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La Voix des Blogueurs #4

Bonjour à tous,

En ce dimanche, c’est une annonce un peu spéciale que nous partageons avec vous : Bob et Jean-Michel font partie depuis cette année du jury de la Voix des Blogueurs ! :D

lavoixdesblogueurs4

Vous connaissez sans doute Tom de La Voix du Livre ? C’est à son initiative qu’est né ce prix, dont nous nous permettons de citer les mots pour vous en expliquer le but :

Il découle d’une volonté commune de mettre en avant les blogueurs et leur travail, mais aussi et surtout des livres de qualité plébiscités par ceux-là et par la communauté des lecteurs que nous formons toutes et tous.
Le principe est simple. Chaque blogueur choisit son coup de cœur littéraire de l’année révolue et le propose aux autres comme sélectionné. Parmi ces romans lus par tous les membres du jury, trois finalistes ressortent et concurrent pour le titre final. Le vainqueur, désigné suite à une assemblée générale des blogueurs, se voit remettre son prix au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.
(lire la suite)

C’est avec un certain ravissement que nous rejoignons le jury composé de sept autres blogueurs et/ou booktubeurs que vous connaissez sûrement (sinon c’est le moment d’apprendre à les connaître car ils sont tous chouettes !) :

La sélection

Cette année, c’est une sélection variée qui doit être départagée par le jury et on vous annonce déjà que ça va être très très dur de se mettre d’accord… :P

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Que pensez-vous de cette sélection ? En tant que lecteurs, vous ne serez pas en reste puisque le prix propose aussi une Mention des lecteurs, qui sera également remise lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. :D Vous aurez toutes les infos en temps voulu ici sur Bob & Jean-Michel mais aussi sur la page Facebook du prix où vous découvrirez également plein de bonus et sans doute des concours pour remporter les livres de la sélection ! :)

Rendez-vous courant octobre pour l’annonce des 3 finalistes !

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Les valises – Sève Laurent-Fajal

9782070587551,0-3333753

1982. Sarah vient de se disputer avec sa meilleure amie Josy et s’assoit toute seule dans le car qui emmène sa classe de lycéens en voyage scolaire. Ils se rendent en Pologne, pour visiter les camps de concentration. Là-bas, comme tous ses camarades, Sarah est sonnée, impressionnée par ce qu’elle voit, et surtout par toutes ces valises entassées dans une pièce…

★★★★☆

Comment une simple valise, avec une étiquette passée portant le nom de « Levin », peut-elle autant remuer la jeune Sarah, lycéenne discrète dont la mère semble lointaine et la famille totalement inexistante ? Est-ce que Sarah est un prénom juif ? Est-ce que le nom de ce père qu’elle n’a jamais connu est Levin ? D’où vient-elle ? Qui est-elle ? Ce sont les questions que ce voyage en Pologne soulève en Sarah et, l’absence totale de conversation avec sa mère ne l’aide pas à y voir clair. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de lui en poser… Et quand sa mère est victime d’un accident de la route la laissant dans le coma, Sarah va devoir continuer sa quête identitaire seule. Ou presque. Il y a d’abord Mr Bonnieux, le professeur d’histoire qui les a emmenés en Pologne. Conscient que Sarah y a vécu quelque chose de particulier, il lui propose de lui venir en aide et l’incite à fouiller dans les affaires de sa mère pour y trouver une piste… Et puis il y a Jérôme, le p’tit con, celui qui fait son intéressant devant tout le monde et qui, pourtant, est parvenu à lui ravir son cœur. Sarah, en plein émoi amoureux, va trouver en lui un soutien bien inattendu. Tous les deux, ils se lancent dans cette quête des origines…

Il y en a beaucoup des romans sur la recherche de l’identité et sur l’héritage de la Seconde Guerre mondiale, des familles juives. Pourtant, le roman de Sève Laurent-Fajal nous emporte dans l’histoire de Sarah avec une étonnante facilité et un intérêt croissant, où se mêlent habilement la naissance du premier amour et la découverte d’un passé douloureux. Le fait que l’histoire se déroule dans les années 1980 apporte également une touche d’originalité (l’utilisation du Minitel pour faire des recherches, par exemple), bien que ce soit un peu anecdotique par rapport à la sensibilité de l’écriture, et de l’histoire de Sarah. Un très beau roman, avec de l’amitié et de l’espoir, la mort et des secrets de famille, mais aussi, et surtout, avec beaucoup d’amour. Un très joli premier roman. :)

Les valises, Sève Laurent-Fajal (Gallimard jeunesse)
collection Scripto
disponible depuis le 15 septembre 2016
9782070587551 – 11€
à partir de 13 ans
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Tant que mon cœur bat – Madeline Roth

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L’année dernière, Jean-Michel était bouleversé par le premier texte pour ados de Madeline Roth. Cette année, ce sont deux nouvelles qui sont rassemblées dans un livre toujours aussi court mais qui ne laisse assurément pas indifférent…

★★★★★

Madeline Roth nous propose deux histoires : celle d’Esra, une jeune fille qui tombe éperdument amoureuse d’un homme bien plus vieux qu’elle a rencontré par hasard dans un café ; et celle de Laura, qui aimait un garçon qui ne lui retournait pas son amour et qu’un passé terrible hantait. Le point commun de ces deux récits : l’amour dans ce qu’il a de plus destructeur.

C’est avec une langue fiévreuse, des mots coupants, une écriture hypersensible que Madeline Roth nous livre ces destins brisés, ces personnages à fleur de peau, passionnés et tourmentés. Car il n’y a pas que ces deux jeunes filles dans l’histoire, mais aussi des garçons : celui qui était amoureux et celui qui ne l’était pas, qui ont aussi leur point de vue à donner sur ces moments de vie, d’amour. Nous sommes incapables de résister à toute cette émotion contenue dans ces 95 pages où nous ne pouvons que vivre ces histoires, où tout nous touche au plus profond de nos êtres et de nos sens. C’est véritablement la grande réussite de Madeline Roth que de parvenir à nous donner des coups de poings en plein dans le bide et d’en redemander, de se relever et de continuer jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il ne reste rien.

Et c’est cette intensité, des histoires et de l’écriture, qui, à mon sens, reflète tout ce qu’il peut y avoir d’absolu, d’impossible à surmonter, dans la conception de l’amour à l’adolescence. Deux histoires tragiques, difficiles, qui nous marquent pour longtemps par leur puissance émotionnelle. C’est tout simplement éblouissant.

Tant que mon cœur bat, Madeline Roth (Thierry Magnier)
disponible le 21 septembre 2016
9782364749405 – 9,50€
à partir de 15 ans
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Sang-de-lune – Charlotte Bousquet

Il y a un an paraissait le sublime et poignant Là où tombent les anges. Pour cette nouvelle rentrée, Charlotte Bousquet revient dans la collection Électrogène pour nous livrer un roman où la femme est encore une fois au centre de l’histoire…

9782354884161,0-3396360

Gia est une sang-de-lune, une femme, une créature bien inférieure aux fils-du-soleil, les hommes qui règnent sur Alta. Comme toutes les femelles de la cité, elle est promise au mariage et à porter les enfants de l’homme que son père lui choisira. Mais Gia est profondément attachée à sa petite sœur, Arienn, qui ne rêve elle que de liberté. Ce désir impossible et illicite prend bientôt aussi de la place dans le cœur de Gia…

★★★★☆

Monde souterrain basé sur la croyance du combat entre le Soleil et la Lune contre les Ténèbres qui a précipité l’humanité dans les tréfonds de la roche, Alta est aussi une société où les femmes sont impures et faibles par nature. Par conséquent, elles peuvent être plus facilement sujettes à l’appel des ténèbres. A Alta, une femme ne peut absolument rien faire de sa vie à part servir les hommes lors des repas et enfanter leurs fiers garçons (si possible !). Bien sûr, si une femme contrevenait aux lois édictées dans le Livre du Soleil ou les Lois d’Alta, c’est le couvent ou la lapidation à mort.

C’est de cette vie absolument idyllique dont Gia veut sortir. Poussée par sa petite sœur et son insatiable désir de s’envoler vers la liberté, les deux jeunes filles tentent un jour leur chance. Mais si Alta est un endroit terrible pour une femme, le reste du territoire n’est pas forcément mieux : Horde de tueurs sanguinaires, Noctes exercés à voir en pleine noirceur et vers bizarroïdes capables de vous transformer en zombies peuvent sa cacher derrière chaque boyau. Mais il existe une dernière catégorie de gens qui font tout aussi peur aux gens d’Alta, et particulièrement à leurs dirigeants : les rebelles, les exilés. Heureusement pour Gia et notre histoire, c’est bien sur ces derniers que la jeune fille va tomber…

Je vous laisse découvrir le reste de ce roman encore une fois très bon de Charlotte Bousquet qui, si au début nous fait plutôt penser à une dystopie inspirée de la condition des femmes dans les sociétés moyen-orientales, se révèle être un véritable plaidoyer pour la condition des femmes DU MONDE ENTIER ! Car les situations vécues par ces sang-de-lunes, ces « femelles », ne sont pas exclusives à une certaine partie du monde ou à une certaine catégorie de personnes, et c’est ce qui fait aussi de Sang-de-lune un roman actuel et engagé.
Et pour en revenir à la fiction, même si j’ai trouvé la fin un peu trop rapide et que j’aurais aimé en savoir plus sur les secrets d’Alta et comment ils en sont « arrivés là », à cette société plus patriarcale tu meurs, le roman de Charlotte Bousquet est proprement captivant et toujours aussi bien écrit. Un très bon roman de science-fiction qui, je l’espère, trouvera un écho de révolte chez toutes les filles, jeunes filles et femmes…et aussi chez les mecs ! C’est surtout eux qu’il faut « éduquer », non ? :P

Sang-de-lune, Charlotte Bousquet (Gulf Stream)
collection Électrogène
disponible depuis le 25 août 2016
9782354884161 – 17€
à partir de 14 ans
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Golden Valley – Gaël Aymon

9782070587544,0-3333752

Pour les vacances, Max rejoint ses parents en Birmanie, où vient de s’installer l’entreprise de son père. Résigné à s’ennuyer dans leur propriété d’expatriés, il fait pourtant le rencontre de Brandon, gosse de riche birman qui l’invite à des fêtes. Lors d’une de ces soirées chez le jeune homme, Max fait la connaissance de Dolly, sa grande sœur époustouflante de beauté et particulièrement brillante, qui annonce de grands changements dans sa vie…

★★★☆☆

Maximilien, c’est le beau gosse qu’on voit dans les séries télé américaines : 17 ans, 1m92, champion de natation, grande école, famille riche et qu’on imagine beau comme un dieu grec. Il débarque en Birmanie avec assez peu d’enthousiasme, sachant qu’il va se retrouver seul avec sa mère qui l’insupporte très vite et son père qui sera constamment occupé avec la nouvelle implantation de son entreprise dans le pays. Et quand il voit la piscine, autant dire que le garçon est douché (oh oh !) : même pas assez grande pour faire des longueurs. Très vite, cependant, il rencontre des jeunes locaux et expatriés comme lui, et vont passer leur temps à faire la fête dans les bars ou jouer à des jeux vidéo chez les uns et les autres. Jusqu’à ce que Max tombe sur Dolly, la sœur de Brandon, 20 ans, superbe, qui étudie aux Etats-Unis et semble collée à son portable 24/7. Pour lui, c’est le coup de foudre, et il semblerait que pour elle aussi. Mais leur histoire d’amour doit rester secrète car, en Birmanie, les femmes qui sortent avec des étrangers sont très mal vues…

La Birmanie, c’est le choc des cultures pour Max. Il y a d’abord le temps, cette chaleur étouffante et ces moussons. Mais il y a aussi le mode de vie des birmans, l’histoire de ce pays qu’on sait à peine situer sur une carte du monde… Cette visite sur la côte où, en croisant un village de « squatteurs », le guide lui dit qu’il n’avait rien vu de tel. Et puis il y a Dolly, cette fille étonnante, qu’il désire ardemment mais qu’il sait inatteignable. Impossible. Cette fille qu’il avait déjà vue avant mais qui lui a intimé le silence quand il l’a mentionné devant Brandon. Comment revoir Dolly, comment être avec elle ? Comment, alors qu’il ne reste que cinq semaines en Birmanie ? Je ne vous dirais rien, et vous laisserais découvrir ce roman d’une jeunesse dorée où les certitudes s’effondrent, où le vernis de la richesse se craquèle pour laisser entrevoir une réalité insoupçonnée. Un éveil au monde intéressant.

Golden Valley, Gaël Aymon (Gallimard jeunesse)
collection Scripto
disponible depuis le 15 septembre 2016
9782070587544 – 8,65€
à partir de 15 ans
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Maison Eliza : un nouvel éditeur à suivre !

Ce qu’on aime plus que tout avec Jean-Michel (à part la mozzarella), c’est découvrir de nouvelles petites maisons d’édition et leurs beaux projets. Et aujourd’hui, Bob et super content de vous présenter une belle jeunette qui s’appelle Maison Eliza et qui est vraiment très très charmante. Leur ligne éditoriale :

« des albums pour les enfants de 3 à 9 ans (et les adultes passionnés) »

(ENFIN un éditeur qui assume de faire des albums aussi pour ceux qui n’ont plus l’âge !!!), tous imprimés en France ou en Europe et dans le respect de l’environnement, et qui offre 1 livre à un enfant éloigné de la lecture pour 5 vendus ! En plus de ça, ils ont un catalogue trop cute sous forme de petites cartes postales et quelques illustrateurs de talent que l’on a déjà croisé ailleurs… Alors, ça ne vous donne pas envie de les découvrir ? … Bon, ben puisque ça ne vous suffit pas pour vous convaincre, on vous propose de découvrir leurs deux premiers albums. ;)

Mizu et Yoko : tout seul

97910960670080-3568963★★★★☆

Mizu est un petit pingouin plein de bonne volonté mais pas très dégourdi. Il se sent bien seul sur sa banquise où il n’est pas très doué pour la pêche, ou pour se construire un igloo, jusqu’au jour où arrive Yoko, un ours polaire qui voudrait bien un abri pour la nuit. Très vite, les deux se lient d’amitié… Un très bel album tout en mignonnitude, Mizu le premier avec sa maladresse. Le texte de Laurie Cohen est tout simple, non sans humour et poésie et les illustrations de Marjorie Béal d’une grande douceur, avec des bleus nuit et glacé qui nous emportent sur cette banquise où naît le début d’une belle amitié que l’on découvrira sans doute dans d’autres albums… :P

Mizu et Yoko, Tout seul, Laurie Cohen, illustré par Marjorie Béal (Maison Eliza)
collection Menthe à l’eau
disponible le 14 septembre 2016
9791096067008 – 13,50€
à partir de 3 ans
Un lion très coquet

97910960670150-3568964★★★☆☆

On reste chez les animaux avec cette fois le lion Sergio, roi des animaux, qui doit se préparer pour aller déjeuner avec la belle Mia. Sa crinière est un désastre, il se rend donc chez le coiffeur pour arranger ça…mais c’est raté et ça ne lui plaît pas ! Bien, il en essaye un autre et le résultat est tout aussi décevant ! Il va faire tous les salons de coiffure de son royaume sans succès, sans compter qu’il a vu la jolie lionne au bras d’un fort beau lion. Se présentera-t-il chez Mia pour manger avec elle ? Mystère ! Ce deuxième album, cette fois pour les plus grands, est un vrai régal pour les yeux ! Les illustrations de Lili la Baleine, hautes en couleur et malicieuses, accompagnent vivement le texte aux sonorités rimées de Valerie Weishar-Giuliani. Une histoire qui évoque la confiance en soi – et cette fois du côté des garçons, c’est plutôt chouette – avec réussite. :)

Un lion très coquet, Valérie Weishar-Giuliani, illustré par Lili la Baleine (Maison Eliza)
collection Pistache
disponible le 14 septembre 2016
9791096067015 – 15,90€
à partir de 5 ans
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L’échappée – Allan Stratton

9782745980625,0-3426764

Après un thriller sombre et terrifiant, Allan Stratton revient avec un roman tout aussi glaçant ! Paru tout d’abord en 2000 outre-Atlantique, puis revu et corrigé en 2008, L’échappée est le tout nouveau roman de l’auteur paru en France. :)

Leslie est une lycéenne bourrée de problèmes, à l’école comme à la maison. Au point où elle pensait que sa vie ne pouvait pas être plus médiocre, Jason, un nouvel élève du type « cool-et-je-le-sais » entre tout à coup dans son quotidien de fille à la dérive…

Avec les mots de Jean-Michel…

★★★★☆

Allan Stratton a choisir de mettre en évidence une jeune femme timide, naïve, rebelle, avec un léger manque de confiance en elle comme beaucoup à cet âge, qui veut (se) prouver quelque chose…une adolescente normale en somme. Toutes les filles du lycée deviennent envieuses de Leslie lorsqu’elle rencontre Jason. Quelle chance de posséder un tel garçon dans son existence. A tort. Car Jason est un type odieux, du genre à devenir une enflure de première catégorie qui battra sa femme avec à coups de torchon bien placés pour éviter les bleus. Déterminé à contrôler chaque élément de la vie de Leslie, il va la terroriser de façons inimaginables. Le point positif c’est que cette situation va permettre à Leslie de grandir et de s’élever dans le vrai monde : vous savez celui qui est froid, dur, où on ne peut compter que sur sa propre volonté ?
Le côté sombre de la première histoire d’amour est brillamment exploité. Perturbant et captivant, ce roman l’est indubitablement car Allan n’a pas peur de nous montrer à quel point une relation abusive peut être féroce. Un auteur vraiment engagé, ce monsieur Stratton : écrire à travers le cerveau tourmenté d’une adolescente et parfaitement cibler sa psychologie, c’est du grand art.

Allan : plus fort que les plus forts ▼

Allan, auteur de la balle dans son pull en fibres mélangées ▼

…et ceux de Bob

★★★★☆

Un roman glaçant, écrit sous la forme d’un journal intime – exercice demandé par la professeur de français déprimée de Leslie – qui nous plonge dans l’enfer quotidien de la jeune fille depuis sa rencontre avec le beau et sexy Jason. Allan Stratton retranscrit à la perfection les pensées qui agitent l’adolescente sous la coupe de ce « pervers narcissique » et la difficulté qu’elle a à accepter que sa relation amoureuse ne se passe pas « normalement » mais aussi la honte, la peur, la solitude, la colère… Malgré des lueurs d’espoir, Leslie ne trouve aucun soutien du côté des adultes – la proviseure du lycée étant bien la pire ! – et n’est surtout pas prête à la recevoir quand il lui est proposé… Une descente aux enfers terrible et terrifiante tandis que les secrets du garçon sont percés à jour. Avec L’échappée, Allan Stratton signe un roman dur et sans concession, servi par une écriture à la première personne particulièrement accrocheuse. A lire !

L’échappée, Allan Stratton, traduit par Sidonie Van den Dries (Milan)
disponible depuis le 7 septembre 2016
9782745980625 – 13,90€
à partir de 14 ans
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Les pluies – Vincent Villeminot

On vous présentait hier Le copain de la fille du tueur, l’un des nombreux romans de la rentrée de Vincent Villeminot, histoire d’amour en plein thriller. Avec Les pluies, c’est encore une histoire d’amour qu’il nous propose et, même si l’éditeur insiste beaucoup là-dessus sur la quatrième de couverture (peut-être à tort ?), c’est aussi un roman entre aventure et science-fiction… :)

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Depuis des mois, il pleut sans discontinuer. Le niveau des eaux monte et, bientôt, Kosh et Lou doivent évacuer leurs maisons. Tous deux, avec leurs frères et sœur, attendant le retour de leurs parents pour partir mais très vite, il faut fuir. Juste à ce moment, les parents de Kosh arrivent mais un pont se brise et leur voiture est engloutie par les eaux furieuses du fleuve. Les enfants n’ont plus le temps, ils doivent quitter leur village. Réfugiés dans le clocher de l’église, ils attendent que les secours arrivent et tentent de survivre sous une pluie torrentielle et la montée des eaux…

Sous l’eau avec Bob

★★★★☆

C’est dans un monde similaire au nôtre que vivent Kosh et son frère Malcolm, la belle Lou, son petit frère Noah et Ombre, le bébé. Mais ce monde est ravagé par des pluies improbables, qui ne s’arrêtent jamais et qui génèrent des dérèglements climatiques importants. Lorsqu’ils perdent tout, les cinq jeunes sont obligés de survivre comme ils le peuvent et ce serait dommage de vous en dire plus sur leur survie ou l’aventure qui les attend (même si l’éditeur en révèle déjà beaucoup) car ce qui fait l’intérêt du roman, c’est justement cette surprise et cette découverte de ce monde sous les eaux chaque fois que l’on tourne une page. Il y a effectivement une histoire d’amour, celle de Lou et Kosh mais il y a aussi surtout cette confiance à construire entre chacun des enfants, les caractères différents, les difficultés à s’imposer ou se faire respecter, et celles inhérentes aux rencontres qu’ils feront. On retrouve tous les ingrédients d’un bon roman d’aventure : la quête, la séparation, les promesses, l’espoir, mais aussi ceux de l’anticipation ou de la science-fiction à tendance dystopique : la société qui s’effondre, la violence, la loi du plus fort. C’est vraiment prenant et on a hâte de découvrir la suite puisqu’il s’agit en réalité d’un premier tome !

A l’abri avec Jean-Michel

★★★★★

Grands Dieux ! Vincent Villeminot n’aurait pas pu choisir plus terrifiant comme cause mortelle : l’eau. Insidieuse, fourbe et toute puissante : que peut-on faire contre elle lorsqu’elle se déchaîne ? Il nous offre un avant-goût de ce qui, foncièrement, pourrait nous arriver. Bob trouve que ce roman relève de la science-fiction, je pense au contraire qu’il est pragmatique et on ne peut plus réaliste. Nos jeunes protagonistes sont fabuleusement dépeints et aucun n’est laissé au hasard : de Kosh qui devient leader du groupe et adulte par la même occasion, à Lou qui par la force des choses devient presque une mère, Noah et Malcolm qui se vouaient une haine mutuelle futile avant le déluge et désormais se serrent les coudes pour mieux survivre. Tous ont un rôle bien déterminé. Exemplaires et intelligents, ils nous prouvent que la survie est avant tout une question de courage et de ténacité.
Cher Vincent, tu m’as tant fait peur que tu viens de me décider à apprendre à nager.

Sachez que lorsque vous aurez terminé ce roman, une soif insoutenable de connaître la suite des événements se fera sentir. Ce sera dur, on vous prévient vous aurez la langue pâteuse. Le tome 2 ne sort qu’apparemment en février, c’est beaucoup trop long. C’est pourquoi nous vous suggérons à tous de harceler de mots d’amour l’éditeur afin que cette sortie soit accélérée. Vive Vincent Villeminot, vive la collection Lire en grand, vive le harcèlement.

Les pluies, Vincent Villeminot (Fleurus)
disponible le 9 septembre 2016
9782215132141 – 16,90€
à partir de 13 ans
Son
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Le copain de la fille du tueur – Vincent Villeminot

2016, c’est un peu l’année Vincent Villeminot. Après La brigade de l’ombre au mois de juin chez Casterman, l’homme revient avec pas moins de trois romans pour la rentrée littéraire ! Aujourd’hui, on vous présente Le copain de la fille du tueur qui sort en même temps que Les pluies, chez Fleurus (dont on vous parle demain) et, enfin, Samedi 14 novembre (en novembre, donc), chez Sarbacane. Autant vous dire que vous n’avez pas fini d’entendre parler de Vincent Villeminot ! ;)

9782092565223,0-3350599

Fils d’un poète prix Nobel, Charles rejoint un lycée huppé pour « gosse de riches » en Suisse. Il y fait la connaissance de Touk-Ernest, fils d’un dictateur africain, qui devient son meilleur ami. Pour tuer le temps, ils font les quatre cent coups… jusqu’à l’arrivée de Selma. Une fille mystérieuse qui tape dans l’œil de Charles et qui n’est autre que la fille d’un terriblement célèbre narcotrafiquant mexicain…

★★★☆☆

A quoi peut-on s’attendre avec un titre pareil ? Sans doute pas à ce que l’action démarre dans un pensionnat de haut standing pour « filles et fils de ». Pourtant, c’est bien là que nous rencontrons Charles qui, lorsque sa résidence prend feu lors de son premier jour, rencontre Touk-E, qui a eu la bonne idée de faire cuire des saucisses au-dessus de la poubelle à papier en attendant l’arrivée de sa cuisine toute équipée. Pour les deux garçons, c’est le début d’une très grande amitié ! Et d’idées toutes plus étonnantes les unes des autres pour tromper l’ennui dans cette pension de riches… Cette histoire aurait pu se contenter de n’être que celle de deux potes s’amusant à mettre le bazar en pension si n’avait pas débarquée en cours d’année cette fille cachée sous son sweat à capuche, écouteurs sur les oreilles, boucles blondes et dents du bonheur. Une fille qui coupe le souffle de Charles… et ses jambes puisqu’il est bien incapable d’aller lui parler pour seulement connaître son prénom.

Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire, dont le mystère est une des premières réussites. Même après avoir lu la quatrième de couverture, vous ne vous attendrez sans doute pas à la petite révélation qui fait aussi le nœud de l’intrigue. Vincent Villeminot nous raconte une histoire d’amour en plusieurs temps, qui fait aussi la part belle au thriller angoissant et à la comédie (surtout dans la première partie). Un fils de poète ne pouvait sans doute pas vivre son premier amour autrement qu’avec force romantisme, le genre qui vous tient en haleine, vous fait ressentir toutes les émotions et les émois des personnages. Il y avait longtemps que je n’avais lu d’histoire d’amour aussi romantique, enrobée d’un suspense propre au roman policier. Un mélange qui fonctionne parfaitement, et qui réussit à nous angoisser et nous émouvoir en même temps. Le copain de la fille du tueur est en tous cas un roman atypique, l’écriture de Vincent Villeminot hachée, saccadée, et pourtant, avec ce mélange des genres détonant et ces personnages que je crois volontairement stéréotypés (l’Africain fils de dictateur, la Mexicaine fille de trafiquant de drogue et le Suisse timide fils de poète, je rappelle), ça marche ! Une bonne lecture ! :D

Le copain de la fille du tueur, Vincent Villeminot (Nathan)
disponible le 8 septembre 2016
9782092565223 – 16,95€
à partir de 13 ans
Son
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Florian Bates : alerte au musée – James Ponti

9782330065997,0-3392605

Florian Bates est un élève de 5e tout à fait normal, bien que doué d’une faculté un peu bizarre : il remarque tous les petits détails que personne ne voit et les relie entre eux. Un don plutôt utile pour résoudre des mystères ou des enquêtes ? C’est aussi ce que pense le FBI. Et lorsque des tableaux sont volés au musée où travaillent ses parents, Florian va devenir un consultant d’un genre particulier pour le FBI…

★★★★☆

Si Sherlock Holmes avait un fils, il se nommerait Florian Bates. Une simple marque de chaussure, une marque de bronzage, voilà le genre de petits détails qui peuvent tout dire de vous, ou en tous cas de vos derniers voyages, pour un garçon de 12 ans doué d’une perception étonnante. Ce pouvoir un peu spécial, il ne nomme le GRATIN : le Guide de Recherche et Analyse de Tout Indice Négligeable. Et jusqu’à présent, il était le seul à l’utiliser. Mais après avoir voyagé à travers le monde, la famille Bates s’installe à Washington et Florian fait immédiatement la rencontre de Margaret, une fille géniale qui fait du football et s’intéresse à son drôle de pouvoir. C’est lorsque les deux amis sont au musée, Florian initiant Margaret au gratin, que ce qui n’était qu’un jeu bascule soudain en enquête fédérale et propulse Florian et sa famille au cœur d’une affaire de vol d’œuvres d’art.

Du rythme, de l’humour, de l’esprit, un peu de frissons, tous les ingrédients sont réunis dans ce roman policier à la traduction impeccable (en langue originale, le GRATIN est appelé TOAST : the theory of all small things). On s’attache instantanément à Florian et Margaret, un duo d’enquêteurs flamboyant qui, du haut de leurs 12 ans, restent malgré tout des enfants. L’intrigue, très riche, nous fait également découvrir de nombreux endroits de Washington (ce n’est pas souvent qu’on se trouve là-bas en littérature jeunesse) mais aussi quelques peintures célèbres ou encore les techniques de survie du FBI en cas de kidnapping…ce qui s’avère particulièrement utile, vous en conviendrez. Cette première enquête de Florian Bates est rondement menée, avec des twists jusqu’à la dernière ligne, et on attend avec impatience la suite des aventures de ces deux jeunes héros dégourdis ! :D

Florian Bates : alerte au musée, James Ponti, traduit par Cécile Chartres (hélium)
disponible le 7 septembre 2016
9782330065997 – 13,90€
à partir de 11 ans