Son
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Need – Joelle Charbonneau

97827459753930-3426777

« Désir : envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve.
Besoin : nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie. »
Need est le nouveau réseau social qui fait fureur auprès des adolescents du lycée de Nottawa. Ce site génial propose en effet de répondre à tous vos besoins, de façon totalement anonyme, et sans vous demander quoi que ce soit en échange…enfin, juste des petits services de rien du tout…

★★★★☆

Kaylee est une lycéenne qui a du mal à concilier la vie au lycée et en famille depuis l’annonce de la maladie de son petit frère. Pour avoir une chance de survivre, la garçon doit attendre une greffe de rein. Et malgré toutes les pistes déployées par Kaylee, aucun donneur compatible ne s’est présenté… Alors quand ce nouveau site apparaît sur la toile, Kaylee est tout d’abord réticente, se posant des questions sur l’étonnante facilité avec laquelle tout semble être possible… Puis un jour, elle fait sa première demande sur NEED : « j’ai besoin d’un rein pour mon frère ». Évidemment, quand on a lu plein de livres et vu plein de films et de séries, on se dit tout de suite : « ohoooh, il y en a un qui va se retrouver vite fait dépiauté de son rein et se vidant de son sang dans une baignoire » (Non ? Pas vous ?) Bref. En dépit de cette évidence, ce qui est intéressant, c’est comment Joelle Charbonneau va jouer avec les personnages et les situations pour mener à ce qu’on imagine bien être la fin terrible du livre. Car le roman ne se concentre pas uniquement sur Kaylee et va aussi nous proposer de suivre certains de ses camarades de classe et comment eux aussi vont être entraînés dans cette machinerie infernale, comment ils vont embrasser le jeu pervers des contreparties pour obtenir ce qu’ils veulent, ou comment ils vont s’en trouver victimes.

Clairement, nous sommes dans un roman rythmé, dans une écriture d’une grande simplicité et qui nous embarque dans une frénésie et une angoisse permanente. La collection Page Turners n’a jamais aussi bien portée son nom ! Mais ce qui est le plus fascinant dans ce roman, c’est bien sûr la réflexion autour des réseaux sociaux et de ce que nous sommes prêts à faire pour obtenir ce que l’on veut. Terrifiant. C’est sans doute le mot qui qualifie le mieux le roman, tant les situations présentées et vécues par les personnages sont réalistes et pourraient faire l’objet des pages de faits divers dans les journaux.
J’ai seulement été un peu déçue de la résolution, de qui se cache derrière NEED et pourquoi il a ciblé les lycéens de Nottawa. Heureusement, la toute dernière page change la donne… :P Si vous êtes à la recherche d’un bon thriller psychologique à vous glacer le sang…bienvenue sur NEED

NEED, Joelle Charbonneau, traduit par Amélie Sarn (Milan jeunesse)
disponible depuis le 19 octobre 2016
9782745975393 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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Louis Pasteur contre les loups-garous – Flore Vesco

Après nous avoir époustouflé par son inventivité dans le génial De cape et de mots, Flore Vesco revient avec un nouveau roman dans ce style si particulier dont elle ne démord pas… (attention, premier jeu de mots !) :P

97822780855520-3654823

Paris, 1840. Le jeune Louis Pasteur, boursier débarqué de son Jura natal, rejoint la prestigieuse Institution Royale Saint Louis dans l’espoir de mener à bien ses recherches scientifiques. Mais entre les difficultés que lui font ses professeurs ou ses camarades de classes, sa rencontre avec la jolie Constance et les mystérieuses attaques nocturnes qui ont lieu dans l’école, les plans de Louis sont quelque peu bouleversés… Heureusement que tous ces événements sont finalement un bon moyen d’observer et de mettre en pratique quelques idées…

★★★★☆

Après Orgueil et préjugés et zombies et Abraham Lincoln, chasseur de vampires, c’est au tour d’un héros français de se confronter à des créatures diaboliques. Bon… en vrai, ça n’a pas grand-chose à voir avec ces parodies littéraires ou cinématographiques, mais si vous cherchez quelques idées pour Halloween… Et si vous avez plutôt envie d’une bonne histoire d’aventure, c’est assurément le nouveau roman de Flore Vesco que vous devez lire ! On retrouve dans Louis Pasteur contre les loups-garous tous les ingrédients qui nous avaient plu dans De cape et de mots : un univers historique, des personnages étonnants et courageux et un style inimitable où l’on goûte à un vocabulaire riche et à un humour fin et délicieux !

Mais là où Serine maniait les mots avec malice et inventivité, Louis est plutôt expériences scientifiques et bombes artisanales. Les amateurs de Science et vie junior devraient donc aussi s’y retrouver car Flore Vesco a clairement fait chimie 2e langue au collège. Avec les sciences au cœur du roman, chaque chapitre s’ouvrant d’ailleurs sur sa composition chimique (humoristique, bien sûr), l’auteure nous invite en effet à nous rendre compte des découvertes importantes que Louis Pasteur a mis en lumière au 19e siècle. Et c’est vrai qu’à part le vaccin contre la rage ou la pasteurisation, Bob ne se rendait pas compte que le monsieur avait fait plein d’autres choses ! Bon, ok, mais si on aime pas trop les sciences ?

N’ayez crainte, le roman n’est pas une biographie de Louis Pasteur mais bel et bien une aventure palpitante, un petit peu angoissante mais surtout fantastique ! Car oui, il y a bel et bien des loups-garous dans l’école et c’est ce mystère qui va faire de notre Louis un enquêteur nocturne aux côtés de la jolie Constance, une jeune fille de bonne famille qui se révèle intrépide et qui n’est certainement pas en reste lorsqu’il y a de l’action ! On croisera également des concierges étranges, des professeurs suspects ou des élèves pédants ou malchanceux, le tout enrobé dans une intrigue aux petits oignons, qui ne manque ni de piquant ni d’un humour qui est bien la patte de l’auteur. Quelle sera la prochaine créature dont Louis Pasteur devra se débarrasser ? Nous le saurons sans doute dans le tome 2 ? :P

Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco (Didier Jeunesse)
disponible depuis le 21 septembre 2016
9782278085552 – 15€
à partir de 11 ans
Son
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Cell. 7 : la mort vous regarde – Kerry Drewery

97820122057890-3385832

Une couverture métallisée, un œil qui vous regarde… Non, ce n’est pas la nouvelle saison de Secret Story, quoique, remplacez la maison par une prison et vous obtiendrez Cell.7, un nouveau genre de téléréalité…

Dans une Angleterre futuriste, le système judiciaire a évolué : la peine de mort a été rétablie et chaque citoyen peut voter pour ou contre l’exécution des prisonniers. Martha Honeydew a seize ans et elle est la première adolescente à entrer dans le couloir de la mort. Son crime : avoir assassiné Jackson Paige, une star de la téléréalité appréciée de tout le monde. Désormais, ce sont 2 millions de citoyens qui vont juger la jeune femme…

★★★☆☆

Martha Honeydew va passer sept jours, passant de cellules en cellules (une différente chaque jour), scrutée par les caméras et les millions de gens vivant dans cette Angleterre de science-fiction où les riches vivent séparés des pauvres et où règne une justice dite démocratique. « Mort = Justice », c’est le nom de l’émission de télé la plus populaire du pays où, chaque jour, est proposé un récapitulatif de ce qui se passe dans le couloir de la mort, où l’on voit évoluer les condamnés de cellule en cellule jusqu’à la Cell.7, celle de la chaise électrique. Mais c’est aussi dans cette émission que sont dévoilés les votes du public qui détermineront le sort des condamnés : il suffit de voter par téléphone ou sur Internet, moyennant quelques £, of course, ce qui, vous pensez bien, n’est pas à la portée de toutes les bourses…

Justice et corruption, univers de la téléréalité qui cache de bien sombres secrets, culpabilité et innocence, autant de thématiques développées dans ce roman bien ficelé qui multiplie les points de vue : celui de Martha, dans le couloir de la mort, qui clame haut et fort son crime ; Eve, son assistante juridique, dont le métier est en voie de disparition, qui pense qu’il y a bien plus derrière ce crime que ce que Martha dit ; et d’autres qui se révèlent au fur et à mesure de l’histoire. Il y a également l’émission « Mort = Justice » retransmise chaque jour dans le livre, et qui est peut-être son seul écueil puisqu’il n’est pas si simple de rendre à l’écrit ce qu’on nous décrit à l’écran (en tous cas, ces parties-là m’ont semblé moins faciles à lire et souvent répétitives : description du générique, des transitions, etc.). Malgré un univers finalement assez classique (les pauvres d’un côté victimes d’injustices et les riches de l’autre qui ont tout pouvoir) Kerry Drewery dresse le portrait d’une société terrifiante et nous interroge, plus que sur la peine de mort, sur le sens même de la justice. Un roman qui n’est pas sans rappeler un épisode de l’excellente série Black Mirror (mais je ne vous dit pas en quoi ou vous en perdriez la surprise) et qui, avec rythme et de bons ressorts, parvient à nous happer jusque la dernière page. Il semblerait que Cell.7 soit le premier tome d’une trilogie mais je trouve que, même si certains éléments peuvent appeler à une suite, il se suffit aussi à lui-même. Une lecture vraiment intéressante. :)

Cell. 7 : la mort vous regarde, Kerry Drewery, traduit par Christophe Rosson (Hachette romans)
disponible depuis le 28 septembre 2016
9782012205789 – 18€
à partir de 14 ans
Son
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Le mystère Blackthorn – Kevin Sands

9782747057844,0-3233892

1665, Londres. Christopher Rowe a 14 ans et est apprenti chez l’apothicaire Benedict Blackthorn, qui lui apprend depuis quatre ans les secrets de fabrication des remèdes et potions. Mais depuis quelques semaines, une menace pèse sur la ville : une secte occulte assassine des apothicaires. Et l’étau semble se resserrer autour du maître de Christopher…

★★★★★

Si vous aimez les intrigues trépidantes et les énigmes, Le mystère Blackthorn est fait pour vous ! Ce premier roman de Kevin Sands est une vraie réussite. On se laisse emporter dans l’histoire avec une étonnante facilité et on arrive au bout des 500 pages sans s’en rendre compte ! Et pour ceux qui n’aimeraient pas trop les romans historiques, celui-ci devrait vous réconcilier avec le genre : point de descriptions à n’en plus finir des us et coutumes ou de la politique de l’Angleterre du XVIIe siècle. Pas d’histoire prétexte pour nous évoquer la vie des enfants à cette époque. Il y a bien évidemment tous ces éléments historiques, indispensables à la cohérence, mais l’auteur nous les distille de façon admirable, en parfaite adéquation avec son récit, et sans aucun ennui. Nous sommes dans une véritable enquête où codes secrets et mystères divins vont donner du fil à retordre à notre jeune héros. :P

Christopher est un jeune orphelin qui a eu la chance de trouver un apprentissage auprès d’un apothicaire renommé. Quatre ans à son service lui ont permis de s’instruire, d’apprendre à connaître et reconnaître les ingrédients utiles à la confection de remèdes ou de poisons et d’appréhender le futur métier d’apothicaire. C’est également à cette période qu’il rencontre Tom, le fils du boulanger, et son meilleur ami depuis qu’il lui a catapulté des fruits pourris sur la tête. Un ami qui ne sera pas inutile lorsque les choses vont se corser pour Christopher et une amitié qui apporte aussi la touche d’humour du roman.

Je ne vous révèle rien d’autre sur cette histoire passionnante, qui nous emmène dans le monde captivant des apothicaires et, plus largement, des alchimistes, à la découverte de secrets qu’il vaudrait parfois mieux garder précieusement. Kevin Sands propose dans son roman une véritable immersion dans le métier de l’apothicaire, et on appréciera toutes les explications des symboles, les précis d’alchimie ou les codes à déchiffrer qui parsèment le récit. Des personnages attachants, une histoire haletante et bien menée, telle une chasse au trésor, Kevin Sands réussit un excellent premier roman ! :D

Le mystère Blackthorn, Kevin Sands, traduit par Pascale Jusforgues (Bayard Jeunesse)
disponible le 11 mai 2016
9782747057844 – 15,90€
à partir de 10 ans
Son
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Hugo de la nuit – Bertrand Santini

9782246860266,0-3345557

Une nuit d’été, un enfant, des fantômes, un secret… C’est le programme du tout nouveau roman de Bertrand Santini, après le génialissime et hilarant Journal de Gurty. Intrigués ? :D

Hugo et sa famille vivent dans une belle demeure à Monliard. Un terrain qui attire la convoitise quand un gisement de pétrole est découvert dans le cimetière du domaine. Et une nuit, tout bascule…

★★★★☆

Difficile de vous résumer le roman de Bertrand Santini sans vous révéler quelques ressorts de l’intrigue ! Pourtant, je ne peux pas ne pas vous dire que Hugo, notre héros, meurt dès la première page. Eh oui, c’est bien triste mais c’est comme ça ! Hugo avait 11 ans, bientôt 12, et c’est la veille de son anniversaire que le malheur s’abat sur lui et sa famille… Sa mère, Hélène, est auteure de romans jeunesse et, grâce à la fortune amassée par les ventes de sa série à succès en 7 tomes (toute ressemblance avec le parcours d’une certaine J.K. Rowling serait fortuite), a acheté le domaine de Monliard. Son père, Romain, est botaniste et, quand le gisement de pétrole est découvert, il compte bien parvenir à protéger le domaine grâce à une fleur présumée éteinte qui a justement poussé près d’une tombe dans le cimetière. Mais, comme je vous l’ai dit, le malheur va s’abattre sur la famille…

C’est là qu’une simple histoire de territoire et d’avidité villageoise se transforme en conte horrifique et ce pour notre plus grand plaisir ! Je ne vous ferais pas de gros spoiler en vous disant que le cimetière de Monliard est hanté par des fantômes et que le cœur du roman va se dérouler entre le monde de la vie et celui de la mort. Pour ceux qui ont lu L’étrange vie de Nobody Owens, sachez que ce cimetière et ses habitants n’ont rien à envier à ceux de Neil Gaiman. Loufoques, étranges, exubérants, mélancoliques, tels sont les fantômes dont Hugo va faire la connaissance. Et nous voilà désormais dans un roman où la peur côtoie un humour pince-sans-rire avec beaucoup de réussite.

Mais là où Bertrand Santini est le plus fort, c’est qu’il joue avec nos impressions et nos sensations jusqu’à la fin du roman, et nous interroge sur notre sens du rêve – ou du cauchemar – et de la réalité. C’est vraiment bien fichu, on se laisse entraîner dans cette nuit étrange et étonnante, on a les chocottes, on rigole, on frissonne, on danse… Une véritable ambiance gothico-burlesque que cette magnifique couverture toute en dorures ne laisse peut-être pas présager mais qui nous surprend fort agréablement. On en redemande ! :P

Hugo de la nuit, Bertrand Santini (Grasset jeunesse)
disponible depuis le 20 avril 2016
9782246860259 – 13,50€
à partir de 11 ans
Discussion
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N’y pense plus, tout est bien – Pascale Maret

Pascale Maret a visiblement été très inspirée par un fait divers, mais en se concertant avec Bob, on s’est dit que vous réveler lequel enlèverait toute surprise et on serait bien embêtées si vous nous en vouliez…donc nous ne spolierons point.

9782364748408,0-3163135

Martin, 13 ans se retrouve sans famille du jour au lendemain. Élevé ensuite par sa tante, il prendra la décision le jour de ses 18 ans, d’embaucher un détective privé qui pourrait l’aider à retrouver la trace du responsable de l’éradication de sa famille à la suite de la découverte d’un indice crucial. Direction la Patagonie pour une chasse au coupable qui remue, où la détermination d’un jeune homme reste l’un des éléments des plus marquants du roman.

Don’t think twice, Jean-Michel

★★★★☆

Sur fond de Bob Dylan, Pascale Maret nous fait vivre une forte expérience, nous parle de désir de clôture, de deuil avec sans doute un soupçon de vengeance qui ère dans un recoin du cerveau tourmenté d’un jeune homme qui ne demande qu’à se re•construire. Je ne m’attendais pas à un début de roman aussi dantesque, une scène douloureuse et étourdissante qui annonce brillamment la suite du roman. L’élément selon moi qui marque le plus le roman ? La maturité de Martin. L’innocence balayée en un coup de pelle, mais sa réflexion reste intacte : il comprend qu’il n’est en rien responsable de la disparition de ses proches. Cependant sa détresse demeure et se traduit par le besoin irrémédiable d’aller au bout de sa piste, la clôture nécessaire du chapitre de sa vie, celle de sa mère, de sa sœur Laure et de son frère Lucas. Ce gros garçon de 13 ans autrefois terrassé par la peur derrière la rambarde de l’escalier s’est transformé en homme qui a réchappé deux fois à la mort par sa bravoure, son incorruptibilité et sa détermination. On souhaite à Martin un bonheur sans encombres ni démons, avec des souvenirs triés sur le volet, précieux et intemporels tels que les sourires des membres de sa famille disparue. Ça tire sur le canal lacrymal, c’est d’une puissance prodigieuse, merci Pascale pour ce moment mémorable.

It’s all right, Bob

★★★★☆

Jean-Michel a tout dit ! J’ajouterais simplement que Pascale Maret n’a pas son pareil pour écrire des histoires tirées de faits divers avec autant de souffle. J’avais adoré sa version de l’histoire de Colton Harris-Morre, dans La véritable histoire d’Harrison Travis, hors la loi, racontée par lui-même et j’ai retrouvé ce côte aventureux dans ce nouveau roman, même si la tragédie est ici bien plus grande. Pascale Maret joue avec toutes nos émotions, depuis l’horreur jusqu’à l’espoir, dans cette quête qui nous emmène au bout du monde.

N’y pense plus, tout est bien, Pascale Maret (Thierry Magnier)
collection Grand format
disponible depuis le 23 mars 2016
9782364748408 – 11,50€
à partir de 14 ans
Discussion
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Je sais que tu sais – Gilles Abier

9782362661426,0-3025447

Nous savons que vous saviez que Gilles Abier sortait un nouveau livre parce qu’on vous l’a dit la dernière fois. On vous dit aujourd’hui tout ce qu’on en pense !

Il y a trois ans, dans un patelin du Tarn-et-Garonne, le frère d’Axelle, Martial, est retrouvé criblé de balles derrière une grange. Le coupable ne fut pas bien difficile à trouver : c’était Bastien, le meilleur ami de Martial. Depuis cette tragédie, Axelle a sombré et s’est repliée sur elle-même, dans sa haine. Jusqu’au jour où elle décide de rendre visite à Bastien en prison…

Bob sait qu’il ne sait pas

★★★☆☆

Ahlala, pas facile de parler de ce roman après Un jour il m’arrivera un truc extraordinaire. Les deux romans sont très différents et, si le premier était beaucoup sur l’imaginaire et l’humour, on est ici dans une réalité dure et sans concession. Toute cette douleur qui hante Axelle, ce deuil dont elle ne parvient pas à se débarrasser, nous fait entrer petit à petit dans ce triste fait divers qui a rompu la tranquillité de son petit village. Nous la rencontrons au moment où elle va se confronter à l’assassin de son frère, où elle espère que leur conversation va lui apporter ce qu’elle cherche. Et pendant qu’elle attend, qu’elle doute, Axelle nous fait remonter le fil de l’histoire, comment sa petite vie tranquille a soudain basculé, comment elle en est arrivé à ne plus être que l’ombre d’elle-même.
J’ai beaucoup aimé la progression du récit, qui alterne entre le moment présent et les souvenirs : ceux de la nuit de l’assassinat, le procès, les jours, mois qui ont suivi, comment Axelle a décidé de prendre le taureau par les cornes et voir celui qui a ruiné sa vie… Accepter ? Réussir à pardonner ? Axelle se dévoile progressivement et, par là-même, on découvre la personnalité de son frère, et ce qui a poussé Bastien, son meilleur ami, à le tuer. En moins de 100 pages, Gilles Abier fait preuve d’un grand sens du suspense, et parvient à nous maintenir en haleine jusqu’au dernier mot. D’autant plus quand on arrive aux dernières phrases et qu’il nous laisse pantelant, aux prises avec un terrible choix…

Jean-Michel sait bien, lui, qu’il sait

★★☆☆☆

Secret de famille bien dissimulé et apprentissage du pardon…Gilles nous offre un panorama riche en émotions mais un détail me dérange. Alors que le bourreau de Martial garde un silence de plomb quant à ses motivations, j’ai trouvé les parents d’Axelle étrangement fermés : ils ne se posent aucune question et semblent fermer les yeux. Bastien a assassiné leur fils de sang-froid et il semble flotter un parfum d’ignorance : ils ne cherchent pas à savoir, trop occupés à gérer leur douleur et leur deuil. Un texte qui aurait mérité plus de pages :/ Une écriture parfaite néanmoins mais je pense avec sincérité que Gilles Abier traite mieux les sujets graves avec l’humour qu’on lui connait.

Je sais que tu sais, Gilles Abier (Talents Hauts)
collection Ego
disponible depuis le 18 février 2016
9782362661426 – 8€
à partir de 13 ans
Son
2

Les chiens – Allan Stratton

9782745972576,0-2711019

Après le très remarqué Le secret de Chanda et un certain nombre d’autres romans, Allan Stratton revient avec un thriller chargé en émotions fortes !

Fuyant un père violent, Cameron et sa mère emménagent dans une nouvelle maison : une vieille ferme au milieu des champs. Très vite, le jeune homme ressent des choses étranges. Il découvre alors qu’une tragédie a secoué cette maison : il y a 50 ans, après la disparation et de sa femme et de son fils, un homme a été dévoré par ses chiens…

★★★★☆

Une couverture angoissante pour un roman qui l’est tout autant ! Dès le début du roman, l’atmosphère paranoïaque nous étouffe : persuadée que son ex-mari la traque, la mère de Cameron décide de partir et de changer à nouveau de ville pour échapper à cet homme violent et abusif. Pour Cameron, c’est presque le déménagement de trop, il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas voir son père, un père dont il garde des bons souvenirs, même quand celui-ci lui maintenait la tête sous l’eau ou le pendait au-dessus du vide par le balcon…il avait toujours de bonnes raisons pour ça. Quand ils arrivent dans ce nouveau patelin, et cette ancienne ferme éloignée de tout, le malaise persiste. Car Cameron est persuadé de voir quelqu’un qui le regarde depuis la grange, quelqu’un qui lui parle. Sans compter les hurlements pendant la nuit, comme une meute de chiens…
Frissons garantis, donc ! Allan Stratton ménage bien son suspense et distille avec talent de nombreux éléments propres à nous ficher la chair de poule, flirtant avec le fantastique. On ne décroche pas de cette histoire terrible, ou plutôt de ces deux histoires : celle de Cameron, et celle de l’homme tué par ses chiens voilà un demi-siècle. Deux histoires qui entrent en une certaine résonnance et qui va poser la question de la folie… Mais également de la vérité, car c’est ce qui obsède le plus Cameron.
Un roman qui ne laisse pas indifférent, duquel on ressort sonné, et qui fait la part belle à un jeune homme doté d’une grande force de caractère malgré la fragilité de sa situation, psychologique surtout. J’ai beaucoup aimé la dimension fantastique qui se mêle parfaitement au thriller, nous laissant également incertains sur quelques points de l’histoire. Un roman sombre qui trouve malgré tout une conclusion où sonne l’espoir…à notre plus grand soulagement ! :)

Les chiens, Allan Stratton (Milan jeunesse)
disponible depuis le 21 octobre 2015
9782745972576 – 14,50€
à partir de 13 ans

Son
6

Cité 19 – Stéphane Michaka

Avant d’être un livre, Cité 19 était aussi un feuilleton radiophonique diffusé il y a quelques années sur France Culture. Malheureusement, Bob n’a pas réussi à retrouver le podcast de l’émission pour vous le partager…alors à la place, il va vous parler du roman ! D’un autre côté, c’est ce qui vous intéresse le plus, non ? :)

MISE A JOUR : En fait, grâce à Catou31 (merci !), vous pouvez découvrir le premier épisode du feuilleton sur le site de l’auteur !

9782266241410,0-2744843

Faustine est passionnée par le XIXe siècle. Sa mère en était spécialiste avant sa disparition et son père est le gardien du Musée d’Orsay. Alors qu’elle s’apprête à passer son bac, elle apprend la mort de son père, tombé de la tour Saint-Jacques. Dévastée, elle l’est encore plus quand on lui demande d’identifier le corps et qu’elle ne reconnaît pas les mains de son père… Cette découverte annonce le début d’une aventure terrifiante qui va l’amener à suivre un homme dans une station de métro et se réveiller…150 ans plus tôt !

★★★★☆

Premier tome d’un diptyque qui trouvera sa conclusion en janvier 2016, Cité 19 mêle habilement les genres : un roman historique très bien documenté quand notre héroïne se réveille dans les faubourgs en construction d’Haussmann ; un thriller n’épargnant aucun détail sanglant quand Faustine se retrouve dans le Paris du Second Empire à enquêter sur un mystérieux meurtrier (ou une bête ?) qui éviscère ses victimes ; et un récit de science-fiction qui ne tient pas seulement au voyage dans le temps… Mais je ne peux rien vous dire sans vous gâcher la surprise qui a très bien fonctionné pour moi. :P

Avec tous ces ingrédients, Stéphane Michaka signe un roman terriblement haletant, où l’on découvre une héroïne forte et indépendante, dotée de facultés dont elle s’étonne elle-même, et qui se retrouve embrigadée dans une enquête qui va la toucher plus qu’elle ne le pense. Il est difficile d’en dire plus sur le roman sans vous dévoiler des choses qui pourraient gâcher votre lecture et le suspense qui en fait tout l’intérêt. Néanmoins, sachez qu’il vous faudra patienter un petit peu pour arriver au cœur de l’histoire. C’est d’ailleurs dommage car le début du roman pourrait sans doute rebuter quelques lecteurs. Il n’y avait pas forcément besoin de s’attarder sur le passé de Faustine (en particulier sa période punk qui semble sortir de nulle part) qui n’apporte pas grand chose au reste du récit ou à la psychologie du personnage, ni même à ses amis de lycée qu’on oublie bien vite jusqu’à ce qu’ils réapparaissent vers la fin du roman. J’étais donc assez perplexe mais après ces 60 premières pages, en revanche, vous entrerez au cœur du récit et ne pourrez plus le lâcher avant d’être parvenu au bout…et regretter que la suite n’arrive pas plus vite ! :P Que ce début chaotique ne vous rebute pas, la suite en vaut véritablement la peine !

Cité 19, Stéphane Michaka (Pocket Jeunesse)
disponible le 15 octobre 2015
9782266241410 – 16,90€
à partir de 14 ans

Son
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La boîte – Anne-Gaëlle Balpe

9782848657585,0-2600427

Avec Jean-Michel, on se bat toujours quand il y a un nouveau roman de la collection Exprim’ qui sort. Et cette fois, c’est la carrure imposante de Bob qui a remporté la lecture du tout dernier en date et qui porte le nom mystérieux de La boîte !! Tadaaaammm… (ne vous laissez pas berner par tout ce rose sur la couverture, car vous allez être surpris) !

Malt et Jen ont vingt ans, et aucune perspective d’avenir. Ils passent leurs journées à zoner dans leur petit ville perdue, jusqu’au jour où ils découvrent une boîte sous le banc du parc. A l’intérieur, un billet, accompagné d’un mystérieux message : « Plus d’argent en échange d’un service ».

★★★★☆

Voilà un résumé qui donne plutôt l’eau à la bouche, non ? Eh bien non seulement on se laisse tenter mais on se laisse aussi très vite prendre au jeu, comme les personnages, afin de savoir ce que referme cette boîte ou, plutôt, ses promesses. Car, comme le pense Jen, il ne s’agit probablement que d’un jeu, d’une sorte de téléréalité ou de caméra cachée. Qu’est-ce qu’on y risque à part devenir célèbre et riche ? Dès lors, la vie de nos jeunes adultes va basculer du tout au tout car, bien sûr, la tentation de l’argent facile est grande. Et si tout semble merveilleux au début (on va dans la ville la plus proche dépenser sans compter, louer une suite majestueuse dans un grand hôtel…), le « service » finit par être demandé et c’est Malt qui va s’y coller…et découvrir qu’il trempe dans une terrifiante affaire. Mais je ne vous dis rien, ce serait gâcher la surprise (enfin…l’horreur) ! :)
Ce que je peux vous dire, c’est que l’écriture d’Anne-Gaëlle Balpe est carrément addictive et, du coup, très efficace, on a l’impression de se trouver dans un bon film d’action, où le suspense est rondement mené, les dialogues percutants, les scènes rythmées et parfois même spectaculaires. Les personnages sont très réussis, on s’attache instantanément à Malt et à son histoire. On ressort de tout cela le souffle court, d’autant plus que les pages défilent à une vitesse terrible, nous donnant l’impression d’avoir terminé le livre trop tôt.
Je ne connaissais pas Anne-Gaëlle Balpe, alors qu’elle a déjà une bibliographie bien fournie, mais ce sera assurément une romancière à suivre pour les ados.

La boîte, Anne-Gaëlle Balpe (Sarbacane)
collection Exprim’
en librairie depuis le 4 février 2015
9782848657585 – 15,50 €
à partir de 14 ans