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Le dernier arbre – Ingrid Chabbert & Guridi

9782352412519,0-2747966

Pour cette dernière chronique de l’année, Bob vous parle d’un album intitulé Le dernier arbre qui, on l’espère, annoncera autant d’espoir pour 2016 qu’il y en a pour notre jeune héros dans l’histoire… :)

Alors qu’il s’ennuie, le père de notre jeune narrateur lui évoque les souvenirs de quand il était petit, notamment quand il se roulait dans l’herbe avec son meilleur ami. Lui aussi a un meilleur ami, mais pas de verdure pour s’amuser, seulement les tours grises gigantesques, les routes en bitume, les parcs en béton. Du vert, il ne reste que ces treize brins d’herbe, mais il faut marcher beaucoup pour y arriver… Jusqu’au jour où son meilleur ami lui annonce avoir découvert quelque chose…

★★★★☆

Un petit arbre – sans doute le dernier ? – pousse dans le bitume. Mais comme tout dans la ville de notre petit héros, il disparaîtra au profit d’un immeuble toujours plus haut. Heureusement, une pelle et un vélo vont permettre à nos deux amis de sauver le dernier être végétal de leur monde et de faire grandir l’espoir dans leurs cœurs. Un album qui n’est peut-être pas très original dans sa thématique, mais qui nous touche assurément. D’abord par les mots d’Ingrid Chabbert qui, tout simplement, nous dit les choses avec poésie : les souvenirs, les rêves, les passions, les espoirs… Le texte est court, mais percutant, poignant.

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Puis les illustrations de Guridi, qui s’accordent parfaitement au texte et à l’ambiance de cette histoire. Beaucoup de gris, d’ombres et de rapports de taille, afin d’illustrer le caractère oppressant, triste et ans issue de cette ville où la nature n’a pas sa place. Et des verts qui chatoient, qui annoncent la vie et la possibilité de la faire revenir dans l’environnement terne de l’existence des deux petits garçons.
Un très bel album qui nous invite à prendre conscience de la fragilité de la nature et à faire notre possible pour la préserver…

Le dernier arbre, Ingrid Chabbert, illustré par Guridi (Frimousse)
collection Maxi boum
disponible depuis le 29 octobre 2016
9782352412519 – 18€
à partir de 4 ans

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Le diplodocus : dino-cool !

Aujourd’hui, Bob et Jean-Michel vous présentent une toute nouvelle maison d’édition : Le diplodocus (ils ont un nom cool, non ?), qui sort ce mois-ci ses trois premiers titres ! De très beaux albums, destinés à plusieurs tranches d’âge, à découvrir et assurément un éditeur à suivre ! :)

Dans la rue

Couv-Dans-la-rue-T.-Meirink_Web★★★★☆

Dans la rue est issu d’un projet d’une artiste néerlandaise, Tineke Meirink (dont vous pouvez apercevoir le travail sur son tumblr), qui retouche tout simplement une photographie pour faire vivre les petites imperfections ou banalités de ce que l’on voit dans la rue. Une façon rigolote d’envisager des lieux, des fissures ou des objets sous un jour nouveau. Le texte rythme avec efficacité le petit côté « jeu » du livre qui consiste à deviner ce qui peut bien se cacher derrière un tuyau d’arrosage ou sur une signalisation routière (et Bob et Jean-Michel sont vraiment très nuls à ce jeu). Un très bel imagier cartonné pour les tout-petits qui semble être le premier ouvrage de la collection La rue est un livre.

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ?

★★★★☆
Couv

On passe à la tranche d’âge un peu au-dessus avec cet album qui évoque l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille et une petite fille qui demande à sa maman ce qu’il y a dans son ventre. C’est avec poésie que la maman répond à son enfant, y exposant ses sentiments, ses espoirs, sa joie. Un très joli texte qui s’accompagne d’illustrations très vives jouant sur la superposition des images et des couleurs. L’album se termine avec l’arrivée du bébé dans la famille et la joie de la petite fille, avec un sentiment d’incroyable douceur. Une très belle évocation de la maternité, toute en subtilité.

Le grand écart

Couv-le-grand-ecart★★★☆☆

C’est aux plus grands que s’adresse ce dernier album, que j’ai un peu moins apprécié que les autres. Thomas Scotto raconte dans cette histoire la difficulté du déménagement dans un pays différent, dans lequel on ne parle pas la langue, dans lequel on a du mal à s’intégrer. Les mots qu’il fait dire à Anya, cette petite fille perdue dans un monde qu’elle ne connaît pas, sont magnifiques ! Et son imaginaire est en parfaite adéquation avec les illustrations de Lucie Albon, même si j’ai justement moins accroché sur le style de l’illustratrice. Un album lui aussi empreint d’une jolie poésie, qui aborde avec finesse le thème du déménagement.

▲ Dans la rue, Tineke Meirink
disponible depuis le 10 septembre 2015
9791094908020 – 9,90€
à partir de 2 ans
▲ Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ?, Sara Trofa, illustré par Elis Wilk
disponible depuis le 3 septembre 2015
9791094908013 – 11,90€
à partir de 4 ans
▲ Le grand écart, Thomas Scott, illustré par Lucie Albon
disponible depuis le 3 septembre 2015
9791094908006 – 12,90€
à partir de 6 ans

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Maman, tu fais quoi ? Mélanie Grisvard & Vincent Bourgeau

mamantufaisquoiOnomatopées en vue ! La journée d’une maman décryptée à travers les sons qui nous entourent au quotidien lorsqu’on habite en ville. Maman, tu fais quoi ? c’est un peu Où est Charlie revisité niveau bébé : une souris est à chercher dans toutes les pages. Personnellement j’ai géré cet exercice comme une reine. Vous ne serez pas au bout de vos surprises…La lecture de cet album est riche et passionnante car l’effort de retranscription des bruits demande un certaine habileté : savez-vous représenter oralement les bruits d’un moteur, un ronflement, une bouilloire, le roucoulement d’un pigeon, un marteau-piqueur, un aspirateur, un accordéon, un gargouillement, un bâillement, le bruit d’une sauterelle… ? Et bien vous apprendrez rapidement car c’est l’occasion de développer vos talents de conteur ! Peu d’albums mettent en avant des sons qui représentent aussi bien le quotidien urbain.

★★★★☆

Cet album cartonné est l’occasion de rappeler le rôle de l’onomatopée. Vous rendez-vous compte que l’on peut en créer un nombre illimité ? :)

Onomatopée illustrer des actions non parlées, un mot créé qui rappelle une sonorité acoustique faite par des personnes, animaux ou objets.

La création d’onomatopée est un art à part entière. Grâce à elles, les noms et les verbes se forment : c’est une forme d’art utile pour les plus jeunes. Ici, l’ambiance sonore chargée nous montre que le quotidien d’une maman est bien rempli. L’excellent travail d’équipe des auteurs est à noter : l’ensemble texte/image est interprété avec talent. La mise en dessin de Vincent Bourgeau est parfaite : pour la représentation du marteau-piqueur ou d’un aspirateur, la taille des caractères est plus grande et la multiplication des syllabes nous informe du niveau sonore des objets, d’où BABABABABAM Un exercice difficile (si, si : essayez pour voir, n’est pas « onomatopiste » qui veut !) que Vincent maîtrise brillamment. J’espère qu’il bombe le torse de fierté.

Et à la réponse du titre Maman, tu fais quoi ?, nous sommes ravies qu’elle ne fasse pas la vaisselle et qu’elle représente avec confiance la Working mom d’aujourd’hui, mère célibataire qui plus est puisqu’aucun papa n’a été présenté dans l’album. Il est important de souligner qu’elle a toujours le sourire au fil des pages, cette maman rayonne de bonheur…comme quoi une famille monoparentale peut être équilibrée et vue comme une normalité.
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Maman, tu fais quoi ? Mélanie Grisvard & Vincent Bourgeau
(Les Fourmis Rouges)
en librairie depuis le 21 mai 2015
9782369020394 – 13.00€
à partir de 1 ans

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Les fleurs de la ville – Jon Arno Lawson et Sydney Smith

9782848657646,0-2553369

Il y a longtemps que Bob n’avait pas lu d’albums… Grâce à une petite fille en rouge, qui rappelle sans doute un personnage de conte bien connu, il s’est plongé dans une petite histoire merveilleuse qui, il l’espère, vous donnera envie !

Une petite fille vêtue de rouge marche dans une ville en noir et blanc, accompagnée de son papa. Alors que celui-ci semble absorbé par son portable, la petite fille remarque des touches de couleurs ici et là : des fleurs sauvages qui poussent le long des réverbères ou au pied des murs. Elle s’en fait un bouquet tandis que, peu à peu, les couleurs surgissent dans la ville…

★★★★★

Quel magnifique album ! Sans paroles, Les fleurs de la ville nous transporte dans un univers tendre et poétique, aux côtés d’une petite fille qui voit toute la beauté et la couleur que cache sa grise ville. On découvre avec elle toutes sortes d’endroits, de quartiers, de gens tandis que la petite fille en rouge cueille avec soin ces fleurs sauvages, qu’elle va ensuite offrir à ceux qu’elle rencontre, qu’il s’agisse d’un monsieur qui dort dans un parc, un oiseau mort sur le chemin…ou sa maman.

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Si la thématique n’est pas très originale, un hymne au bonheur et aux couleurs, il n’en reste pas moins un album de très grande qualité. Les illustrations sont superbes, tout en douceur et en poésie, et le découpage rappelle parfois la bande dessinée, qui donne un rythme tout particulier à cette histoire belle attendrissante. J’ai tout simplement adoré ! Si vous n’êtes toujours pas convaincus, l’album a une bande annonce, à découvrir ci-dessous. :)

Les fleurs de la ville, Jon Arno Lawson et Sydney Smith (Sarbacane)
en librairie depuis le 1er avril 2015
9782848657646 – 13,90€
à partir de 4 ans

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L’immeuble qui avait le vertige – Coline Pierré

9782812608537, 0-2559769

Aujourd’hui, Hannah et sa famille emménagent dans leur tout nouvel appartement, tout juste inauguré par le maire, qui a prénommé l’immeuble Hector. Hannah est évidemment très heureuse de découvrir sa nouvelle chambre et son superbe placard…jusqu’au moment où l’immeuble se met à trembler. Tremblement de terre ? Bizarre, ça n’a frappé que l’immeuble ! Et voilà que ça recommence ! C’est la panique chez les habitants car Hector continue de trembler…

★★★☆☆

Avec un tel titre, on ne pouvait s’attendre à rien d’autre qu’à un brin de fantaisie. Et c’est le cas ! En témoignent les citations de Roald Dahl et d’Astrid Lindgren en début de roman (au cas où vous auriez toujours eu un doute sur le contenu). Car, franchement, vous connaissez des immeubles qui ont le vertige, vous ? C’est donc tout le sujet du livre, et son petit côté loufoque.
Au début, on essaye quand même de rester rationnel : après tout, un immeuble qui tremble de partout, ce n’est pas normal. Alors on fait venir les architectes, les scientifiques. Rien, aucune idée de ce qui se passe. Il faudra attendre que notre jeune Hannah soit elle-même sujette au vertige pour qu’elle fasse le parallèle entre ses symptômes et ceux d’Hector. Et alors ce seront désormais des docteurs, des spécialistes de la médecine, qui vont intervenir et déclarer que, en effet, Hector souffre de vertige. Mais comment le soigner ? Ça, je ne vous le dis pas et vous laisse le découvrir en lisant le roman…
En tous cas, L’immeuble qui avait le vertige est un petit roman très chouette, avec un petit côté fou qui devrait plaire aux plus rêveurs. Très vite, on s’attache à Hannah, son amie Louise et Hector, que l’on finit par considérer comme un être à part entière, avec ses émotions. On rit aussi des frasques du maire, de la politique et de l’urbanisme des villes qui sont gentiment moquées par l’auteur. Et on apprécie le côté solidarité qui se crée au sein de cette communauté de locataires, prêts à tout pour garder leur immeuble et capables d’inventer des choses complètement folles pour le sauver…

L’immeuble qui avait le vertige, Coline Pierré (Rouergue)
collection DacOdac
en librairie depuis le 8 avril 2015
9782812608537 – 7€
à partir de 9 ans