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Les filles de l’astrologue, t.1 – Laurence Schaack et Françoise de Guibert

9782700256215,0-4784569

France, XVIIe siècle : une ordonnance royale signée par Louis XIV interdit la pratique de toute forme de magie et de divination. Les astrologues font également partie de cette chasse aux sorcières et Germain Lavol de Sauvagnac est ainsi arrêté et emprisonné, laissant seules ses trois filles et leur cousine. Elles sont bientôt contraintes de quitter le domaine familial et, séparées, toutes vont tenter de se rejoindre et de libérer leur père et oncle. Les astres leur seront-ils favorables ?

★★★★★

Elles sont quatre : Thérèse, l’aînée, guérisseuse qui a pris le rôle de mère pour ses sœurs ; Ariane et Philomène, jumelles aux caractères diamétralement opposés, là où la première est studieuse et travailleuse, l’autre est sauvage et casse-cou ; et enfin Soledad, la cousine chassée d’Espagne, dont la frivolité n’a d’égale que la beauté…et la ruse ! Grâce à leurs qualités très différentes et à cause de leur expulsion du domaine familial, les quatre filles vont devoir rivaliser d’intelligence et de débrouillardise pour parvenir à leur objectif : sauver Germain, leur père et oncle, du procès – et sans doute de la terrible sentence – qui l’attend. Car les temps sont durs pour ceux qui pratiquent l’astrologie et les charlatans comme les astrologues respectables sont mis dans le même panier. Et quand tous les soutiens sur lesquels les quatre filles pouvaient compter les laissent tomber, leur séparation devient une nécessité. Commencent alors de très nombreuses aventures, qui vont les faire voyager de leur Tarn natal jusqu’à Paris, où tout se jouera sans doute auprès du roi !

Un premier tome passionnant et prometteur ! Dans un contexte historique déjà souvent exploité en littérature jeunesse, Laurence Schaack et Françoise de Guibert nous font découvrir l’astrologie et sa pratique au XVIIe siècle. Science ou croyance, réalité et mystification, qu’importe, on y découvre un monde totalement nouveau, source d’excitation (merci Soledad qui n’aide pourtant pas à dorer le blason de la profession) ou de frisson (on a hâte d’en savoir plus sur Philomène). Les deux autrices mènent tambour battant leur histoire et nos quatre héroïnes vont de péripéties en concours de circonstances, pour notre plus grand plaisir de lecture ! Car ce que Laurence Schaack et Françoise de Guibert ont construit est surtout un véritable roman d’aventures, qu’on ne lâche à aucun moment ! L’histoire est lancée, la grande Histoire est en marche également, nos héroïnes ont déjà traversé de nombreuses épreuves et ce premier tome nous a déjà régalé par la richesse de son univers, de ses intrigues et de ses personnages. On attend désormais avec impatience le deuxième tome, qui paraîtra au solstice d’été de cette année ! Oui oui ! Trop bien ! :P

Les filles de l’astrologue, t.1, Laurence Schaack et Françoise de Guibert (Rageot)
disponible depuis le 21 mars 2018
9782700256215 – 14,90€
à partir de 12 ans
Son
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Pour un œil de poupée – Marina Cohen

9791035201319,0-4694227

Hadley emménage dans une nouvelle maison avec sa mère, son beau-père Ed et son fils Isaac, âgé de six ans. Fâchée et boudeuse depuis que sa mère la délaisse complètement pour cette nouvelle famille, Hadley finit par découvrir dans le grenier une magnifique maison de poupée, réplique exacte de sa nouvelle demeure, dans laquelle sont posées trois poupées formant une famille idéale. Lorsque la jeune fille formule le vœu que sa famille ressemble à celle des poupées, elle ne se doute pas que son monde va basculer…

★★★★☆

Ceux qui ne se sentent pas très à l’aise sous le regard de verre des poupées devraient frissonner en lisant ce roman prenant à l’atmosphère délicieusement terrifiante. Qui, après une dispute avec sa famille, ne s’est jamais dit « ah si seulement ma mère était plus comme ci ? si seulement mon père était comme ça ? et si je n’avais pas de sœur ou de frère !? » Attention aux souhaits que l’on exprime, nous disent parfois certains dictons. Et c’est précisément ce que dit également Grace, la meilleure amie mystique un peu hippie de la maman de Hadley à la jeune fille lors de sa visite dans leur nouvelle maison. Mais Hadley, toute gamine qu’elle est, ne peut s’empêcher de formuler des souhaits sous le coup de la colère, sans se rendre compte qu’une étrange magie est à l’œuvre dans cette maison réputée maudite, de laquelle un nombre incalculable de familles se sont enfuis. Et c’est sans compter ces poupées trop ressemblantes sculptées par la vieille dame qui habite au-dessus du garage, ou cet étrange œil de verre trouvé en même temps que la maison de poupée, qui semble détenir un drôle de pouvoir… Bientôt, Ed et Isaac disparaissent, comme effacés de la mémoire de tous et Hadley se retrouve seule avec sa mère, pour son plus grand plaisir…jusqu’à ce qu’elle souhaite que son vrai père vive avec elles…

Il y a dans Pour un œil de poupée un petit air de Coraline qui ravira assurément ceux qui ont lu cette excellente histoire de Neil Gaiman. Pour les autres, ce sera l’occasion de découvrir un roman fantastique où l’effroi n’a d’égal que le suspense qui nous tient jusqu’au dénouement. Des flashbacks du temps des premiers propriétaires de la maison permettent de lever le voile sur l’histoire de cet endroit, sur les croyances issues du folklore allemand, tout en ajoutant des pièces au puzzle qui se construit sous nos yeux. Un roman qui, par l’épouvante, nous interroge aussi sur la famille et les relations que l’on a – ou pas – avec chacun de ses membres et sur le bonheur. Et qui vous fera réfléchir à deux fois avant de souhaiter de changer de parents parce que les vôtres sont nuls ! :P

Pour un œil de poupée, Marina Cohen, traduit par Valérie Dayre (Thierry Magnier)
disponible depuis le 21 février 2018
9791035201319 – 16,40€
à partir de 12 ans
Son
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Le célèbre catalogue Walker & Dawn – Davide Morosinotto

9782211233682,0-4787548

P’tit Trois, Eddie, Julie et Min sont des enfants du bayou. Quatre amis inséparables qui trouvent un jour 3$ dans une vieille boîte en fer. La richesse pour ces gamins qui s’empressent alors de commander un article dans le Célèbre catalogue de Walker & Dawn, qui permet à tous les américains d’acheter ce qu’ils veulent par correspondance. Mais lorsque leur colis arrive enfin, les quatre amis découvrent une montre cassée à la place du revolver qu’ils avaient commandé… C’est le début d’une grande aventure qui va les mener de leur bayou natal à la grande ville industrielle de Chicago.

★★★★★

Amateurs de romans d’aventures et de gosses débrouillards à la Marc Twain, ce livre est fait pour vous ! Raconté alternativement par P’tit Trois, l’aventurier casse-cou du groupe, Eddie, le binoclard shaman des marais, Julie la jolie rouquine mais aussi la plus intelligente, et enfin Min, son petit frère Noir qui ne parle pas, le récit de Davide Morosinotto nous transporte dans une Amérique du début du 20ème siècle où quatre gosses pauvres des bayous vont se lancer dans une grande aventure où ils découvriront des choses inédites et merveilleuses. Mais pas que ! Car cette monstre cassée qu’ils ont reçu dans leur colis et qu’ils espèrent bien pouvoir échanger se trouve être l’objet d’une bien vaste affaire et tout le monde ne leur veut pas du bien…

Dans ce très grand et superbe roman d’aventures, Davide Morosinotto nous propose ainsi de voyager dans l’Amérique du siècle dernier, à travers cet étonnant Célèbre catalogue de Walker & Dawn qui montre l’essor du commerce, de l’industrialisation et du capitalisme et, à travers ses personnages, de la vie et des mentalités de l’époque. Une immersion totale dans cette période historique à laquelle chaque personnage qui raconte apporte sa réflexion, son passé propre et ses espoirs. Ce changement de narrateur à chaque partie du roman permet ainsi de ne jamais s’essouffler dans le récit et, surtout, de s’attacher à chacun des personnages, à leur insouciance ou à leur gravité, à leur émerveillement et leur désir de liberté. Bien que le roman soit un vrai pavé, le rythme est excellent, on ne s’ennuie jamais et on se laisse totalement emporter par toutes ces aventures étonnantes, grisantes et parfois terrifiantes. On apprécie également tout le travail graphique autour de l’histoire, depuis la reproduction des articles du Célèbre catalogue, des cartes géographiques ou d’articles de journaux jusqu’à cette très belle couverture à rabats.

Un roman absolument captivant ! Vous aussi, laissez la moiteur du bayou et montez dans un bateau à aube, un train de marchandises ou l’une de ses incroyables automobiles pour vivre l’aventure qui vous rendra riche !

Le célèbre catalogue Walker & Dawn, Davide Morosinotto, traduit par Marc Lesage (L’école des loisirs)
collection Médium
disponible depuis le 21 février 2018
9782211233682 – 18€
à partir de 12 ans
Son
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Soixante-douze heures – Marie-Sophie Vermot

9791035201357,0-4694228

72 heures. C’est le temps dont dispose Irène, 17 ans, qui vient d’accoucher d’un petit garçon, pour revenir sur la décision qu’elle a prise depuis le jour où elle s’est rendu compte de sa grossesse. Elle accouchera sous X. Dans sa chambre d’hôpital, en attendant de sortir et de signer les papiers qui permettront à son enfant d’être adopté, Irène repense à ces derniers mois de sa vie, qui a révélé et changé beaucoup de choses autour d’elle…

★★★★★

Irène est une jeune fille discrète, bonne élève, qu’on ne remarque pas tellement mais qu’on imagine mal faire une « erreur ». Mais un jour, chez sa grand-mère, Irène rencontre un voisin, Alban, un garçon qui aime cette maigreur qu’on lui reproche et la fait se sentir désirable. Ils font l’amour, sans réellement se poser de questions, mus par le désir – et oubliant de se protéger. C’était la première fois pour Irène et, comble de malchance, elle tombe enceinte ! Alors qu’elle sent l’enfant grandir en elle, Irène prend une décision. Elle n’avortera pas, elle mènera sa grossesse à son terme et accouchera sous X. Une annonce à la famille de son état, puis sa décision, chamboulent tout dans la vie d’Irène. Et alors que l’adolescente vient tout juste d’expulser le bébé de son corps, alors qu’elle se remet doucement de cette expérience sur son lit d’hôpital, alors qu’elle attend impatiemment la fin des 72 heures qui marqueront l’abandon de son enfant, elle nous raconte comment cet événement a fait exploser les barrières autour d’elle.

Sur le thème de la maternité et de la grossesse adolescente, Marie-Sophie Vermot nous livre un portrait bouleversant de cette jeune fille dont la décision pourtant bien claire pour elle est sans cesse remise en cause par les autres. Le récit se déroule sur les 72 heures où Irène est à l’hôpital, attendant de poser un point final à son accouchement sous X et l’on se laisse totalement emporter par le flot de ses souvenirs, de ses impressions, de ses découvertes sur sa famille qui n’ont fait que renforcer sa décision, et sur cet amour qu’elle porte malgré tout à cet enfant qui a grandi en elle. Une alternance entre l’avant et le maintenant qui fonctionne parfaitement, qui semble parfois semer le doute dans l’esprit de la jeune fille, et qui explique sa décision. Les réflexions sur le désir, sur la réputation d’une grossesse adolescente, sur l’abandon, sur la famille, sont particulièrement subtiles et j’ai également beaucoup aimé cette description de l’accouchement, un événement qui passe souvent bien vite dans les histoires, et qui nous est raconté ici dans ce qu’il a de plus cru.
Un roman magnifique, une écriture sensible et intime sur un sujet peut-être souvent déjà abordé mais raconté ici avec intelligence, sans jugement. Saluons enfin la très jolie illustration de couverture d’Édith Carron, en parfaite adéquation avec le contenu du roman, et le ressenti de lecture. Un très très beau livre. ❤

Soixante-douze heures, Marie-Sophie Vermot (Thierry Magnier)
disponible depuis le 14 février 2018
9791035201357 – 13€
à partir de 14 ans
Son
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Polynies : une nouvelle collection de romans chez MeMo !

Vous connaissez sans aucun doute le travail des éditions MeMo et de leurs magnifiques albums où l’on retrouve des auteurs et illustrateurs comme Mélanie Rutten ou Emilie Vast pour les plus contemporains, ou encore Remy Charlip ou Maurice Sendak pour ceux un peu plus anciens… Cette année, les éditions MeMo lancent leur toute première collection de romans, Polynies, dirigée par Chloé Mary (ancienne éditrice à l’école des loisirs), qui proposera des romans à partir de 7 ans et jusqu’à l’adolescence. Couvertures à rabats, tranches colorées, on y retrouvera tout le soin que la maison apporte déjà à ses albums. En janvier sont parus les deux premiers romans de la collection, à destination des plus jeunes, que l’on vous présente ici, et autant vous dire qu’on a hâte de découvrir la suite ! :P Pour en savoir plus sur la collection et découvrir déjà de nombreux bonus, rendez-vous sur le blog dédié ou bien sur l’édition numérique des Nouvelles de Polynies.

Truffe et Machin

9782352893646, 0-4693737Aujourd’hui, Truffe et Machin, les deux frères lapins, s’ennuient. Rien à faire et aucune idée pour se lancer dans une aventure trépidante ! Alors qu’ils errent le long de l’ancienne voie ferrée, Truffe a soudain le début d’une idée, mais le ventre gargouillant de son frère la lui fait oublier et les deux lapins se mettent alors à la recherche de cette idée qu’ils imaginent merveilleuse…

★★★★☆

« Retrouver l’idée perdue » est la première des histoires de Truffe et Machin, qui en compte trois. Entre jeux d’enfants et idées saugrenues, Emile Cucherousset nous fait découvrir avec un style vif et plein d’humour le petit monde de deux lapins jamais bien loin de leur maman et de leur terrier. Un univers tout en douceur et en couleurs que les illustrations de Camille Jourdy complètent à merveille, faisant partie intégrante des histoires. On se laisse emporter dans ces petits bouts de vie plein de fantaisie et de bonheur. Une première lecture sans doute plus exigeante que les autres, mais qui ravira les amateurs d’histoires tendres et colorées.

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Truffe et Machin, Emile Cucherousset, illustré par Camille Jourdy (MeMo)
collection Petite Polynie
disponible depuis le 18 janvier 2018
9782352893646 – 8€
à partir de 7 ans
La petite épopée des pions

9782352893653, 0-4693736Sacha habite dans un coffret de bois avec d’autres Sacha noirs et blancs. Parfois, La Main le sort de cette boîte pour le déplacer sur un damier, avant de le ranger soigneusement à sa place. Mais le Géant-Monde, qui s’étire bien au-delà de son coffret attire Sacha et, bientôt, le petit pion ne rêve plus que d’une chose : sentir le vent de la liberté sur son bois.

★★★★★

En voilà une idée inédite : faire parler et rêver les pions d’un échiquier ! Grâce à ces drôles de personnages, Audren évoque avec une grande réussite l’idée de liberté, de conformisme, de dépassement de soi. Comment pourrait-on découvrir le monde en étant un simple petit pion, incapable de se déplacer autrement que lorsqu’un coude malheureux vous fait rouler sur le tapis avant que La Main ne vous récupère ? Et le monde n’est-il pas dangereux ? N’est-ce pas plus simple de rester bien au chaud dans son coffret, où l’on sait être en sécurité, ou bien garder sa place sur l’échiquier ? Audren nous livre un texte remarquable d’imagination et que dire des illustrations en noir et blanc de Cédric Philippe, absolument superbes, qui ajoutent à l’ambiance toute particulière de cette histoire. Ses double-pages muettes vers la fin du roman insufflent une poésie et un imaginaire encore plus puissant à ce roman véritablement magique. A découvrir !

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La petite épopée des pions, Audren, illustré par Cédric Philippe (MeMo)
collection Petite Polynie
disponible depuis le 18 janvier 2018
9782352893653 – 8€
à partir de 8 ans
Son
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Les fantômes d’Achille Plume – Katherine & Florian Ferrier

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Achille Plume est un garçon assez spécial ! Sa meilleure amie s’appelle Athénaïs et…est un fantôme ! En effet, le garçon a un incroyable don : celui de voir les fantômes. Mais bientôt, un terrible démon tente de l’attaquer lui et tous les fantômes. C’est Orcus, le terrible seigneur de Sombrenfer, bien décidé à anéantir la cité de Fantombres, où vivent les spectres.

★★★★☆

Achille était un garçon tout ce qu’il y avait de plus « normal » jusqu’au jour où, en frottant une vieille cuillère oxydée apparaisse, tel un génie de sa lampe, le fantôme d’Athénaïs, petite fille morte au XVIIIe siècle. La surprise passée, et de nombreux moments gênants à l’école plus tard, Achille se lie d’amitié avec Athénaïs et, bientôt, les deux se lancent dans une mission d’importance : libérer tous les fantômes des objets dont ils sont prisonniers pour qu’ils parviennent enfin à Fantombres, la cité qui fait office de paradis pour les fantômes. Car, vous ne le saviez peut-être pas, mais lorsque les gens meurent, leur fantôme peut parfois être emprisonné dans un objet qui était proche d’eux ou qu’ils tenaient à la main. Leur permettant de mettre fin à leur captivité, Achille devient vite le héros de tous les fantômes… Serait-ce pour cette raison qu’il est visé par le terrible Orcus et ses sbires dont les éclairs rouges détruisent humains comme fantômes ?

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Une aventure pleine de dangers et de mystères attend alors le jeune Achille, qui ne manque certainement pas de ressources ! Katherine et Florian Ferrier, après l’excellente série de BD Hôtel étrange, signent ici un roman tout aussi riche et pétillant ! Les fantômes ont ce moment le vent en poupe dans les romans de la collection et c’est ici toute l’inventivité de l’univers fantomatique, la qualité des personnages et du mystère qui les entoure, le suspense jusqu’au dernier moment et les illustrations superbes et dynamiques qui en font un roman d’aventure à ne pas manquer ! :P

Les fantômes d’Achille Plume, Katherine & Florian Ferrier (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 7 février 2018
9782377310555 – 10,90€
à partir de 9 ans
Son
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J’ai suivi un nuage – Maëlle Fierpied

9782211234795,0-4787515

Aujourd’hui, c’est la fête ! Marie Cotillon, célèbre actrice et amie d’enfance de maman, vient prendre le goûter à la maison. Rémi aide sa mère, radieuse, à sortir la jolie nappe, préparer des petits gâteaux en forme de poussins et faire en sorte que tout soit parfait lorsque Marie arrivera. Mais celle-ci ne vient pas et le lendemain, la maman de Rémi a totalement perdu sa joie de vivre…

★★★★☆

Après 4 ans d’absence et 4 romans fantastiques de très grande qualité, Maëlle Fierpied (originaire de la Comté, sans doute possible) revient dans un genre qu’on ne lui connaissait pas : le roman contemporain. Et c’est avec beaucoup de sensibilité qu’elle nous raconte l’histoire de Rémi et de sa maman dont les humeurs varient aussi rapidement que les nuages envahissent le ciel avant la pluie. Un jour, sa maman est d’humeur joyeuse, inventant des relations célèbres, faisant des gâteaux et préparant une journée inoubliable ; le lendemain, elle est incapable de sortir de son lit, de manger ou de s’occuper de son fils. Une situation difficile pour cet enfant qui comprend bien que sa mère n’est pas comme les autres, dont les « mensonges » le font passer pour un idiot auprès de ses camarades, et qui est parfois contraint d’aller vivre chez ses grands-parents quand elle ne va vraiment pas bien. Et le jour où la maman de Rémi se fait interner dans un hôpital, le garçon part chez son papé et sa mamé…

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Maëlle Fierpied évoque la maladie d’un parent – la bipolarité, bien que le terme ne soit jamais dit – et la difficulté pour un enfant à comprendre et à faire face. Un roman court mais très réussi où les questionnements, le mal-être et l’amour de l’enfant sont rendus avec beaucoup de justesse et de délicatesse. La relation avec les grands-parents est particulièrement belle, tout comme les moments fugaces qui se déroulent à l’école. Enfin, il n’y avait bien qu’une spécialiste des nuages pour illustrer un tel roman et c’est Julie Guillem et ses aquarelles qui apportent encore plus de douceur et d’émotion à l’histoire. Un roman poétique et bouleversant et une nouvelle facette du talent de Maëlle Fierpied à raconter des histoires.

J’ai suivi un nuage, Maëlle Fierpied, illustré par Julie Guillem (École des loisirs)
collection Neuf
disponible depuis le 17 janvier 2018
9782211234795 – 12,50€
à partir de 9 ans
Son
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Paris est tout petit – Maïté Bernard

9782748524901,0-4698375

Inès, 17 ans, prépare activement son bac, son admission à Sciences Po et trouve un job de femme de ménage chez les Brissac, dans les beaux quartiers de Paris. Mais elle n’avait certainement pas prévu de tomber amoureuse de Gabin, l’aîné de la famille ! Le coup de foudre passé, les jeunes gens apprennent à se connaître et à s’aimer… jusqu’au jour où des terroristes entrent dans le Bataclan, chamboulant totalement leur vie.

★★★★☆

Un peu plus de deux ans après les événements terribles du 13 novembre 2015 et un certain nombre de roman abordant le sujet, Maïté Bernard nous livre son histoire des attentats, une histoire qui commence par la naissance de l’amour entre deux jeunes gens. Inès, jeune fille de Guyancourt, est poussée par sa mère à faire de grandes études. Studieuse, elle révise sa préparation à Sciences Po tout en faisant le ménage dans une famille aisée de Paris. Gabin a 19 ans et, phobique scolaire, ne passe son bac que cette année. Ils tombent amoureux au premier regard et Gabin vole un baiser à la jeune fille dès le premier jour de la rencontre ! Un baiser qui chamboule tout dans l’esprit d’Inès, dans ses envies et ses désirs. Ainsi naît leur histoire d’amour, entre découverte de leurs milieux respectifs, de leurs passions et de Paris, ville si chère à Gabin et totalement inconnue d’Inès, qui y vit pourtant aux portes. Mais alors que tout semble aller pour le mieux, des attentats sont commis dans Paris et à Saint-Denis et quelqu’un qui leur est cher se trouve au Bataclan ce soir-là…

Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, Maïté Bernard aborde ce qui vient après les attentats, ce que provoque la perte d’un être cher dans ces circonstances, et ce qu’elles laissent en chacun, de manière individuelle ou collective. Des réflexions justes, pertinentes (bien que peut-être un peu trop démonstratives à la fin du roman), habilement liées à l’histoire d’amour d’Inès et Gabin, à leurs différences sociale et religieuse qui réinterrogent parfois leur couple. Un roman « qui répare », dit l’éditeur, je ne sais pas, mais un roman qui a déjà suffisamment de recul pour inviter le lecteur à revivre les événements de façon plus… apaisée ? Il se dégage indéniablement de Paris est tout petit un sentiment d’apaisement, de lucidité sur les événements, qui n’en fait pas un roman triste ou plein de colère. Maïté Bernard, au contraire, à travers le personnage d’Inès et de ses réflexions, de ce moment de sa vie dont elle ressort grandie, célèbre ici la vie, l’amour et Paris. Et c’est vraiment très beau !

Paris est tout petit, Maïté Bernard (Syros)
disponible le 1er février 2018
9782748524901 – 17,95€
à partir de 14 ans
Son
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Les quatre gars – Claire Renaud

9782377310531,0-4690498

Ile de Noirmoutier. Les Fradet sont bien connus des gens de l’île qui les surnomment « la famille Dégâts », parce qu’ils font toujours tout de travers. Abandonnés par les femmes, ils sont quatre gars, trois générations, à vivre sous le même toit. Et c’est pas tous les jours facile, notamment pour le petit dernier, Louis, 9 ans, qui rêve d’une vie meilleure…

★★★★☆

Dans la famille Dégâts, je voudrais le papi. Pierre-Marie de son prénom, veuf depuis un certain temps mais convaincu que sa Raymonde lui parle au travers des éléments, et grand cuisiner de la famille. Je voudrais ensuite le père, Jean-Marie, saunier de métier (c’est le mec qui récolte le sel dans les marais salants pour ceux qui savent pas), bourru de nature, parfois même méchant depuis que sa femme est partie, un jour, sans prévenir et sans jamais revenir. Et enfin les deux fistons : Yves-Marie, futur soldat aux muscles saillants, accro à la musculation, qui draine dans son sillage un essaim de jeunes filles qui rient trop fort ; et Louis-Marie, maigrichon mais vif d’esprit comme son papi, qui aime autant les journées d’école avec les copains que d’entourlouper les Parisiens les jours de marché en leur vendant du sel deux fois plus cher (ou plus, c’est selon la tête du client). Une famille de bonhommes qui n’ont pas vu l’ombre d’une femme depuis des lustres et ne sont pas près d’en voir une…à moins que la jolie maîtresse de Louis n’y mette son petit grain de sel ? :P

IL EST JOLI, MON LIVRE, IL EST FIN ET BIEN FRAIS ! C’est ce qu’on pourrait crier pour attirer le parigot crédule mais dépensier au marché de Noirmoutier, vantant les répliques bien salées de Papi, la touchante naïveté, vitalité, de Louis, les problèmes de cœur de Jean et d’Yves qui les transfigurent, pour le plus grand bonheur des lecteurs comme de notre petit narrateur et l’écriture pleine d’humour, de finesse, de sensibilité de Claire Renaud. Sauf qu’on vous filoute pas. Tout ça, c’est vrai ! Claire Renaud a un talent de raconteuse indéniable, on s’attache à Louis, à ses potes et à sa famille immédiatement, les dialogues sont savoureux et, si le sujet de la famille est le sujet le plus traité de la littérature, il en trouve ici encore une très belle variation, au travers de ces hommes marqués par le deuil ou l’absence (d’une présence, d’affection). La relation entre Louis et son papi est exceptionnelle, tout comme les moments où le garçon se retrouve bien malgré lui à être l’adulte de la famille, celui qui conseille et prend soin des autres. Ce qui nous offre souvent de bonnes tranches de rire avant de trouver toute son efficacité…

Les quatre gars, ce sont vraiment des chouette gars, une petite famille qu’on était super contents de rencontrer et qui nous manquent déjà la dernière page tournée…
Vous noterez, contrairement à la plupart des romans de la collection, celui-ci est vraiment accessible pour des plus jeunes lecteurs que d’habitude. :)

Les quatre gars, Claire Renaud (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 3 janvier 2018
9782377310531 – 15,50€
à partir de 11 ans
Son
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Quand vient la vague – Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier

9782700256383,0-4782516

Après plusieurs mois de disparition, Clément se met enfin à la recherche de sa sœur Nina, qui a quitté la maison un jour sans laisser de traces. Son enquête va le mener de Lacanau à Bordeaux où, petit à petit, il va découvrir la raison de sa fuite…

★★★☆☆

Qui aurait pu imaginer qu’une fille comme Nina disparaisse un jour sans rien dire, sans aucune raison apparente ? Elle avait tout pour elle : une famille aimante – un papa commercial pour une marque de sport, une maman bibliothécaire et un petit frère futur star du surf qu’elle adorait embêter – une meilleure amie, un garçon pour qui elle craquait et tout le confort matériel dont on peut rêver. Sauf que Nina découvre un secret, quelque chose de si énorme, de si bouleversant, qu’elle ne parvient pas à endiguer le flot d’émotions que cela provoque chez elle et qu’il n’y a qu’une seule issue possible : la fuite !

Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier, deux écrivains phares de la maison Rageot, s’allient pour proposer cette histoire à deux voix qui flirte avec le thriller. Nous suivons Clément, qu’un copain remet gentiment à sa place tout en le poussant à relancer l’enquête sur la disparition de sa sœur, et Nina, dans les mois qui ont précédé sa décision de couper tous liens avec sa famille. La raison de cette rupture familiale est révélée assez rapidement (mais je ne vous la dévoile pas !) car ce qui compte ici, c’est la réaction que cette révélation provoque, ce qu’elle implique pour deux jeunes gens qui n’ont rien demandé et à qui on a caché les choses les plus importantes de leurs vies. Il est question de confiance, d’amour, de choix, d’égoïsme et de résignation. Et il est intéressant d’avoir les points de vue de Clément et de Nina sur ces questions, entre celui qui reste, qui veut essayer malgré tout, et celle qui s’en va, incapable de pardonner. Outre le questionnement sur la famille, le roman aborde aussi d’autres sujets, aussi variés que la compétition sportive, l’homosexualité, le street art, les SDF, qui colorent les expériences de chacun des personnages mais qui, me semble-t-il, ne sont parfois qu’effleurés. Tout comme les personnages secondaires, comme les plus proches amis de Clément et Nina, qui ont clairement des choses à dire et qui auraient mérité d’être un peu plus exploités.

Avec Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier parviennent, grâce à une écriture fluide et rythmée, à nous tenir en haleine jusqu’au bout du roman. Une histoire de famille qui nous interpelle, qui nous invite à réfléchir à l’impact des secrets, au couple et à ce que l’on peut accepter, ou non, de la personne qu’on aime.

Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier (Rageot)
disponible le 16 janvier 2018
9782700256383 – 15,90€
à partir de 12 ans