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Rattrapage – Vincent Mondiot

Elle, c’est la fille populaire du lycée, « la blonde au cul bandant ». Lui, c’est le mec moche, plein d’acné jusque sur la raie des fesses, dont elle et ses copains se sont foutus de la gueule pendant toute l’année scolaire. Jusqu’à ce qu’il tente de se suicider et fasse le reste de sa scolarité ailleurs. Alors on a plus parlé de lui, jusqu’à ce qu’elle le voit, le jour du rattrapage du bac.

★★★★☆

Monologue puissant et nécessaire, c’est la voix de celle qui a harcelé que l’on découvre. Cette fille qui était la reine du lycée et qui s’est bien amusée avec ses amis populaires à prendre des photos, faire des vidéos ou simplement dire des méchancetés sur ceux qui n’étaient pas de leur bande, tous ceux qui sont moches, bizarres, geek, ont des baskets troués, des yeux de poisson, etc. Jusqu’à s’acharner sur ce garçon aux cheveux gras, aux noms de groupes débiles tipp-exés sur son sac à dos, à l’acné galopante qui le leur a jamais rien fait et qui, un jour, s’est ouvert les veines en plein cours de philo. Ce jour de rattrapage où elle le croise, c’est celui de sa dernière chance : de se tirer de ce lycée dont elle ne veut plus entendre parler, et de laisser ce souvenir terrible derrière elle. Mais pas facile de tirer un trait pour celle qui croyait que ce n’était qu’un jeu, que c’était pas bien méchant. Pour celle qui s’en veut, qui se demande s’il la hait, qui voudrait dire pardon, qui cherche à se « rattraper ».

Un texte très fort, du point de vue du harceleur, qui s’intéresse aussi à l’effet de groupe, à cette idée que tout ça, c’est juste pour rire, et qu’ils n’ont qu’à pas être moches, les autres, en fait. Que tout ça c’est leur faute ! Toute cette difficulté à comprendre que non, rien de tout ça n’est normal, que personne n’est moche, gros ou trop bonne. Et que personne n’a à souffrir de cela. Une réflexion sur la culpabilité, bien sûr, mais aussi sur la recherche d’absolution. Et comme toujours dans ces textes courts de la collection « D’une seule voix », c’est non seulement percutant, mais aussi tout en nuances. Un indispensable !

Rattrapage, Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
collection D’une seule voix
disponible depuis le 3 avril 2019
9782330121006 – 9,80€
à partir de 13 ans
Son
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La lune est à nous – Cindy Van Wilder

9782367404776,0-4360363

Max a 17 ans et emménage en Belgique suite à la séparation de ses parents. Déjà en surpoids et harcelé pour cette raison, il ne sait pas comment révéler à sa famille qu’il est gay. Olive, elle, est noire, grosse et s’assume complètement grâce à son compte Instagram, « Curvy Grace », qui compte de nombreux fans. Mais lorsqu’on lui propose de rejoindre une chaîne YouTube, les choses dérapent et Olive va être confrontée à la pire méchanceté. Heureusement, les chemins d’Olive et de Max vont se croiser…

★★★★☆

La première fois que Max rencontre Olive, celle-ci se prépare à réaliser le Swimsuit challenge pour son compte Instagram, un défi qui consiste à se renverser un seau d’eau en maillot de bain pour une œuvre de charité. Mais un père de famille n’apprécie pas tellement de voir une grosse noire s’exhiber devant ses enfants au milieu d’un parc public et le lui fait savoir à grand renfort d’insultes racistes, grossophobes et de gestes agressifs. Sans compter ceux qui regardent, avides de conflit et de photos ou vidéos croustillantes à poster sur les réseaux sociaux. C’est dans cette posture que Max, mal dans sa peau, voit cette fille et, dans leurs deux regards se lit une compréhension mutuelle. Leur amitié n’en sera pour autant pas si simple à construire car Olive va très vite se retrouver la cible d’un harcèlement d’une grande violence, sur Internet mais aussi au bahut. Malgré ses amis au lycée ou au Dépôt, le lieu de rassemblement des jeunes avec des convictions, Olive va devoir affronter cette haine quasi seule tandis que Max va tout faire pour l’aider même s’il a ses propres problèmes à la maison et avec son difficile coming out

Avec ce roman très contemporain, Cindy Van Wilder donne la parole à deux adolescents qui ont rarement la chance d’être au premier rang dans les histoires. A travers Olive et Max, elle se fait la voix de l’acceptation de soi et des autres, du droit à la différence et à l’amour de soi. Le personnage d’Olive est ainsi parfaitement écrit : une jeune fille qui a appris à aimer ses formes et à inviter les autres, ses fans sur Instagram, à s’accepter tel qu’ils sont et à voir la beauté partout où elle est, même si elle ne correspond pas à ce que la société attend des jeunes gens et aux images dans les publicités et les magazines. Une apparente force qui se fissure aussi vite qu’il fut long d’accepter son corps trop gros ou trop noir pour les autres. Celui de Max, plus renfermé, plus replié sur lui-même n’en est pas moins d’une grande sensibilité, entre haine de soi et volonté de montrer au monde qui il est vraiment. J’ai beaucoup aimé toute la justesse de l’écriture de Cindy Van Wilder, qui n’hésite pas à dire les choses comme elles sont sans s’encombrer du politiquement correct, quitte à nous bousculer. J’ai aimé les représentations de la famille, de la difficulté à communiquer avec des parents adoptifs, à accepter la séparation de ses parents ou à compter sur son petit frère pour briser sa solitude. Il y a de véritables moments de beauté dans les relations que Max et Olive entretiennent avec leur famille ou leurs amis, notamment ceux du Dépôt, dont les causes vont des droits LGBT jusqu’au féminisme tout en s’amusant en organisant des événements ludiques ou artistiques. Un lieu d’une importance capitale dans le roman pour nos deux personnages.

Je vous laisse donc découvrir La Lune est à nous et ses émotions en montagnes russes où la solidarité, l’acceptation de soi et des autres, la bienveillance sont les maîtres mots de ce roman sensible et nécessaire. 🙂

La lune est à nous, Cindy Van Wilder (Scrinéo)
disponible depuis le 14 septembre 2017
9782367404776 – 17,90€
à partir de 12 ans
Son
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I am Princess X – Cherie Priest

9782747058957,0-4105410May et Libby étaient les meilleures amies du monde. Ensemble, elles ont créé un personnage à qui elles faisaient vivre plein d’aventures : Princess X. Mais il y a trois ans, Libby est décédée dans un accident de voiture. Un jour pourtant, May découvre sur la vitrine d’une boutique un autocollant à l’effigie de cette héroïne qu’elle croyait enterrée avec son amie. Etonnée, elle découvre bien vite qu’il existe un compte Instagram où sont narrées en BD les aventures de Princess X et, en les lisant attentivement, May découvre des indices troublants… Son amie est-elle vivante ?

★★★★☆

Faites-vous partie de ceux qui ont vu la campagne de publicité dans les rues autour de l’univers de Princess X ? Si ce n’est pas le cas, rendez-vous sur Instagram ! Une fois votre curiosité bien attisée, Bob vous propose de vous précipiter sur ce très bon thriller, où la BD et le roman se mélangent avec une très grande réussite. En effet, pas toujours facile de concilier les deux ! Cherie Priest, elle, y parvient simplement et efficacement : les planches de BD, tout en violet réalisées par Kali Ciesemier, font partie intégrante de l’intrigue policière, elles n’ont pas qu’une vertu illustrative mais sont bien des éléments clés de l’histoire. Nous sommes ainsi comme May, qui découvre ce qui est arrivé à son amie disparue en même temps que nous, et qui entrevoit les indices glissés dans les cases. Si l’intrigue générale est relativement simple, c’est bien la façon dont elle est menée qui est particulièrement originale, ainsi que les personnages secondaires qui vont épauler May dans sa quête, et le parallèle entre la véritable histoire et celle de la fiction, de Princess X. C’est plutôt bien fichu et on se laisse entraîner de bout en bout, dans l’attente du dénouement final.

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Un roman qui n’est pas sans rappeler l’univers des comics et de ses super-héros. Princess X est une ado fringuée comme une princesse de Disney, couronne comprise, mais avec des Converse rouge et un katana pour seule arme. Son passé est terrible, ses parents sont morts et elle a été kidnappée par un dangereux malade pour des raisons aussi folles que malsaines. Des éléments qui paraîtront surréalistes à qui cherche un thriller noir ancré dans la société (d’autant que le final va un peu vite), mais qui plaira sans aucun doute à ceux qui accepteront cette influence. La thématique des réseaux sociaux et du hacking est également très intéressante dans le roman, et apporte beaucoup à tout l’univers virtuel déployé dans l’intrigue. Original et vivant, aussi sombre que punchy, I am princess X mêle habilement la BD et le roman, à découvrir !

I am Princess X, Cherie Priest, illustré par Kali Ciesemier, traduit par Vanessa Rubio-Barreau (Bayard jeunesse)
disponible depuis le 26 avril 2017
9782747058957 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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Need – Joelle Charbonneau

97827459753930-3426777

« Désir : envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve.
Besoin : nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie. »
Need est le nouveau réseau social qui fait fureur auprès des adolescents du lycée de Nottawa. Ce site génial propose en effet de répondre à tous vos besoins, de façon totalement anonyme, et sans vous demander quoi que ce soit en échange…enfin, juste des petits services de rien du tout…

★★★★☆

Kaylee est une lycéenne qui a du mal à concilier la vie au lycée et en famille depuis l’annonce de la maladie de son petit frère. Pour avoir une chance de survivre, la garçon doit attendre une greffe de rein. Et malgré toutes les pistes déployées par Kaylee, aucun donneur compatible ne s’est présenté… Alors quand ce nouveau site apparaît sur la toile, Kaylee est tout d’abord réticente, se posant des questions sur l’étonnante facilité avec laquelle tout semble être possible… Puis un jour, elle fait sa première demande sur NEED : « j’ai besoin d’un rein pour mon frère ». Évidemment, quand on a lu plein de livres et vu plein de films et de séries, on se dit tout de suite : « ohoooh, il y en a un qui va se retrouver vite fait dépiauté de son rein et se vidant de son sang dans une baignoire » (Non ? Pas vous ?) Bref. En dépit de cette évidence, ce qui est intéressant, c’est comment Joelle Charbonneau va jouer avec les personnages et les situations pour mener à ce qu’on imagine bien être la fin terrible du livre. Car le roman ne se concentre pas uniquement sur Kaylee et va aussi nous proposer de suivre certains de ses camarades de classe et comment eux aussi vont être entraînés dans cette machinerie infernale, comment ils vont embrasser le jeu pervers des contreparties pour obtenir ce qu’ils veulent, ou comment ils vont s’en trouver victimes.

Clairement, nous sommes dans un roman rythmé, dans une écriture d’une grande simplicité et qui nous embarque dans une frénésie et une angoisse permanente. La collection Page Turners n’a jamais aussi bien portée son nom ! Mais ce qui est le plus fascinant dans ce roman, c’est bien sûr la réflexion autour des réseaux sociaux et de ce que nous sommes prêts à faire pour obtenir ce que l’on veut. Terrifiant. C’est sans doute le mot qui qualifie le mieux le roman, tant les situations présentées et vécues par les personnages sont réalistes et pourraient faire l’objet des pages de faits divers dans les journaux.
J’ai seulement été un peu déçue de la résolution, de qui se cache derrière NEED et pourquoi il a ciblé les lycéens de Nottawa. Heureusement, la toute dernière page change la donne… 😛 Si vous êtes à la recherche d’un bon thriller psychologique à vous glacer le sang…bienvenue sur NEED

NEED, Joelle Charbonneau, traduit par Amélie Sarn (Milan jeunesse)
disponible depuis le 19 octobre 2016
9782745975393 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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Dans de beaux draps – Marie Colot

9782874262708,0-2747908

Jade, 14 ans, vit dans une famille nombreuse mais recomposée : chaque enfant est issu d’un père ou d’une mère différents. Un jour arrive Rodolphe, le fils de son beau-père, plus âgé et super craquant. Une simple photo de lui sur Facebook va entraîner Jade sur la piste du mensonge, un mensonge qui va vite la dépasser…

★★★★☆

Bob et Jean-Michel sont vraiment très heureux de ne plus être au collège ou au lycée à l’heure des réseaux sociaux. Dans ce roman, Marie Colot s’intéresse donc à l’importance et l’omniprésence de Facebook, Twitter et consorts dans la vie des adolescents. Mais surtout, à leur dérive et à ce qu’il y a de pire dans leur utilisation : la jalousie, les insultes, les moqueries, les menaces… Comment Jade, jeune fille intelligente mais un peu transparente, va devenir la fille « populaire » après avoir posté une photo de Rodolphe, son demi-frère, dont tout le monde va penser qu’il est son petit ami…et qu’elle ne va pas démentir. A partir de ce moment, la vie de Jade semble s’améliorer à son goût : elle devient copine avec les filles les plus cools, se fait gentiment draguer par les mecs plus âgés…jusqu’au moment où son ancien flirt éprouve de la jalousie. Tout commence alors à se gâter pour Jade, qui va subir non seulement un harcèlement en ligne mais également au collège… Jusqu’au soir où tout dérape…

Dans de beaux draps, court roman mais percutant, est passionnant par son évocation de l’adolescence et de la difficulté de s’y sentir bien. L’écriture de Marie Colot est forte, efficace, et nous entraîne du début à la fin avec une facilité déconcertante. Roman sur les réseaux sociaux oblige, de nombreux statuts Facebook s’insèrent dans la narration, nous rendant encore plus proche de Jade et de son malaise. J’ai beaucoup apprécié cette histoire, cette tension durant tout le roman où l’on sait que quelque chose de terrible va se passer (Jade nous le dit dès le premier chapitre), sans savoir quoi tout en se doutant et redoutant d’y arriver. Réflexion sur le mensonge et la volonté de s’exhiber sur le net, d’être aimé et reconnu, Marie Colot signe un roman juste, non dénué d’humour malgré tout ce que j’ai pu en dire, qui trouvera une résonance significative chez les adolescents.

Dans de beaux draps, Marie Colot (Alice jeunesse)
collection Tertio
disponible depuis le 29 octobre 2015
9782874262708 – 12€
à partir de 14 ans

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Les petites reines – Clémentine Beauvais

On continue notre début de semaine consacré à Clémentine Beauvais avec son deuxième livre attendu pour le mois d’avril, et cette fois à destination du public adolescent. 🙂 Vous allez avoir envie d’enfourcher à nouveau vos vélos après cette lecture, foi de Bob et Jean-Michel ! En plus, il fait beau en ce moment, alors profitez-en. 😛 Et l’interview de Clémentine sera disponible incessamment sous peu (c’est le truc qu’on dit pour dire que ce n’est pas vraiment tout à fait prêt, huhu). Hum.

9782848657684, 0-2553377

A cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le concours de « Boudins » de leur collège-lycée. Rapprochées par ce « prix » et pour d’autres raisons personnelles, les trois adolescentes décident de se rendre à Paris et de fêter le 14 juillet à l’Elysée. Leur périple se fera à vélo et elles s’improviseront vendeuses ambulantes…de boudin !

★★★★★

On vous avait déjà parlé de l’humour de Clémentine Beauvais dans son titre de la collection Pépix. Alors accrochez-vous bien, car elle récidive dans la collection Exprim’ et autant que vous dire que Les petites reines, c’est juste génial ! 😀
Comme le laisse comprendre le résumé, nos héroïnes sont donc des jeunes filles « moches ». Du moins selon les critères de Malo, créateur du classement des Boudins du collège-lycée où vont les trois filles. En fait, tout le monde est d’accord sur la mocheté des filles et le leur font bien savoir. Mais pour Mireille, Boudin de Bronze cette année, et narratrice de cette histoire, il y a bien longtemps que tout cela ne lui fait plus ni chaud ni froid. Elle le prend même avec humour, reine du sarcasme et de la mauvaise foi qu’elle est. Sauf que pour Astrid et Hakima, les deux nouvelles du classement, l’acceptation est beaucoup moins évidente. Alors Mireille se met en tête de les trouver et de les soutenir. Ce sera le moment pour elles de se confier et, très vite, non seulement liées par les résultats de ce classement, elles vont se trouver d’autres points communs. Des points communs qui seront tous réunis lors d’un événement en particulier : la garden-party du 14 juillet à l’Elysée. A partir de là, tout s’éclaire pour les filles et il ne faudra pas longtemps pour que leur projet fou mûrisse et se mette en marche… Elles deviennent alors les « Trois Boudins ».
Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire, ce serait vous gâcher le plaisir. 😛 Mais vous allez voir, dès la première page, vous allez adorer Mireille et sa vision du monde : ce personnage est tout simplement exceptionnel d’impertinence. L’histoire est d’une fraîcheur qui fait du bien au moral : un road-trip improbable et complètement décalé servi par une écriture énergique. Mais en plus d’être un livre drôle qu’on peut apprécier juste pour cet aspect, Clémentine Beauvais réussit aussi à nous faire réfléchir sur des sujets de société très importants, notamment notre rapport à la beauté et aux réseaux sociaux. Sujets ô combien importants pour nos ados, pour qui Facebook et les selfies font partie intégrante de leurs vies. Mais c’est surtout une belle leçon de vie, mâtinée d’aventure, de moments d’émotions… On se croirait presque dans ces films pour les ados des années 80 (style Les goonies ou Stand by me) où tous ces ingrédients étaient réunis. Peut-être bien que ça en ferait d’ailleurs un film génial ! Avec Jean-Michel, on a aussi beaucoup aimé le côté science-fictionnesque parce que figurez-vous que dans le monde des Trois Boudins, il y a plein de mairesses et une présidente ! Fou, non ?
On pourrait dire encore beaucoup de choses sur cet excellent roman, mais je vais vous laisser ici, pour que vous couriez vite chez votre libraire vous procurer cette merveille (d’autant plus que la couverture est trop cool) dès sa sortie. Clémentine, Sarbacane, merci pour cette belle pépite, gros coup de cœur de Bob et Jean-Michel. Purée, ça fait du bien des livres comme ça ! 😀

Les petites reines, Clémentine Beauvais (Sarbacane)
collection Exprim’
en librairie le 1er avril 2015
9782848657684 – 17 €
à partir de 14 ans