis vous ne serait pas déçus. Retour vers le futur ? ou retour vers le passé ? Si seulement une boîte aux lettres comme celle-ci existait, Marie-Antoinette et moi serions BFF.

« et s’aperçoit, stupéfait, qu’une nouvelle boîte aux lettres a été installée juste devant la maison. c’est bizarre, elle doit être toute neuve ; en fait, il aurait juré qu’elle n’était pas là tout à l’heure. Ce qui est encore plus bizarre, c’est qu’elle a un air vieillot et elle est déjà rouillée aux angles. Et puis elle est bleue au lieu d’être jaune… »

Le site de Silène Edgar
Le blog de Paul Beorn

14-14, Silène Edgar & Paul Beorn (Castelmore)
en librairie depuis le 16 avril
9782362311192 – 10,90€
à partir de 10 ans

Son
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Barnabé ou la vie en l’air – John Boyne

9782070650156,0-2356421

J’aime beaucoup les romans de John Boyne et c’est toujours avec beaucoup d’impatience que j’attends ses nouveaux livres… J’avais lu The terrible thing that happened to Barnaby Brocket l’année dernière, en anglais, et voyant que Gallimard le publie enfin (dommage qu’ils n’aient pas gardé l’idée du titre original), je vous propose une petite chronique en avant-première ! 🙂

Alistair et Eléonore Chevreau sont un couple tout ce qu’il y a de plus normal. Ils ne se font jamais remarquer et ne le désirent aucunement. Alors le jour où naît Barnabé et qu’on découvre qu’il flotte dans les airs, ses parents sont mortifiés par la honte. Barnabé vole et, en grandissant, va devoir apprendre à vivre avec ce don bien dérangeant pour sa famille. Jusqu’au jour où ses parents, n’en pouvant plus, font une chose terrible…

★★★★★

Ce qui me plaît beaucoup chez John Boyne, c’est sa façon de nous raconter des histoires loufoques, parfois absurdes, toujours étonnantes. On retrouve un humour qui n’est pas sans faire penser à Roald Dahl, tout en délivrant un message d’une importance capitale : l’acceptation de la différence. L’histoire est tout de même terrible : des parents abandonnent volontairement leur enfant pour la simple raison qu’il ne correspond pas à leur critère de « normalité ». Pourtant, Barnabé ne va jamais leur en vouloir, trop surpris et curieux de découvrir le monde. Car son étrange pouvoir, celui de voler dans les airs, va lui faire quitter son Australie natale pour des contrées presque magiques : le Brésil, le Canada, New York, etc. Et, surtout, il va rencontrer durant ses voyages des personnages tous plus étonnants les uns que les autres, tous différents à leur manière. Je trouve le message de John Boyne dans ce livre vraiment magnifique, une véritable ode à la différence, à s’accepter tel que l’on est et à accepter les autres tels qu’ils sont. Le tout passe par l’humour et la douceur, par ce regard si innocent de Barnabé. John Boyne a un vrai don pour nous faire rire tout en nous faisant réfléchir. A signaler également, les illustrations d’Oliver Jeffers, un artiste que j’adore, qui complètent à merveille le texte de John Boyne.

Barnabé ou la vie en l’air, John Boyne (Gallimard jeunesse)
en librairie le 30 octobre
9782070650156 – 13,50 €
à partir de 9 ans

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Le ciel nous appartient – Katherine Rundell

209 en librairie le 28 août
à partir de 12 ans
9782361932664
16,50 €

★★★★★

Tout le monde pense de Sophie qu’elle est une orpheline. Nulle femme n’a en effet survécu au naufrage qui la laissa, à l’âge d’un an, flottant dans un étui à violoncelle au beau milieu de la Manche. La fillette demeure cependant intimement persuadée que sa mère n’a pas sombré avec le navire. Alors,lorsque les services d’Aide à l’enfance anglais menacent Charles Maxim, son tuteur, érudit généreux aussi courtois que maladroit, aux méthodes d’éducation fantasques, de lui reprendre la garde de Sophie, celle-ci, suivant l’enseignement de ce doux rêveur, décide de ne négliger aucune possibilité, et part pour Paris en sa compagnie sur les traces de sa mère… Une cavale menée sous le signe de l’espoir, qui conduira la fillette aux cheveux couleur des éclairs sur les toits de la ville-lumière. Elle y fera la connaissance de Matteo et de sa bande de danseurs du ciel. Froussards et phobiques des hauteurs s’abstenir : mieux vaut avoir le cœur bien accroché pour pouvoir suivre ces gamins-là !

La présentation de l’éditeur était si parfaite, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un copier/coller de prestidigitatrice 🙂 (je suis fourbe)

Encore une fois, la Rentrée littéraire des adolescents a frappé : ce roman est d’une telle envergure que je ne me suis pas arrêtée de lire une seule seconde.

J’étais à deux doigts de verser ma larme à la fin du livre. Il est difficile de ne pas avoir d’empathie pour les personnages :

Charles Maxim son attachement pour Sophie est irréfutable, ses démonstrations d’affections sont touchantes, son amour pour les livres est quelquefois original et sa compréhension de l’âme humaine impressionne. Moi aussi j’aurais beaucoup aimé mangé un plat en sauce sur un livre, c’est un souvenir que l’on doit avoir plaisir à se remémorer.
Sophie n’est pas une « vraie » fille : porter des jupes ? quelle idée, peut-on grimper sur les toits aisément ? mieux vaut porter un pantalon, de toutes façons c’est plus pratique pour jouer du violoncelle. C’est une jeune femme tenace qui a de l’énergie à revendre et qui sait capter la stupidité d’un esprit humain avec autant de flair que son tuteur, Charles. L’acharnement dont elle fait preuve pour retrouver sa mère est presque effrayant.
Toute la bande des toits de Paris, ces adolescents sans domicile fixe qui ne désirent que leur Liberté, qui continuent de grandir dans l’adversité sont des héros, aux yeux de Sophie comme aux nôtres.

Charles et Sophie forment un duo que j’affectionne particulièrement et je ne vais rien révéler de dramatique mais lorsque Charles verse une larme à la fin, ça nous touche.

Cette histoire est riche en tout, sachez-le.
Riche en voyages de Londres à Paris, des trottoirs aux toits
Riche en émotions de l’amour à la frustration avec une grosse touche d’aventure
Riche en valeurs  l’amitié, l’entraide et l’esprit de famille

Nous ne le dirons jamais assez, cette rentrée « envoie du pâté » 🙂
Pour aller plus loin www.editionsdesgrandespersonnes.com

merci aux éditions des Grandes Personnes pour les épreuves de ce livre dévorées au soleil

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Tant que nous sommes vivants – Anne-Laure Bondoux

S’il y a une auteure que je souhaite serrer dans mes bras, c’est Anne-Laure Bondoux. Son prochain roman est une merveille, il a fait fondre mon coeur de pierre et c’est plutôt rare.

★★★★★

tant-que-nous-sommes-vivantsBo et Hama travaillent tous les deux dans l’usine de métallurgie de la ville et vivent d’un bel amour comme on en voit peu. A la suite d’un accident, ils sont contraints de fuir vers des terres inconnues, face à face avec la rudesse de la vie et ses épreuves.

Un roman initiatique où on assiste à la transformation des personnages, l’adversité les fait grandir et les bonheurs qu’ils connaissent les font survivre.

Une histoire qui m’a fait pensé à Billy Elliot de Melvin Burgess, sans doute pour l’aspect ouvrier de la ville, la forte présence du chômage et les combats plein d’espoir des personnages. Un bel écho en somme. Mais il y a d’autres dimensions dans ce roman : empreinte de magie et d’aventure, cette lecture nous consume et on comprend peu à peu qui est ce mystérieux narrateur qui nous conte l’histoire de Bo et Hama…Je me retiens de ne pas tout vous révéler de ce roman mais je vous donne quelques indices de lecture parce que je suis sympa : une explosion, un cabaret, un nouveau-né, la nature sauvage et hostile, 19 petits personnages, des allures de légendes et des questions fondamentales qui résonnent souvent dans ce roman, comme celle de Hama :
« Faut-il perdre une part de soi pour que la vie continue ? »

Un conte au goût métallique doublé d’une écriture presque lyrique, merci Anne-Laure Bondoux pour ce roman si bien achevé.

Et Bob aussi l’a lu !

★★★★★
Anne-Laure Bondoux est une raconteuse d’histoires incroyable ! J’avais adoré ses précédents romans (en particulier Les larmes de l’assassin) et je n’ai pas été déçue avec celui-ci, que j’attendais avec impatience ! Ce roman aux allures de conte ne vous laissera sûrement pas indifférent : on se laisse entraîner dans un univers sans nom ni temps ni histoire. La seule chose que l’on sait : c’est la guerre, passée, présente ou future. Il y a l’usine, sombre et gigantesque, nerf d’acier de cette ville où vivent Bo et Hama, deux jeunes gens unis par un amour digne d’un conte de fées. Et il y a des rumeurs lointaines, des prophéties énoncées par un vieil homme, une femme aux jambes de fer, des rêves étranges… Une atmosphère qui nous enveloppe, nous transporte de la froideur du métal au soleil de la mer, en passant par les entrailles de la terre. L’histoire de Bo et Hama se déroule sous nos yeux fascinés, le narrateur se dévoile peu à peu et le cheminement de la vie se poursuit jusqu’à la dernière page… L’on pourrait discourir encore longtemps sur ce merveilleux roman, mais je vais m’arrêter là et, comme Jean-Michel, vous inviter chaudement à lire Tant que nous sommes vivants.

Tant que nous sommes vivants
en librairie le 25 septembre
Anne-Laure Bondoux
Gallimard Jeunesse éditions
9782070653799
17 €
à partir de 13 ans

* Entretien avec Anne-Laure Bondoux suivi d’un extrait, à lire sur le site de Gallimard
* Le site de l’auteur
* Je le mentionnais plus haut –> « Billy Elliot » de Melvin Burgess à découvrir

disponible en Folio Junior à 6€

Son
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Le Merveilleux – Jean-François Chabas

9782361933180,0-2191841

Ah, Jean-François Chabas ! *étoiles dans les yeux* Qu’il écrive pour les plus jeunes ou pour les ados, j’adore… Et je dois dire que j’avais bien hâte de découvrir ce nouveau roman, surtout chez Les Grandes Personnes ! 🙂 Sans plus attendre, voici l’avis de Bob !

Dans le Nord de l’Inde, à la fin du XIXe siècle, un vieux forgeron s’enfonce dans les montagnes à la recherche de pierres précieuses. Il y découvre un saphir de la taille d’un poing, qu’il trouve parfait pour aiguiser ses lames. Lorsqu’un Anglais débarque dans sa masure avec l’idée de lui acheter sa pierre, le vieil homme le lui cède de bon cœur, contre une denrée bien plus précieuse. L’Anglais rentre alors chez lui, riche comme Crésus, mais finit bientôt par regretter son comportement vis-à-vis des Indiens et va vendre son saphir, baptisé « Le Merveilleux ».

★★★★☆

Superbe aventure que celle du Merveilleux, personnage principal de ce nouveau roman de Jean-François Chabas. On le suit depuis sa « naissance » jusqu’à son dernier propriétaire, qui peut passer d’une marmotte à un ancien marin anglais en passant par un policier ou un brochet. On se passionne pour chacune des histoires qui se déroulent sous nos yeux – avec certains passages que l’on préfère plus que d’autres, j’ai notamment aimé les lettres de l’ancien marin anglais à son ami irlandais. Et on attend avec impatience de connaître la fin de ce voyage étonnant, qui semble s’apparenter à une malédiction. En fait, je crois que j’aime bien ce genre d’histoire qui rappelle des vieux films d’aventures se déroulant au XIXe siècle, ou les récits des écrivains de cette même époque, cet effet vieille carte postale qui nous promet exotisme et enchantement… La couverture en est un bel exemple, d’ailleurs !

L’écriture de Jean-François Chabas, toujours délicate et subtile, nous invite également à réfléchir sur les personnages rencontrés par le Merveilleux et sur de nombreux sujets comme le colonialisme. Finalement, c’est un récit d’aventure teinté de philosophie, qui se boucle d’une façon qu’on n’attendait peut-être pas, mais qui nous fait passer un excellent moment de lecture.

Le Merveilleux, Jean-François Chabas (Les Grandes Personnes)
en librairie le 28 août
9782361933180 – 14,50 €
à partir de 11 ans