Son
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Classiques illustrés

La période de Noël voit toujours la parution de beaux albums. Aujourd’hui, Bob vous propose une belle sélection de textes classiques illustrés par des artistes contemporains, à offrir à tous et à (re)lire ! 🙂 On y parlera pas forcément des textes, le plus souvent connu, mais surtout des images qui les accompagnent.

Docteur Jekyll & Mister Hyde

9782745965486,0-2710975

L’un des plus célèbres textes de R.L. Stevenson est ici traduit et adapté par Maxime Rovere. C’est Sébastien Mourrain qui illustre avec un certain brio l’univers fiévreux et inquiétant de cette histoire fantastique. La couverture, tout en relief et particulièrement belle, donne parfaitement le ton, à la fois de l’histoire mais aussi des illustrations. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ce papillon illustrant la double personnalité est particulièrement beau et effrayant, non ? Sébastien Mourrain a choisi de rester dans les tons de la couverture pour l’intérieur du livre : du noir et blanc, avec une touche de jaune, ce qui donne une atmosphère toute particulière à ce texte rendu accessible aux plus jeunes. Un album sombre et envoûtant, une belle relecture de ce classique.
Rendez-vous sur le site de l’illustrateur pour quelques aperçus. 🙂

Docteur Jekyll et Mister Hyde, Robert Louis Stevenson, illustré par Sébastien Mourrain, traduit et adapté par Maxime Rovere (Milan jeunesse)
collection Albums classiques
disponible depuis le 7 octobre 2015
9782745965486 – 16,90€
à partir de 10 ans

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L’appel de la forêt

9782848657950,0-2705141

C’est dans la collection des « Grands Classiques illustrés » que nous retrouvons maintenant L’appel de la forêt. Publié pour le centenaire de la mort de Jack London, le texte s’offre une nouvelle traduction par Annie-France Mistral et, surtout, les illustrations splendides de Maurizio Quarello. Comme pour les autres titres de la collection, le format est grand (plus que le double décimètre de Bob, c’est dire !) et agréable, le texte intégral est accompagné d’illustrations en pleine page, voire en double-pages. Un vrai régal pour les yeux que ces magnifiques peintures à l’huile de Maurizio Quarello, aussi riches que le texte de London et où le sauvage et la beauté des grands espaces se disputent à la cruauté des hommes. Un album superbe, un hommage vibrant à l’œuvre pleine d’aventure de Jack London, la meilleure façon de lire ou relire ce très beau roman.

L’appel de la forêt, Jack London, illustré par Maurizio A.C. Quarello, traduit par Annie-France Mistral (Sarbacane)
collection Les grands classiques illustrés
disponible depuis le 7 octobre 2015
9782848657950 – 23,50€
à partir de 10 ans

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Peter Pan

9782013831369,0-2352043

L’ouvrage le plus volumineux de cette sélection, c’est Peter Pan qui, de ses 200 pages, en compte une bonne moitié illustrée. C’est Régis Lejonc (que Bob adore !) qui nous propose sa version de cette histoire centenaire, que l’on prend énormément de plaisir à relire, d’autant plus quand la version de Disney nous a pas mal parasité. J’ai beaucoup aimé le style qu’a choisi Régis Lejonc, en parfait accord avec l’époque où a été publié le roman, puisque tous ses tableaux ne sont pas sans rappeler l’Art nouveau (moi qui adore Alfons Mucha, j’ai été servie). Grâce à ces images, je me suis surprise à redécouvrir le texte et à l’apprécier tout autrement. Une très belle expérience de lecture et encore un très beau livre à offrir !

Peter Pan, James Matthew Barrie, illustré par Régis Lejonc, traduit par Michel Laporte (Gautier-Languereau)
disponible depuis le 21 octobre 2015
9782013831369 – 25€
à partir de 10 ans

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Harry Potter à l’école des sorciers

9782070669073,0-2723765

On termine avec l’incontournable pour Noël, à offrir impérativement à tous les fans d’Harry Potter ! C’est Jim Kay qui illustre ce tout premier tome illustré et c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on découvre chacun de ses tableaux au cours de la relecture. Malgré les images que l’on garde des film ou des précédentes couvertures des livres, nous ne sommes pas déçus de l’apparence de Drago ou de Hagrid et, surtout, on passe son temps à regarder les petits détails, qui ajoutent à l’univers, et les couleurs, superbes ! L’édition la plus chère de cette sélection mais qui fera le bonheur de tous les fans du petit sorcier à la cicatrice. Ce sera d’ailleurs l’un des cadeaux de Bob, obligé !

Harry Potter à l’école des sorciers, J.K. Rowling, illustré par Jim Kay, traduit par Jean-François Ménard (Gallimard jeunesse)
disponible depuis le 22 octobre 2015
9782070669073 – 39€
à partir de 10 ans

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Dans les branches – Emmanuelle Maisonneuve

9782370950451,0-2713694

Vous connaissez peut-être les éditions Graine 2 pour leurs très bons guides de voyage à destination des enfants. Eh bien ils font aussi de la fiction, et notamment des romans ! Pour ce premier roman ado, c’est Emmanuelle Maisonneuve qui ouvre le bal, déjà l’auteure de la trilogie Tom Patate. 🙂

Morgan, collégien geek et solitaire, passe son temps dans les jeux de rôle en ligne. Lors d’une course d’orientation, il se perd dans la forêt et, à la nuit tombée, il est persuadé de voir une créature terrifiante, inhumaine, digne des monstres dans ses jeux. Depuis ce jour, il est persuadé de voir cette créature partout et va finir par se lancer à sa recherche… Mais sa quête de vérité va le surprendre encore plus…

★★★★☆

Ou comment un jeune geek mordu de jeu vidéo et un peu empâté par des heures devant un ordinateur va se transformer en amoureux de la nature et aventurier-trappeur dans les forêts du centre de la France. On s’attache assez vite à ce garçon pas très bien dans sa peau ou dans sa vie : pas d’amis, une mère alitée constamment depuis l’accident de voiture qui lui a cassé le dos, un ex-beau-père détestable qui va en plus revenir dans leur famille… Grâce à cette rencontre terrifiante dans la forêt, Morgan, ou plutôt Mo, va pourtant connaître des changements importants. Il va d’abord rencontrer Gaby, un bonhomme qui a acheté une vieille ferme à l’écart de la ville, dans la forêt, qu’il compte retaper. Puis l’étrange bête – un troll ? – qui lui a fait peur lorsqu’il s’est perdu. Une créature qu’il va rencontrer à nouveau lorsque, après une sévère dispute avec son beau-père, il décide de se rendre chez Gaby. Car, cette nuit-là, Mo tombe dans un trou dans la forêt et se brise la jambe. Dans l’impossibilité de fuir, de bouger, Mo voit arriver la créature. Elle le charcute, le tire…elle va sans doute le tuer ! Pourtant, au bout de douze jours dans une grotte, un terrier, Mo est bien vivant, et même soigné. C’est alors qu’il se rend compte que ce qu’il pensait être un troll est en réalité…un enfant !

Je ne vous en dis pas plus sur cette histoire captivante ! Vous aurez compris qu’elle tourne donc autour de ce mythe de l’enfant sauvage. Emmanuelle Maisonneuve ménage bien son suspense : on imagine un peu comme Mo que l’on va avoir affaire à du fantastique, avec cette créature scandinave du troll. Mais il n’en est rien, et c’est bien le mystère qui entoure cet enfant sauvage qui va être au cœur des recherches de Mo. Je me suis vraiment laissé emporter par le souffle de ce roman, même si j’ai parfois été gênée par le contraste entre la narration, très réussie, et les dialogues – ou les pensées de Mo – un peu trop familiers. L’évocation de la nature est une très belle part du roman, apportant moments de douceurs et de poésie, mais aussi toute la rudesse qui la caractérise et que l’on retrouve dans l’enfant sauvage. C’est donc l’histoire d’une relation improbable, de vies chamboulées et de beaucoup, beaucoup d’espoir. Une très belle découverte !

Dans les branches, Emmanuelle Maisonneuve (Graine 2)
disponible depuis le 29 septembre 2015
9782370950451 – 15,90€
à partir de 13 ans

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Aliénor Mandragore, t.1 – Séverine Gauthier et Thomas Labourot

9782369811978,0-2704552

Séverine Gauthier est une auteure de BD que Bob aime tout particulièrement, notamment pour son écriture très souvent poétique. Ici, elle change de registre et retrouve Thomas Labourot, avec qui elle avait déjà fait Mon arbre ou encore Garance, deux très belles BD.

Aliénor vit à Brocéliande avec son père, le célèbre enchanteur Merlin. Un jour où il lui transmet ses connaissances sur les champignons, Aliénor, qui l’écoute d’une oreille distraite, découvre une drôle de plante : la mandragore, dont le cri quand on les arrache est capable de tuer. Aliénor arrache la mandragore et survit ! Mais Merlin, qui faisait son petit malin, est tué sur le coup…

★★★★☆

Voilà le point de départ de cette première aventure d’Aliénor Mandragore où un Merlin ronchon ne compte pas rester mort très longtemps. La légende arthurienne est un terreau fertile pour les auteurs de BD ou de romans, et Séverine Gauthier a choisi ici d’évoquer la légende avec humour ! Nous avons donc un vieux Merlin féru de champignons, une Morgane peu commode qui produit du miel, une Viviane qui ne se déplace jamais sans sa baignoire et un petit Lancelot qui apprend à développer son courage. Et nous avons bien sûr Aliénor, courageuse et espiègle, qui se découvre des dons… Le scénario de Séverine Gauthier mélange habilement aventure, humour et légendes bretonnes, les dialogues sont savoureux – j’ai particulièrement aimé la rencontre d’Aliénor avec l’Ermite – et ce premier tome se suffit à lui-même avec une chute aussi drôle que le reste du volume.

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Les illustrations de Thomas Labourot se marient parfaitement avec l’histoire : un découpage dynamique, des personnages expressifs, de magnifiques décors, des couleurs pêchues et plein de petits détails ou scènes d’arrière-plan humoristiques.
En bonus dans ce volume, L’écho de Brocéliance, la feuille de chou de la forêt qui nous offre quelques moments supplémentaires en compagnie des héros de l’histoire, avec une interview de la fée Morgane, une recette de potion magique ou encore des petites annonces et publicités !
Un excellent moment à passer dans la forêt de Brocéliande, une première histoire ébouriffante qui donne très envie de découvrir les prochaines aventures d’Aliénor ! 🙂

Aliénor Mandragore – 1, Merlin est mort, vive Merlin !, Séverine Gauthier et Thomas Labourot (Rue de Sèvres)
disponible depuis le 2 septembre 2015
9782369811978 – 12€
à partir de 9 ans

Discussion
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La langue des bêtes – Stéphane Servant

Stéphane Servant, il est incroyable. C’est le genre de mec qui peut faire un album trop drôle qui parle de slip (Le Machin) et qui peut aussi raconter une fresque magique et magnifique autour de trois femmes (Le cœur des louves, qui fut un très gros coup de cœur de Bob). Alors autant vous dire qu’on trépignait d’impatience de découvrir son nouveau roman ! 😀

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Au fond des bois, loin de la civilisation, vit une communauté d’anciens membres d’un cirque. Un triste clown, un lion édenté, un vieux marionnettiste, une trapéziste brisée, un nain chanteur, un ogre terrifiant…qui prennent soin de la Petite, seule enfant de cette étrange troupe. Bientôt, des hommes viennent pour leur demander de quitter le territoire qu’ils occupent, pour envoyer la Petite à l’école… Tant de fils qui vont se nouer, ou se dénouer…

Dans la langue de Bob

★★★☆☆

Il y a du rêve, de l’étrangeté, du fantastique dans ce roman qui nous transporte. En même temps, avec un titre et une couverture pareille, on ne pouvait s’attendre qu’à du mystère et de la bizarrerie. Cet univers de cirque oublié, de gloire passée et perdue, est le terreau parfait pour nous faire découvrir la Petite, cette enfant étrange élevée dans un certain isolement, avec la forêt et les carcasses d’animaux morts pour seuls compagnons de jeux. Et les histoires. Oui, les histoires qu’on lui raconte depuis toujours, et notamment celle du lieu où ils vivent, terrain d’une ancienne malédiction, de bébés jetés au fond de la mine, d’une Bête qui se repaissait de la peine des hommes, et des animaux qui perdirent l’usage de la parole. Toutes ces histoires qui vont mener la Petite à son destin et à celui du cirque…
Si la langue des bêtes est un mystère pour les hommes, celle de Stéphane Servant nous ravit et nous émerveille. J’ai beaucoup aimé son écriture, son intérêt pour la langue et les mots qui transparaît également dans son histoire. Il y a de la poésie, de la fureur, du mensonge, de la beauté, de l’horreur et la vérité…on ne ressort certainement pas indemne d’un roman de Stéphane Servant. Pourtant, j’ai trouvé La langue des bêtes un peu long, parfois répétitif en essayant de nous cacher les révélations jusqu’à la dernière page. Mais cela reste une expérience de lecture comme je les aime, un roman qui nous emporte loin dans l’imaginaire…

Avec les mots de Jean-Michel

★★★★☆

Il est difficile de parler avec justesse d’un roman qui nous a ému, transporté dans les tréfonds de notre imagination et qu’on a refermé à regret. Comme le mentionne si bien Bob « c’est une expérience de lecture », de celles qui se font trop rares car la poésie qui en émane est si envoûtante qu’elle éclipse tout le reste le temps d’une lecture. Tout – absolument tout – est merveilleux dans La langue des bêtes : des légendes enchanteresses aux personnages sibyllins, de la forêt poussiéreuse au cirque déchu…
Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
Qu’à cela ne tienne, c’est l’étrangeté de ce roman qui le rend si particulier mais pas inaccessible, loin de là : il trouvera son public, j’en suis certaine. Ce roman aux allures de conte intemporel à l’étoffe des plus grands : une qualité d’écriture évidente, de la magie à chaque page et un ton qui nous donne l’impression d’avoir l’esprit enveloppé dans la ouate – oui, même lors de scènes brutales où mes oreilles bourdonnaient. J’espère que c’est bien l’émotion qui me gagnait et non pas un éventuel problème de surdité. A l’instar de Bob, je n’ai pas trouvé de longueurs à ce roman, sans doute parce que j’étais trop plongée dans les affres délicieuses de ces bizarreries et que je ne souhaitais plus en sortir. Notez la beauté de la couverture : le travail de l’artiste Laura Makabresku correspond parfaitement avec le texte de Stéphane Servant, une association emblématique qui a fait ma joie et mon bonheur.

On vous assure que c’est un excellent roman. Si jamais vous souhaitez nous contredire, n’hésitez pas à nous envoyer un mail en indiquant vos nom, prénom et adresse afin qu’on vienne cordialement vous casser la figure 🙂

La langue des bêtes, Stéphane Servant (Rouergue)
collection DoAdo
disponible le 19 août 2015
9782812609268 – 15,90€
à partir de 14 ans