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Les Zarnak – Julian Clary et David Roberts

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Spot et Sally sont deux hyènes qui s’ennuient ferme dans leur savane africaine. Lorsqu’un couple de touristes est malencontreusement avalé par un crocodile, les deux animaux décident de prendre leur place. Ils deviennent alors Amelia et Fred Zarnak, petit banlieusards londoniens et s’installent donc en Angleterre à la place du couple humain. Spot et Sally vivent alors comme les humains, ont un travail, font les courses, puis des enfants…

★★★★☆

Et si des animaux prenaient la place des humains ? Le remarquerions-nous ? Car la capacité d’adaptation de Spot et Sally est spectaculaire ! Il faut dire qu’à force de voir des touristes dans leur savane, ils comprenaient plutôt bien l’anglais…il ne restait qu’à cacher sa queue (l’élément indispensable pour ne pas être repéré) et savoir se mouvoir sur les pattes arrière et le tour est joué ! Une fois en Angleterre, d’ailleurs, personne ne semble voir la supercherie, on constate seulement que les Zarnak sont particulièrement joyeux : ils rient tout le temps ! Le couple est très apprécié des voisins, Fred est concepteur de blagues pour une compagnie qui fabrique des caramels et Amelia vend des chapeaux qu’elle fait elle-même. Bref, le couple d’amis idéal ! Sauf peut-être pour Mr McPafûte, un vieux bonhomme solitaire qui regarde les Zarnak d’un mauvais œil. Et ça ne s’arrange pas lorsque Fred et Amelia deviennent les heureux parents de deux mignonnes petites hyènes : Zack et Zoé. Mais le pire est à venir lorsque, en jouant, Zoé révèle malencontreusement sa queue, sous le regard stupéfait de sa meilleure amie humaine Minnie…et celui de Mr McPafûte qui repeignait son toit…

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Je ne vous dis rien de plus sur ce roman totalement déjanté, dans la plus pure veine du roman humoristique anglais pour la jeunesse, où les situations rocambolesques se succèdent pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Les illustrations de David Roberts sont géniales et sa représentation des hyènes habillées en humain absolument savoureuse. Des tronches tout le temps hilares, du dynamisme et parfois un peu d’angoisse accompagnent le texte fou de Julian Clary. Un texte qui est bien sûr une réflexion sur la tolérance, l’acceptation de la différence, mais qui fait également la part belle à de l’aventure, de l’émotion et, surtout, de bonnes scènes d’humour ! On appréciera d’ailleurs les blagues Carambar (oui, je l’ai dit !) de Fred Zarnak tout au long du récit. Une famille originale et décapante, qu’on découvre avec beaucoup de plaisir et qu’on a hâte de retrouver dans une nouvelle aventure tout aussi drôle et décalé ! :)

Les Zarnak, Julian Clary, illustré par David Roberts, traduit par Natalie Zimmermann (ABC Melody)
collection Melokids
disponible depuis le 2 juin 2016
9782368360699 – 11,90€
à partir de 8 ans
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Krol le fou – Sigrid Baffert

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Nous avions beaucoup aimé ici l’écriture sensible de Sigrid Baffert quand elle nous racontait l’histoire de la Fille qui avait deux ombres. Cette fois-ci, si c’est à de plus jeunes lecteurs que ce petit roman s’adresse, on retrouve encore une fois toute la sensibilité de l’auteure dans ce très beau texte illustré avec tout autant de finesse par Aurore Callias.

Edgar aime s’assoir après l’école sur le banc qui fait face à la mer et observer le rocher de Bass Rock, où nichent des fous de Bassan. Un jour, un oiseau se pose à côte de lui et se met à lui parler. Il s’appelle Krol, c’est un fou de Bassan et lui aussi aime le calme et rester à l’écart des autres…

★★★★☆

Edgar est un garçon solitaire et « trop lent » pour ses camarades de classe. Ce qu’il aime, c’est observer les oiseaux avec ses jumelles, Edgar est un scrutateur. C’est ce qui a plu à Krol et l’a incité à se poser sur le banc à côté du petit garçon pour lui parler. Passé la surprise de découvrir un oiseau qui parle, Edgar et Krol vont commencer à discuter ensemble et apprendre à se connaître. Bientôt, le fou a un service à demander au garçon, un service très important : lui écrire une lettre. Pas une lettre d’excuse, ou d’amour, mais plutôt une lettre de recommandation car Krol désire se trouver un travail. Un travail un peu comme les humains, ce qui étonne Edgar qui aimerait tant savoir voler, voltiger et plonger comme les fous de Bassan…

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Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir cette très belle rencontre entre ce garçon et ce fou, une histoire étonnante où un drôle d’oiseau va permettre à un enfant d’affronter sa solitude et de gagner en confiance en lui. On ressent toute l’affection de Sigrid Baffert pour ses personnages, pour cette tranche de vie au bord de la mer, ce petit moment de rêve. Les très belles illustrations d’Aurore Callias ajoutent à la tendresse qui se dégage de ce petit roman virevoltant comme un fou de Bassan.

Pour découvrir un peu plus le livre et ses illustrations, l’éditeur a réalisé une petite vidéo très chouette, avec la lecture d’un extrait par Sigrid Baffert herself !

Krol le fou, Sigrid Baffert, illustré par Aurore Callias (L’école des loisirs)
collection Mouche
disponible depuis le 30 mars 2016
9782211225717 – 8€
à partir de 7 ans
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Tempête au haras – Chris Donner et Jérémie Moreau

On connaît bien Chris Donner en littérature jeunesse et l’auteur fait cette fois-ci ses premiers pas dans la bande dessinée, en tant que scénariste et adaptateur de son roman paru en 2012 à l’école des loisirs, Tempête au haras. Au dessin, et au scénario également, on retrouve Jérémie Moreau, jeune dessinateur très remarqué de l’album Le Singe de Hartlepool (à découvrir absolument si vous ne le connaissez pas !)

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Jean-Philippe rêve de devenir jockey. Né dans le haras tenu par ses parents en même temps que Belle Intrigante, il ne se sent heureux qu’entouré de chevaux. Et lorsque la jument met au monde une pouliche, Tempête, il est persuadé qu’elle est le « crack » que tout le monde attend et qu’il montera. Jusqu’au jour où la tempête éclate et vient briser en mille morceaux tous ses rêves…

★★★★☆

Si vous aviez lu le roman original de Chris Donner, point de surprises dans cette histoire fidèlement adaptée. J’y ai retrouvé les mêmes sentiments qu’à la lecture de ce roman qui m’avait beaucoup plu : une histoire simple et touchante sur le handicap et la persévérance, une évocation passionnée des chevaux, un soupçon de suspense et d’aventure, ainsi qu’une belle leçon de courage.

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Les illustrations de Jérémie Moreau, à l’aquarelle, sont ainsi en parfaite adéquation avec le récit. La technique se prête idéalement à l’ambiance de Tempête au haras, les palettes de couleurs sont tantôt douces et lumineuses, tantôt sombres et effrayantes. Le mouvement est également indispensable dans une histoire sur les courses hippiques et je trouve les images de Jérémie Moreau vraiment superbes sur ce point. Il n’y a qu’à voir cette couverture, pleine de force et de vie !

Une adaptation du roman de Chris Donner très réussie, brillamment illustrée par Jérémie Moreau, qui se lit avec toute la patience que l’on prend à panser un cheval ou avec toute la fougue d’un cheval au galop. Le choix est vôtre ! :)

Tempête au haras, Chris Donner et Jérémie Moreau (Rue de Sèvres)
disponible le 7 octobre 2015
9782369810520 – 14€
à partir de 9 ans

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Phototoutou – Sylvie Serprix

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On ne vous avait pas encore parlé de la Palissade, toute jeune maison d’édition basée à la Rochelle qui publie principalement des albums. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir leur nouveauté, un album pour les amateurs de canidés. :P

Tous les ans est organisé le concours Phototoutou, où les gens défilent avec leurs compagnons à quatre pattes dans un photomaton. Un seul « couple » remportera le trophée…

★★★★☆

On dit souvent que les animaux, et plus particulièrement les chiens, ressemblent à leurs maîtres. J’avoue ne plus me souvenir des titres, mais déjà quelques auteurs et illustrateurs ont confirmé cet adage (oui, je sais, c’est facile de dire ça !). Sylvie Serprix, elle, en fait tout son album ! Ainsi, maîtres et leurs chiens se succèdent dans la cabine du photomaton pour se faire tirer le portrait. Des enfants jusqu’aux personnes âgées, hommes comme chiens sont tous très différents les uns des autres mais tous semblent partager cet amour pour leur binôme.

Qui se ressemble s'assemble ?

Qui se ressemble s’assemble ?

J’ai beaucoup aimé les illustrations de Sylvie Serprix, à la peinture, qui dégagent une grande douceur, et la variété des couleurs choisies. De plus, les personnages et les chiens qu’elle a décidé de représenter ne sont pas aussi caricaturaux que ce à quoi l’on pourrait s’attendre sur un sujet pareil. Ce qui en fait un ouvrage plein de tendresse, de jolis moments entre les personnages et leurs compagnons à poils.
Les textes qui accompagnent chaque « couple » jouent sur les rythmes et les rimes et on imagine bien le présentateur extérieur commentant les duos, à la manière de tous les concours.

Mon duo préféré parce que les tâches de rousseur, c'est trop mignon !

Mon duo préféré parce que les tâches de rousseur, c’est trop mignon !

Après cette belle galerie de photographies, la dernière page laisse à l’enfant le choix du vainqueur de ce concours qui a du chien et qui devrait sans aucun doute plaire à tous ces petits qui s’émerveillent devant le meilleur ami de l’homme. :)

Phototoutou, Sylvie Serprix (La Palissade)
disponible le 22 septembre 2015
9791091330206 – 13,80€
à partir de 6 ans

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Nous, les enfants sauvages – Alice de Poncheville

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Vous ne trouvez pas que la couverture de ce roman fout un petit peu les jetons ? :D Pourtant, pas d’horreur dans ce livre…enfin…

Après l’éradication des animaux qui ont causé des épidémies et ravagé le monde, celui-ci se reconstruit petit à petit. Linka et sa petite sœur Oska vivent dans la 16e Maison, un orphelinat où chacun doit préparer son avenir pour répondre au mieux aux exigences du Ministère. Un jour, Linka trouve une bête dans un terrain vague. Elle la nomme Vive et, se sentant soudain plus forte avec la présence de cet être étrange, elle commence à rêver d’une autre vie…

★★★★★

Imaginez un monde sans animaux, un monde où le métier le plus prestigieux est celui de chasser les oiseaux pour les tuer. Dans l’univers imaginé par Alice de Poncheville, c’est l’élevage intensif, les traitements infligés aux bêtes qui ont conduit le monde à sa perte. Aujourd’hui, il ne reste plus que les rats, indécrottables survivants, et les insectes, source de protéines pour les habitants de ce monde. Et les rares oiseaux ou petits animaux, instantanément exterminés lorsqu’ils sont signalés. Alors quand une flopée d’enfants ne rêve que de voir ces beaux renards ou ces impressionnants éléphants autrement que dans les documentaires du vieux monde, il ne faut pas s’étonner qu’on parle de mystérieux enfants sauvages et de ce terroriste de Docteur Fury…
Le roman d’Alice de Poncheville est magnifique et son histoire, une dystopie, se distingue dans le genre en évitant tous les poncifs des grandes séries à succès. Le résumé ci-dessus ne vous donne clairement pas tout ce qu’on retrouve dans l’histoire, et cela vaut sans doute mieux tant il est beaucoup plus intriguant de découvrir au fur et à mesure le fonctionnement de ce monde, de se laisser emporter dans l’écriture passionnante de l’auteure. Et de faire connaissance avec des personnages tous plus intéressants les uns que les autres. Linka et sa sœur, ainsi que tous les autres personnages que nous rencontrons, sont vraiment attachants. Même si le rôle d’orphelin dans une histoire initiatique n’est pas nouveau, ni les directeurs d’orphelinats peu amènes, l’engouement pour l’histoire est telle que cela ne nous dérange pas, on veut juste se laisser porter par le vent, à l’instar de Vive, jusqu’à la fin du roman. Nous, les enfants sauvages est une très belle ode à la nature, on se laisse emporter dans la poésie des enfants sauvages, les souvenirs d’un monde perdu, les amitiés indéfectibles et la générosité de résistants en passe de mener une rébellion. Je me suis régalée des mots et des images d’Alice de Poncheville, et j’espère que vous en ferez tout autant ! :)

Nous, les enfants sauvages, Alice de Poncheville (Ecole des Loisirs)
collection Medium
disponible le 2 septembre 2015
9782211221986 – 19,50€
à partir de 13 ans

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Le journal de Gurty – Bertrand Santini

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Aujourd’hui, Bob et Jean-Michel vous parlent ENFIN de Gurty, petit phénomène que vous pouvez retrouver sur Facebook et, surtout, la nouvelle pépite des éditions Sarbacane (ouais, bon, elle était facile celle-là…)

Gurty est une petite chienne qui part avec Gaspard, son humain, en vacances en Provence. A travers son journal, nous découvrons ses deux mois de vacances et toutes les aventures qui ont rythmé ses journées.

★★★★★

Le journal de Gurty est sans aucun doute LE livre de l’été ! Il faut dire qu’avec une couverture jaune soleil, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose ! Mais, surtout, c’est bien l’histoire racontée par Gurty elle-même qui va nous faire passer un superbe été, un été plein de bonne humeur, de rire et de jeux. En fait, ce livre est tout bêtement génial ! Raconté par une petite chienne, donc, nous entrons dans la vie intime et ô combien étrange de nos amis canidés. Une vie qui, finalement, n’est pas si éloignée de la nôtre… Gurty à des amis, en tous cas une qu’elle retrouve chaque été : Fleur, qui n’est pas normale (mais faut pas se moquer!) ; des ennemis : un chat particulièrement moche surnommé Tête-de-Fesses ; un maître-papa qui la gronde quand elle fait des bêtises ; des passions pour la nourriture, courir après les écureuils et renifler le derrière des autres chiens…

L’écriture de Bertrand Santini est rafraîchissante, on rit tout le temps et elle me semble totalement à hauteur d’enfant dans sa façon de raconter les choses et dans son humour. En tous cas, je me suis régalée dans ce journal qui court du 1er au 42 juillet, avec des chapitres parfois très courts (le 5 juillet notamment est génial !) ou plus longs, mais tous plus drôles et déjantés les uns que les autres. On y trouve également beaucoup de comique de répétition qui fonctionne à merveille ! Le texte est vraiment drôle, enlevé, malin et malicieux. Les illustrations sont d’autant plus réussies et parfaitement en adéquation avec le texte qu’elles sont réalisées par Bertrand Santini himself. Personnellement, je suis fan de Fleur et de sa drôle d’allure (elle n’est pas normale, mais faut pas se moquer !). :P

A la fin du livre, vous trouverez un certain nombre de jeux proposés par Gurty : des points à relier, des mots croisés, un Où-est-Tête-de-Fesses (je l’ai pas trouvé, moi, et Jean-Michel non plus – on est un peu nul…), et même un test (je suis tombée sur Gurty mais c’était presque ex-aequo avec Fleur et Jean-Michel a eu Tête-de-Fesses, hahaha) ! :D
Bref, un excellent roman à emporter avec soi pour passer les meilleures vacances de l’univers en compagnie de Gurty.

Le journal de Gurty : vacances en Provence, Bertrand Santini (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 6 mai 2015
9782848657899 – 9,90€
à partir de 8 ans