Son
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Cell. 7 : la mort vous regarde – Kerry Drewery

97820122057890-3385832

Une couverture métallisée, un œil qui vous regarde… Non, ce n’est pas la nouvelle saison de Secret Story, quoique, remplacez la maison par une prison et vous obtiendrez Cell.7, un nouveau genre de téléréalité…

Dans une Angleterre futuriste, le système judiciaire a évolué : la peine de mort a été rétablie et chaque citoyen peut voter pour ou contre l’exécution des prisonniers. Martha Honeydew a seize ans et elle est la première adolescente à entrer dans le couloir de la mort. Son crime : avoir assassiné Jackson Paige, une star de la téléréalité appréciée de tout le monde. Désormais, ce sont 2 millions de citoyens qui vont juger la jeune femme…

★★★☆☆

Martha Honeydew va passer sept jours, passant de cellules en cellules (une différente chaque jour), scrutée par les caméras et les millions de gens vivant dans cette Angleterre de science-fiction où les riches vivent séparés des pauvres et où règne une justice dite démocratique. « Mort = Justice », c’est le nom de l’émission de télé la plus populaire du pays où, chaque jour, est proposé un récapitulatif de ce qui se passe dans le couloir de la mort, où l’on voit évoluer les condamnés de cellule en cellule jusqu’à la Cell.7, celle de la chaise électrique. Mais c’est aussi dans cette émission que sont dévoilés les votes du public qui détermineront le sort des condamnés : il suffit de voter par téléphone ou sur Internet, moyennant quelques £, of course, ce qui, vous pensez bien, n’est pas à la portée de toutes les bourses…

Justice et corruption, univers de la téléréalité qui cache de bien sombres secrets, culpabilité et innocence, autant de thématiques développées dans ce roman bien ficelé qui multiplie les points de vue : celui de Martha, dans le couloir de la mort, qui clame haut et fort son crime ; Eve, son assistante juridique, dont le métier est en voie de disparition, qui pense qu’il y a bien plus derrière ce crime que ce que Martha dit ; et d’autres qui se révèlent au fur et à mesure de l’histoire. Il y a également l’émission « Mort = Justice » retransmise chaque jour dans le livre, et qui est peut-être son seul écueil puisqu’il n’est pas si simple de rendre à l’écrit ce qu’on nous décrit à l’écran (en tous cas, ces parties-là m’ont semblé moins faciles à lire et souvent répétitives : description du générique, des transitions, etc.). Malgré un univers finalement assez classique (les pauvres d’un côté victimes d’injustices et les riches de l’autre qui ont tout pouvoir) Kerry Drewery dresse le portrait d’une société terrifiante et nous interroge, plus que sur la peine de mort, sur le sens même de la justice. Un roman qui n’est pas sans rappeler un épisode de l’excellente série Black Mirror (mais je ne vous dit pas en quoi ou vous en perdriez la surprise) et qui, avec rythme et de bons ressorts, parvient à nous happer jusque la dernière page. Il semblerait que Cell.7 soit le premier tome d’une trilogie mais je trouve que, même si certains éléments peuvent appeler à une suite, il se suffit aussi à lui-même. Une lecture vraiment intéressante. :)

Cell. 7 : la mort vous regarde, Kerry Drewery, traduit par Christophe Rosson (Hachette romans)
disponible depuis le 28 septembre 2016
9782012205789 – 18€
à partir de 14 ans
Son
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Les Zarnak – Julian Clary et David Roberts

9782368360699,0-3281108

Spot et Sally sont deux hyènes qui s’ennuient ferme dans leur savane africaine. Lorsqu’un couple de touristes est malencontreusement avalé par un crocodile, les deux animaux décident de prendre leur place. Ils deviennent alors Amelia et Fred Zarnak, petit banlieusards londoniens et s’installent donc en Angleterre à la place du couple humain. Spot et Sally vivent alors comme les humains, ont un travail, font les courses, puis des enfants…

★★★★☆

Et si des animaux prenaient la place des humains ? Le remarquerions-nous ? Car la capacité d’adaptation de Spot et Sally est spectaculaire ! Il faut dire qu’à force de voir des touristes dans leur savane, ils comprenaient plutôt bien l’anglais…il ne restait qu’à cacher sa queue (l’élément indispensable pour ne pas être repéré) et savoir se mouvoir sur les pattes arrière et le tour est joué ! Une fois en Angleterre, d’ailleurs, personne ne semble voir la supercherie, on constate seulement que les Zarnak sont particulièrement joyeux : ils rient tout le temps ! Le couple est très apprécié des voisins, Fred est concepteur de blagues pour une compagnie qui fabrique des caramels et Amelia vend des chapeaux qu’elle fait elle-même. Bref, le couple d’amis idéal ! Sauf peut-être pour Mr McPafûte, un vieux bonhomme solitaire qui regarde les Zarnak d’un mauvais œil. Et ça ne s’arrange pas lorsque Fred et Amelia deviennent les heureux parents de deux mignonnes petites hyènes : Zack et Zoé. Mais le pire est à venir lorsque, en jouant, Zoé révèle malencontreusement sa queue, sous le regard stupéfait de sa meilleure amie humaine Minnie…et celui de Mr McPafûte qui repeignait son toit…

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Je ne vous dis rien de plus sur ce roman totalement déjanté, dans la plus pure veine du roman humoristique anglais pour la jeunesse, où les situations rocambolesques se succèdent pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Les illustrations de David Roberts sont géniales et sa représentation des hyènes habillées en humain absolument savoureuse. Des tronches tout le temps hilares, du dynamisme et parfois un peu d’angoisse accompagnent le texte fou de Julian Clary. Un texte qui est bien sûr une réflexion sur la tolérance, l’acceptation de la différence, mais qui fait également la part belle à de l’aventure, de l’émotion et, surtout, de bonnes scènes d’humour ! On appréciera d’ailleurs les blagues Carambar (oui, je l’ai dit !) de Fred Zarnak tout au long du récit. Une famille originale et décapante, qu’on découvre avec beaucoup de plaisir et qu’on a hâte de retrouver dans une nouvelle aventure tout aussi drôle et décalé ! :)

Les Zarnak, Julian Clary, illustré par David Roberts, traduit par Natalie Zimmermann (ABC Melody)
collection Melokids
disponible depuis le 2 juin 2016
9782368360699 – 11,90€
à partir de 8 ans
Son
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Le mystère Blackthorn – Kevin Sands

9782747057844,0-3233892

1665, Londres. Christopher Rowe a 14 ans et est apprenti chez l’apothicaire Benedict Blackthorn, qui lui apprend depuis quatre ans les secrets de fabrication des remèdes et potions. Mais depuis quelques semaines, une menace pèse sur la ville : une secte occulte assassine des apothicaires. Et l’étau semble se resserrer autour du maître de Christopher…

★★★★★

Si vous aimez les intrigues trépidantes et les énigmes, Le mystère Blackthorn est fait pour vous ! Ce premier roman de Kevin Sands est une vraie réussite. On se laisse emporter dans l’histoire avec une étonnante facilité et on arrive au bout des 500 pages sans s’en rendre compte ! Et pour ceux qui n’aimeraient pas trop les romans historiques, celui-ci devrait vous réconcilier avec le genre : point de descriptions à n’en plus finir des us et coutumes ou de la politique de l’Angleterre du XVIIe siècle. Pas d’histoire prétexte pour nous évoquer la vie des enfants à cette époque. Il y a bien évidemment tous ces éléments historiques, indispensables à la cohérence, mais l’auteur nous les distille de façon admirable, en parfaite adéquation avec son récit, et sans aucun ennui. Nous sommes dans une véritable enquête où codes secrets et mystères divins vont donner du fil à retordre à notre jeune héros. :P

Christopher est un jeune orphelin qui a eu la chance de trouver un apprentissage auprès d’un apothicaire renommé. Quatre ans à son service lui ont permis de s’instruire, d’apprendre à connaître et reconnaître les ingrédients utiles à la confection de remèdes ou de poisons et d’appréhender le futur métier d’apothicaire. C’est également à cette période qu’il rencontre Tom, le fils du boulanger, et son meilleur ami depuis qu’il lui a catapulté des fruits pourris sur la tête. Un ami qui ne sera pas inutile lorsque les choses vont se corser pour Christopher et une amitié qui apporte aussi la touche d’humour du roman.

Je ne vous révèle rien d’autre sur cette histoire passionnante, qui nous emmène dans le monde captivant des apothicaires et, plus largement, des alchimistes, à la découverte de secrets qu’il vaudrait parfois mieux garder précieusement. Kevin Sands propose dans son roman une véritable immersion dans le métier de l’apothicaire, et on appréciera toutes les explications des symboles, les précis d’alchimie ou les codes à déchiffrer qui parsèment le récit. Des personnages attachants, une histoire haletante et bien menée, telle une chasse au trésor, Kevin Sands réussit un excellent premier roman ! :D

Le mystère Blackthorn, Kevin Sands, traduit par Pascale Jusforgues (Bayard Jeunesse)
disponible le 11 mai 2016
9782747057844 – 15,90€
à partir de 10 ans
Son
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Les garçons ne tricotent pas (en public) – T.S. Easton

Saint-Jean-Michel-des-Eaux, attention les yeux ! Ce livre a sans doute l’une des couvertures les plus atroces (je ne peux pas la regarder plus de 0,005 secondes sans avoir envie de me crever les yeux), les plus improbables, les plus « mais…mais…pourquoi ???? » (euh…sérieusement, Nathan, POURQUOI ???) mais ne vous y fiez pas et essayez de faire abstraction, de coller du papier journal dessus, de la couvrir avec du papier opaque comme vos manuels de cours en 6e, car vous passeriez quand même à côté d’un très très bon moment de lecture, parole de Bob. :)

9782092559161,0-3155289Ben Fletcher, après avoir volé une bouteille de Martini Rosso et renversé à vélo la dame qui fait traverser les petits, est désormais placé sous contrôle judiciaire. Dans le cadre de sa mise à l’épreuve, il est contraint de s’inscrire à une activité manuelle, et à cause d’un malentendu, il se retrouve dans le cours de tricot ! L’horreur ! Ben accepte cependant de jouer le jeu, tant que personne en dehors du groupe de tricot n’est au courant. Et il découvre bien vite que le tricot, ce n’est pas si mal et qu’il est quand même vachement doué…

★★★★★

Comment cacher à vos amis un peu cons et à votre père archétype de la virilité que vous vous adonnez à une « activité de fille » et, pire, « de vieille » ? C’est bien là tout le problème de Ben, 16 ans, pas trop doué avec les filles (mais vachement amoureux de Megan, et de sa prof Melle Swallow et puis la mère de Megan est pas mal non plus…) ni vraiment en rien, d’ailleurs, qui se fait harceler occasionnellement par la terreur du lycée, et qui vivait sa vie plutôt tranquillement jusqu’à l’incident qui lui a valu des ennuis avec la justice. Ben va inventer pas mal de mensonges, qui vont le mettre dans des situations précaires, surtout quand le tricot se révèle une activité qui le passionne et pour laquelle il est vraiment très doué. Doué au point de participer à des compétitions locales puis de plus en plus importantes… De mensonges en mensonges, Ben s’enlise et tout pourrait bien vite tourner au vinaigre…

Pour notre plus grand plaisir, les stratégies de Ben conduisent à des moments improbables, cocasses et parfois totalement débiles. Écrit sous la forme d’un journal intime, T.S. Easton (qui est aussi l’auteur d’une dystopie dont on vous a parlé) nous brosse le portrait d’un adolescent absolument attachant. Je me suis amusée du début à la fin et j’ai éclaté de rire à de nombreuses reprises. Les dialogues sont géniaux, les nombreux personnages – même parfois un peu stéréotypés – offrent une galerie particulièrement comique et l’histoire, même s’il est loin d’y avoir de l’action, propose des tas de rebondissements plus savoureux les uns que les autres. On ne s’ennuie vraiment pas et on passe un moment super agréable avec Ben et sa vie tout de même bien compliquée à lutter malgré lui contre les préjugés. Si vous avez lu Susin Nielsen, Ben m’a pas mal fait penser à certains de ses personnages, une espèce de nerd embrigadé dans des trucs improbables, héros du quotidien. J’ai ressenti exactement le même plaisir qu’à la lecture de Moi, Ambrose, roi du scrabble, par exemple. Et ça fait plutôt du bien ce genre d’histoire bien écrite (et bien traduite), pleine d’humour et de bonne humeur. Maintenant, j’ai envie de me mettre au tricot ! :P

Les garçons ne tricotent pas (en public), T.S. Easton, traduit par Anne Delcourt (Nathan)
disponible depuis le 10 mars 2016
9782092559161 – 15,95€
à partir de 13 ans
Son
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Le dernier songe de lord Scriven – Eric Senabre

Ce qui est bien avec Eric Senabre c’est que, quoi qu’il fasse, nous ne sommes jamais déçues ! En ce début d’année, il nous propose un voyage dans le Londres victorien et son époque pleine de mystères et d’énigmes…

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Journaliste déchu, Christopher Carandini répond à une drôle d’annonce : “Gentleman cherche secrétaire particulier pour surveiller son sommeil. Se présenter au 30 Portobello Road et demander une théière.” Intrigué mais désespérant de trouver de quoi subsister, Christopher se présente et rencontre Arjuna Banerjee, un détective très particulier puisque, pour résoudre les énigmes soumises par ses clients, il doit rêver…

★★★★☆

Engagé pour surveiller le sommeil de Banerjee, qui ne soit pas excéder les 26 minutes sous peine d’y rester, Christopher va découvrir un monde totalement nouveau, une façon étrange et étonnante de résoudre une enquête à laquelle son passé de journaliste sera également utile. Le premier client de ce duo inédit est donc lord Scriven, réincarné dans son fidèle majordome, persuadé d’avoir été assassiné dans son bureau pourtant fermé à clé de l’intérieur… Une énigme qui va donner du fil à retordre à nos deux enquêteurs de l’étrange et nous offrir un récit des plus passionnant.

Amateurs de Sherlock Holmes et d’énigmes, ce roman est fait pour vous ! On y retrouve tous les ingrédients qui font le charme des romans du début du siècle dernier : un peu de fantastique, beaucoup de mystère et une flopée de suspects potentiels, des retournements de situation et un peu d’espionnage. Sans oublier un grand méchant non sans rappeler Moriarty… On se laisse très vite emporter dans le récit, de part l’écriture d’Eric Senabre, efficace, dynamique et non sans un certain flegme tout britannique, mais également par les nombreux rebondissements de l’affaire qui, d’une « simple » crise cardiaque, va prendre des tours totalement inattendus. Je me suis vraiment passionnée pour cette histoire, pour ce personnage de Banerjee et de son mystère indien, pour Christopher et son désir de justice, pour toutes les petites références et pour ce très bel hommage aux personnages et aux histoires inventées par Conan Doyle. Et si le roman vous a plu autant qu’à moi, l’auteur laisse entendre qu’il pourrait y avoir d’autres aventures de ces détectives du rêve ! :D

Pour en savoir plus sur le livre, n’hésitez pas à visiter le site internet dédié, il y a plein d’anecdotes super chouettes et, pour ceux qui ont lu le précédent roman de l’auteur, vous ne manquerez pas de reconnaître un certain trio dans les cuisines du manoir de lord Scriven… :P

Le dernier songe de lord Scriven, Eric Senabre (Didier Jeunesse)
disponible depuis le 17 février 2016
9782278059508 – 14,20€
à partir de 12 ans
Son
4

Le prof, moi, les autres – Rachel McIntyre

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Rien de tel pour la rentrée des classes qu’un roman qui se déroule justement dans une école ! :P Bob vous emmène aujourd’hui dans un lycée d’Angleterre, à la rencontre de Lara…

Lara, 15 ans, est une élève effacée et, entre les moqueries de ses camarades, l’alcoolisme de son père et les disputes incessantes avec sa mère, la vie semble très sombre. Heureusement, il y a le beau Ben Jagger, son prof de littérature, qui lui propose d’organiser un concours de talents. Une occasion en or de se rapprocher de celui qui fait battre le cœur de toutes les filles du lycée…

★★★☆☆

Il y a longtemps que je n’avais pas lu un roman évoquant la relation amoureuse entre un professeur et son élève ! Le prof, moi, les autres s’intéresse ainsi à cette histoire d’amour interdite, mais pas que. Une grande part du roman traite en effet du harcèlement scolaire, un harcèlement vraiment terrible pour Lara. C’est sous la forme du journal intime que nous découvrons au fil des mois les épreuves que traverse cette rousse taille mannequin à la poitrine en planche à pain et dont le nom de famille, Tissein, est parfait pour se moquer de ses “Ptisein”. Sa situation familiale n’est pas meilleure : son père au chômage passe ses journées à picoler et sa mère porte toute la maison avec son maigre emploi de femme de ménage. Alors non, la vie n’est pas rose pour Lara. Mais son jeune professeur, Mr. Jagger, va être son rayon de soleil, la raison qui va la faire continuer à aller au lycée et subir tous les sévices inventés par ses camarades. J’ai trouvé certains moments véritablement très durs, pour ce qui est du harcèlement. Même les petites touches d’humour de Lara, qui n’a pourtant vraiment pas de quoi rire dans la vie, ne parviennent pas totalement à faire retomber la pression. L’histoire d’amour entre Lara et son professeur, quant à elle, met parfois mal à l’aise, et la fin ne nous permet pas de nous sentir mieux vis à vis de ce sujet, puisque l’on continue à se demander ce qui s’est réellement passé dans cette relation. Il n’en reste pas moins un roman intéressant, immersif et captivant par sa forme, et qui invite à la réflexion.

Le prof, moi, les autres, Rachel McIntyre (Milan)
collection Macadam
disponible le 9 septembre 2015
9782745972545 – 12,50€
à partir de 14 ans

Discussion
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Celle qu’on ne voyait pas – Karen McCombie

9782733836736, 0-2693210

Maisie vient de changer de collège. Son père a en effet obtenu le poste d’administrateur dans le collège pour filles Nightingale. Après l’incident dans sa précédente école, Maisie est inquiète de ne pas réussir à se faire d’amie. Heureusement, elle rencontre très vite Kat, une autre élève de 5e qui devient son amie et avec qui elle va se mettre en quête de résoudre le mystère de ce fantôme qui hanterait le collège…

Dans l’esprit de Bob

★★★☆☆

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu une histoire de fantôme pour les préados aussi plaisante ! Karen McCombie parvient à maintenir son suspense avec pas mal de réussite : on se demande jusqu’au bout comment va se résoudre cette histoire. Mais il y a aussi une très jolie histoire de famille : la mère de Maisie est morte quand elle était petite et ne garde d’elle qu’un petit carnet dans lequel elle avait laissé des conseils ou recommandations. Des conseils qui sont les titres de chaque chapitre et trouvent à chaque fois leur utilité. Il y a aussi Clem, la grande sœur un peu peste qui se révèle finalement un cœur tendre et, surtout, un papa gâteau qui tente doucement de refaire sa vie avec une jeune femme qu’il a un peu de mal à présenter à ses filles. On s’attache instantanément aux personnages, ce qui rend la lecture très douce et agréable.
L’histoire de fantôme est elle un peu angoissante au début, jusqu’à ce qu’on comprenne qui est le fantôme. A ce moment-là, il s’agit plutôt de découvrir comment et pourquoi ce fantôme est là. Le mystère à résoudre par une jeune fille de 13 ans se fait assez facilement, les coïncidences sont nombreuses et elle n’a pas à chercher longtemps ni très loin. Cette facilité n’entache rien à la qualité du roman et le public visé y trouvera sans aucun doute son compte, d’autant que l’histoire se termine bien. Un roman fantastique très agréable et une jolie histoire d’amitié et de famille.

Qu’a vu Jean-Michel dans ce roman ?

★★★☆☆

Je suis de l’avis de mon Bob sur cette histoire de fantôme moderne qui fait chaud au cœur. Ce roman n’est pas fait pour effrayer, il possède une dimension traité avec brio : celui du deuil. Après le décès de leur maman et épouse, toute la famille doit faire face à cette perte, au vide qu’elle entraîne. Maisie et Clem ont un père exemplaire qui se débrouille du mieux qu’il peut pour que ses filles aient un quotidien normal. Tout le monde va de l’avant : un joli message sur la vie traverse ce roman. Ce que j’ai également trouvé très chouette c’est la relation fraternelle de Maisie et Clem : entre chamailleries qui donnent lieu à des scènes qui vous rappelleront forcément des souvenirs d’enfance si vous avez une fratrie – et soutien, ces deux-là forment une sacrée paire de coquines :) Une lecture facile, entraînante et intelligente : une charmante découverte de la nouvelle collection Virage pour les adolescents des éditions Auzou qui ne devrait plus rester tapie dans l’ombre très longtemps…

Celle qu’on ne voyait pas, Karen McCombie (Auzou)
collection Virage
disponible le 20 août 2015
9782733836736 – 11,95€
à partir de 12 ans

Son
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Piccadilly kids, t.1 – Eric Senabre

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Vous connaissez sans doute ABC Melody à travers ses collections de livres qui initient aux langues ou aux voyages. Aujourd’hui, ils se lancent dans les romans illustrés pour les kids et les teens. Bob vous parle ainsi du premier roman de la collection pour les pré-ados, signé Eric Senabre. Let’s go!

Dave, Chuck et Vera sont trois amis qui décident de faire l’école buissonnière pour assister aux répétitions du concert de leur groupe de rock préféré : les Blackboard Circles. Mais alors qu’ils se faufilent dans les sombres tunnels du Wembley stadium, ils tombent nez à nez avec Thomas Fitzgerald, le chanteur du groupe, leur idole, en train de fuir. C’est le début d’une incroyable journée pour les trois amis.

★★★★☆

Avec Jean-Michel, on avait adoré Sublutetia et on se souvient qu’Eric Senabre nous avait déjà emmenés à Londres dans le troisième tome de la série. On y retourne cette fois avec trois collégiens plein de ressources dans une histoire où le suspense et l’humour sont au rendez-vous ! Et comme le veut la ligne éditoriale de l’éditeur, on ne manque pas non plus de voyager à travers les différents quartiers, les monuments ou les musées de Londres. Un voyage non seulement culturel, mais aussi musical et…mystérieux ! Que peut bien pousser une star internationale à quitter précipitamment un concert imminent pour crapahuter dans toute la ville sans se faire remarquer ? Comme Chuck, on imagine toutes les hypothèses possibles, y compris les plus saugrenues. Heureusement, Dave et Vera sont là pour penser à tout et aider au mieux leur idole. Un trio tout à fait attachant qu’on prend plaisir à suivre dans cette première aventure très bien rythmée, pleine de bonne humeur et richement illustrée par Joëlle Passeron. On ne s’ennuie pas un seul instant et on a hâte de retrouver nos Piccadilly kids dans leur prochaine aventure où les Blackboard Circles auront, semble-t-il, à nouveau besoin de leur aide… See you soon, kids! ;)

Piccadilly kids, 1. Londres, secrets & rock stars, Eric Senabre (ABC Melody)
collection Meloteens
disponible le 20 août 2015
9782368360668 – 10,50€
à partir de 10 ans

Son
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Le fromage qui tue – Siobhan Rowden

9782226315564,0-2630776

Jumeaux inséparables mais constamment en compétition, Bree et Tom vivent avec leur grand-père dans les gorges de Cheddar, où il fabrique du fromage du même nom. Bientôt a lieu le concours annuel du meilleur fromage d’Angleterre et tous se préparent à remporter le prix. Mais l’arrivée imprévue de la Reine d’Angleterre change la donne. Celle-ci propose une épreuve très spéciale : faire du fromage d’élan. Un fromage légendaire que personne n’est parvenu à réaliser… Bree et Tom veulent bien évidemment participer à ce concours, qui permettra au gagnant de remporter beaucoup d’argent et un titre de noblesse !

★★★☆☆

Nouveau titre de la collection Witty, destinée aux plus jeunes et amateurs d’humour, Le fromage qui tue ne dépareille pas ! En effet, quand le roman commence avec une Reine d’Angleterre plutôt cascadeuse, il ne faudra pas s’attendre à trop de sérieux ! La recette est plutôt simple, mais efficace : une aventure rocambolesque à souhait, des héros jeunes et impertinents (aux noms de fromage, vous remarquez ?), des personnages hauts en couleur affublés de noms rigolos (je ne suis pas toujours très fans des jeux de mots dans les noms, mais bon…), des rencontres étonnantes et pas mal de bêtises…
Le roman fonctionne bien, on se laisse très vite entraîner dans cette étonnante course aux ingrédients rares et précieux, et disséminés de la Russie au Kazakhstan, qui permettront de réaliser le fromage légendaire au lait d’élan que la Reine d’Angleterre souhaiterait faire goûter au président de notre république, Mr Gros-Fromage (eh ouais !). Dommage que Bree et Tom, nos deux héros, soient des adeptes de la compétition car ils en sont parfois un peu pénibles et le comique de répétition en devient un peu lourdingue. Heureusement, Siobhan Rowden a surtout envie de nous dire qu’il est plus important de faire les choses ensemble que séparément (mais il faudra quand même attendre la fin pour ça). En revanche, les personnages secondaires sont plutôt chouettes, et notamment Monty, dont je ne vous parlerais pas trop pour ne pas tout vous révéler d’un coup, mais qui est l’une des bonnes trouvailles du roman.
En bref, Le fromage qui tue n’est sans doute pas le meilleur ou le plus drôle des Witty (il faut dire que j’adore ceux de David Walliams et il me semble difficile de le « battre ») mais il se lit plutôt bien et devrait plaire aux jeunes amateurs de la collection.

Le fromage qui tue, Siobhan Rowden (Albin Michel jeunesse)
collection Witty
en librairie depuis le 27 mai 2015
9782226315564 – 12,50€
à partir de 9 ans

Son
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La pyramide des besoins humains – Caroline Solé

9782211221979,0-2644791

Vous avez peut-être vu sur les réseaux sociaux d’étranges publicités pour un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains ? Vous vous êtes interrogés pour savoir de quoi il retournait ? Eh bien, aujourd’hui, date de lancement du jeu, Bob et Jean-Michel vous révèlent TOUT sur cet événement qui va rythmer vos journées et vos soirées ! :P

Christopher vit sur un bout de carton, dans les rues de Londres. Entre la mendicité et la survie, le jeune homme finit par s’inscrire à une étrange émission de télé-réalité : la pyramide des besoins humains, qui part du principe que l’ensemble des besoins humains peut être classé en cinq catégories. Ils sont 15 000 candidats et, dans un mois, il n’en restera plus qu’un. Christopher pense n’être qu’un numéro parmi tant d’autres… Pourtant, la célébrité n’attend que lui…

★★★★☆

Haha, vous l’aurez donc compris : La pyramide des besoins humains est en réalité un roman ! (Et donc non, nous ne changeons pas notre ligne éditoriale pour parler télévision !) Un roman extrêmement réaliste qui s’attache à un personnage très marginal : un jeune ado, probablement même pas majeur, qui, après une fugue, se retrouve à arpenter les rues de Londres et à vivre sous les porches, dans un carton détrempé. Christopher, à travers les mots très justes de Caroline Solé, nous décrit son mode de vie, ou plutôt de survie, dans un Londres très différent de ce qu’on lit le plus souvent. Un Londres peuplé de sans-abris, où le danger est partout, dans la pluie comme dans les hommes. Il nous livre ainsi ses réflexions sur son existence : son enfance, sa famille, ses rêves, ses compagnons de route…tout ce qui constitue son existence. J’ai été tout de suite touchée par ce personnage qui nous raconte tout cela avec une étonnante lucidité.

Une affiche (fictive, donc !) de la campagne du jeu.

Une affiche (fictive, donc !) de la campagne du jeu.

Et au-delà de cette tranche de vie, Caroline Solé s’intéresse aussi à ce jeu de télé-réalité et à ce qui en découle : l’impact de réseaux sociaux et de la célébrité sur notre rapport aux autres. Car Christopher, comme chacun des joueurs de ce jeu, va tenter de parvenir en finale, même s’il doute fortement d’y arriver. Et il va devoir rivaliser d’imagination pour passer chaque pallier des besoins humains à remplir. On ne reste pas indifférents à l’analyse que Christopher porte sur le jeu, qui nous pousse ainsi à nous interroger nous aussi sur nos besoins fondamentaux.
Un roman original, fin et très actuel.

La pyramide des besoins humains, Caroline Solé (École des loisirs)
collection Médium
en librairie le 27 mai 2015
9782211221979 – 12,80€
à partir de 13 ans