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Sanglant hiver – Hildur Knútsdóttir

9791035200374,0-4146760

Si vous êtes comme Bob à ne pas supporter les chaleurs extrêmes, il vous propose de le suivre dans ce petit voyage islandais, qui, s’il vous rafraîchira sans doute, ne vous donnera peut-être pas envie d’y rester trop longtemps…

Vacances d’hiver. Bergljót et son petit frère Bragi partent avec leur père passer les vacances dans leur chalet familial tandis que leur mère travaille encore et toujours. Mais voilà qu’un jour, tout bascule : le pays entier est ravagé par un mal étrange, faisant disparaître la population. La petite famille va devoir alors apprendre à survivre…

★★★★☆

Amateurs de monstres et d’horreur, ce roman est fait pour vous ! Comme toujours dans le genre, on commence avec la rencontre d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal : une ado qui veut aller à une fête avec toutes ses amies et le garçon qu’elle espère séduire ; un garçon qui a hâte de passer la nuit chez son meilleur ami à s’empiffrer de pizzas ; et des parents qui, après une année difficile, espèrent retrouver leur flamme en passant un week-end en amoureux. Mais quand la mère de Bergljót et Bragi est contrainte de rester à son travail, tout le programme change et les deux enfants partent en vacances avec leur père, loin de la ville. Et c’est sans doute ce qui leur sauve la vie quand l’horreur se déclare : toute la population – ou presque – disparaît dans d’horribles circonstances. Lorsque nos personnages s’en rendent compte, ils n’ont qu’une idée en tête : retrouver leur mère et épouse. Mais il semble que toute l’Islande soit tombée…il n’y plus âme qui vive, ou très peu, plus de communications, plus rien que des monstres qui hantent les rues…

Véritable survival, nous allons suivre Bergljót et son père, vite séparés de Bragi, dans leurs tentatives de survie dans un monde en proie au chaos et à l’impossible. Que se passe-t-il ? Qui sont ces monstres ? Viennent-ils vraiment d’un autre monde comme tout le monde semble le croire ? Ou est-ce autre chose ? Ce sont les réponses que nous aurons dans le deuxième et dernier tome de ce diptyque passionnant et terrifiant. L’écriture de Hildur Knútsdóttir, sans fioritures, qui alterne entre les points de vue de Bergljót et de Bragi, en déroutera peut-être (j’ai notamment trouvé que Bergljót semblait parfois plus jeune que son âge), mais apporte aussi une touche « d’exotisme » à ce roman qui nous fait également découvrir – un peu – la vie islandaise. Le côté horreur fonctionne lui très bien, ne nous épargnant pas les détails bien gores de la façon dont meurent les humains, et l’angoisse et la peur sont palpables tout au long de la fuite de Bergljót et sa famille. Un roman haletant, entre science-fiction et horreur, où le froid de la neige et de la terreur se glisse avec frissons de plaisir dans les interstices des fenêtres barrées de nos maisons. A découvrir !

Sanglant hiver, Hildur Knútsdóttir, traduit par Jean-Christophe Salaün (Thierry Magnier)
disponible depuis le 10 mai 2017
9791035200374 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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Pebbleboy – Eric Pessan

9782211231213,0-4090410

Pierre est un garçon dur comme la pierre. Lorsqu’il reçoit un coup, il ne réagit pas, il n’a même pas mal ! Et Dieu sait qu’il en reçoit des coups… Son incroyable résistance finit par susciter la curiosité de ses camarades de classe, puis des gens, et enfin des journalistes. Pierre devient alors une célébrité, un super-héros : Pebbleboy, le garçon-caillou.

★★★★★

Sous-titré Les aventures extraordinaires du garçon aussi dur qu’une pierre, cette pièce de théâtre imaginée par Eric Pessan nous conte l’histoire étonnante de Pierre et de son habilité toute particulière à ne ressentir aucune douleur. Un texte court, d’une grande force, qui évoque, comme vous pouvez vous en douter, la maltraitance. Et c’est à travers le mythe du super-héros qu’Eric Pessan traite le sujet, en montrant également tout le paradoxe du côté « voyeur » de ces gens, de ces journalistes, de ces camarades et enseignants qui ne voient pourtant rien de la triste réalité. Car Pierre va se laisser entraîner dans ce mensonge de super-héros, allant jusqu’à se confectionner un costume et devenir Pebbleboy, afin de se protéger, de ne pas révéler ce que cachent vraiment ses bleus, ses contusions. Seule une fille, parmi tous ses camarades qui vont le frapper, vérifier qu’il n’a vraiment pas mal, qu’il est dur comme le roc, va essayer de soulever la carapace de Pierre…

Pebbleboy est un très beau texte, à la fois sensible dans son écriture (les monologues de Pierre sont vraiment plein d’émotion) et dur par son sujet et la façon dont il est traité (notamment quand il s’agit des scènes où les camarades de classe de Pierre s’amusent à le frapper). C’est un texte également poétique, dont on imagine très bien les dialogues joués sur scène, où se découvre petit à petit la vérité derrière le don étonnant de Pierre et sa relation avec son père et sa mère. Une pièce émouvante, percutante et singulière qui se termine tout de même sur une note d’espoir…

Pebbleboy : les histoires extraordinaires du garçon aussi dur qu’une pierre, Eric Pessan (École des loisirs)
collection Théâtre
disponible depuis le 12 avril 2017
9782211231213 – 7,20€
à partir de 11 ans
Son
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Inséparables – Sarah Crossan

9782700253269,0-4105499

Après le roman de Clémentine Beauvais qui avait (un peu) divisé Bob et Jean-Michel, c’est Rageot qui continue à explorer le roman en vers pour adolescents, avec la publication en français d’un titre de Sarah Crossan, qui avait justement inspiré Clémentine Beauvais pour son propre livre. C’est d’ailleurs cette dernière qui en signe la traduction (la boucle est bouclée). Vous vous en souvenez sans doute, Bob n’avait pas été touché par Songe à la douceur…le sera-t-il cette fois ? Mystère ! (On aurait dû être scénaristes des « résumés du dernier épisode » dans les séries)

Grace et Tippi sont sœurs siamoises. Face au regard des auteurs, elles se soutiennent constamment. Elles ont toujours été scolarisées à domicile…jusqu’au jour où elles entrent enfin au lycée. C’est là que Grace tombe amoureuse.

★★★★☆

Et tomber amoureuse, c’est typiquement le genre de choses que Grace et Tippi se sont juré de ne jamais faire. Aussi physiquement que psychologiquement, cela leur semble impossible, bizarre. Pourtant, Grace ne pourra pas lutter contre ce sentiment si nouveau, si étonnant… C’est donc à travers la voix de Grace que nous découvrons l’histoire de ses siamoises qui, pendant huit mois, nous raconte, à la façon d’un journal intime, cette entrée au lycée. C’est à la fois excitant et terrifiant pour ces jeunes filles que le monde entier regarde avec fascination et répulsion. Et c’est en plus un investissement financier important pour leurs parents, dont le père est au chômage, et leur petite sœur Nicole, surnommée Dragon, qui ne rêve que de danse classique. Pour toute la famille, c’est Grace et Tippi, leur santé, qui passent avant tout. Quitte à se ruiner, quitte à renoncer à ses rêves. Alors quand l’opportunité se présente se réaliser un documentaire sur leur particularité et de gagner beaucoup d’argent, Grace et Tippi, malgré leurs réticences à être montrées comme des bêtes de foire, acceptent. Une équipe les suit alors dans leur vie quotidienne, et jusqu’au lycée, où Grace et Tippi ne se révèlent pas des modèles d’élèves studieuses et passent beaucoup de temps avec Yasmeen et Jon à faire tout un tas de choses illicites…

Beaucoup de sujets abordés dans ce roman étonnant et touchant, à commencer par cette superbe réflexion autour de la différence et de l’acceptation de soi. Les deux filles sont très différentes en terme de caractère et, pourtant, elles ne se considèrent pas autrement qu’en une seule et même personne (c’est d’ailleurs le sens du titre original One). Une réflexion forte, singulière, qui trouve aussi toute sa beauté dans l’écriture en vers. Le texte est splendide tout en étant extrêmement simple, tout en grâce et fluidité. On se laisse littéralement emporter par les mots, par ces vers qui nous font glisser jusqu’à une fin bouleversante, aussi belle que terrible, frustrante. Inséparables est un roman surprenant et émouvant, vibrant d’amour, à découvrir absolument.

Inséparables, Sarah Crossan, traduit par Clémentine Beauvais (Rageot)
disponible depuis le 17 mai 2017
9782700253269 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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I am Princess X – Cherie Priest

9782747058957,0-4105410May et Libby étaient les meilleures amies du monde. Ensemble, elles ont créé un personnage à qui elles faisaient vivre plein d’aventures : Princess X. Mais il y a trois ans, Libby est décédée dans un accident de voiture. Un jour pourtant, May découvre sur la vitrine d’une boutique un autocollant à l’effigie de cette héroïne qu’elle croyait enterrée avec son amie. Etonnée, elle découvre bien vite qu’il existe un compte Instagram où sont narrées en BD les aventures de Princess X et, en les lisant attentivement, May découvre des indices troublants… Son amie est-elle vivante ?

★★★★☆

Faites-vous partie de ceux qui ont vu la campagne de publicité dans les rues autour de l’univers de Princess X ? Si ce n’est pas le cas, rendez-vous sur Instagram ! Une fois votre curiosité bien attisée, Bob vous propose de vous précipiter sur ce très bon thriller, où la BD et le roman se mélangent avec une très grande réussite. En effet, pas toujours facile de concilier les deux ! Cherie Priest, elle, y parvient simplement et efficacement : les planches de BD, tout en violet réalisées par Kali Ciesemier, font partie intégrante de l’intrigue policière, elles n’ont pas qu’une vertu illustrative mais sont bien des éléments clés de l’histoire. Nous sommes ainsi comme May, qui découvre ce qui est arrivé à son amie disparue en même temps que nous, et qui entrevoit les indices glissés dans les cases. Si l’intrigue générale est relativement simple, c’est bien la façon dont elle est menée qui est particulièrement originale, ainsi que les personnages secondaires qui vont épauler May dans sa quête, et le parallèle entre la véritable histoire et celle de la fiction, de Princess X. C’est plutôt bien fichu et on se laisse entraîner de bout en bout, dans l’attente du dénouement final.

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Un roman qui n’est pas sans rappeler l’univers des comics et de ses super-héros. Princess X est une ado fringuée comme une princesse de Disney, couronne comprise, mais avec des Converse rouge et un katana pour seule arme. Son passé est terrible, ses parents sont morts et elle a été kidnappée par un dangereux malade pour des raisons aussi folles que malsaines. Des éléments qui paraîtront surréalistes à qui cherche un thriller noir ancré dans la société (d’autant que le final va un peu vite), mais qui plaira sans aucun doute à ceux qui accepteront cette influence. La thématique des réseaux sociaux et du hacking est également très intéressante dans le roman, et apporte beaucoup à tout l’univers virtuel déployé dans l’intrigue. Original et vivant, aussi sombre que punchy, I am princess X mêle habilement la BD et le roman, à découvrir !

I am Princess X, Cherie Priest, illustré par Kali Ciesemier, traduit par Vanessa Rubio-Barreau (Bayard jeunesse)
disponible depuis le 26 avril 2017
9782747058957 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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En vadrouille avec Magali Le Huche

Si vous ne connaissez pas Magali Le Huche, c’est que vous vivez dans une grotte ! Impossible d’être passé à côté de la série des Jean-Michel (qui aura inspiré celui que vous connaissez bien ?) ou bien des Paco ou encore de toutes les dizaines et dizaines d’histoires qu’elle a illustré ! D’ailleurs, si, comme Bob il y a d’autres fans d’Hector, l’homme extraordinairement fort, sachez qu’il vient de sortir, accompagné de la belle Rosa-Lune, en livre-cd chez Didier jeunesse ! Aujourd’hui, on vous propose une petite balade, dans une famille de sorcières et à Lisbonne, dans deux des dernières parutions de la pétillante et fabuleuse illustratrice.

Verte

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Verte a 11 ans et vit avec sa mère, une sorcière. Ne manifestant absolument aucun pouvoir, cette dernière décide d’envoyer sa fille chez sa grand-mère Anastabotte afin qu’elle lui apprenne quelques sorts…

★★★★☆

Roman paru en 1996 sous la plume de Marie Desplechin, c’est Magali Le Huche qui adapte et dessine les aventures désormais bien connues de la petite sorcière au drôle de prénom. (Sérieux, qui appelle son enfant « Verte » ?) Si vous avez lu le roman, vous vous souvenez de sa forme : 4 personnages différents racontent leur version de la même histoire, cette journée particulière où Verte se lance dans la confection d’un sort avec sa grand-mère et ce qui s’en suit… Un procédé que Magali Le Huche adapte avec beaucoup de finesse en mêlant les points de vue dans un récit aussi drôle qu’intelligent. Car Verte n’est pas tant un roman sur la sorcellerie qu’une évocation de la famille, de la difficulté à trouver sa place quand on attend beaucoup de vous et de la séparation. Avec ses crayons et son style inimitable, Verte et son étonnante famille prennent vie dans un tourbillon de couleurs et d’espièglerie. Une BD tendre et ensorcelante, qui ravira les fans du roman ou qui donnera envie à une nouvelle génération de lecteurs de découvrir ce classique de la littérature jeunesse.

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Verte, Magali Le Huche et Marie Desplechin (Rue de Sèvres)
disponible depuis le 22 mars 2017
9782369811954 – 14€
à partir de 9 ans
Eléctrico 28

9782368361047, 0-4157803

Amadeo est conducteur de tram à Lisbonne. A bord de son Elétrico 28, il est fier et heureux. Mais voilà que c’est son dernier jour en tant que conducteur… Qui rendra alors les gens heureux, qui aidera les amoureux timides à se faire des bisous ?

★★★★☆

C’est avec Davide Cali que nous retrouvons cette fois Magali Le Huche, pour une découverte du plus célèbre tram de la capitale portugaise : l’Eléctrico 28. Mais également une belle histoire d’amour, où Amadeo, conducteur-cupidon, n’a eu de cesse de rapprocher tous ces garçons et filles qui montaient ou descendaient de son tram sans jamais avoir le courage de s’avouer leurs sentiments. Une petite manœuvre par-ci et une autre par-là auront raison de la timidité de ces amoureux transis. Et rassembler les amoureux est ce qui aura le plus compté dans son métier de conducteur de tram. Mais lorsque son dernier jour de travail arrive, Amadeo se rend compte qu’il lui manque aussi peut-être quelque chose… ? Un très bel album, où la tendresse du sujet comme des illustrations illumine des personnages doux et heureux, où les couleurs chatoyantes nous invitent à découvrir cette ville ensoleillée et où Amadeo trouvera sans doute lui aussi son bonheur. Si avec tout ça on ne vous a pas donné envie de partir en vacances au Portugal !

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Eléctrico 28, Davide Cali, illustré par Magali Le Huche (ABC Melody)
disponible depuis le 18 mai 2017
9782368361047 – 14€
à partir de 5 ans
Son
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Star Trip – Eric Senabre

Vous l’avez sans doute remarqué, on aime beaucoup Eric Senabre par ici ! C’est donc avec beaucoup d’excitation et d’émotions que nous attendions son prochain roman. Alors quand on a vu Star Trip, sa couverture de Mathieu Persan trop stylée qui nous parlait tout de suite (Star Trek !!!!) et le résumé, c’était notre réaction :


Alors…vous croyez que Bob a pu être déçu ?

9782278081745,0-4105573A l’été 1968, dans un coin perdu de l’Idaho, May Peeples et son petit frère Sam sont « abandonnés » par leurs parents qui ont dû partir sans pouvoir rien leur expliquer. La jeune fille doit alors jongler entre s’occuper de son petit frère handicapé et collé à la télé pour ne pas manquer sa série de SF préférée : Star Trip ; son petit ami Will qu’une autre fille tente de séduire ; le révérend qui veut absolument faire d’elle une bonne chrétienne ; et son désir de retourner à la ville. Alors, quand un matin, May découvre dans sa grange l’acteur qui joue le capitaine Burke dans la série de son petit frère, tout bascule !

★★★★★

Est-ce là le meilleur roman d’Eric Senabre ? Bob dit OUI ! OUI ! OUI ! Star Trip, c’est un roman hommage totalement fou qui nous emmène jusqu’aux frontières du réel, où une jeune fille de 15 ans va se lancer dans un pari insensé pour compenser l’absence de ses parents et la déception de son petit frère à ne pas avoir de vraies vacances. Avec Will, ils vont en effet décider de construire une réplique d’une navette de Star Trip pour que le gamin puisse jouer avec. Et puis en allant à la grande ville pour faire du shopping, May et Will vont tomber sur une séance de dédicace impromptue de Benjamin Spike, l’acteur vedette de cette série de science-fiction. L’occasion est trop belle pour faire plaisir à Sam, même si le comédien se révèle particulièrement exécrable… Comment Benjamin Spike atterrira dans la grange de May Peeples ? Je ne vous en dis rien, ce serait trop dommage…

Road-trip déjanté et rafraîchissant, Star Trip est LE roman idéal pour se plonger dans une aventure psychédélique au cœur des Sixties, aux références musicales géniales (David Bowie en guest-star), aux personnages secondaires truculents et typiquement farfelus de l’Amérique rurale (je dois dire que le shérif Noir irlandais pur souche m’a fait mourir de rire) et aux mystères particulièrement bien trouvés ! Le roman ne manque pas non plus d’humour, caustique ou absurde selon les situations, et d’amour… Si vous aimez l’aventure, les références au cinéma ou aux séries de SF, à la musique, les personnages forts et les hurluberlus, vous serez, comme Bob, totalement conquis par Star Trip et en ressortirez des étoiles plein les yeux. Un coup de cœur intersidéral ! ❤️

Star Trip, Eric Senabre (Didier jeunesse)
disponible depuis le 10 mai 2017
9782278081745 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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Mosquitoland – David Arnold

9782745977847,0-3742399

Elle s’appelle Mary Iris Malone et elle ne va pas bien. Surnommée Mim, l’adolescente décide de quitter le Mississippi pour rejoindre Cleveland, à plus de 1500km de là, pour retrouver sa mère, malade. Alors que son père et sa belle-mère la recherchent, la jeune fille se lance dans un périple entre dangers et belles rencontres, où ses lettres à une certaine Isabel vont peu à peu nous révéler la raison de sa fugue…

★★★★☆

Mosquitoland, c’est un road trip en solo effectué par une adolescente particulièrement cynique qui ne rentre pas dans le moule. Au lycée, pas question d’être comme les autres moutons, qu’il s’agisse de mode, de façon de vivre ou autre. Mim est une gamine à part. Une gamine qui, quand elle jouait à la marchande, faisait la voix du vieux monsieur qui achète des carottes puis de la petite caissière qui lui réclame des sous. Pour cette raison, « on » la diagnostique schizophrène. Le « on », c’est son père, un homme marqué par la maladie mentale de sa sœur Isabel qui a peur de ces antécédents familiaux. Et ce sont les médecins, qui lui fournissent des médicaments pour lutter contre. Alors quand son père quitte sa mère, déménage à 1500km et se remarie avec une serveuse nommé Kathy (et je ne vous annonce pas le pire !), c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et Mim s’enfuit, emportant la cache d’argent de Kathy, son carnet bonhomme où elle écrit à Isabel et son rouge à lèvres fétiche qui appartenait à sa maman. Et l’ado, seule et déterminée, embarque dans le premier car pour Cleveland, où l’attend une aventure qu’elle n’est pas prête d’oublier !

Et nous non plus ! Mim est un personnage magnifique, de par son cynisme qui nous fait sourire, et touchant par ses fêlures, ses imperfections qu’elle nous révèle petit à petit, sa remise en question sur elle-même, sa maladie, sa famille. On embarque avec elle dans ce car Greyhound, conduit par un Carl d’anthologie, à la rencontre d’une Arlene étonnante, d’un Poncho Man sirupeux et de tout un tas d’autres personnages bizarres que l’on rencontre sur la route. Débrouillarde, Mim ne se laisse pas abattre par les écueils. Elle a un Objectif, elle s’y tient. Qu’importe les détours qui l’amènent à livrer une boîte à un pompiste, à assister à un match des Cubs, la pire équipe des États-Unis, ou à dormir à la belle étoile avec Walt, un garçon étonnant, retardé mentalement, mais qui lui apporte tant de bonheurs. Mim est une fille chouette, une gamine au grand cœur, même si elle prétend ne pas aimer les gens, et son voyage vers sa mère, presque initiatique, va lui permettre de se trouver elle et sa famille. David Arnold mêle avec brio tout l’humour et toute la sensibilité de Mim et nous délivre un beau message d’amitié et de tolérance. Nous restent alors un sentiment d’espoir pour l’avenir de Mim et une grande affection pour ce personnage atypique et attachant. Très réussi !

Mosquitoland, David Arnold, traduit par Maud Ortalda (Milan)
disponible depuis le 22 mars 2017
9782745977847 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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Maresi : chroniques de l’Abbaye Ecarlate – Maria Turtschaninoff

9782700253085,0-3755066

Sur une île invisible depuis la mer vivent une communauté de femmes. Des sœurs, qui ont fui le monde et sa violence, celle des hommes en particulier, pour vivre sous la protection d’une ancienne magie. Maresi est une adolescente qui a quitté son foyer après une terrible famine et qui espère, grâce à l’enseignement dispensé par les sœurs, pouvoir un jour apporter son savoir dans son ancien pays. Mais un jour, une nouvelle jeune fille arrive sur l’île et, avec elle, une menace sur la communauté…

★★★★☆

Oh mais voilà un roman de fantasy aussi passionnant qu’étonnant ! Nous sommes dans un monde aux frontières non définies, à la carte floue et aux peuples esquissés où l’on s’intéresse à une petite île réputée invisible à qui ne sait qu’elle se cache à cet endroit précis de l’océan. Menos est une île fouettée par les vents, riche d’une teinture précieuse et où ne vivent que des femmes, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, qui ont quitté leurs foyers trop pauvres ou cruels. C’est avec Maresi que nous découvrons l’histoire de l’île et de sa communauté ancienne. Jeune fille dont la famine a frappé le pays d’origine, Maresi se révèle aussi avide de connaissance que des bons plats préparés à l’abbaye. Déterminée et généreuse, elle accueille volontiers la nouvelle venue, Yaï, qu’un passé terrible poursuit jusque dans son sommeil. Entre corvées, découverte du lieu et apprentissage quotidien, Maresi nous apprend comme à Yaï tout ce qu’il y a à savoir sur l’Abbaye Ecarlate et le culte de la Mère Originelle. Un endroit empli de mystères, de légendes et d’une magie étrange. Mais la quiétude de ce lieu est bientôt menacée, tout comme la sécurité de Yaï et des autres femmes de l’abbaye… Car les hommes arrivent.

Avec Maresi, Maria Turtschaninoff nous offre un monde entre douceur et cruauté, espoir et mort. Le début du roman est assez lent, presque contemplatif, nous laissant découvrir l’île et ses habitantes, leur mode de vie et leur croyance et l’arrivée de cette nouvelle fille qui va bouleverser toute l’abbaye. Une manière de nous attacher à ses personnages, à son univers féminin – et féministe – avant de le voir menacé par la cruauté de l’homme. Maresi est d’ailleurs un personnage fort, qui comprend sa chance d’être à l’abbaye tout en n’oubliant pas son triste passé, déterminé à assouvir sa soif de connaissance dans un but de transmission, et effrayé par une facette de la Mère Originelle qui ne cesse de la poursuivre… Au-delà du roman féministe qui évoque tout simplement la condition des femmes et les traitements violents dont elles sont victimes (c’est le lot de beaucoup des jeunes sœurs de l’abbaye), ou de l’importance de l’éducation, Maria Turtschaninoff, à travers la figure de sa divinité, la Déesse aux Trois Visages, évoque aussi toutes les faces possibles de la femme et j’ai trouvé particulièrement intéressant le personnage de la Rose (dont je ne vous dis rien) qui donne une toute autre dimension à ce qualificatif et qui n’est pas si courant en littérature jeunesse. J’ai été véritablement conquise par ce très beau roman, sa mythologie et sa magie, ses portraits de sœurs courageuses, érudites, malicieuses ou travailleuses qui vivent en harmonie. Une magnifique découverte ! :)

Maresi : chroniques de l’abbaye Ecarlate, Maria Turtschaninoff, traduit par Johanna Kuningas (Rageot)
disponible depuis le 1er mars 2017
9782700253085 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
4

Blue Gold – Elizabeth Stewart

En 2014, nous découvrions Elizabeth Stewart avec un très beau roman historique, Justice pour Louie Sam, autour des populations indiennes et de la justice. Cette fois-ci, elle nous emmène à travers le monde, à la rencontre de trois jeunes filles emblématiques de notre époque, confrontées elles aussi à la justice, ou plutôt l’injustice.

9782747055246,0-3755047Fiona est canadienne. Après une soirée un peu arrosée, cette lycéenne envoie un selfie dénudé à son petit ami. Sylvie est congolaise, réfugiée en Tanzanie où elle vit dans un camp après avoir vécu l’horreur dans son village natal, pillé pour un minerai précieux : le coltan. Laiping, elle, a quitté son village et sa famille pour trouver du travail dans une usine de fabrication de téléphones dans une grande ville. Les trois jeunes filles ne se connaissent pas mais elles ont un point commun : le téléphone portable.

★★★★☆

Le portable est-il plus précieux que leurs vies ? Un sous-titre peut-être un peu racoleur mais qui va pourtant se révéler être la véritable question pendant tout le roman. Ce sont donc trois voix que nous suivons : Fiona, lycéenne accro à son portable qui fait l’erreur d’envoyer à son nouveau petit ami une photo de ses seins, qui perd le fameux objet et se retrouve être exposée à tous ; Sylvie, jeune réfugiée en Tanzanie avec sa mère et ses petits frères et sœurs a vécu des événements traumatiques qui lui ont laissé une cicatrice lui balafrant le visage et qui doit concilier la survie de sa famille, son désir de faire des études de médecine et son frère qui se laisse entraîner dans les magouilles du chef de guerre local ; et enfin Laiping, qui espère envoyer de l’argent à ses parents en travaillant à l’usine, découvrant un tout nouveau monde qui lui semble merveilleux avant de se rendre compte des terribles conditions de travail. Comment ces trois destins vont-ils finir par se rencontrer ?

Roman absolument passionnant, c’est bien cette idée de vies croisées qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Mais c’est aussi, et surtout, ces portraits très justes et touchants de ces adolescentes aux prises avec une société qui les dépasse, qui vont découvrir toute l’injustice de leurs conditions respectives et devoir se montrer forte pour surmonter ce qui les attend. Même si Fiona semble être le personnage le moins exploité (moins de chapitres et une histoire que certains jugeront peut-être moins « grave » que les autres), toutes nous offrent un regard éclairant sur notre monde. Les amateurs de dystopie seront d’ailleurs sans doute ravis de découvrir que la Chine est un décor parfaitement réaliste et actuel – inutile d’aller chercher dans la science-fiction ! Ceux qui aiment les textes engagés ne pourront qu’être sensibles à cet excellent roman qui nous invite à réfléchir à l’exploitation humaine sous toutes ses formes, et à s’informer sur la fabrication des produits de notre quotidien. Une postface de l’auteure vient d’ailleurs compléter son propos. Et ceux qui aiment les belles histoires ne seront certainement pas en reste : Fiona, Sylvie et Laiping vous toucheront au cœur par leur sensibilité et leur désir de changer la société.

Et comme c’est de saison, on proposerait bien Blue Gold pour le projet #unlivrepourdemain lancé par notre copain Tom ! :D

Blue Gold : 3 filles, 3 destins : le téléphone portable est-il plus précieux que leurs vies ?, Elizabeth Stewart, traduit par Jean-Luc Defromont (Bayard)
disponible depuis le 15 février 2017
9782747055246 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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L’ourse – José Ramon Alonso & Lucia Cobo

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Vous avez sans doute vu ces adorables vidéos de bébés hippopotames ou girafes nés dans les zoos dernièrement ? Eh bien chez Bob & Jean-Michel, on vous propose d’assister vous aussi à une superbe naissance, celle d’un petit ourson. ❤

C’est l’automne. Pour la dernière fois avant son hibernation, une ourse s’enfonce dans la forêt à la recherche de graines, de fruits, de nourriture. Puis l’hiver est là, et l’ourse s’endort. Lorsqu’elle se réveille, ce n’est pas la fin qui lui tiraille le ventre, mais un tout petit…

★★★★★

C’est avec douceur et simplicité que José Ramon Alonso, biologiste de son état, nous raconte l’histoire de cette ourse, oscillant entre l’album et le premier documentaire. Au gré des saisons, nous suivons ainsi cette majestueuse créature dans sa préparation à l’hibernation, qui fait ses provisions pour l’hiver et construit l’habitat qui lui permettra de dormir au chaud au cœur de l’hiver. Jusqu’à son réveil où le printemps est revenu et, avec lui, l’ourson qui s’agite dans son ventre, prêt à découvrir le vaste monde. Si tout cela nous est dit de façon épurée, le texte est également très poétique et on s’imagine très bien le susurrer à l’oreille de l’enfant.

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De même que l’émerveillement sera total quand il faudra tourner les pages. Les illustrations de Lucia Cobo, à l’acrylique, sont extraordinaires ! C’est l’illustration de couverture qui ouvre l’album, et on se retrouve instantanément aux côtés de cette ourse, subjugué par son regard avant de la suivre dans sa dernière balade dans la forêt. La poésie des mots de José Ramon Alonso se retrouve complètement dans les images de Lucia Cobo, d’une grande maîtrise et qui ajoute dans ses tableaux l’évocation du cycle de la nature suggérée par le texte. Des illustrations d’autant plus belles et invitant à la contemplation que l’album est un grand format.

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Un album sublime autour de la maternité, de la vie qui se perpétue et de ses bonheurs simples.

L’ourse, José Ramon Alonso, illustré par Lucia Cobo (Didier Jeunesse)
disponible le 19 avril 2017
9782278085378 – 14,20€
à partir de 2 ans