Son
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Cité 19 – Stéphane Michaka

Avant d’être un livre, Cité 19 était aussi un feuilleton radiophonique diffusé il y a quelques années sur France Culture. Malheureusement, Bob n’a pas réussi à retrouver le podcast de l’émission pour vous le partager…alors à la place, il va vous parler du roman ! D’un autre côté, c’est ce qui vous intéresse le plus, non ? :)

MISE A JOUR : En fait, grâce à Catou31 (merci !), vous pouvez découvrir le premier épisode du feuilleton sur le site de l’auteur !

9782266241410,0-2744843

Faustine est passionnée par le XIXe siècle. Sa mère en était spécialiste avant sa disparition et son père est le gardien du Musée d’Orsay. Alors qu’elle s’apprête à passer son bac, elle apprend la mort de son père, tombé de la tour Saint-Jacques. Dévastée, elle l’est encore plus quand on lui demande d’identifier le corps et qu’elle ne reconnaît pas les mains de son père… Cette découverte annonce le début d’une aventure terrifiante qui va l’amener à suivre un homme dans une station de métro et se réveiller…150 ans plus tôt !

★★★★☆

Premier tome d’un diptyque qui trouvera sa conclusion en janvier 2016, Cité 19 mêle habilement les genres : un roman historique très bien documenté quand notre héroïne se réveille dans les faubourgs en construction d’Haussmann ; un thriller n’épargnant aucun détail sanglant quand Faustine se retrouve dans le Paris du Second Empire à enquêter sur un mystérieux meurtrier (ou une bête ?) qui éviscère ses victimes ; et un récit de science-fiction qui ne tient pas seulement au voyage dans le temps… Mais je ne peux rien vous dire sans vous gâcher la surprise qui a très bien fonctionné pour moi. :P

Avec tous ces ingrédients, Stéphane Michaka signe un roman terriblement haletant, où l’on découvre une héroïne forte et indépendante, dotée de facultés dont elle s’étonne elle-même, et qui se retrouve embrigadée dans une enquête qui va la toucher plus qu’elle ne le pense. Il est difficile d’en dire plus sur le roman sans vous dévoiler des choses qui pourraient gâcher votre lecture et le suspense qui en fait tout l’intérêt. Néanmoins, sachez qu’il vous faudra patienter un petit peu pour arriver au cœur de l’histoire. C’est d’ailleurs dommage car le début du roman pourrait sans doute rebuter quelques lecteurs. Il n’y avait pas forcément besoin de s’attarder sur le passé de Faustine (en particulier sa période punk qui semble sortir de nulle part) qui n’apporte pas grand chose au reste du récit ou à la psychologie du personnage, ni même à ses amis de lycée qu’on oublie bien vite jusqu’à ce qu’ils réapparaissent vers la fin du roman. J’étais donc assez perplexe mais après ces 60 premières pages, en revanche, vous entrerez au cœur du récit et ne pourrez plus le lâcher avant d’être parvenu au bout…et regretter que la suite n’arrive pas plus vite ! :P Que ce début chaotique ne vous rebute pas, la suite en vaut véritablement la peine !

Cité 19, Stéphane Michaka (Pocket Jeunesse)
disponible le 15 octobre 2015
9782266241410 – 16,90€
à partir de 14 ans

Son
0

7 secondes – Tom Easton

9782371020368, 0-2684620

Ce soir, Bob vous propose un jeu : vous avez très exactement 7 secondes pour lire cet article. Au-delà…vous avez perdu ! Qui est prêt à relever ce défi ?

Mila vit dans une Europe appauvrie et délabrée par la guerre. Avec son mentor, Julian, elle décide de rejoindre les Îles, un havre de paix dans lequel les habitants vivent avec une puce téléphonique dans la tête. Lorsque les autorités des Îles décident de lui implanter cette puce, ils découvrent dans le crâne de Mila un objet qui ressemble à une bombe… Mila n’a alors plus d’autre choix que la fuite…

★★★☆☆

1, 2, 3…ainsi commence cette course-poursuite sans temps mort qu’est 7 secondes. Sept secondes, c’est le temps d’avance dont dispose Mila. En effet, la puce téléphonique dans sa tête lui permet ce décalage, au départ utilisé simplement pour permettre à son usager de modifier une erreur qu’il aurait faite ou de ne pas être vu dans une position gênante. Car chaque habitant des Îles dispose de cette puce et, un peu comme un jeu de télé-réalité, cette puce permet à tout un chacun de pouvoir Visionner les autres, à condition de connaître son numéro de téléphone. Une technologie un peu complexe, plutôt étonnante et, surtout, très invasive.

4, 5, 6…le monde de Tom Easton s’inscrit dans la mouvance de la dystopie et, là encore, ce sont les guerres qui sont à l’origine de la destruction d’une grande partie du monde. Mila est issue de la pauvreté, de l’Europe ravagée et c’est pour sauver sa peau qu’elle suit Julian, qui a vécu dans les Îles voilà quelques années. A peine sont-ils arrivés en vue des Îles que Julian meurt, laissant Mila seule avec ce petit objet qu’elle découvre dans sa tête. Une bombe, sans doute, qui va la pousser à quitter le Centre qui accueille les réfugiés et à échapper aux griffes de l’Agence, une police chargée d’estimer ou non la dangerosité de ces réfugiés. Grâce à sa puce et à l’aide d’Adam, un Agent pas si mauvais qu’il en a l’air, Mila va réussir à déjouer un certains nombres de pièges tendus par le gouvernement des Îles…

7 ! S’il ne faut que sept secondes à Mila pour être toujours en avance par rapport à ces ennemis, il ne nous faut à nous que peu de temps pour parvenir au bout de ce roman tant l’action et les événements s’enchaînent à vitesse grand V ! L’écriture de Tom Easton est simple, efficace, et nous mène exactement là où il le souhaite. On ne s’ennuie clairement pas un seul instant ! Mila est de plus une héroïne totalement badass déployée au beau milieu d’un vaste complot qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. J’ai cependant trouvé certaines situations un peu trop rocambolesques, une fin un peu téléphonée (haha) et Tom Easton ne propose pas une grande originalité dans son univers… Sans doute pourrait-on pas passer à autre chose après toutes ces dystopies… :P Néanmoins, un roman efficace qui plaira aux amateurs du genre.

7 secondes, Tom Easton (Lumen)
disponible le 17 septembre 2015
9782371020368 – 15€
à partir de 13 ans

Son
4

Nous, les enfants sauvages – Alice de Poncheville

9782211221986, 0-2703710

Vous ne trouvez pas que la couverture de ce roman fout un petit peu les jetons ? :D Pourtant, pas d’horreur dans ce livre…enfin…

Après l’éradication des animaux qui ont causé des épidémies et ravagé le monde, celui-ci se reconstruit petit à petit. Linka et sa petite sœur Oska vivent dans la 16e Maison, un orphelinat où chacun doit préparer son avenir pour répondre au mieux aux exigences du Ministère. Un jour, Linka trouve une bête dans un terrain vague. Elle la nomme Vive et, se sentant soudain plus forte avec la présence de cet être étrange, elle commence à rêver d’une autre vie…

★★★★★

Imaginez un monde sans animaux, un monde où le métier le plus prestigieux est celui de chasser les oiseaux pour les tuer. Dans l’univers imaginé par Alice de Poncheville, c’est l’élevage intensif, les traitements infligés aux bêtes qui ont conduit le monde à sa perte. Aujourd’hui, il ne reste plus que les rats, indécrottables survivants, et les insectes, source de protéines pour les habitants de ce monde. Et les rares oiseaux ou petits animaux, instantanément exterminés lorsqu’ils sont signalés. Alors quand une flopée d’enfants ne rêve que de voir ces beaux renards ou ces impressionnants éléphants autrement que dans les documentaires du vieux monde, il ne faut pas s’étonner qu’on parle de mystérieux enfants sauvages et de ce terroriste de Docteur Fury…
Le roman d’Alice de Poncheville est magnifique et son histoire, une dystopie, se distingue dans le genre en évitant tous les poncifs des grandes séries à succès. Le résumé ci-dessus ne vous donne clairement pas tout ce qu’on retrouve dans l’histoire, et cela vaut sans doute mieux tant il est beaucoup plus intriguant de découvrir au fur et à mesure le fonctionnement de ce monde, de se laisser emporter dans l’écriture passionnante de l’auteure. Et de faire connaissance avec des personnages tous plus intéressants les uns que les autres. Linka et sa sœur, ainsi que tous les autres personnages que nous rencontrons, sont vraiment attachants. Même si le rôle d’orphelin dans une histoire initiatique n’est pas nouveau, ni les directeurs d’orphelinats peu amènes, l’engouement pour l’histoire est telle que cela ne nous dérange pas, on veut juste se laisser porter par le vent, à l’instar de Vive, jusqu’à la fin du roman. Nous, les enfants sauvages est une très belle ode à la nature, on se laisse emporter dans la poésie des enfants sauvages, les souvenirs d’un monde perdu, les amitiés indéfectibles et la générosité de résistants en passe de mener une rébellion. Je me suis régalée des mots et des images d’Alice de Poncheville, et j’espère que vous en ferez tout autant ! :)

Nous, les enfants sauvages, Alice de Poncheville (Ecole des Loisirs)
collection Medium
disponible le 2 septembre 2015
9782211221986 – 19,50€
à partir de 13 ans

Son
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La source, t.1 Errance – Maxime Fleury

9782364746954,0-2629259

Sur une Terre stérile, Albeda et Tilo entament leur Errance, une mission périlleuse dont le but est de rapporter à leur clan le secret de la Source qui, selon la légende, devrait ramener l’abondance. Durant leur marche, les deux jeunes gens vont découvrir les vestiges de l’ancien monde et croiser des tribus hostiles ou des communautés accueillantes… Parviendront-ils à trouver la Source dans ce monde en ruines ?

★★★★☆

Pour son premier roman, Maxime Fleury s’est lancé dans la dystopie, le genre du moment ! Pourtant, ce qu’il nous propose dans ce roman est très différent de ce qu’on lit habituellement, et je pense que cela vient principalement de l’absence de romance à l’eau de rose et de scènes d’action à faire pâlir les réalisateurs de Mission : impossible. En effet, ce qui semble intéresser Maxime Fleury ici, c’est plutôt le rapport des personnages à leur passé, à leur enfermement, à leurs croyances. Et la quête que suivent Albeda et Tilo. Une quête finalement assez obscure, ou en tous cas très vague…puisque lorsque les deux jeunes gens se mettent en route, ils ne savent même pas qu’il existe une multitude de routes différentes… Plutôt mal barrés, non ?

J’ai beaucoup apprécié le fait que, comme les personnages du roman, nous découvrons le monde au fur et à mesure. Nous ne savons rien de ce qui a fait de la Terre un endroit totalement stérile, détruit. Nous n’avons que les légendes, les suppositions avancées par nos héros ou les personnes qu’ils rencontrent sur leur chemin. On meurt de savoir ce qui s’est passé, ce qui a causé cet état du monde et, pourtant, on finit par accepter de ne pas avoir de réponses et de se laisser transporter dans l’aventure que vont vivre Albeda et Tilo. L’écriture de Maxime Fleury en est d’ailleurs parfaite, il ne lui faut que quelques mots pour nous embarquer dans son histoire et nous happer jusqu’à la dernière page. Une dernière page qui nous laisse évidemment sur notre faim, comme tout bon premier tome qui se respecte, et qui nous pousse à guetter la suite avec impatience !

N’hésitez pas aussi à aller lire l’avis de notre cousin le Lapin Blanc sur ce roman !

La source, t.1 Errance, Maxime Fleury (Thierry Magnier)
disponible depuis le 20 mai 2015
9782364746954 – 11€
à partir de 13 ans

Son
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Mon heure viendra – Nina Vogt-Ostli

9782330032616,0-2559759

Vous avez remarqué que Bob et Jean-Michel sont un peu lents dernièrement ? En créatures aquatiques qu’ils sont, il faut dire que ce soleil ne leur réussit pas… Mais pas de panique, ils sont toujours là ! ;) Et c’est Bob aujourd’hui qui vous parle du futur…

Hans Petter est un garçon brillant, mais le souffre-douleur de ses camarades depuis de nombreuses années. Un jour, alors qu’il compte passer une nouvelle soirée sur l’ordinateur à jouer, quelqu’un entre en contact avec lui sur internet. Elle s’appelle Fera et vient du futur. Sans doute encore une « blague » d’Andreas, son tortionnaire. A moins que… ?

★★★★☆

Voilà assurément un roman qui plaira aux amateurs de science-fiction ! Captivant et très bien écrit, Mon heure viendra s’intéresse donc à un adolescent harcelé par les autres depuis tellement d’années qu’il a décidé de laisser de côté son intelligence pour se rendre invisible dans la classe, auprès des profs et surtout, aux yeux des autres. Hans Petter vit seul avec sa mère qui l’a eu trop jeune, son père est toujours dans l’équation, mais il le voit très peu, et il a l’impression qu’il ne l’aime pas et aurait préféré ne jamais l’avoir. Alors quand une jeune fille semble s’intéresser à lui, Hans Petter « renaît ». C’est tout d’abord le soupçon qui le tient (bah oui, vous réagiriez comment si quelqu’un vous disait venir du futur ?), jusqu’à ce que Fera lui envoie des « preuves » de ce qu’elle dit. Une relation de confiance commence alors à se créer entre les deux jeunes gens, d’autant plus qu’ils sont tous les deux particulièrement intelligents pour leurs âges. Et bientôt, Fera révèle à Hans Petter pourquoi elle correspond avec lui… Mais je ne vous le révèlerais pas ! Car ce serait trop vite vous dévoiler la clé de ce roman. Même là, je vous en dis déjà trop car vous comprendrez vite de quoi il retourne à la lecture. Déjà que la couverture en dit long… :P

En tous cas, Mon heure viendra est un très bon roman de science-fiction, qui s’intéresse à une thématique chère au genre : et si vous aviez la possibilité de changer le passé ? J’ai beaucoup apprécié les nombreuses conversations de Fera et Hans Petter sur le bien et le mal, qui nous incitent nous aussi à nous interroger sur ces notions. En tant qu’amatrice du genre, je n’ai pas forcément été surprise par le twist final, mais je pense que cela doit bien marcher pour ceux qui découvrent la science-fiction, d’autant plus qu’on se laisse facilement porter par l’histoire très prenante. Efficace !

Mon heure viendra, Nina Vogt-Ostli (Actes Sud junior)
collection Ado
en librairie depuis le 22 avril 2015
9782330032616 – 13,50€
à partir de 13 ans

Son
3

Le secret de l’inventeur, t.1 Rébellion – Andrea Cremer

Bob ne s’arrête plus de lire ! Et il vient de terminer le premier tome de la nouvelle trilogie d’Andrea Cremer. Andrea Cremer qui sera présente lors du Salon du livre de Paris et que nous aurons la chance de pouvoir interviewer, grâce aux éditions Lumen ! :D Du coup, si vous aussi vous avez des questions pour l’auteur, n’hésitez surtout par à nous les envoyer par mail ou en laissant un commentaire sur cet article. :)

9782371020290, 0-2492203

Lorsque Charlotte sauve un jeune garçon d’une machine lancée à ses trousses, elle ne s’imagine pas que sa vie est sur le point de changer. Nous sommes aux États-Unis, peu après la guerre d’indépendance remportée par les britanniques et la résistance s’organise. Charlotte et d’autres jeunes, cachés dans les Catacombes, en font partie. Mais l’arrivée du jeune garçon surnommé Grave va changer leurs plans. Charlotte va ainsi devoir se rendre dans la cité flottante de New York pour y percer le secret de son nouvel ami, et venir en aide à la rébellion.

★★★☆☆

Premier tome de ce qui s’annonce comme une trilogie, Le secret de l’inventeur est une uchronie steampunk (ou rétro-futuriste, c’est comme vous voulez), qui part du principe que la guerre d’indépendance des États-Unis s’est soldée par un échec des colons. C’est donc l’Empire britannique qui gouverne d’une main de fer…et ce n’est pas peu dire puisque l’Empire possède des machines de guerre propres à mater l’ennemi et à dissuader toute rébellion. Notre jeune héroïne, Charlotte, fait partie de cette rébellion des colons américains et, si elle vit éloignée des combats et de ses parents qui les mènent, cela ne l’empêche pas de faire tout son possible pour les rejoindre. Mais la rencontre avec Grave, va totalement changer la donne, tout en lui donnant la possibilité de vivre l’aventure dont elle rêvait.
Malgré un début un peu long à la mise en place, Rébellion est un roman qui plaira sans aucun doute. On y trouve tous les ingrédients requis : héroïne rebelle, monde fantastique, mystères et aventures…et une amourette contrariée. L’intérêt vient surtout de l’inspiration steampunk de l’auteur et le choix du lieu et de l’époque. Je ne suis pas une experte du genre mais de tout ce que j’ai lu, ça se déroulait le plus souvent dans le courant du XIXe siècle en Europe. Il est donc super intéressant de découvrir le découpage des États-Unis après l’échec de la guerre d’indépendance (notamment grâce à une carte), même si ça reste succinct afin de privilégier l’intrigue, et l’évolution de l’histoire du pays après cette guerre. En revanche, c’est un peu dommage que l’auteur ne nous donne pas plus de repères historiques (ou une chronologie) car il n’est pas si aisé de savoir à quelle époque on se trouve exactement et certains détails peuvent nous échapper (il est vrai qu’en tant qu’européens, et surtout français, on étudie moins l’histoire des États-Unis à l’école que celle de l’Europe). J’ai aussi regretté que certaines informations de civilisation arrivent si tard dans le récit, par exemple : les personnages ont tendance à jurer le nom de dieux grecs. Pourquoi ? C’est un mystère qui nous sera plus ou moins expliqué vers la fin du récit.
Au-delà de ces détails, qui n’ont finalement que peu d’incidence sur l’histoire en elle-même, le récit est très bien mené. On se laisse entraîner avec Charlotte dans la découverte de cette New York flottante, où les us et coutumes sont bien différents de ceux des Catacombes, et où elle devra donner le change si elle veut réussir sa mission. On s’interroge sur le mystère qui entoure Grave, même si on se doute très vite (ou même dès le début si on est amateur de steampunk) de sa réelle nature, et on se laisse émerveiller par les gadgets et les secrets des Inventeurs qui peuplent ces États-Unis alternatifs.
Le petit laïus de l’éditeur nous promettait « monstres d’acier » (c’est bon, et il y en a des plutôt coriaces !), « magie vaudou » (bon, je n’en ai pas relevé des tonnes d’allusions au sujet, même si on en trouve un peu à la fin) et « combat pour la liberté » (c’est en effet la mission de notre jeune héroïne mais ça reste à réaliser). Globalement, le programme est tenu, mais on sent quand même bien qu’il ne s’agit que d’une mise en bouche et qu’il nous faudra probablement attendre la suite pour en apprécier toute la saveur… Car nombre de mystères sont posés et l’auteur nous promet de belles aventures à venir… A suivre, en tous cas et peut-être aurons-nous quelques réponses durant le Salon du livre ! :)

Le secret de l’inventeur, 1. Rébellion, Andrea Cremer (Lumen)
en librairie depuis le 12 février 2015
9782371020290 – 15 €
à partir de 13 ans

Son
4

Et plus encore – Patrick Ness

Nous sommes en 2015 et, après quelques vacances bien méritées, Bob et Jean-Michel reviennent et vous souhaitent une excellente nouvelle année, et notamment en matière de lectures ! ;) Et s’ils étaient en repos, ils n’ont en revanche pas oublié de lire un petit peu, pour vous proposer leurs premières chroniques de l’année !

9782070661701,0-2356419

Un garçon se noie dans l’océan, seul et désespéré. Il meurt. Puis il se réveille, nu, assoiffé, blessé, mais vivant. Comment est-ce possible ? Et quel est cet endroit désert dans lequel il s’est levé ? Est-il en enfer ? Ou bien n’est-il pas mort ? Autant de questions auxquelles le jeune homme va devoir trouver des réponses…

★★★★☆

Si vous n’avez jamais lu Patrick Ness, ne lisez pas plus loin cet article et filez directement vous procurer l’excellente trilogie du Chaos en marche ou le superbe Quelques minutes après minuit. Si vous en avez déjà lu, alors vous connaissez la puissance de la plume de ce raconteur d’histoires étonnant. Dans ce nouveau roman, Patrick Ness montre encore à quel point ses histoires possèdent une force et une originalité toutes particulières. Il faut dire qu’il sait comment nous mettre tout de suite dans le bain (sans mauvaise jeu de mot !) avec une scène d’ouverture terrible : la noyade d’un garçon. Et sa mort. Son réveil dans un environnement étrange mais pas inconnu va alors lancer toute l’intrigue du roman et nous questionner, comme le héros, sur le réel et l’irréel de cette histoire. Patrick Ness distille son suspens avec beaucoup de talent, on ne peut s’empêcher de continuer à tourner les pages, alternant entre les souvenirs de Seth, notre héros, quand il était encore vivant, et ce qui se passe après sa mort… Pourtant, il ne se passe pas tant de choses que ça malgré le nombre de pages (si vous cherchez de la science-fiction avec un peu d’action, passez votre chemin) et c’est bien toute l’introspection du personnage qui nous intéresse. Car cette expérience traumatisante va être pour lui le moyen de réfléchir à son existence, de comprendre les événements de son passé… à moins que rien de tout cela n’ait existé ? Cette question de la réalité va être la plus importante de l’histoire car les événements vont pousser Seth à reconsidérer toute sa vie…et sa mort. Autant vous dire que ce roman ne vous laissera pas indifférent et va vous amener à vous questionner sur le sens de la vie. N’est-ce pas là le propre d’une bonne lecture ? Passionnante et enrichissante ? En tous cas, laissez-vous tenter par ce titre, Et plus encore va vous subjuguer…et bien plus encore ! (ouais, bon, elle était facile, celle-là !)

Et plus encore, Patrick Ness (Gallimard)
en librairie depuis le 28 novembre
9782070661701 – 19,50 €
à partir de 14 ans

Son
3

In the after – Demitria Lunetta

9782371020153,0-2265542

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de roman post-apocalyptique aussi enthousiasmant ! Premier roman de Demitria Lunetta, qui semble être aussi le 1er tome d’une série (la suite vient de paraître aux Etats-Unis), In the After est particulièrement bien réussi dans son genre.

Amy, 14 ans, est devant sa télé quand tout bascule : des créatures surgissent, tuant et dévorant tous les humains. Personne ne sait d’où Ils viennent, mais il ne faut que quelques jours pour que toute la population disparaisse de la surface de la Terre… Ou presque. Car Amy fait partie des rares survivants et, avec une petite fille trouvée dans un supermarché, elle va devoir apprendre à survivre dans un monde complètement nouveau…

★★★★★

Véritable page-turner, on se laisse entraîner dans cette histoire de monstres et de silence avec une grande facilité. J’ai beaucoup aimé ce côté survie qui dure une bonne partie du roman, où le silence est la clé pour vivre un jour de plus dans ce monde infesté par des extraterrestres cannibales. J’ai trouvé l’héroïne très convaincante et le duo qu’elle forme avec Baby, une petite fille de 4 ans trouvée blessée dans un supermarché, est particulièrement touchant. C’est d’ailleurs ce que j’ai le plus aimé : cette relation étonnante, née dans la peur et le silence, où leur seule façon de communiquer est par le langage des signes, adapté par elles et pour elles. La description de la survie des deux filles est tout à fait convaincante (même si Amy part avec de gros avantages par rapport à ses voisins), de même que leurs réactions lors de leur rencontre avec d’autres survivants. Car leur vie en complète autarcie dure tout de même trois ans et quand elles finissent par retrouver un semblant de civilisation, dans la ville de New Hope, tout ne se passe pas forcément comme prévu… En effet, les survivants sont peut-être organisés et plein d’espoir pour un avenir meilleur, mais vous vous doutez bien que, dans un tel monde, il y a également beaucoup de secrets… A commencer par ces redoutables créatures : qui sont-elles ? d’où viennent-elles ? Autant de questions que va se poser Amy, tout en s’attirant les foudres de certains… La vie que mènent Amy et Baby lors de leur retour à la « civilisation » est également un grand sujet de questionnements car la politique adoptée par New Hope n’est pas forcément au goût de la jeune fille. Liberté individuelle, droit des femmes, propagande… Tous les ingrédients d’un bon roman post-apo sont présents et on ne s’ennuie vraiment pas un seul instant ! J’ai d’autant plus aimé que l’auteur évite l’écueil de la romance ! Eh oui ! On a bien souvent dans ce genre de romans une belle héroïne qui s’amourache du héros bad-boy (ou même de deux héros, un gentil parfait et un un peu plus ténébreux, parce que c’est romantique les relations torturées) et qui doivent faire face à l’adversité. Ici, c’est la relation Amy et Baby qui prime, deux sœurs par la force des choses, et s’il y a malgré tout un jeune homme de l’âge d’Amy avec qui elle se rapproche, leur relation n’a que peu d’importance. En fait, Amy n’a pas besoin d’être amoureuse pour exister (ce qui m’a toujours semblé être le cas dans beaucoup d’œuvres similaires) et, pour le coup, est une véritable rebelle, qui ne se découvre pas rebelle au moment où le pire se passe, mais qui est déjà une forte personnalité et consciente du monde qui l’entoure. C’est pour moi un point très fort de ce roman, que je vous conseille donc très vivement !

In the after, Demitria Lunetta (Lumen)
en librairie le 11 septembre
9782371020153 – 15 €
à partir de 13 ans

Son
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La guerre de 14 n’a pas eu lieu – Alain Grousset

En 1914, l’attentat de Sarajevo échoue. La guerre est évitée mais la suspicion règne à travers l’Europe. Deux murs infranchissables, lignes de défense entre la France et l’Allemagne, sont construits. Cent ans plus tard, en 2014, la ligne Maginot et la ligne Siegfried sont toujours là et la France et l’Allemagne vivent repliées sur elles-mêmes. Constance, une jeune femme aux idées de paix, va se retrouver au centre d’une mission d’espionnage qui va lui faire traverser les frontières…

★★★☆☆

Roman d’uchronie par excellence, Alain Grousset nous propose une version de ce qu’aurait été notre vie si la Grande Guerre n’avait pas eu lieu. Et, selon lui, notre vie ne serait pas bien différente de celle du début du XXe siècle… Intriguant, non ? Nous suivons donc Constance, une jeune femme d’origine alsacienne, à une époque où l’Alsace et la Lorraine ne font pas partie de la France et où les droits des femmes sont quasi inexistants. Ses connaissances de l’allemand et de l’alsacien vont rapidement la mener à Paris, où elle va être engagée par les services secrets français, afin de dérober les secrets du nucléaire aux allemands, car la bombe menace… Espionnage et aventures sont au rendez-vous dans ce roman…un peu trop court ! L’histoire est plutôt facile et se laisse lire, mais j’ai trouvé « l’univers » assez peu développé, on a juste l’impression d’être au début du siècle dernier et pas dans un futur parallèle. Du coup, je n’ai pas beaucoup ressenti l’uchronie en tant que telle et le style d’Alain Grousset ne m’a pas plus emballée que ça. Toujours du fait d’un nombre de pages assez réduit, les événements sur la fin s’enchaînent très rapidement, finissent avec un happy end un peu facile et un épilogue du même acabit. C’est dommage car l’idée est bonne, Alain Grousset nous fait réfléchir sur l’enfermement, l’état actuel de notre monde et à l’égalité hommes-femmes, qui n’est pas si évidente, même de nos jours et même dans notre pays ! De bonnes idées, donc, et un roman qui se lit bien, mais qui aurait mérité d’être un peu plus étoffé…

9782081331358,0-2290436
La guerre de 14 n’a pas eu lieu, Alain Grousset (Flammarion)
en librairie le 27 août
9782081331358 – 13 €
à partir de 12 ans

Son
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Humains – Matt Haig

Humains

Aujourd’hui, une nouvelle perle des éditions Hélium, qu’on a tendance à beaucoup aimer chez Bob et Jean-Michel, et on espère que vous aussi ! D’ailleurs, un grand merci à eux de nous avoir envoyé le livre en « avant-première », mais pas de panique, vous pouvez le trouver dès aujourd’hui dans vos librairies préférées !

Andrew Martin est un brillant mathématicien britannique. Le jour où il démontre l’hypothèse de Riemann, il disparaît, aussitôt remplacé par un extraterrestre, dont la mission va être d’éliminer toute personne ayant connaissance des travaux du professeur. Et si la mission paraît simple, prendre la place d’Andrew Martin se révèle plus complexe, surtout quand on considère les humains comme primitifs et violents…

★★★★★
Vous vous êtes déjà demandé ce que penseraient de nous les extraterrestres ? Eh bien vous avez la réponse dans ce roman loufoque et génial !

J’avais beaucoup aimé Matt Haig avec son précédent roman jeunesse (La forêt interdite, très différent) et je n’ai pas été déçue par cette critique de notre petite espèce bien incapable de gérer la résolution d’un mystère mathématique (je ne vous dis pas ce qui arriverait si Andrew Martin publiait ses résultats, mais heureusement que notre extraterrestre a agi !) et, surtout, par cet humour ravageur qui nous fait sourire d’un bout à l’autre du roman. Quand même, la scène d’ouverture où notre nouvel arrivant découvre l’humanité est juste hilarante (je ne vous dis rien non plus car ce serait gâcher une agréable surprise) ! Bref, notre extraterrestre découvre et note tous nos travers et bizarreries et se lance surtout dans un méthodique travail d’enquête afin de détruire toutes les preuves de la résolution de l’hypothèse de Riemann. En contact perpétuel avec ses « chefs », la réplique d’Andrew Martin va tenter de s’attacher strictement à sa mission…jusqu’au moment où ce qu’il croyait savoir de l’humanité commence à se craqueler… Difficile de ne rien révéler sans vous gâcher de savoureux moments ! En tous cas, foncez sur cette histoire intergalactique et mathématique (ok, ça fait peur, mais rassurez-vous, il n’y en a pas tant que ça !) car vous allez passer l’un des meilleurs moments de cette rentrée littéraire ! :)

Humains, Matt Haig (Hélium)
en librairie le 20 août
9782330034269, 15,90 €
à partir de 13 ans