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Par bonheur, le lait… – Neil Gaiman et Boulet

Un nouveau roman de Neil Gaiman, c’est un peu comme Noël. On trépigne d’impatience jusqu’au jour fatidique et on se jette sur les cadeaux comme des pigeons sur une miette de pain. Et le mieux, c’est un livre de Neil Gaiman illustré ! Coup de bol, Par bonheur, le lait est un roman à destination des plus jeunes et illustré par Boulet (dont on adore tout particulièrement les Notes, par ici). Pour la petite histoire, il faut savoir qu’à chaque traduction, Neil Gaiman demande à ce que ce soit un illustrateur « local » qui participe à son livre. En Angleterre, par exemple, c’est Chris Riddell qui a fait les illustrations (un illustrateur qu’on aime aussi beaucoup) et qui a notamment choisi de représenter Neil Gaiman dans le rôle du papa de cette histoire, ce que je trouve plutôt cool ! :D Pour avoir un aperçu des autres éditions, je vous renvoie sur le tumblr officiel de Neil Gaiman.

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Au petit-déjeuner, un frère et une sœur constatent qu’il n’y a plus de lait à mettre dans leurs céréales ! Puisque maman est partie travailler, c’est à papa de quitter son journal pour aller chercher le précieux ingrédient indispensable à tout petit-déjeuner. Mais ce qui ne devait être qu’une simple course à l’épicerie du coin va se transformer en aventure incroyable…

★★★★★

Et attention : soucoupes volantes, dinosaures, pirates, volcans en éruption et autres joyeusetés sont au programme de cette histoire loufoque et hilarante qui fait habilement basculer une scène de la vie quotidienne en aventure trépidante. Il est intéressant de connaître la petite histoire qui est à l’origine du roman, expliquée par l’auteur en préambule, et dont je ne vous dirais rien (faut bien garder un peu de surprise !) si ce n’est que Par bonheur, le lait est censé réhabiliter le rôle des papas dans la vie des enfants. Avouez que c’est classe un papa qui se fait enlever par des extraterrestres en allant chercher le lait ? Qui se retrouve à parcourir l’espace-temps en dirigeable avec un stégosaure ? C’est le genre de truc idéal pour se la péter dans la cour de récré, non ? En tous cas, ce papa-ci est un véritable héros, surtout dans le fait de raconter des histoires à ses enfants totalement ébaubis par tout ce qu’il a vécu en allant seulement acheter du lait. Est-ce qu’il nous raconte pas des cracks, le padre, là ? Mystère et boule de gomme…

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Comme toujours, on peut compter sur l’écriture de Neil Gaiman et son humour so british pour nous emporter dans une histoire savoureuse. Les illustrations de Boulet sont en parfaite adéquation avec le texte, tous les détails y sont. Et, surtout, elles sont très nombreuses et prennent une importance très appréciable. J’ai particulièrement adoré les scènes de la fin, qui ajoutent au questionnement avec lequel tous les lecteurs termineront leur lecture : vraies ou pas, les histoires du papa ? Génial !

Par bonheur, le lait…, Neil Gaiman et Boulet (Au diable Vauvert)
disponible le 5 novembre 2015
9782846269681 – 12,50€
à partir de 8 ans

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Tatie pourrie – David Walliams

Le David Walliams nouveau est arrivé ! Chez Bob et Jean-Michel, les romans de ce truculent anglais, digne héritier du grand maître Roald Dahl, sont toujours attendus avec beaucoup d’impatience. Après cette introduction, vous pourriez croire que nous nous sommes battus pour savoir qui le lirait en premier…mais rappelons simplement que Bob a de fort jolies défenses… :P

9782226318695,0-2708577

Stella Saxby se réveille orpheline après l’accident qui a coûté la vie à ses parents. Unique héritière du manoir de Saxby Hall, son horrible tante Alberta, aidée de son fidèle Wagner – un hibou géant des montagnes de Bavière – est prête à tout pour lui voler l’acte de propriété. Heureusement, Stella va se trouver un allié précieux pour déjouer les terribles plans de cette tatie pourrie…

★★★★☆

La recette de David Walliams fonctionne toujours aussi bien ! Encore une fois, on passe un très bon moment de lecture et on ne voit pas défiler les bonnes grosses 400 pages (tout de même !) abondamment illustrées par Tony Ross. Un duo qui, lui aussi, marche du tonnerre ! Dans cette histoire, l’auteur nous ramène au début du siècle dernier dans l’aristocratie anglaise où le gigantisme des manoirs n’a d’égal que la solitude. Stella découvre avec horreur en se réveillant d’un profond coma que ses parents sont décédés dans un accident et que son horrible tante veille sur elle. Une tante véritablement monstrueuse dont la seule passion est les hiboux…et les sales coups ! Stella tente bien vite de fuir, mais Tante Alberta et son terrible hibou géant en ont décidé autrement et la jeune fille est séquestrée dans la cave. Plutôt cruel, non ? Eh bien ce n’est pas le pire car l’horreur ne fait que commencer pour la pauvre Stella, qui va tenter de se débarrasser de cette tatie pourrie. Heureusement, elle pourra compter sur l’aide d’un étrange petit ramoneur…

Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire, mais David Walliams parvient toujours avec beaucoup de réussite à nous faire rire, nous faire grimacer de dégoût et n’épargne aucun de ses personnages…si vous aimez les tortures d’enfants, ce livre est fait pour vous ! J’apprécie aussi toujours sa façon de s’adresser au lecteur (et son chapitre sans image où, en effet, c’est quand même vachement mieux quand il y a des dessins – Bob a trouvé aussi que c’était nul comme chapitre, mais l’auteur avait ses raisons, alors ça passe) et ses trouvailles loufoques, ses personnages qui ne sont là que pour l’effet comique (le majordome) et ses petits bonus.
Un concentré d’humour (et un peu de frisson) à mettre dans les mains de tous les fans de l’auteur ou à faire découvrir à ceux qui voudraient passer une chouette soirée à rigoler. Et on vous invite aussi à découvrir tous les autres si vous ne connaissiez pas David Walliams, parce que ça vaut vraiment le coup ! :D

Tatie pourrie, David Walliams (Albin Michel jeunesse)
collection Witty
disponible le 30 septembre 2015
9782226318695 – 12,50€
à partir de 8 ans

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Les 3 exploits de Till l’espiègle – Lechermeier & Doremus

TillLespiegleLa naissance de Till est loin de représenter un heureux événement dans la bourgade de Groskrôtmemehr. Ne cherchant pas plus loin que le bout de leur nez, tous les malheurs qui coïncident avec sa venue au monde lui sont reprochés par les habitants. Quelle misère d’avoir tout un village sur le dos ! (dédicace à Jean-Loup, qui combat toujours le rhume). Au bout du ènième quolibet, c’en est trop, Till décide de partir non sans se venger au préalable de toutes ces viles personnes l’ayant molesté…Farces à tous de bras, coups de bâton de la vie, stupeur, rires sincères et un Till déculotté vous attendent dans ce roman au trois exploits bien rythmés.

Quand Les Fourmis rouges s’attaquent à un classique germanique, ça nous inspire.
Ce livre est un spectacle à lui tout seul. Philippe Lechermeier à qui l’on doit Lettres à pattes et à poils ainsi que de nombreuses collaborations avec Rebecca Dautremer, joue habilement avec les figures de styles rendant l’histoire instructive et intelligente tout en conservant l’humour impétueux de la légende. A la manière de Monsieur de La Fontaine, il manipule la morale et possède la plume acerbe de Jean De La Bruyère (des copains à lui sans doute). Quant à Till, il a au premier abord la naïveté légendaire du héros de Voltaire : Candide avant de muer en un Maître Pathelin plus malin et plus insolent que jamais. Les aventures de Till peuvent paraître calamiteuses mais l’ingénuité qui l’habite disparaît rapidement pour laisser place à un subtil comique de situation. Seule sa méconnaissance de la vie lui joue quelques tours qu’il déjoue avec aisance. Futé, Till comprend vite qu’on est jamais mieux servi que par soi-même. Parlons un peu de la qualité des illustrations de Gaëtan Dorémus : animaux personnifiés et expressions faciales du plus bel effet ! Chaque héros possède un trait particulier croqué avec exagération par notre artiste : le ton est donné, cela donne du relief et met en valeur la qualité ou le défaut du personnage avec aisance. Pour Till, c’est la folie et la bêtise, la vilaine voisine la cupidité, la stupéfaction pour le bourgmestre…

"Till, sans distinguer Dulcinée de l'animal, Embrassa le museau du cheval"

« Till, sans distinguer Dulcinée de l’animal, Embrassa le museau du cheval »

Ce roman est une pure satire, très appréciable par sa légère décadence ainsi que la mise en boîte des personnages. L’originalité de la version des Fourmis Rouges tient dans cette prose mordante qui laisse un goût facétieux dans la bouche. Peuplé de calembours et de jeux de langues, lire à haute voix un texte comme celui-ci vous donne envie de découvrir des romans aux personnages espiègles ou relire des classiques du théâtre comique médiéval. Je suis extrêmement jalouse du duo que forment Philippe Lechermeier & Gaëtan Doremus : je n’ai jamais connu aussi belle symbiose avec Bob, j’ai bien les boules de l’avoir comme partenaire :)

Les 3 exploits de Till l’espiègle, Lechermeier & Doremus (Les Fourmis rouges)
en librairie le 17 septembre 2015
9782369020448 – 14€
à partir de 8 ans

Quand les Fourmis Rouges nous donnent envie de zoomer sur…

Le rôle de la farce

La farce, pièce comique qui présente des situations et des personnages ridicules où règnent tromperie, équivoques, ruses, mystifications.

C’est une affaire de punition des esprits sournois ou des gens enclins à la méchanceté. A l’ère médiévale , la farce était utilisée pour se moquer des Grands, des plus riches et des puissants. Généralement, les victimes sont présentées comme ridicules, malveillantes et légèrement – voire complètement stupides (Till est un bouc émissaire qui a priori ne ferait pas de mal à une mouche). La logique veut que leurs bourreaux soient roulés dans la farine. Toute la beauté de la farce réside dans cette justice que l’on attend avec impatience en faveur des plus démunis et notre esprit sadique demande réparation avec une humiliation digne de ce nom. Plus c’est ridicule, mieux c’est ! Dans la farce, le plus niais et victimisé des personnages est celui auquel s’attendent le moins les tourmenteurs. Ils sont généralement prétentieux, idiots, dénués de réflexion, affabulateurs, cyniques, narcissiques et l’appât du gain les attire. Plus dure sera leur chute, mais plus drôle elle sera pour nous, spectateurs de leur déchéance.

Les figures de style de Philippe

Il semble important de souligner l’intérêt de la répétition des figures de style dans ce roman, d’autant que l’auteur sait manipuler la rime, place quelques paronomases (figure de style reposant sur la ressemblance phonétique entre deux termes) et nous invite à jouer tout comme lui avec les mots :

Le jour où Till fut expulsé du ventre de sa mère, 
on comprit que c'était là événement extraordinaire

Il met en valeur l’obsession des habitants sur la malédiction que représente Till avec des anaphores (reprise du même terme) :

Qu'il fasse trop chaud ou trop froid,
Qu'il fasse trop sec ou trop pluie,
Que le pâté ne soit pas frais...

A chaque fois qu’une accumulation de termes facétieux  est utilisé, c’est pour souligner le chaos que Till propage :

Et pif dans le popotin !
Et paf dans le baba !
Et pan dans la pastèque !
Et pim dans le tutu !

(notons au passage l’emploi des onomatopées, habile et illustrant à la perfection le geste du coup de pied dans le derrière).
Toute les figures de style présentes donne une expressivité originale au texte, jouant sur le sens des mots et leur sonorité. Un procédé d’écriture qui sied parfaitement à cette légende germanique du XVème siècle. On applaudit avec tout ce qu’on peut – les deux mains, deux pieds, deux fesses – l’auteur pour son usage habile et drôle de la langue française.

Compléments de lecture

tillespieglefarcemaitrepathelinfarcesfabliauxadaptéthéâtreopérationfarceusesfarcesecoliersfarcescollegiensfarcesemilmaxmoritz

 Les aventures de Till l'espiègle
collection Etonnantissimes, Flammarion
9782081272118
 La farce de Maître Pathelin 
collection Folio Junior, Gallimard jeunesse 
9782070631315
 Farces et fabliaux du Moyen-Age (adaptés pour le théâtre) 
collection Médium poche, EDL
9782211026031
 Opération farceuses 
Roddy Doyle, Gallimard jeunesse
9782070545797
 Sept farces pour écoliers 
Pierre Gripari, Grasset Jeunesse
9782246786986
 Huit farces pour collégiens
Pierre Gripari, Grasset Jeunesse
9782246786986
 Les farces d'Emil 
Astrid Lindgren, Ldp Jeunesse
9782012490109
 Max et Moritz 
Wilhelm Busch, collection Mouche, EDL
9782211078054

Le saviez-vous ?
Le personnage de Till inspirera un poème symphonique à Richard Strauss, célèbre compositeur allemand

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Billie Fossette : à la ferme du laurier rose – Sabrina Bensalah

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Billie Fossette est une petite fille au caractère bien trempé. Après de nombreuses frasques, elle est renvoyée de son école. Une aubaine pour celle qui n’aime pas l’école ! Sauf que ses parents en ont décidé autrement ! Agacés par le comportement de Billie, ils décident de l’emmener à la ferme du Laurier Rose, où un couple de fermier se charge de redonner un peu de discipline aux jeunes…

★★★☆☆

Et c’est là que commence une histoire complètement loufoque, dans la plus pure lignée des romans de la collection Pépix. Sabrina Bensalah, dont c’est le premier roman dans cette collection (on vous avait chroniqué son Exprim’ qui était génial !), s’en est donnée à cœur joie en matière d’irrévérence ! Billie est une petite boule pleine d’énergie, salopette et cheveux en bataille, qui n’hésite pas à répondre aux adultes, pour notre plus grand bonheur. Et sans aucun doute celui des enfants… :P Une petite fille pas si éloignée de Fifi Brindacier, en somme.
Il y a de l’humour, donc, mais aussi des personnages truculents : de bons méchants, les biens nommés monsieur et madame Lamatraque, propriétaires du Laurier Rose, qui vont mener la vie dure à Billie ; des amis fidèles mais un peu spéciaux, Brunella et Baptistin (vous voyez le tableau, hein ?) ; une Sorcière ? ; et des poules qui semblent parler… Et en guest-star : Stromae (formidable, non ? *ooouuuh, personne ne l’avait faite, celle-là*). En tous cas, on ne s’ennuie pas dans cette aventure rocambolesque, où la magie et un peu de peur s’ajoutent aux ingrédients habituels de la collection.
J’ai cependant été un peu moins convaincue par l’écriture de Sabrina Bensalah sur ce roman, je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait plu dans Vers le bleu. Bien qu’il soit destiné à un tout autre public et sur des thèmes très différents, j’ai trouvé cette Billie Fossette malgré tout un peu trop dans le moule. Mais ça n’enlève rien au plaisir de lecture que trouveront les plus jeunes dans cette histoire en plus très joliment illustrée ! :)

Billie Fossette : à la ferme du laurier rose, Sabrina Bensalah (Sarbacane)
collection Pepix
disponible le 2 septembre 2015
9782848658148 – 10,90€
à partir de 8 ans

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Le journal de Gurty – Bertrand Santini

9782848657899,0-2645416

Aujourd’hui, Bob et Jean-Michel vous parlent ENFIN de Gurty, petit phénomène que vous pouvez retrouver sur Facebook et, surtout, la nouvelle pépite des éditions Sarbacane (ouais, bon, elle était facile celle-là…)

Gurty est une petite chienne qui part avec Gaspard, son humain, en vacances en Provence. A travers son journal, nous découvrons ses deux mois de vacances et toutes les aventures qui ont rythmé ses journées.

★★★★★

Le journal de Gurty est sans aucun doute LE livre de l’été ! Il faut dire qu’avec une couverture jaune soleil, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose ! Mais, surtout, c’est bien l’histoire racontée par Gurty elle-même qui va nous faire passer un superbe été, un été plein de bonne humeur, de rire et de jeux. En fait, ce livre est tout bêtement génial ! Raconté par une petite chienne, donc, nous entrons dans la vie intime et ô combien étrange de nos amis canidés. Une vie qui, finalement, n’est pas si éloignée de la nôtre… Gurty à des amis, en tous cas une qu’elle retrouve chaque été : Fleur, qui n’est pas normale (mais faut pas se moquer!) ; des ennemis : un chat particulièrement moche surnommé Tête-de-Fesses ; un maître-papa qui la gronde quand elle fait des bêtises ; des passions pour la nourriture, courir après les écureuils et renifler le derrière des autres chiens…

L’écriture de Bertrand Santini est rafraîchissante, on rit tout le temps et elle me semble totalement à hauteur d’enfant dans sa façon de raconter les choses et dans son humour. En tous cas, je me suis régalée dans ce journal qui court du 1er au 42 juillet, avec des chapitres parfois très courts (le 5 juillet notamment est génial !) ou plus longs, mais tous plus drôles et déjantés les uns que les autres. On y trouve également beaucoup de comique de répétition qui fonctionne à merveille ! Le texte est vraiment drôle, enlevé, malin et malicieux. Les illustrations sont d’autant plus réussies et parfaitement en adéquation avec le texte qu’elles sont réalisées par Bertrand Santini himself. Personnellement, je suis fan de Fleur et de sa drôle d’allure (elle n’est pas normale, mais faut pas se moquer !). :P

A la fin du livre, vous trouverez un certain nombre de jeux proposés par Gurty : des points à relier, des mots croisés, un Où-est-Tête-de-Fesses (je l’ai pas trouvé, moi, et Jean-Michel non plus – on est un peu nul…), et même un test (je suis tombée sur Gurty mais c’était presque ex-aequo avec Fleur et Jean-Michel a eu Tête-de-Fesses, hahaha) ! :D
Bref, un excellent roman à emporter avec soi pour passer les meilleures vacances de l’univers en compagnie de Gurty.

Le journal de Gurty : vacances en Provence, Bertrand Santini (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 6 mai 2015
9782848657899 – 9,90€
à partir de 8 ans

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Panique au supermarché – Jean Leroy

9782745971784,0-2562078

Bob n’aime pas trop faire les courses, ça lui rappelle souvent des mauvais souvenirs (il y a une époque où on ne trouvait plus de Weetos dans les rayons) alors il a voulu tester un livre qui fait peur. Un livre qui parle de supermarchés…

Edgar est vigile dans un supermarché. Il est le plus sévère, celui qu’on ne dérange pas, celui qui fait peur. Mais aujourd’hui, c’est la panique au supermarché : le petit Dédé a perdu son papa. Et le micro ne fonctionne pas. C’est Edgar qui va devoir partir à la recherche du papa de Dédé. Sauf que Dédé, il est un peu pénible comme garçon…

★★★★☆

Franchement, il n’y a bien qu’un fou ou un petit inconscient pour déranger Edgar dans son travail. Et c’est justement ce qui arrive ce jour-là, avec Dédé, petit agneau un peu relou qui va lui demander de l’aider à retrouver son papa. Vous pensez bien que ça ne sera pas si facile que ça, même en arrêtant tous les moutons dans les rayons du supermarché pour savoir si l’un d’eux est le papa de Dédé. Car Dédé est super casse-pied, il pleure à la moindre contrariété, il quémande des sous pour faire le manège de pompier, pour avoir une gaufre…bref, il est insupportable ! Et Edgar, il faut pas trop lui en demander. Après avoir fait le tour du magasin, tous deux vont sur le parking, toujours sans succès. Alors Dédé demande à Edgar de lui raconter une histoire, en attendant. La chute, je ne vous la dis pas, mais elle est drôle et inattendue, et donne la part belle à notre irascible Edgar. Enfin…

Jean Leroy nous offre ainsi une histoire très drôle, où deux personnages complètement opposés vont devoir se supporter. Edgar est attachant malgré son côté grognon et Dédé, lui, est particulièrement bien croqué en gamin turbulent et super pénible. L’anecdote qui donne lieu à l’histoire sent en tous cas le vécu et les enfants se reconnaîtront sans doute dans cette tranche de quotidien (pas forcément dans le fait d’être chiant, mais plutôt dans la peur de ne pas retrouver ses parents dans le gigantesque supermarché). Les illustrations de Thibaut Rassat, quant à elles, sont très belles, j’aime beaucoup la palette de couleurs utilisée, et les expressions des personnages sont géniales ! Surtout Dédé qui pleure ! Haha.
Une première lecture super chouette ! :D

Panique au supermarché, Jean Leroy, illustrations de Thibaut Rassat (Milan)
collection Milan poche cadet
en librairie depuis le 20 mai 2015
9782745971784 – 5,70€
à partir de 7 ans

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Le fromage qui tue – Siobhan Rowden

9782226315564,0-2630776

Jumeaux inséparables mais constamment en compétition, Bree et Tom vivent avec leur grand-père dans les gorges de Cheddar, où il fabrique du fromage du même nom. Bientôt a lieu le concours annuel du meilleur fromage d’Angleterre et tous se préparent à remporter le prix. Mais l’arrivée imprévue de la Reine d’Angleterre change la donne. Celle-ci propose une épreuve très spéciale : faire du fromage d’élan. Un fromage légendaire que personne n’est parvenu à réaliser… Bree et Tom veulent bien évidemment participer à ce concours, qui permettra au gagnant de remporter beaucoup d’argent et un titre de noblesse !

★★★☆☆

Nouveau titre de la collection Witty, destinée aux plus jeunes et amateurs d’humour, Le fromage qui tue ne dépareille pas ! En effet, quand le roman commence avec une Reine d’Angleterre plutôt cascadeuse, il ne faudra pas s’attendre à trop de sérieux ! La recette est plutôt simple, mais efficace : une aventure rocambolesque à souhait, des héros jeunes et impertinents (aux noms de fromage, vous remarquez ?), des personnages hauts en couleur affublés de noms rigolos (je ne suis pas toujours très fans des jeux de mots dans les noms, mais bon…), des rencontres étonnantes et pas mal de bêtises…
Le roman fonctionne bien, on se laisse très vite entraîner dans cette étonnante course aux ingrédients rares et précieux, et disséminés de la Russie au Kazakhstan, qui permettront de réaliser le fromage légendaire au lait d’élan que la Reine d’Angleterre souhaiterait faire goûter au président de notre république, Mr Gros-Fromage (eh ouais !). Dommage que Bree et Tom, nos deux héros, soient des adeptes de la compétition car ils en sont parfois un peu pénibles et le comique de répétition en devient un peu lourdingue. Heureusement, Siobhan Rowden a surtout envie de nous dire qu’il est plus important de faire les choses ensemble que séparément (mais il faudra quand même attendre la fin pour ça). En revanche, les personnages secondaires sont plutôt chouettes, et notamment Monty, dont je ne vous parlerais pas trop pour ne pas tout vous révéler d’un coup, mais qui est l’une des bonnes trouvailles du roman.
En bref, Le fromage qui tue n’est sans doute pas le meilleur ou le plus drôle des Witty (il faut dire que j’adore ceux de David Walliams et il me semble difficile de le « battre ») mais il se lit plutôt bien et devrait plaire aux jeunes amateurs de la collection.

Le fromage qui tue, Siobhan Rowden (Albin Michel jeunesse)
collection Witty
en librairie depuis le 27 mai 2015
9782226315564 – 12,50€
à partir de 9 ans

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De cape et de mots – Flore Vesco

9782278059522,0-2656832

Bob vous présente aujourd’hui son nouveau coup de cœur : De cape et de mots, un roman époustouflant d’inventivité et totalement irrévérencieux ! :P A découvrir dès la semaine prochaine dans toutes les bonnes librairies !

Alors que sa famille connaît de grandes difficultés, Séraphine Marie-Geneviève Alexandrina de Notre-Dame Chancies du Jousselinier Senestre lez Castiche de l’Auberivière sié l’Ostel de la Colline, dite tout simplement Serine, décide de tenter sa chance au château pour être demoiselle de compagnie de la Reine. Par son esprit et sa spontanéité, la jeune fille va tournebouler un certain nombre de choses et de convenances à la cour royale…au péril de sa propre vie !

★★★★★

Quel régal que ce roman qui nous transporte dans une histoire loufoque et bourrée de péripéties ! Nous sommes dans un royaume lointain, à une époque certaine, en compagnie d’une jeune fille, Serine, qui, pour éviter un mariage forcé et sortir sa famille de la pauvreté, décide de se lancer dans une aventure où l’attendant de nombreux pièges. Car devenir demoiselle de compagnie de la Reine est un défi particulièrement corsé : en effet, la Reine est cruelle et égoïste, change de perruque et de robe toutes les cinq secondes et passe sa journée à faire subir à ses demoiselles de compagnie ses pires caprices. Heureusement, Serine est suffisamment vive et sans peur pour se sortir avec de belles pirouettes des situations les plus dangereuses… Ou presque, car la vie à la cour royale est également synonyme de complots et de tentatives d’assassinat sur le roi Léo III, malade depuis bien longtemps. Et Serine va très vite en faire les frais et risquer sa vie bien plus terriblement qu’aucun autre.
Ce premier roman de Flore Vesco est génialissime ! Il se savoure et se déguste comme avec un mets délicat et délicieux. Car la langue et les mots sont sans doute ce qui fait de cette aventure comique et rocambolesque une superbe découverte. Je me suis laissée totalement emportée dans ce maelström d’épisodes plus drôles les uns que les autres, aux côtés d’une jeune héroïne pleine d’enthousiasme, de sens de la répartie, d’absence de complexe et d’humour décapant. On ne cesse de rire et de sourire, on tremble aussi un peu quand l’étau des complots se resserre, mais surtout, on s’amuse follement des inventions de Serine et, surtout, de l’auteure. Les amateurs de bons mots apprécieront, tout comme ceux qui aiment les aventures teintées d’humour.
Laissez-vous tenter par cette héroïne singulière, vous ne le regretterez pas, parole de Bob ! :D

De cape et de mots, Flore Vesco (Didier jeunesse)
en librairie le 3 juin 2015
9782278059522 – 14,20€
à partir de 11 ans

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Shola et la tante d’Amérique – Bernardo Atxaga

Shola est une chienne élégante qui a une vie de rêve : elle se balade comment elle l’entend sans laisse, regarde la télévision quand elle le souhaite, mange ce qui lui plait, se lave une fois par mois. En pleine promenade dans le parc, elle se fit interviewer par une journaliste pour l’émission « Le parc en direct ». 

Comment vous définiriez-vous Shola ?
Je suis un animal libre ! Rara avis* !

* définition latine employée pour désigner un « oiseau rare »
Pendant ce temps, Grogo son maître est songeur…sa tante Clémentine lui annonce sur une carte postale qu’elle a l’intention de passer quelques jours chez eux. C’est la stupéfaction car Clémentine, 60 ans, a toujours vécu dans le Wyoming, terre sauvage, isolée et accessoirement le pays des bisons. La liberté de Shola serait-elle du goût de sa tante américaine ?

★★★☆☆

sholatanteameriqueC’est une lady, pas sûr qu’elle accepte de promener Shola sans chaîne et Grogo ne se rebelle jamais contre sa tante. La chienne en proie a de sérieux doutes, analysa avec minutie la tante Clémentine a son arrivée : chapeau blanc et longues bottes de cuir, chevelure brune, yeux bleus, valises rouges au bison blanc. La cool attitude de cette femme exaspéra Shola : elle dort jusqu’à pas d’heure, s’approprie tout le fromage, allume la télévision et joue du banjo à 2h du matin et laisse du bazar derrière elle. Le pire resta à venir : la chaîne à la main, la tante Clémentine proposa à Shola de la promener…Horreur ! La chaîne ?! :o Une fois dans le parc, la petite chienne avançait 3 mètres devant l’américaine, jetant de rapides coups d’oeil derrière elle, énervée et craintive à l’idée que l’on puisse lui passer une laisse autour du cou. Mais ce qu’elle ignorait c’est que la tante avait emporté la chaîne pour la jeter dans une poubelle. Un geste fort de sens qui ne laisse pas indifférent.

« Pourquoi avoir une chaîne à la maison ? Nous sommes des êtres libres non ? Comme on dit dans le Wyoming :si les bisons vivent en liberté, pourquoi pas nous ? »

Un petit roman inspirant sur les notions de liberté et de différence. Les aventures de cette petite chienne sont mignonnes et il est agréable de découvrir de nouveaux horizons grâce à l’auteur : une expression latine, un coin des Etats-Unis et la réponse face à la bêtise humaine. Tendrement illustré par Mikel Valverde, on a envie de garder précieusement ce livre dans sa poche. A bon entendeur, bisou.

Shola et la tante d’Amérique, Bernardo Atxaga (La Joie de lire)
collection Hibouk 1
en librairie depuis le 16 avril 2015
9782889082704 – 9.50€
à partir de 8 ans

sholalionsA découvrir également et
de nouveau disponible :
Shola et les lions
réédité le 16 avril 2015
9782889082711 – 8.50€

« Rara avis » s’exclama la journaliste.
« Exactement : RAREVITCH ! s’écria Shola »

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Un éléphant pour le thé – Linda Groeneveld

éléphantthé A l’aube, la petite princesse se leva avant tout le monde : elle a faim, elle veut jouer avec ses cubes, ses poupées, à cache-cache mais elle s’ennuie fermement car aucun adulte n’est réveillé. Elle a bien un papa, il est fort – il peut soulever 3 chevaux – mais en tant que Roi il a beaucoup de travail et reste irrémédiablement fatigué. Que faire lorsqu’un papa est trop occupé à régner sur un royaume et que l’on veut jouer ? Parce que ni les poupées, ni les laquais ne participent aux jeux de la princesse. Elle n’a qu’une idée en tête depuis que son quotidien est devenu ennuyeux : avoir un chien. Le roi lui a promis mais l’acquisition du canin a bien du retard…Une baronne arrive bientôt au palais et le Roi est bien préoccupé pour penser au chien tant attendu. La princesse n’en a cure de cette femme. A son arrivée, la petite ne serra pas la main que lui avait tendue la baronne, ce qui la vexa promptement et prit aussitôt la fillette en grippe.

« Une baronne ?! Est-ce qu’elle avait du flair ? Est-ce qu’elle levait la patte quand elle faisait pipi ? Est-ce qu’elle enterrait les os ? Non, bien sûr que non ! Les baronnes font beaucoup trop de chichis. »

★★★★☆

Comme le veut la coutume dans les contes : le Roi est séduit par cette femme qui se révélera vénale, égocentrique, autoritaire mais d’une grand beauté qui n’apprécie guère les animaux, les enfants et le bazar qu’ils propagent. La baronne s’enticha du Roi et très vite la rumeur du mariage s’étend et les cadeaux commencent à affluer. Soudain, un présent plus gros que jamais attire tous les regards : un éléphant ?! La princesse en fit bien vite son animal de compagnie : pourquoi se gênerait-elle ? Pour embêter une baronne au sale caractère, mieux vaut être deux…Mais le mystère du pachyderme en guise de cadeau reste entier et la fin de ce conte malicieux est bien étonnante.

Une histoire tendre parsemée de touches d’humour qui fait sourire. Une parodie que l’on pourrait adapter à notre époque : un père célibataire qui travaille d’arrache-pied et qui culpabilise de ne pas passer assez de temps avec sa fille. Moralité : ce n’est pas parce qu’un papa travaille trop que cela fait de lui un mauvais parent – la preuve : il est toujours présent pour lui raconter une histoire avant de la border.
Un vrai souffle d’air frais ce livre…avec des paillettes, du thé et une touche du vandalisme : ouvrez-le, vous saurez :)

Un éléphant pour le thé, Linda Groeneveld (Magnard Jeunesse)
Collection Romans Perles
en librairie depuis le 9 mars 2015
9782210961012 – 12.90€
à partir de 8 ans