Son
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La fourmi rouge – Emilie Chazerand

Bob et Jean-Michel reviennent en forme après des vacances bien méritées ! Et comme tous les ans, c’est avec la rentrée littéraire qu’on se retrouve… Pour se faire un peu plaisir avant de retourner sur les bancs de l’école, on vous propose de rester un peu en vacances avec ce premier roman qui explose de drôlerie comme un feu d’artifice !

9782848659985,0-4372232Un prénom de protège-slip, un nom de pâtisserie allemande (qu’on peut aussi déformer pour en faire le petit nom d’une partie de l’anatomie humaine), un œil qui part en vrille et un père taxidermiste qui l’emmène au lycée dans une voiture customisée à la fourrure ? Oui, il s’agit bien de Vania Strudel, 15 ans, présidente du club très fermé des Minables. Heureusement qu’elle a son meilleur ami Pierre-Rachid pour voir la vie du bon côté… Mais voilà qu’après les vacances d’été, le jeune homme revient beau comme un dieu et, surtout, accompagné d’une horrible petite amie…

★★★★☆

Et quand Vania apprend que cette nouvelle girlfriend n’est autre que sa pire ennemie, cette pouffiasse de Charlotte Kramer, autant vous dire que son monde s’effondre définitivement ! Entre le nouveau prof qui ne lui fait pas de cadeaux, les looses quotidiennes, Pirach (pour Pierre-Rachid) qui s’éloigne peu à peu d’elle, et ses conversations à sens unique avec le vieux monsieur du dessus qu’elle garde parfois, la vie de Vania est HORRIBLE. Jusqu’au jour où elle reçoit un mail anonyme qui lui démontre qu’elle n’est pas qu’une vulgaire fourmi noire et qu’elle pourrait être bien plus que ce qu’elle pense d’elle-même et se démarquer réellement, être une « fourmi rouge ».

On connaissait Emilie Chazerand pour ses albums joueurs et irrévérencieux et c’est avec beaucoup de plaisir que l’on découvre sa plume en long format avec ce roman qui se pose en digne héritier des Petites Reines, dans la même collection, et à rapprocher également de Je suis ton soleil, paru au printemps. On y retrouve en effet une héroïne cynique à souhait, qui aurait sans doute eu sa place sur le podium des Boudins, et dont la vie semble particulièrement vide et improbable. (En vrai, on aimerait bien vivre parfois des trucs aussi loufoques qu’elle !) Entre répliques bien envoyées et dialogues savoureux, Emilie Chazerand nous propose des scènes délectables, des personnages sympathiquement humains, quoi-qu’affublés de beaucoup de tares. Il vous faudra parfois prendre un peu de recul car Vania est une ado qui ne prend pas de pincettes et qui risque fort de vous faire grincer des dents… Un roman particulièrement bien rythmé et piquant dans lequel on ne s’ennuie pas un seul instant ! Un humour qui cache aussi une véritable profondeur, où des sujets « graves » sont abordés avec finesse et sensibilité, comme le deuil ou le harcèlement scolaire. Une mention toute spéciale pour papa Strudel, un adulte responsable, présent, aimant (quand bien même Vania en a parfois honte, le trouve ringard, moche ou relou) et personnage essentiel du roman. Les parents ne sont pas toujours au top dans les romans jeunesse (quand ils sont là, bien sûr) et ça fait du bien d’en voir un qui fait bien son job. Pour ça, merci Emilie !
Petite et insignifiante fourmi noire deviendra-t-elle une belle et piquante fourmi rouge ? On vous laisse le découvrir ! :D

La fourmi rouge, Emilie Chazerand (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible le 23 août 2017
9782848659985 – 15,50€
à partir de 13 ans
Son
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Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

9782081396623,0-4031862

Déborah entre en terminale et son année commence mal. Non seulement son chien miteux lui a dévoré toutes ses godasses et elle doit se rendre au lycée en bottes de pluie, mais il y a aussi sa mère qui découpe des magazines à en garnir tout le salon, et c’est sans compter son père qu’elle découvre au bras d’une belle inconnue… Heureusement, Déborah va pouvoir compter sur l’amitié toute neuve de Jamal et Victor, sans oublier sa meilleure amie Éloïse.

★★★★☆

Tu pensais en te levant ce matin que ta vie c’était un peu la loose ? Genre t’as pas révisé ton contrôle, ton collant est troué ou le chat a fait pipi sur ton tapis ? LOL. Tu n’as aucune chance contre Déborah, reine de la malchance (ou scoumoune, selon son théorème) qui assiste au chamboulement de sa vie, et pas juste à cause de son chien galeux, Isidore, qui pue du bec et lui détruit ses ballerines. Sa mère agit comme une folledingue, découpant des magazines et collant des post-it partout sur le miroir de l’entrée avec un mystérieux numéro de téléphone et que dire de son père, le sale traître qui embrasse une autre femme ? Et puis sa meilleure amie Éloïse qui s’amourache d’un beau neuneu et la laisse doucement tomber, la contraignant à devenir amie avec Jamal, alias mygale-man et ses dents de cheval et…le beau Victor, le nouveau. Bon, ok, tout n’est pas totalement naze…sauf quand Victor a en fait déjà une copine. Échec et mat.

Mais Déborah a de la chance, c’est Marie Pavlenko qui s’occupe de nous raconter son histoire. Après s’être plutôt illustrée dans les genres de l’imaginaire (Le livre de Saskia, Marjane…), l’auteure nous emmène dans le quotidien ébouriffant de cette ado un peu perdue mais volontaire et pleine d’humour ! Car le roman est aussi lumineux que sa couverture dorée et son titre estival : Déborah est incroyablement drôle et l’écriture enlevée de Marie Pavlenko d’une grande fraîcheur. Le secret des coquillettes sur la couverture vous sera révélé en lisant le roman, tout comme d’autres éléments de l’histoire qui, vous le découvrirez, ne sont pas tous aussi comiques que ce que peut le laisser penser cette chronique, mais la gouaille de cette lycéenne foutraque, son chien-clochard qui schlingue (mais qui est super attachant) et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ne pourront que vous ravir le cœur. C’est en tous cas ce qui est arrivé à Bob.

Il y a une vraie justesse dans cette description de l’adolescence, que ce soit dans le ton ou dans les personnages et Marie Pavlenko parvient à nous toucher et à nous bidonner en même temps (ou presque, hein, vous verrez qu’il y a quand même des trucs pas rigolos rigolos). On a dit à Bob que le roman faisait penser aux Petites reines, de Clémentine Beauvais. Au début, il trouvait que non, mais en fait, oui, il est tout aussi jubilatoire, notamment grâce à Déborah, qui n’a en effet rien à envier à la truculente Mireille. Le propos n’est pas le même, mais le plaisir de lecture, assurément ! Bref, laisse tomber les remèdes de grand-mère pour réparer ton collant troué et cours vite te procurer les épatantes aventures de Déborah ! ;D

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko (Flammarion jeunesse)
disponible depuis le 8 mars 2017
9782081396623 – 17,50€
à partir de 14 ans
Son
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Les garçons ne tricotent pas (en public) – T.S. Easton

Saint-Jean-Michel-des-Eaux, attention les yeux ! Ce livre a sans doute l’une des couvertures les plus atroces (je ne peux pas la regarder plus de 0,005 secondes sans avoir envie de me crever les yeux), les plus improbables, les plus « mais…mais…pourquoi ???? » (euh…sérieusement, Nathan, POURQUOI ???) mais ne vous y fiez pas et essayez de faire abstraction, de coller du papier journal dessus, de la couvrir avec du papier opaque comme vos manuels de cours en 6e, car vous passeriez quand même à côté d’un très très bon moment de lecture, parole de Bob. :)

9782092559161,0-3155289Ben Fletcher, après avoir volé une bouteille de Martini Rosso et renversé à vélo la dame qui fait traverser les petits, est désormais placé sous contrôle judiciaire. Dans le cadre de sa mise à l’épreuve, il est contraint de s’inscrire à une activité manuelle, et à cause d’un malentendu, il se retrouve dans le cours de tricot ! L’horreur ! Ben accepte cependant de jouer le jeu, tant que personne en dehors du groupe de tricot n’est au courant. Et il découvre bien vite que le tricot, ce n’est pas si mal et qu’il est quand même vachement doué…

★★★★★

Comment cacher à vos amis un peu cons et à votre père archétype de la virilité que vous vous adonnez à une « activité de fille » et, pire, « de vieille » ? C’est bien là tout le problème de Ben, 16 ans, pas trop doué avec les filles (mais vachement amoureux de Megan, et de sa prof Melle Swallow et puis la mère de Megan est pas mal non plus…) ni vraiment en rien, d’ailleurs, qui se fait harceler occasionnellement par la terreur du lycée, et qui vivait sa vie plutôt tranquillement jusqu’à l’incident qui lui a valu des ennuis avec la justice. Ben va inventer pas mal de mensonges, qui vont le mettre dans des situations précaires, surtout quand le tricot se révèle une activité qui le passionne et pour laquelle il est vraiment très doué. Doué au point de participer à des compétitions locales puis de plus en plus importantes… De mensonges en mensonges, Ben s’enlise et tout pourrait bien vite tourner au vinaigre…

Pour notre plus grand plaisir, les stratégies de Ben conduisent à des moments improbables, cocasses et parfois totalement débiles. Écrit sous la forme d’un journal intime, T.S. Easton (qui est aussi l’auteur d’une dystopie dont on vous a parlé) nous brosse le portrait d’un adolescent absolument attachant. Je me suis amusée du début à la fin et j’ai éclaté de rire à de nombreuses reprises. Les dialogues sont géniaux, les nombreux personnages – même parfois un peu stéréotypés – offrent une galerie particulièrement comique et l’histoire, même s’il est loin d’y avoir de l’action, propose des tas de rebondissements plus savoureux les uns que les autres. On ne s’ennuie vraiment pas et on passe un moment super agréable avec Ben et sa vie tout de même bien compliquée à lutter malgré lui contre les préjugés. Si vous avez lu Susin Nielsen, Ben m’a pas mal fait penser à certains de ses personnages, une espèce de nerd embrigadé dans des trucs improbables, héros du quotidien. J’ai ressenti exactement le même plaisir qu’à la lecture de Moi, Ambrose, roi du scrabble, par exemple. Et ça fait plutôt du bien ce genre d’histoire bien écrite (et bien traduite), pleine d’humour et de bonne humeur. Maintenant, j’ai envie de me mettre au tricot ! :P

Les garçons ne tricotent pas (en public), T.S. Easton, traduit par Anne Delcourt (Nathan)
disponible depuis le 10 mars 2016
9782092559161 – 15,95€
à partir de 13 ans
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Delphine Durand suivi d’une étude très sérieuse sur les Mous

A l’occasion de la sortie du nouvel album de Delphine Durand Les Mous, nous vous proposons une courte rétrospective sur cette auteur et illustratrice à l’humour décalé qui donne envie de reproduire ses personnages avec de la pâte à modeler avant de les câliner très fort.

Delphine Durand ? ‘connais pas.

Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg en 1995, elle travaille en tant qu’illustratrice dans l’édition : Nathan, Albin Michel, Le Rouergue, Les Fourmis Rouges…et également pour la presse : Astrapi, Science & Vie Junior, J’aime Lire…Parallèlement elle signe également avec des éditeurs étrangers : Penguin Books, Random House, Chronicle Books pour ne citer qu’eux. Vous connaissez sûrement son travail puisqu’elle a donné vie au personnage de Thierry Lenain : Mademoiselle Zazie. Elle a d’ailleurs participé au développement de la sérié TV éponyme. Elle participe activement à L’association L’Articho : un espace de création dédié aux images où collaborent des artistes avec des horizons et de nationalités bien différents les uns des autres pour un résultat fou et de bien bon goût :) Ouh, et Delphine Durand est jolie aussi.

Une bien belle bibliographie non exhaustive pleines de livres encore disponibles

Ma Maison (Rouergue) 9782841562138 – 11.20€ (2000)
La série de Mademoiselle Zazie (Nathan) – 5.70€ le tome (série débutée en 2001)
Bob et Cie (Rouergue) 9782841565856 – 15.30€ (2004)
La maison de Lulu (Père Castor) 9782081630826 – 16.95€ (2005)
La révolte des couleurs (Actes Sud) 9782742763344 – 8.50€ (2006)
Ma tata, mon pingouin Gérard et les autres, (Milan) 9782745952363 – 19.90€ (2011)
Rue de l’Articho, collectif (Thierry Magnier) 9782364740044 – 18.30€ (2011)
Gommettes 2000, collectif (Les Fourmis Rouges) 9782369020233 – 15.50€ (2014)
Gros Lapin (Tom Poche) 9791091978361 – 5.50€ (2015)
La Maison est en carton – images d’art
Les Apprentis Rêveurs – éditions sur toiles d’images pour enfant
Les cahiers de L’Articho – des revues-objets

Et le dernier né de Delphine…ADMIREZ

mous
★★★★★

Mais il est de toute beauté ! Avec ce mode d’emploi, vous saurez tout sur le Mou. D’abord apparu dans l’album La Maison, cette sorte de pomme de terre molle et malléable à l’humour tapageur resplendit au milieu des autres créatures sorties de la tête de Delphine. Il faut nous croire : il suffit d’ouvrir ce livre pour pouffer comme des enfants à chaque page. Delphine Durand nous explique quelques trucs pour connaître un peu mieux le Mou.

Le Mou qui s'en fout.

Le Mou qui s’en fout.

Sachez que le Mou en règle générale est mou. Non, ce n’est pas logique pour tout le monde (Bob ne savait pas par exemple). Le Mou est rancunier mais des fois il s’en fout. Les Mous aiment le café et les blagues pourries. Ils adorent se regrouper au crépuscule – ce sont des romantiques dans l’âme. Il peuvent aussi se téléporter mais ils ne choisissent pas où donc c’est complètement nul. La femelle du Mou est la MouTE. D’ailleurs puisqu’on cause famille, le cousin du Mou s’appelle le Dur. Ce n’est pas très facile de les différencier : faut appuyer dessus pour voir si c’est mou. Il y a des cas particuliers : un mi-dur, mi-mou est appelé Mou mollet.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez adopter un Mou !
Delphine Durand nous donne pleins de conseils utiles pour vous faciliter la vie quand on a un Mou chez soi. Comment le tenir, l’habiller, que faire avec un Mou poilu ou à poils longs ? Et s’il pue ? Peut-on l’embêter (un peu, pour voir) ? Peut-il faire office de fauteuil ? Doit-on investir dans un arbre à mou pour le distraire ? On ne répondra pas vous n’avez qu’à ouvrir le livre.

Bob & Jean-Michel sont perspicaces

moudebase

Le Patalo de Lisa Mandel

Le Patalo de Lisa Mandel

Avec Bob, on a une théorie sur l’origine des Mous. Leur première apparition est assez obscure. Selon nous ils auraient évolués entre le Patalo de Lisa Mandel et de la pâte à modeler qui traînaient dans la cuisine de La Maison de Delphine Durand. Ils sont plus évolués qu’on ne le croit ! Nos analyses ont révélées qu’ils calquaient leur personnalité sur des humains. Jean-Michel – expert en génie génétique depuis lundi, a fait une expérience fascinante : un Mou de base a muté lors du visionnage de la Famille Addams. Un personnage télévisuel peut susciter beaucoup d’émoi sur un Mou classique. Aussi, nous pensons qu’il faut être vigilant lorsqu’on a un Classicus Moutus chez soi : ce qu’il voit peut affecter sa transformation. Comment croyez-vous que Moumoute ait eu l’idée de devenir un mou à perruque ? J’avais laissé la télévision allumé sans surveillance…

BEWARE

Les preuves que nous allons vous apporter peuvent choquer les âmes sensibles.
moulongscheveux

Cousin Machin

Cousin Machin

 

 

 

 

 

mouàperruque

Mireille Mathieu

Mireille Mathieu

 

 

 

 

 

 

Finalement on pourrait être copains avec les Mous : on fait les mêmes blagues pourries.

Les Mous, Delphine Durand (Le Rouergue)
en librairie le 15 avril 2015
9782812608582 – 15€
à partir de 4 ans

Allez en prendre plein les yeux sur son blog

Son
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Broadway Limited – Malika Ferdjoukh

Bob et Jean-Michel adorent Malika Ferdjoukh ! Ils ont rêvé pendant très longtemps d’avoir des sœurs comme Enid ou Geneviève ou Hortense…toutes les héroïnes de Quatre sœurs (qu’on vous conseille très très fort si vous n’avez jamais lu). Alors autant vous dire qu’ils avaient hâte de découvrir ce nouveau roman choral d’une auteure qu’ils chérissent tout particulièrement. :D Et, comme vous devez vous en douter, il s’agit d’un énooooorme coup cœur ! On laisse d’abord l’école des loisirs vous raconter de quoi ça parle et on vous dit ensuite pourquoi on a adoré !

9782211223140,0-2552989

Normalement, Jocelyn n’aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n’accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard. Pourtant, grâce à son talent de pianiste, grâce, aussi, à un petit mensonge et à un ingrédient miraculeux qu’il transporte sans le savoir dans sa malle, Jocelyn obtient l’autorisation de loger au sous-sol. Nous sommes en 1948, cela fait quelques heures à peine qu’il est à New York, il a le sentiment d’avoir débarqué dans une maison de fous. Et il doit garder la tête froide, car ici il n’y a que des filles. Elles sont danseuses, apprenties comédiennes, toutes manquent d’argent et passent leur temps à courir les auditions. Chic a mangé tellement de soupe Campbell’s à la tomate pour une publicité que la couleur rouge suffit à lui donner la nausée. Dido, malgré son jeune âge, a des problèmes avec le FBI. Manhattan est en proie à l’inquiétude depuis qu’elle a cinq ans. Toutes ces jeunes filles ont un secret, que même leurs meilleures amies ignorent. Surtout Hadley, la plus mystérieuse de toutes, qui ne danse plus alors qu’elle a autrefois dansé avec Fred Astaire, et vend chaque soir des allumettes au Social Platinium. Hadley, pour qui tout a basculé, par une nuit de neige dans un train. Un train nommé Broadway Limited.

★★★★★

Wow ! Quelle fresque magnifique que ce nouveau roman de Malika Ferdjoukh ! Nous sommes transportés dès les premières pages dans ce New York d’après-guerre et, un peu à la manière de Jocelyn, complètement émerveillés par ces rencontres avec des filles pétillantes et étonnantes, qui vont nous réserver des aventures sentimentales et artistiques trépidantes. Si, au début, nous sommes un peu perdus parmi toutes ces filles aux drôles de surnoms (« euh…mais Chic c’est laquelle déjà ? » Jean-Michel ne suivait pas très bien), on s’attache très vite à chacune d’entre elles et, surtout, à notre petit français qui découvre une foultitude de choses bizarres et étonnantes. C’était d’ailleurs très intéressant de découvrir que ce qui nous semble aujourd’hui totalement normal et acquis (manger des corn flakes) ne l’était pas du tout il y a soixante ans. D’ailleurs, il faut souligner le grand travail de Malika Ferdjoukh sur les références, les personnages réels, les pièces, les films, les musiciens…car on rencontre de très nombreuses célébrités dans ce roman. Mélangés avec des personnages de fiction, on finit même par se demander ce qui est vrai dans l’histoire et ce qui ne l’est pas. De quoi aiguiser notre curiosité et nous pousser à visionner les films cités ou à se renseigner sur des acteurs aujourd’hui devenus légendaires. Mais ce qui fonctionne assurément dans ce Broadway Limited, ce sont bien sûr les histoires de chacun des personnages. L’écriture de Malika Ferdjoukh est superbe, très souvent drôle et insouciante, à l’image des jeunes filles de la pension Giboulée. On touche du doigt ce fameux « rêve américain », où tout semble possible. Il y a pourtant aussi de la gravité, des secrets, de la tristesse pour certaines, mais le roman parvient à ne pas tomber dans le pathos ou la mièvrerie. En réalité, on vibre à chaque instant, on a envie de danser, de se laisser emporter par le tourbillon des sentiments et des espoirs de chacune, et, surtout, on regrette qu’il n’y ait que 600 pages, car on voudrait suivre Jocelyn et les filles jusqu’au bout du monde… Heureusement, il y aura une suite !!! En attendant, on vous laisse, car Bob et Jean-Michel ont rendez-vous pour aller dîner avec Cary Grant. :P

Broadway Limited, 1. Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh (École des Loisirs)
collection Médium
en librairie depuis le 18 mars 2015
9782211223140 – 19,50 €
à partir de 13 ans

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Les affreux chandails de Lester – K.G Campbell

lesterLester est un petit garçon tout roux, qui coiffe ses cheveux à la perfection, vérifie la symétrie de ses chaussettes sur ses mollets, a une collection d’objets trouvés et possède tout un tas de cahiers où il créé des listes : les aliments répugnants, les choses qui commencent par un B, et les choses « suspectes » … comme si noter les gardaient loin de lui – quel fin stratagème pour se protéger ! Il va d’ailleurs ajouter dans ce dernier « les crocodiles » car la maison de la cousine Clara vient d’être mangée par cet animal. Et puisque son habitat vient d’être mâchouillé jusqu’à sa destruction, la cousine Clara vient donc passer quelque temps avec Lester et sa famille.

« Elle était petite et coquette et se déplaçait accompagnée d’un panier de tricot »

★★★☆☆

Paisible, elle ne fait que tricoter dans son fauteuil et un matin elle offrit un chandail à Lester. Ratatiné, pendant, troué où il ne faut pas, d’un jaune peu ragoûtant et parsemé de pompons violets – un pull de très bon goût :D Lester est enchanté de le porter à l’école. Après une journée nulle, il trouva le moyen de pulvériser son chandail, accidentellement bien sûr ! Mais la cousine Clara a plus d’une pelote dans son panier. Aussi…
Le second fût rose et abominable. Et fût broyé par la tondeuse.
Le troisième fût d’un orange citrouille repoussant. L’égout eut sa peau.
Le quatrième d’un vert olive désolant. Un troupeau d’autruches enragées le picorèrent.
Le dernier fût turquoise et volé par des bandits.

Malgré tout ses efforts, Lester se voit affublé d’un nouveau chandail, qui lui fait ressembler à un poulet prêt à être déplumé alors qu’il doit participer à la fête d’Enid Measles. Les clowns présents s’amassent autour de lui, admiratifs de son nouveau chandail :

« Quel beau chandail »

Le grotesque de la tenue de Lester les amusèrent et le petit garçon, en fin stratège présenta la cousine Clara à ses nouveaux fans qui emportèrent à la fois toute la pile de chandails qu’elle avait tricoté et Clara elle-même. Tricoteuse dans une troupe de cirque, toute une histoire ! Pour tous ceux qui ont déjà reçu un cadeau empoisonné dans leur vie : cet album vous donnera quelques trucs et astuces pour vous en débarrasser ou lui donner une seconde vie de manière originale. Heureusement, le ridicule ne tue pas et Lester l’apprend à ses dépends. Si jamais on vous offre des dauphins en céramique pour orner votre salon, réfléchissez bien…il y autre d’autres solutions que la benne à ordures: le trottoir, l’anniversaire d’une copine, une pendaison de crémaillère, quelqu’un que vous n’aimez pas du tout… :)  Une histoire mignonne sur l’affirmation de soi, jetez-y un oeil pour le plaisir…

Les affreux chandails de Lester, K.G Campbell (La Pastèque)
collection Pamplemousse
en librairie le 10 avril 2015
9782923841649 – 15€
à partir de 5 ans

Son
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La fille qui avait deux ombres – Sigrid Baffert

9782211217385,0-2552598

En ce moment, Bob lit beaucoup de romans pour les grands et, jusqu’à présent, il n’a pas été déçu ! La fille qui avait deux ombres en fait partie et c’est avec beaucoup de plaisir et d’enthousiasme qu’il vous parle de ce superbe roman. :) C’est parti !

Chaque matin, au réveil, Élisa s’attend à retrouver la maison à l’envers, les meubles déplacés, les placards chahutés ou encore la baignoire remplie à ras bord, comme c’est arrivé la nuit dernière. Pour Élisa, c’est sa grand-mère Rose qui est responsable de ce grand bazar. Car Rose fait des choses absurdes depuis quelque temps, comme ce rendez-vous pris chez un chirurgien esthétique pour changer de tête. À son âge ! Est-ce qu’elle ne serait pas plutôt en train de la perdre ? Obsédée par cette idée, Élisa se met à faire des rêves étranges, à ressentir des sensations bizarres. Elle est hantée par une ombre. Une ombre de trop. Alors, qui est la plus perturbée dans cette histoire, Rose ou Élisa ?

★★★★★

Je vous ai mis le résumé de l’École des loisirs car je trouve qu’il reflète très bien l’espèce d’étrangeté qui se dégage au début du roman. En effet, on découvre Élisa et sa grand-mère qui agit bizarrement, les rêves de la jeune fille qui nous semblent fantastiques… Mais point d’extraordinaire dans ce roman, car nous sommes bien dans la vie réelle et La fille qui avait deux ombres s’attache à la relation entre une grand-mère et sa petite-fille et aux secrets de famille. Car Rose est une immigrée sicilienne qui, depuis qu’elle est installée en France, n’a jamais parlé de son passé. Personne ne le connaît, pas même Maud, la mère d’Élisa, qui entretient depuis toujours une relation conflictuelle avec Rose. Et les choses ne se sont pas arrangées quand la famille d’Élisa est venue s’installer à la ferme des grands-parents. Si la jeune fille ne vit pas encore trop mal cette situation, quand Rose décide de changer de tête, tout est chamboulé !
Les secrets de famille et la construction identitaire n’ont rien d’originaux dans la littérature, mais Sigrid Baffert parvient à nous happer dans son histoire dès les premières pages. J’ai adoré son écriture, délicate mais aussi pleine d’humour et de légèreté. Élisa est une héroïne attachante, à la fois adolescente bouillonnante et jeune fille hypersensible. J’ai aussi beaucoup aimé sa famille, dont les membres sont tous plus originaux les uns que les autres (avec un gros coup de cœur pour Jules) et le lieu, un brin enchanteur, dans lequel vit tout ce beau monde. La brasserie familiale, la Ruche (la chambre d’Élisa au grenier où s’entassent nombre d’objets hétéroclites et où elle passe des heures à rêver à l’aide de son théâtre de marionnettes), la Sicile, tant de lieux qui apportent cette touche de fantaisie, parfois de magie, à cette magnifique et passionnante histoire de famille, et plus particulièrement de femmes. Un superbe roman, et encore un nouveau coup de cœur pour Bob et Jean-Michel ! :D

La fille qui avait deux ombres, Sigrid Baffert (École des Loisirs)
collection Médium
en librairie depuis le 11 mars 2015
9782211217385 – 15,80 €
à partir de 13 ans

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Le bonheur de A à Z – Barry Jonsberg

Nous vous présentons Candice Phee : 12 ans, hilarante, honnête et légèrement bizarre. Elle a les meilleures intentions du monde, un grand cœur et une détermination sans faille pour s’assurer tout le monde soit heureux. Cela représente tout de même une sacrée tâche vu la population existante alors pour commencer elle va essayer de réparer tous les problèmes de toutes les personnes et les animaux qu’elle aime dans sa vie.

★★★★☆

bonheuraàzCe livre est un concentré de bonne humeur ! Tout est focalisé sur les bonnes choses, clairement le but de l’auteur est de nous faire ressentir un peu de chaleur. Après la mort de sa petite sœur, la dépression de sa maman, son père qui ne se présente à table que si le dîner est prêt et son meilleur ami Douglas qui croit qu’il vient littéralement d’une autre planète après un accident : Candice apparaît comme une petite créature conçue pour rendre ces gens plus heureux. Elle est inadaptée, douce et drôle et m’a fait rire à plusieurs reprises au cours de ma lecture. Candice sait qu’elle est différente mais accepte et apprécie son individualité et celle de sa famille et amis. Le spectre de l’autisme plane autour d’elle mais clairement sa vision du monde est ce qu’il y a de plus honnête et rafraîchissante. Un conte délicieux sur l’importance de son propre entourage, de la guérison et du soutien, sur l’acceptation de soi et de l’exemple à donner aux autres. Un roman qui regorge de personnages uniques ! Tout adolescent mérite d’avoir une BFF comme Candice : elle rend une journée ordinaire mémorable. Ce roman est d’un optimisme inoubliable.

Quand Le bizarre incident du chien dans la nuit rencontre Little Miss Sunshine cela donne Le bonheur de A à Z.

Le bonheur de A à Z, Barry Jonsberg (Flammarion)
collection Tribal
en librairie depuis le 25 mars 2015
9782081308640 – 12.50€
à partir de 12 ans

Son
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Le trésor américain – Chris Donner

9782211217019,0-2552601

Aujourd’hui, il fait un soleil digne du Mexique (Bob trouve, en tous cas) et ça tombe bien car c’est là-bas qu’on vous emmène ! :D En 1997 paraissait Le trésor de Moctezuma, de Chris Donner et, cette année, le texte retrouve une deuxième vie dans Le trésor américain que vous présente Bob aujourd’hui. Par contre, je n’ai pas réussi à savoir dans quelle mesure il s’agit d’une simple réédition ou d’une réécriture du texte (je n’avais pas lu le premier donc si c’est votre cas, n’hésitez pas à intervenir). Mais peu importe, finalement, car c’est un très chouette livre ! ;)

Le célèbre archéologue Octavio Palissander arrive dans un petit village du sud du Mexique, à la recherche d’un parchemin malmèque, qui apporterait la preuve de l’existence d’une antique civilisation précolombienne. Mais il n’est pas le premier à être passé là et, avec l’aide de Moctezuma, jeune garçon intrépide, il va affronter mille dangers pour élucider ce mystère…

★★★★☆

Comme Bob, vous êtes fan d’Indiana Jones et de Lara Croft ? Vous vous êtes rêvés aventuriers et explorateurs ? Eh bien ce livre est fait pour vous ! Ou presque, car Octavio Palissander ne manie pas aussi bien le fouet qu’Indiana et s’appuie plutôt sur une canne ayant apparemment appartenu à Champollion. Mais qu’importe que notre aventurier ait 77 ans et les genoux qui craquent car l’aventure est bel et bien au rendez-vous dans ce petit roman qui fait également la part belle à l’humour. Car notre professeur semble également avoir une passion pour la déformation de la réalité, ce qui ne gêne pas trop le jeune Moctezuma, trop heureux de se lancer dans une expédition. De toute manière, Moctezuma est lui aussi un personnage à part, il conduit des jeeps du haut de son mètre cinquante, et sait comment mener son monde par la bout du nez. Bref, deux personnages hauts en couleur lancés sur un trésor, de quoi donner envie, non ?
En tous cas, Chris Donner réussit à nous parler de plein de choses : des difficultés de la recherche scientifique, de la politique étrangère du Mexique (eh ouais !), de catastrophes naturelles, de la découverte de l’Amérique, de conspirations…avec beaucoup de talent ! Le trésor américain est tout bonnement passionnant ! Lu d’une traite, avec pas mal de sourires en coin et des étoiles dans les yeux, je me suis dit que, quand même, je regrette bien de ne pas avoir fait archéologue quand je suis devenue grande. A mettre dans les mains de tous les aventuriers en herbe ! :)

Le trésor américain, Chris Donner (Ecole des loisirs)
collection Neuf
en librairie le 25 mars 2015
9782211217019 – 8,50 €
à partir de 9 ans

Son
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Monsieur Moisange – Fred Bernard et Gwendal Le Bec

9782226257918,0-2539918

Monsieur Moisange est un drôle d’oiseau, si l’on en croit les gens. En dehors de ses collègues au bureau, il ne côtoie guère que sa mère, oiselière sur les quais du Louvre. Pierre Moisange vit seul, il appelle tout le monde « coco » et malgré son allure séduisante, est un homme célibataire. « Ah si je pouvais voler… » se disait-il…ce qu’il fait dans ses rêves en compagnie d’une belle inconnue. Jusqu’au jour où son vœu s’exauce, et deux ailes lui poussent au bout des bras…

★★★★☆

Que va-t-il alors arriver à Monsieur Moisange ? C’est une toute nouvelle vie qui l’attend, entre célébrité et voyages autour du monde. Mais Pierre n’a réellement qu’un objectif : celui de retrouver la jeune femme qu’il voit en rêve, car elle existe et elle aussi rêve de lui. Pourtant, avant de la retrouver, il lui faudra tenir la promesse faite à sa mère, celle de ramener les oiseaux de sa boutique dans leurs pays à sa mort. Et c’est ainsi que notre drôle de bonhomme voyage à travers le monde, la beauté des paysages se disputant aux dangers de la nature…ou de l’homme. Sa mission terminée, il se rend alors en Inde, où semble vivre l’amour de ses rêves.
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Monsieur Moisange est un petit roman illustré, presque un conte, qui célèbre le rêve, l’amour et la liberté. Le texte de Fred Bernard est très poétique, parfois teinté d’humour, et est merveilleusement mis en image par Gwendal Le Bec et ses illustrations douces et colorées. Le livre m’a pas mal fait penser à Mon père est un homme-oiseau, de David Almond et Polly Dunbar, que j’aime beaucoup. Le propos n’est pas tout à fait le même, mais je trouve quand même qu’il y a d’agréables similarités. En tous cas, Monsieur Moisange est un bel ouvrage, qui n’aurait pas démérité un format un peu plus grand pour en apprécier encore plus les illustrations. A conseiller à tous les enfants amoureux de l’imaginaire et du rêve. ;)

Monsieur Moisange, Fred Bernard et Gwendal Le Bec (Albin Michel-Jeunesse)
en librairie depuis le 4 mars 2015
9782226257918 – 11,90 €
à partir de 8 ans