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I am Princess X – Cherie Priest

9782747058957,0-4105410May et Libby étaient les meilleures amies du monde. Ensemble, elles ont créé un personnage à qui elles faisaient vivre plein d’aventures : Princess X. Mais il y a trois ans, Libby est décédée dans un accident de voiture. Un jour pourtant, May découvre sur la vitrine d’une boutique un autocollant à l’effigie de cette héroïne qu’elle croyait enterrée avec son amie. Etonnée, elle découvre bien vite qu’il existe un compte Instagram où sont narrées en BD les aventures de Princess X et, en les lisant attentivement, May découvre des indices troublants… Son amie est-elle vivante ?

★★★★☆

Faites-vous partie de ceux qui ont vu la campagne de publicité dans les rues autour de l’univers de Princess X ? Si ce n’est pas le cas, rendez-vous sur Instagram ! Une fois votre curiosité bien attisée, Bob vous propose de vous précipiter sur ce très bon thriller, où la BD et le roman se mélangent avec une très grande réussite. En effet, pas toujours facile de concilier les deux ! Cherie Priest, elle, y parvient simplement et efficacement : les planches de BD, tout en violet réalisées par Kali Ciesemier, font partie intégrante de l’intrigue policière, elles n’ont pas qu’une vertu illustrative mais sont bien des éléments clés de l’histoire. Nous sommes ainsi comme May, qui découvre ce qui est arrivé à son amie disparue en même temps que nous, et qui entrevoit les indices glissés dans les cases. Si l’intrigue générale est relativement simple, c’est bien la façon dont elle est menée qui est particulièrement originale, ainsi que les personnages secondaires qui vont épauler May dans sa quête, et le parallèle entre la véritable histoire et celle de la fiction, de Princess X. C’est plutôt bien fichu et on se laisse entraîner de bout en bout, dans l’attente du dénouement final.

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Un roman qui n’est pas sans rappeler l’univers des comics et de ses super-héros. Princess X est une ado fringuée comme une princesse de Disney, couronne comprise, mais avec des Converse rouge et un katana pour seule arme. Son passé est terrible, ses parents sont morts et elle a été kidnappée par un dangereux malade pour des raisons aussi folles que malsaines. Des éléments qui paraîtront surréalistes à qui cherche un thriller noir ancré dans la société (d’autant que le final va un peu vite), mais qui plaira sans aucun doute à ceux qui accepteront cette influence. La thématique des réseaux sociaux et du hacking est également très intéressante dans le roman, et apporte beaucoup à tout l’univers virtuel déployé dans l’intrigue. Original et vivant, aussi sombre que punchy, I am princess X mêle habilement la BD et le roman, à découvrir !

I am Princess X, Cherie Priest, illustré par Kali Ciesemier, traduit par Vanessa Rubio-Barreau (Bayard jeunesse)
disponible depuis le 26 avril 2017
9782747058957 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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Nous autres, simples mortels – Patrick Ness

S’il y a bien un auteur que Bob et Jean-Michel aiment particulièrement, c’est Patrick Ness. Et ce depuis son incroyablement originale trilogie du Chaos en marche que l’on vous conseille très très grandement de découvrir. :D Alors que l’adaptation au cinéma du magnifique Quelques minutes après minuit sort en France en janvier 2017, on vous présente aujourd’hui son dernier né : Nous autres, simples mortels.

97820750745820-3453695Mikey attend la fin de l’année avec impatience. Il espère décrocher son bac et partir ensuite à l’université. Le bal de promo l’angoisse un peu également, désireux qu’il est d’y aller avec la jolie Henna à qui il n’arrive pas à dire son amour… Mais il se passe des choses un peu bizarres dans sa ville, en ce moment. Mikey a été témoin d’un étrange rayon bleu dans la forêt. Puis des animaux ont commencé à se comporter étrangement…genre un cerf qui se relève après avoir été percuté par sa voiture ! Le monde serait-il encore sous la menace d’une apocalypse quelconque ?

★★★☆☆

Vampires, zombies, mangeurs d’âmes et autres extraterrestres, la petite ville de banlieue de Michael aura tout connu ! Etonnamment, personne n’en parle vraiment, et tout le monde s’en fout pas mal. Surtout Mikey et sa bande de copains pour qui le principal, l’urgence, c’est d’obtenir le bac. D’autant que tous ces trucs-là, ce sont les « indie kids » qui les vivent. Ceux qui sont populaires, qui ont des noms un peu chelous et qui se fourrent toujours dans le sauvetage de la planète.

Tout ça vous paraît un peu étrange, obscur ? C’est pas mal l’effet que nous procure le roman quand on le commence : qui sont ces indie kids ? mais que se passe-t-il, en fait ? Car Patrick Ness a choisi de s’intéresser non pas aux héros des histoires, à ceux qui combattent les vampires ou cassent du zombie à coup de raquette, mais bien à ceux qui ne sont pas les héritiers des Chasseurs, ou les adolescents aux super-pouvoirs. Imaginez que, dans Twilight, on ait l’histoire du point de vue de la fille dans la classe de Bella qui n’a aucune idée que les Cullen sont des vampires et qui ne peut pas piffrer Bella qu’elle trouve pas intéressante et puis, de toute façon, elle a déjà des tonnes d’autres amis. Euh…ouais, ok, mais du coup ça doit être un peu chiant, non ? Détrompez-vous ! En se moquant des romans fantastiques adolescents actuels (clairement, dans les ouvertures de chapitres, qui expliquent ce qui se passe pour les indie kids, tous les poncifs du genre sont rassemblés et c’est vraiment très drôle), Patrick Ness évoque surtout l’adolescence telle qu’elle est vécue par tout un chacun : l’angoisse de réussir son bac, l’interrogation sur l’amour, l’amitié, la famille et ses problèmes, l’anxiété et autres maladies de l’adolescence. Des thématiques qui paraissent là aussi « déjà lues » mais qui, mêlés à cette histoire héroïque en second plan, amènent surtout à nous dire que, même dans nos vies ordinaires, il peut se passer des choses extraordinaires. Inutile d’être celui qui trucidera la Reine des Damnés ou celle qui vivra un triangle amoureux avec un Ange et un Démon. Pas besoin de ça pour souffrir, faire preuve de courage, prendre des risques ou aimer. On le fait très bien aussi dans la vraie vie. Et ça nous suffit.

Un roman peut-être un peu en dessous des précédents, il n’est clairement pas aussi fort émotionnellement que les autres, mais très étonnant et dont j’ai trouvé très drôles les piques lancées aux romans young adults ! :P

Nous autres, simples mortels, Patrick Ness, traduit par Bruno Krebs (Gallimard jeunesse)
disponible depuis le 21 novembre 2016
9782075074582 – 16€
à partir de 14 ans
Son
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L’étrange hôtel de Secrets’ Hill – Kate Milford

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Milo s’apprête à passer les vacances de Noël dans l’hôtel géré par ses parents. En plein hiver et situé tout en haut d’une colline, rares sont les clients à cette période de l’année et Milo espère bien profiter de ses parents pendant ces vacances. Mais voilà qu’un étrange monsieur aux chaussettes dépareillées débarque et demande une chambre. Puis une fille aux cheveux bleus et ainsi de suite… Que peuvent-ils bien tous avoir à faire à l’hôtel de Secrets’ Hill ?

★★★★★

D’habitude, les clients de l’hôtel, appelé parfois aussi Villa de Verre en raison de ses vitraux, sont plutôt des personnages louches qui trafiquent des choses non moins étranges : bulbes de fleurs, pistolets à bouchon, etc. Cette fois-ci, pourtant, pas de contrebandiers mais un chapelet d’étranges loustics aux styles et coiffures variés qui vont chambouler tous les projets de Milo, jeune garçon qui n’aime pas beaucoup le changement. A peine les premiers clients sont-ils arrivés que les mystères apparaissent : près du funiculaire qui amène les visiteurs jusqu’à l’hôtel, Milo découvre un portefeuille dans lequel se trouve une carte nautique qui ne ressemble à rien de connu alentour. Étrange ! Et quand certains clients se font dérober des objets lors de la nuit, c’est sûr, il se passe quelque chose à la Villa de Verre ! Avec l’aide de Meddy, la fille de la boulangère venue prêter main forte aux parents de Milo et fan de jeux de rôles, Milo va enquêter et peu à peu découvrir les secrets de l’hôtel et de ses clients…

Je n’avais pas été aussi bien menée en bateau dans un roman policier pour enfants depuis longtemps ! Kate Milford développe en plus de 500 pages un huis-clos hivernal qui rappelle bien sûr Les dix petits nègres d’Agatha Christie (sans le côté meurtrier) où les faux-semblants et les twists sont judicieusement placés. Parole de Bob, vous ne verrez pas venir l’une des révélations finales ! Ou alors vous êtes le genre vraiment très fort au Cluedo. Au-delà de l’enquête, qui n’est pas que policière d’ailleurs, mais qui a aussi un côté aventureux (le jeu de rôle) et historique (beaucoup de choses se jouent sur l’histoire de l’hôtel), l’auteure évoque aussi très bien la famille et l’adoption. Milo est un garçon d’origine chinoise recueilli par les Wood, qui gèrent l’hôtel. Malgré le fait qu’il n’a jamais connu ses véritables parents, il ne peut s’empêcher de penser à eux et de se demander qui ils sont. Il y a une réflexion extrêmement belle et intéressante sur ce sujet, distillée au fur et à mesure que l’enquête avance et où l’on sent que, malgré tout l’amour de ses parents adoptifs, il ne cessera jamais de se questionner. Kate Milford joue d’autant bien ses cartes qu’elle nous surprend lorsqu’un autre personnage découvre sa propre origine et qu’on aurait pu croire qu’elle allait coller avec celle de Milo. Elle ne tombe ainsi ni dans la facilité, ni dans le happy end total. Et c’est sans doute la très jolie et sensible note à la fin du roman qui explique ce choix et apporte autant de finesse à la psychologie de Milo.

L’étrange hôtel de Secrets’ Hill est un excellent roman à l’intrigue policière superbement ficelée, aux personnages attachants, malins et joueurs, qui fait la part belle non seulement à l’émotion mais également à l’aventure et au conte, où les histoires racontées au coin du feu sont tout aussi passionnantes que celle que nous suivons. Car la grande force du roman, c’est aussi de nous faire entrer dans cet hôtel comme si nous en étions nous aussi clients…
Un beau cadeau à faire pour Noël (et à lire à cette période totalement idéale), d’autant plus que le roman est illustré (même si j’aurais bien aimé plus de planches) et que sa couverture aux reflets argentés le fait briller de mille feux. :P

L’étrange hôtel de Secrets’ Hill, Kate Milford, traduit par Anne Delcourt, illustré par Alban Marilleau (Rageot)
disponible depuis le 3 novembre 2016
9782700251036 – 17,90€
à partir de 11 ans
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Louis Pasteur contre les loups-garous – Flore Vesco

Après nous avoir époustouflé par son inventivité dans le génial De cape et de mots, Flore Vesco revient avec un nouveau roman dans ce style si particulier dont elle ne démord pas… (attention, premier jeu de mots !) :P

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Paris, 1840. Le jeune Louis Pasteur, boursier débarqué de son Jura natal, rejoint la prestigieuse Institution Royale Saint Louis dans l’espoir de mener à bien ses recherches scientifiques. Mais entre les difficultés que lui font ses professeurs ou ses camarades de classes, sa rencontre avec la jolie Constance et les mystérieuses attaques nocturnes qui ont lieu dans l’école, les plans de Louis sont quelque peu bouleversés… Heureusement que tous ces événements sont finalement un bon moyen d’observer et de mettre en pratique quelques idées…

★★★★☆

Après Orgueil et préjugés et zombies et Abraham Lincoln, chasseur de vampires, c’est au tour d’un héros français de se confronter à des créatures diaboliques. Bon… en vrai, ça n’a pas grand-chose à voir avec ces parodies littéraires ou cinématographiques, mais si vous cherchez quelques idées pour Halloween… Et si vous avez plutôt envie d’une bonne histoire d’aventure, c’est assurément le nouveau roman de Flore Vesco que vous devez lire ! On retrouve dans Louis Pasteur contre les loups-garous tous les ingrédients qui nous avaient plu dans De cape et de mots : un univers historique, des personnages étonnants et courageux et un style inimitable où l’on goûte à un vocabulaire riche et à un humour fin et délicieux !

Mais là où Serine maniait les mots avec malice et inventivité, Louis est plutôt expériences scientifiques et bombes artisanales. Les amateurs de Science et vie junior devraient donc aussi s’y retrouver car Flore Vesco a clairement fait chimie 2e langue au collège. Avec les sciences au cœur du roman, chaque chapitre s’ouvrant d’ailleurs sur sa composition chimique (humoristique, bien sûr), l’auteure nous invite en effet à nous rendre compte des découvertes importantes que Louis Pasteur a mis en lumière au 19e siècle. Et c’est vrai qu’à part le vaccin contre la rage ou la pasteurisation, Bob ne se rendait pas compte que le monsieur avait fait plein d’autres choses ! Bon, ok, mais si on aime pas trop les sciences ?

N’ayez crainte, le roman n’est pas une biographie de Louis Pasteur mais bel et bien une aventure palpitante, un petit peu angoissante mais surtout fantastique ! Car oui, il y a bel et bien des loups-garous dans l’école et c’est ce mystère qui va faire de notre Louis un enquêteur nocturne aux côtés de la jolie Constance, une jeune fille de bonne famille qui se révèle intrépide et qui n’est certainement pas en reste lorsqu’il y a de l’action ! On croisera également des concierges étranges, des professeurs suspects ou des élèves pédants ou malchanceux, le tout enrobé dans une intrigue aux petits oignons, qui ne manque ni de piquant ni d’un humour qui est bien la patte de l’auteur. Quelle sera la prochaine créature dont Louis Pasteur devra se débarrasser ? Nous le saurons sans doute dans le tome 2 ? :P

Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco (Didier Jeunesse)
disponible depuis le 21 septembre 2016
9782278085552 – 15€
à partir de 11 ans
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La Grande Forêt – Anne Brouillard

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Killiok est inquiet. Son ami le magicien Vari Tchésou ne donne plus de nouvelles depuis le Printemps. De plus, une étrange roulotte serait apparue au cœur de la Grande Forêt, épaississant le mystère. Killiok se rend alors chez Veronica, dans l’espoir qu’elle puisse l’aider. Bientôt, les deux amis décident de quitter leurs maisons et de se rendre dans la Grande Forêt, à la recherche du magicien…

★★★★★

Avec La Grande Forêt, Anne Brouillard signe sans doute son œuvre la plus belle et la plus aboutie. Dans ce premier tome d’une série qui explorera le Pays des Chintiens, un monde imaginaire comprenant onze pays, l’auteure nous transporte dans son univers avec une étonnante facilité. Ses personnages, humains, animaux ou créatures rêvées (à quoi Killiok peut-il bien ressembler ? une sorte de Moomin ?) sont tout de suite attachants et nous rappellent les héros de notre enfance, ceux capables de planifier une randonnée sans rien oublier, de s’aventurer dans les sous-bois sans peur aucune, et de rencontrer d’étranges personnages qui les aideront ou les distrairont de leur quête. Il y a chez Anne Brouillard un imaginaire foisonnant d’une très grande douceur, mais aussi beaucoup d’humour et d’absurde, ce genre de choses propre à l’enfance.

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Un récit magique qui va bien au-delà de l’album : Anne Brouillard passe de l’illustration en pleine page à un découpage en bande dessinée avec une parfaite aisance. Un mélange des genres qui fonctionne à merveille, qui permet de faire avancer l’histoire plus rapidement ou bien de nous laisser le temps d’apprécier tous les détails des maisons, des paysages ou des situations vécues par nos héros dans le Pays du Lac Tranquille. Et pour parfaire son univers, des cartes du pays des Chintiens, des environs de la Grande Forêt ou encore une page de journal viennent apporter toujours plus d’authenticité et d’honnêteté à cette histoire merveilleuse.

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Un album extraordinaire qui plaira autant aux petits qu’aux grands et qui nous donne envie de continuer à explorer la Chintia avec Killiok et Veronica, ou d’autres beaux personnages. :)

La Grande Forêt (Le pays des Chintiens), Anne Brouillard (École des loisirs – Pastel)
disponible depuis le 5 octobre 2016
9782211216913 – 18€
à partir de 7 ans
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Luna Viva – Aurélie Benattar

9782848658766,0-3276118Si l’on connaît la collection Exprim’ dans des textes forts et plutôt ancrés dans une certaine réalité, elle ne s’interdit pas d’aller titiller les genres et c’est le cas avec ce nouveau roman à la couverture chatoyante qui représente parfaitement l’univers de Luna Viva:)

Luna a 17 ans et tire les cartes tout au bout de la fête foraine, affublée d’une perruque et d’un maquillage censée la faire ressembler à ce que le tout-venant imagine d’une diseuse de bonne aventure. Un jour, le Falcone, patron de la fête foraine, l’inscrit au Tournoi des Voyantes dans le but de remporter les 50 000€ promis à la gagnante. Une opportunité pour Luna de sortir de sa roulotte et de se confronter réellement à son « don »…

★★★★☆

Luna a toujours vécu dans cet univers singulier et foisonnant de la fête foraine, gérée par le Falcone, et non sans rappeler par certains côté la mafia… Sa mère est morte, son père est un ivrogne complètement hors de sa vie et, sur ses quatre frères, seul Gidy « veille » sur elle. Si les coups de pied au cul et autres brimades perverses sont une façon de veiller sur une adolescente, enfermée du matin au soir avec, pour seuls visiteurs, les clients de la Roulotte de Luna. Il ne reste alors que Sagittaire, son fidèle compagnon canin… Après une tentative de suicide, la vie de Luna prend un nouveau tournant. Tout d’abord, il y a cette façon de flotter au-dessus de son corps tandis que les médecins la sauvaient, et puis la rencontre avec le garçon à côté d’elle, en train de mourir, dont l’âme fantomatique va finir par lui apparaître régulièrement. Et ce fantôme lui sera sûrement d’une grande aide lorsque le Falcone décide de l’inscrire au Tournoi des Voyantes. Mais c’est surtout avec la sœur du patron, Izabella, grande voyante, que Luna va s’exercer et découvrir que ce qu’elle croyait n’être qu’un tour de passe-passe avec des cartes est en réalité un véritable don…

Roman luxuriant et endiablé, Lune Viva est un véritable récit fantastique, où la magie et le folklore des forains nous emportent dans un univers envoûtant, à la rencontre de personnages mystiques et mystérieux, comme la Vieille ou encore Doryan Manias et son marc de café… Alors que le Tournoi se profile et que Luna quitte sa prison divinatoire, c’est tout un pan de secrets jalousement gardés, de révélations familiales et de découvertes du monde extérieur qui s’ouvre à la jeune voyante. Le suspense ne manque pas, tout comme l’action qui fait vivre à notre héroïne de grands moments d’angoisse. J’ai beaucoup aimé cette lecture passionnante et originale, cette Luna forte et attachante et tous ces mystères et secrets qui entourent les fêtes foraines et les voyantes… Le petit plus : ces cartes du tarot de Marseille qui ouvrent chaque chapitre, nous plongeant un peu plus dans l’art de tirer les cartes… Un univers à découvrir et dont on espère bien qu’il y aura d’autres volumes… :P

Luna viva : le tournoi des voyantes, Aurélie Bénattar (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 1er juin 2016
9782848658766 – 15,50€
à partir de 13 ans
Son
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Blackwood, le pensionnat de nulle part – Lois Duncan

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Dans les nouvelles parutions de la collection Black Moon figure Blackwood, un roman qui date de 1974 et traduit pour la première fois en France afin de préparer une adaptation cinématographique actuellement en cours et produite par nulle autre que Stephenie Meyer, la maman de Twilight. Alors, prochain gros succès ou pas ? :P

Après le remariage de sa mère, Kit est contrainte d’aller dans un pensionnat. Elle arrive à Blackwood, ancienne demeure gothique où elle étudiera avec d’autres jeunes filles. Sous la direction de Mme Duret, les filles recevront un enseignement de qualité, où les arts ont toute leur place. Mais très vite, Kit ressent un étrange malaise dans cette école…à commencer par le fait qu’elles ne sont que quatre pensionnaires…

★★★☆☆

Amateurs de mystères et de romans gothiques façon 19e siècle, ce roman est fait pour vous ! Il y a indéniablement un petit goût de vieillot dans ce roman qui a quand même 40 ans, même s’il a été remanié par son auteur il y a quelques années (ce qui a sans doute aidé pour l’adaptation ciné à venir). Si Lois Duncan a ajouté des ordinateurs et des téléphones portables (inutiles très vite) histoire de s’intégrer dans le 21e siècle, les dialogues sont quant à eux restés très old school : on imagine mal quatre adolescentes s’exprimer aujourd’hui comme elles le font dans tout le roman. Mais c’est finalement ce qui fait aussi le charme désuet de cette histoire de fantômes. On a l’impression d’être hors du temps, dans un huis-clos angoissant où la résolution ne viendra que dans les dernières pages…s’il y en a une ! (héhé, non je ne vous dis rien) Les personnages sont attachants, particulièrement Kit et Sandy, on se laisse assez vite emporter par l’ambiance et dans le mystère qui entoure cette étrange pension dont la froide Mme Duret garde bien les secrets. De quoi donner un film inquiétant… :)

Blackwood, le pensionnat de nulle part, Lois Duncan (Hachette)
collection Black Moon
disponible le 26 août 2015
9782012036475 – 16€
à partir de 13 ans

Discussion
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Celle qu’on ne voyait pas – Karen McCombie

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Maisie vient de changer de collège. Son père a en effet obtenu le poste d’administrateur dans le collège pour filles Nightingale. Après l’incident dans sa précédente école, Maisie est inquiète de ne pas réussir à se faire d’amie. Heureusement, elle rencontre très vite Kat, une autre élève de 5e qui devient son amie et avec qui elle va se mettre en quête de résoudre le mystère de ce fantôme qui hanterait le collège…

Dans l’esprit de Bob

★★★☆☆

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu une histoire de fantôme pour les préados aussi plaisante ! Karen McCombie parvient à maintenir son suspense avec pas mal de réussite : on se demande jusqu’au bout comment va se résoudre cette histoire. Mais il y a aussi une très jolie histoire de famille : la mère de Maisie est morte quand elle était petite et ne garde d’elle qu’un petit carnet dans lequel elle avait laissé des conseils ou recommandations. Des conseils qui sont les titres de chaque chapitre et trouvent à chaque fois leur utilité. Il y a aussi Clem, la grande sœur un peu peste qui se révèle finalement un cœur tendre et, surtout, un papa gâteau qui tente doucement de refaire sa vie avec une jeune femme qu’il a un peu de mal à présenter à ses filles. On s’attache instantanément aux personnages, ce qui rend la lecture très douce et agréable.
L’histoire de fantôme est elle un peu angoissante au début, jusqu’à ce qu’on comprenne qui est le fantôme. A ce moment-là, il s’agit plutôt de découvrir comment et pourquoi ce fantôme est là. Le mystère à résoudre par une jeune fille de 13 ans se fait assez facilement, les coïncidences sont nombreuses et elle n’a pas à chercher longtemps ni très loin. Cette facilité n’entache rien à la qualité du roman et le public visé y trouvera sans aucun doute son compte, d’autant que l’histoire se termine bien. Un roman fantastique très agréable et une jolie histoire d’amitié et de famille.

Qu’a vu Jean-Michel dans ce roman ?

★★★☆☆

Je suis de l’avis de mon Bob sur cette histoire de fantôme moderne qui fait chaud au cœur. Ce roman n’est pas fait pour effrayer, il possède une dimension traité avec brio : celui du deuil. Après le décès de leur maman et épouse, toute la famille doit faire face à cette perte, au vide qu’elle entraîne. Maisie et Clem ont un père exemplaire qui se débrouille du mieux qu’il peut pour que ses filles aient un quotidien normal. Tout le monde va de l’avant : un joli message sur la vie traverse ce roman. Ce que j’ai également trouvé très chouette c’est la relation fraternelle de Maisie et Clem : entre chamailleries qui donnent lieu à des scènes qui vous rappelleront forcément des souvenirs d’enfance si vous avez une fratrie – et soutien, ces deux-là forment une sacrée paire de coquines :) Une lecture facile, entraînante et intelligente : une charmante découverte de la nouvelle collection Virage pour les adolescents des éditions Auzou qui ne devrait plus rester tapie dans l’ombre très longtemps…

Celle qu’on ne voyait pas, Karen McCombie (Auzou)
collection Virage
disponible le 20 août 2015
9782733836736 – 11,95€
à partir de 12 ans

Son
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Piccadilly kids, t.1 – Eric Senabre

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Vous connaissez sans doute ABC Melody à travers ses collections de livres qui initient aux langues ou aux voyages. Aujourd’hui, ils se lancent dans les romans illustrés pour les kids et les teens. Bob vous parle ainsi du premier roman de la collection pour les pré-ados, signé Eric Senabre. Let’s go!

Dave, Chuck et Vera sont trois amis qui décident de faire l’école buissonnière pour assister aux répétitions du concert de leur groupe de rock préféré : les Blackboard Circles. Mais alors qu’ils se faufilent dans les sombres tunnels du Wembley stadium, ils tombent nez à nez avec Thomas Fitzgerald, le chanteur du groupe, leur idole, en train de fuir. C’est le début d’une incroyable journée pour les trois amis.

★★★★☆

Avec Jean-Michel, on avait adoré Sublutetia et on se souvient qu’Eric Senabre nous avait déjà emmenés à Londres dans le troisième tome de la série. On y retourne cette fois avec trois collégiens plein de ressources dans une histoire où le suspense et l’humour sont au rendez-vous ! Et comme le veut la ligne éditoriale de l’éditeur, on ne manque pas non plus de voyager à travers les différents quartiers, les monuments ou les musées de Londres. Un voyage non seulement culturel, mais aussi musical et…mystérieux ! Que peut bien pousser une star internationale à quitter précipitamment un concert imminent pour crapahuter dans toute la ville sans se faire remarquer ? Comme Chuck, on imagine toutes les hypothèses possibles, y compris les plus saugrenues. Heureusement, Dave et Vera sont là pour penser à tout et aider au mieux leur idole. Un trio tout à fait attachant qu’on prend plaisir à suivre dans cette première aventure très bien rythmée, pleine de bonne humeur et richement illustrée par Joëlle Passeron. On ne s’ennuie pas un seul instant et on a hâte de retrouver nos Piccadilly kids dans leur prochaine aventure où les Blackboard Circles auront, semble-t-il, à nouveau besoin de leur aide… See you soon, kids! ;)

Piccadilly kids, 1. Londres, secrets & rock stars, Eric Senabre (ABC Melody)
collection Meloteens
disponible le 20 août 2015
9782368360668 – 10,50€
à partir de 10 ans

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Là où se cache le diable – Benjamin Guérif

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Une couverture qui interpelle, un titre propre à faire frissonner…mais quel est cet endroit où se cache le diable ? La réponse se trouve-t-elle dans cette histoire ? Mystère mystère… :)

Adam est un garçon solitaire, qui s’intéresse à tout ce qui touche à l’imaginaire. Il vient d’emménager dans une maison en pleine campagne et peine à se faire des amis. Mais cela ne l’ennuie pas, car il passe son temps à se promener dans la forêt, explorer les lieux qui l’entourent. Un soir, il distingue une étrange lueur qui vacille au-dessus du sol. Un prétexte parfait pour Adam qui se lance à corps perdu dans ce mystère…

★★☆☆☆

Un mystère qui va s’intéresser aux légendes et à la réalité – ou non – qu’elles cachent. Les amateurs de surnaturel seront sans doute intéressés par ce court roman qui interroge notre relation aux croyances, aux vieilles légendes et aux malédictions. J’ai beaucoup aimé les réflexions d’Adam sur le sujet, surtout lorsqu’il confronte ses idées avec des personnages qui vont lui venir en aide au cours de l’histoire : un gentil bibliothécaire (youhou!) et une étrange femme aux allures de bohémienne. Je crois qu’on se demande tous si les dragons ont existé ou non, s’il y a vraiment des lieux hantés, etc. Mais Benjamin Guérif ne vous donnera aucune réponse, seulement encore un peu de grain à moudre. Mais je trouve ça plutôt chouette ! :)

En revanche, j’ai été déçue par le roman dans son ambiance générale. J’ai eu un peu de mal à m’attacher à Adam, qui est sans doute trop dans son petit monde. J’ai eu parfois l’impression que l’auteur voulait rendre une atmosphère glauque ou effrayante…sans y parvenir tout à fait (à part dans la scène finale). J’ai trouvé aussi que l’auteur semblait vouloir aborder des sujets totalement autres que le mystère qui ronge Adam (le monde de la finance, par exemple) mais restait bien trop en surface, donnant une impression de « cheveu sur la soupe ». En fait, je crois qu’il manque le « petit quelque chose », une sorte de saveur, qui aurait pu donner au roman une dimension toute autre, sans doute plus étouffante ou plus fantastique. Et je regrette surtout la fin ! Nous avons la réponse au mystère mais je trouve dommage que ça n’aille pas plus loin, tout se finit trop vite pour apprécier toute la résolution. Il y a ici une sorte de rendez-vous manqué, comme s’il manquait un chapitre pour conclure le tout…

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif (Syros jeunesse)
collection Rat noir
disponible depuis le 7 mai 2015
9782748516937 – 13,50€
à partir de 12 ans