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Vacances d’été – Mori

Il est désormais temps pour Bob & Jean-Michel de profiter de vacances bien méritées. Avant de vous les souhaiter aussi bonnes et reposantes que les nôtres, une dernière petite chronique pour donner le ton de ces Vacances d’été.

★★★★★

Clic ! Clic ! (Ouais, on est né au 20e siècle, les appareils photos faisaient ce bruit-là !) On prend la pose devant le tableau de la classe pour notre dernier jour d’école. Et puis, comme cette petite fille et son chat noir, le rituel de la pose photo se fera durant toutes les vacances d’été. De ces moments capturés par Mori, à la piscine municipale, chez le marchand de glace, à la plage ou encore à la campagne, se dégagent une incroyable tendresse. La petite fille n’esquisse pourtant pas l’ombre d’un sourire, le petit chat noir semble tout étonné et pourtant, l’auteur parvient à donner à chaque moment une véritable intensité et beaucoup d’humour. Déjà par ces poses très « figées » et répétitives qui nous font instantanément sourire, et puis par ces petits détails parfois incongrus que l’on prend plaisir à observer.

Des petits moments de vie, souvenirs inoubliables de vacances, merveilleusement mis en scène dans des double-pages de très belle composition. Je suis particulièrement tombée en admiration devant celles de la plage, de la mare aux grenouilles ou encore du champ de tournesol.
Bref, un superbe imagier de vacances et un talent à suivre puisqu’il s’agit d’un premier album pour Mori.

Hein oui que c’est trop beau ?

Vacances d’été, Mori (HongFei)
disponible depuis le 16 mai 2019
9782355581557 – 13,90€
à partir de 3 ans

Sur ce, passez de bien belles vacances ! 😀

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Magies des mots et de l’esprit

Le temps est à la fantasy avec nos deux romans du jour. Vous y découvrirez de fascinants mondes où la magie est reine et où les aventures sont aussi nombreuses que terrifiantes pour nos deux héroïnes. Êtes-vous prêts pour un petit pas de côté avec la réalité ?

La fille sans nom

Un soir, Camille décide de quitter sa maison et ses parents qui se montrent incapables de l’écouter. Arrivée près du fleuve, elle découvre une annonce devant une péniche, à laquelle elle décide de répondre, persuadée de commencer une nouvelle vie. Mais le propriétaire n’est autre qu’un mage qui emprisonne par magie la pauvre Camille, initiant le début d’une aventure qui va l’emmener à Ether, un monde jumeau de la Terre où la magie est présente.

★★★★☆

Maëlle Fierpied n’est pas une débutante dans le domaine de la fantasy et du fantastique et nous le prouve encore une fois dans cet excellent roman bourré d’aventures qui nous promet des créatures aussi fascinantes qu’attachantes (les dogrons en tête, savant mélange d’ogre et de dragon), de la magie runique et des puissants sorciers, des prisonnières et des voleurs, des grands méchants et des secrets à dévoiler. 500 pages d’une histoire extraordinaire de quête identitaire qui nous transporte dans un univers riche et complexe, où une jeune fille va se découvrir et grandir au contact d’une ribambelle de personnages particulièrement intéressants. Il ne vous aura pas échappé non plus cette couverture absolument superbe d’Antoine Doré qui donne un très bel écrin au roman de Maëlle Fierpied.

La fille sans nom, Maëlle Fierpied (L’école des loisirs)
collection Médium +
disponible depuis le 6 mars 2019
9782211239929 – 19€
à partir de 13 ans

 

L’arrache-mots

Iliade a le don merveilleux de donner vie aux histoires qu’elle lit. Bibliothécaire, elle raconte des histoires aux enfants jusqu’au jour où une mystérieuse demande en mariage d’un héritier royal l’amène à Babel, la capitale du royaume d’Esmérie. En attendant de découvrir son futur et cachottier époux, elle devient conteuse de la Reine, où elle éblouit la cour de son talent. Mais bien vite, de nombreuses intrigues et complots la mettent au cœur de bien plus que ce qu’elle pensait…

★★★★☆

Que la première bibliothécaire qui ne rêverait pas d’avoir cet incroyable pouvoir me jette la première pierre ! Pétri de références littéraires (vous en avez déjà repéré rien que dans le résumé), le monde imaginé par Judith Bouilloc est une ode à la lecture et à la littérature. Si le monde d’Esmérie est complètement fictionnel, ses « classiques » de la littérature sont les mêmes que les nôtres (il ne nous manque qu’à savoir si ceux en littérature jeunesse le sont aussi) et sont une grande part de l’intrigue qui se joue dans cette histoire romantique et mystérieuse. Iliade est un personnage absolument charmant, entouré d’une famille aussi drôle qu’engagée, et utilisé par les puissants dans une intrigue qui la dépasse bien vite. Mais c’est une aussi l’héroïne d’une romance passionnante qui ravira les amateurs du genre… On regrettera la fin un chouïa rapide mais là encore, un univers riche et littéraire, qui nous offre une jolie histoire d’amour et de magie pour un très bon moment de lecture.

L’arrache-mots, Judith Bouilloc (Hachette)
disponible depuis le 29 mai 2019
9782016270080 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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Des grands-mères en danger

Ils ne sont peut-être pas pour le même public, mais nos deux romans du jour abordent la relation d’enfants et adolescents avec leurs grands-mères, surtout quand celles-ci sont en danger… Frissons garantis !

Peur dans la neige

Fleur et son frère jumeau Julius vivent temporairement chez leur grand-mère. Une nuit, Fleur remarque de la lumière dans la forêt et, poussée par la curiosité, décide d’aller voir ce qui se trame. Qu’elle n’est pas sa surprise quand elle découvre un trésor ! Persuadée que cela pourra venir en aide à ses parents, elle s’empare du butin…provoquant une terrible réaction en chaîne…

★★★★☆

Sandrine Beau nous avait déjà bien fait flipper avec Toute seule dans la nuit ou encore Traquées ! Elle réussit encore une fois à nous embarquer avec efficacité et grelottements dans un polar bien ficelé, à destination des jeunes lecteurs. Un huis-clos aussi glaçant que la saison durant laquelle l’histoire se déroule, qui fait la part belle à des jeunes adolescents débrouillards et courageux et à une grand-mère peut-être en fauteuil roulant mais certainement pas « diminuée » ! Une mamie à la fois drôle et bravache qui fera tout aussi pour protéger ses petits-enfants. Décidément, Sandrine Beau est vraiment très forte quand il s’agit d’associer le suspense haletant du roman policier à la sensibilité des relations familiales. Idéal pour frissonner par temps de canicule ! On en redemande… 😀

Peur dans la neige, Sandrine Beau (Mijade)
collection Zone J
disponible depuis le 21 mars 2019
9782874231094 – 6€
à partir de 10 ans

 

La maison des oiseaux

Pour Zoé, harcelée par sa cousine, ses camarades et incomprise par ses parents, sa grand-mère est sa seule amie et elle se réfugie dès que possible chez elle, à la maison des Oiseaux. Mais mamie perd la tête, et les parents de Zoé décident de la placer dans une maison de retraite. Inimaginable pour Zoé comme pour sa grand-mère, qui souhaite mourir chez elle. Alors Zoé décide de fuguer, et d’emmener sa grand-mère avec elle pour retrouver un oncle qu’elle croyait disparu…

★★★★☆

Les secrets de famille sont au programme du nouveau roman d’Allan Stratton ! Mais c’est surtout la relation fusionnelle entre une adolescente et sa grand-mère atteinte de démence qui nous touche, et la difficulté pour Zoé de faire entendre sa voix tant elle est écrasée par une cousine horrible et des parents que la précarité obnubile au point de ne pas voir le mal-être de leur propre fille. La solitude de l’adolescence et la solitude de la vieillesse se mêlent alors, ne trouvant aucune échappatoire et aucun soutien familial, à moins de retrouver cet oncle dont personne ne parle jamais et qui, selon les paroles de la grand-mère de Zoé, se serait occupé d’elle, lui… Le roman devient passe alors par la case road-trip, et montre toute les difficultés rencontrées – et le courage ! – d’une jeune fille qui ferait tout pour donner à sa grand-mère la fin qu’elle mérite. Un roman bouleversant, aux thématiques fortes et rugueuses, comme sait si bien les faire Allan Stratton.

La maison des oiseaux, Allan Stratton, traduit par Sidonie Van den Dries (Milan)
disponible depuis le 29 mai 2019
9782745995872 – 15,90€
à partir de 13 ans
Son
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Duos improbables !

Force est de constater qu’on arrive à vous présenter des romans ou des albums avec des thématiques souvent proches. Cette fois, si les histoires de nos deux romans n’ont pas grand-chose en commun (quoique !), ils nous proposent en revanche tous deux des duos assez improbables… 😛

Nos mains en l’air

Dans la famille de Victor, on est braqueurs de père en fils. Sauf que Victor, c’est pas vraiment son truc. Il est plutôt gentil, et vient même en aide aux victimes de traumatismes. De son côté, Yaël est une toute jeune ado sourde, orpheline vivant chez une tante richissime et détestable. Lorsque Victor est envoyé cambrioler la maison de Yaël, la rencontre est totalement inattendue et va les mener à quitter leurs familles respectives…

★★★★☆

De cette rencontre aussi étonnante qu’improbable va débuter un road-trip d’Angers jusqu’à la Bulgarie où nos deux héros vont apprendre à se connaître et à se dépasser. Le talent de Coline Pierré réside dans la justesse de son ton, et dans la tendresse qu’elle met à chaque fois dans ses histoires et ses personnages. Il faut du temps à Victor pour apprivoiser la jeune Yaël, qui ne se laisse pas abattre par son handicap, mais l’inverse est également vrai, et la relation qui se noue entre les deux jeunes gens est lumineuse, spéciale, et donne toute sa saveur à ce roman aussi drôle que sensible. Une très belle réflexion sur la famille, le dépassement de soi, et une magnifique histoire d’amitié.

Nos mains en l’air, Coline Pierré (Le Rouergue)
collection DoAdo
disponible depuis le 1er mai 2019
9782812618000 – 14,80€
à partir de 13 ans

 

Et la Lune, là-haut

Alistair est un génie des maths. Son rêve : aller sur la Lune. Mais Alistair n’a jamais mis les pieds hors de son appartement, où il vit seul avec sa mère. S’il est incollable sur les sciences (de l’astronomie au décryptage des émotions), il est en revanche complètement démuni lorsque sa mère décède, le laissant totalement seul. Il se décide alors à sortir et est tout de suite repéré par Yaro, un jeune sans-papiers qui flaire le bon pigeon…

★★★★☆

Nous passons un cran au-dessus dans l’improbable avec le duo Alistair-Yaro et leur histoire aussi rocambolesque que délirante ! Pourtant, et comme chez Coline Pierré, les choses sont loin d’être marrantes : la relation toxique entre Alistair et sa mère, le passé d’immigré de Yaro et toutes les embûches qu’ils vont rencontrer au cours de leur drôle de périple… Car malgré tout cela, et en dépit de la volonté de Yaro de juste crécher au sec quelques jours et se barrer ensuite, comme nous, il ne peut que s’attacher à ce drôle de zozo incapable de savoir ce que l’on fait lorsqu’une personne décède (la mettre dans le canapé n’est pas une bonne idée, par exemple). Muriel Zürcher réussit avec beaucoup d’humour et d’humanité à nous emporter dans ce compte à rebours décalé vers la réalisation des rêves d’Alistair et de Yaro.

Et la lune, là-haut, Muriel Zürcher (Thierry Magnier)
disponible depuis le 22 mai 2019
9791035202507 – 14,50€
à partir de 13 ans
Son
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On se met au vert !

Nos deux livres du jour n’ont pas que la verdure de la forêt et des arbres comme point commun. Ce sont également deux lectures idéales pour les plus jeunes, abondamment et joliment illustrées, et de très belles odes à la nature et à l’amitié…

Taupe & Mulot : les beaux jours

Taupe et Mulot sont deux amis qui passent leurs journées côté à côté, qu’il s’agisse d’aller peindre l’arrivée du printemps tout en haut de la colline, d’aller à la pêche pour s’assurer le dîner du soir ou de se soutenir pour aller déclarer sa flamme à une jolie taupe. Trois petites histoires attachantes et bucoliques dans lesquelles Henri Meunier décrit avec délicatesse et humour une amitié sincère, et nous fait partager des petits moments de vie empreints de philosophie. Un texte savoureux merveilleusement mis en images par Benjamin Chaud, qui apporte lui aussi son humour enlevé dans des illustrations vives et champêtres. Une première lecture délicieuse, qui sent bon la nature et qui nous donne envie de rester un peu plus longtemps avec Taupe et Mulot… Et ça tombe bien, un deuxième opus est prévu pour la fin de l’année ! Chouette !

Taupe & Mulot, t.1 Les beaux jours, Henri Meunier, illustré par Benjamin Chaud (hélium)
disponible depuis le 10 avril 2019
9782330120610 – 12,90€
à partir de 6 ans
Pombo Courage

Du côté de Pombo, les journées sont beaucoup plus calmes et c’est tant mieux ! Cet ours un peu paresseux n’aime rien tant que rester dans son fauteuil à bascule à siroter des boissons chaudes ou froides et rêver à quelques aventures lointaines. (Oui, il nous ressemble beaucoup, nous lecteurs !) Jusqu’au jour où Java vient l’embêter pour aller construire une cabane dans la forêt. Quelle idée ! Malgré sa mauvaise tête et son absence complète d’envie, Pombo accompagne Java mais l’escalade, c’est dangereux, et après une chute, Pombo décide de s’en retourner, fâché contre son ami. Alors qu’il se pelotonne sous sa couette, l’orage éclate. Pombo est bien au chaud dans son lit, mais Java est encore là-bas, dans la cabane… Quelle joie de retrouver l’écriture tendre et spirituelle d’Émile Cucherousset dans une nouvelle Petite Polynie, qui nous propose cette fois de trouver le courage qui existe en chacun de nous. Pombo Courage, c’est aussi l’histoire de deux caractères qui s’affrontent, entre l’ours en charentaise qui ne désire que son confort et celui, intrépide, qui désire l’aventure. Un texte autour de l’effort à accepter l’autre, accompagné des charmantes illustrations de Clémence Podocci, très expressives et aux tons délicieusement désuets. Des images minutieuses qu’on ne se lasse pas d’explorer et on ne peut que vous inviter à découvrir les carnets de l’illustratrice sur le blog de la collection pour s’émerveiller encore plus !

Pombo Courage, Émile Cucherousset, illustré par Clémence Paldacci (MeMo)
collection Petite Polynie
disponible depuis le 31 mars 2019
9782352894193 – 9€
à partir de 7 ans
Son
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Lou après tout, t.1 – Jérôme Leroy

2051. Suite au Grand Effondrement, le monde tel qu’on le connaît n’est plus. Lou et Guillaume font partie des rares survivants et trouvent refuge dans une ancienne villa dans les Flandres. Malgré les années d’errance et de danger, la sensation de sécurité de leur nouvelle maison ne soit pas les endormir… Car le danger est toujours là.

Après la douce utopie que nous promettait Jérôme Leroy dans Macha ou l’évasion, le voici qui nous dresse le portait d’un monde apocalyptique, terriblement vide d’humanité et regorgeant de monstruosités. Lou, jeune adolescente, et Guillaume, qui l’a recueillie quand elle était enfant, tentent de survivre dans cette France complètement dévastée et soumise à des créatures terrifiantes qui n’ont plus rien de leur humanité originelle (vous verrez, ça craint). Alors qu’ils s’installent dans une ancienne villa d’écrivains, espérant y trouver du confort et de la sécurité après tant d’errance, l’éventualité de la mort vient les narguer… L’occasion pour Guillaume de revenir sur ce qui a mené au Grand Effondrement…

Comme dans Macha (et oui, on va y revenir encore), Jérôme Leroy utilise le flash-back pour nous projeter dans l’adolescence de Guillaume, qui va assister à tous les événements qui mèneront à la « fin du monde » : catastrophes naturelles, montée au pouvoir du nationalisme et du fascisme avec le Bloc patriotique (un parti déjà présent dans Macha), construction d’un mur pour séparer riches et pauvres, dépendance à la réalité virtuelle et aux écrans qui provoque du cyberautisme, une population sous anti-dépresseurs… Bref, vous commencez à voir le tableau ? Et c’est fou comme ça ressemble à l’état actuel de notre monde, non ? Jérôme Leroy réussit à nous faire frissonner à l’idée de ce monde qui nous attend – peut-être – et à nous emporter complètement dans son roman grâce à un rythme soutenu qui nous fait dépasser la sidération de l’inéluctabilité de cette histoire, et à des personnages qui nous questionnent, nous émeuvent et nous rappellent l’importance des histoires, de la poésie et de la beauté.

Premier tome d’une trilogie qui nous emmène peut-être vers le monde la Douceur de Macha (si l’on en croit le titre du tome 3 annoncé ?), Jérôme Leroy démontre encore une fois tout son talent à nous captiver à travers une histoire de science-fiction empreinte d’un réalisme un peu trop brûlant (et on espère qu’elle n’est pas prophétique !) et des personnages auxquels on s’attache. J’ai en tous cas hâte de suivre les aventures de Lou dans la suite, qui paraîtra dès le mois d’octobre !

Lou, après tout, t.1 – Le grand effondrement, Jérôme Leroy (Syros)
disponible le 16 mai 2019
9782748526349 – 16,95€
à partir de 13 ans
Son
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La vie est une aventure !

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un moment devienne mémorable ! Les personnages de nos albums du jour vivent tous une aventure à leur échelle, depuis le pas de la porte jusqu’au-delà de l’océan.

Courons sous la pluie !

Une famille rentre de la plage quand soudain, l’averse s’abat sur eux ! Vite vite, il faut se mettre à l’abri…mais c’est trop tard, tout le monde est déjà trempé. Pas grave, profitons de cette pluie, sautons dans les flaques, avant de se retrouver autour du déjeuner préparé par mamie. Un album parfaitement de saison qui, avec un texte joyeux et qui va droit au but, nous invite à vivre l’instant présent, trempé ou pas. Les illustrations de Cécile Becq, à la gouache et aux cadrages très cinématographiques, nous offrent des doubles pages éclatantes de couleurs. Un très bel album au doux parfum d’été – malgré la pluie – qui ravivra de jolis et précieux souvenirs de vacances.

Courons sous la pluie !, Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Cécile Becq (Sarbacane)
disponible depuis le 3 avril 2019
9782377312306 – 15,90€
à partir de 3 ans
Dimanche

Rendez-vous à nouveau chez mamie avec le nouvel album de Fleur Oury. C’est dimanche, et Clémentine rend visite à sa grand-mère avec ses parents. Ce n’est jamais très drôle chez mamie, il faut être poli et il y a toujours plein de brindilles dans ses poils. Alors que les adultes finissent le repas, Clémentine sort de table et cherche à s’occuper dans le jardin. Tiens, un trou dans les buissons ? La petite renarde s’y engouffre, pour découvrir un monde étonnant ! Quel régal que ces illustrations au crayon de couleur d’une incroyable délicatesse ! Et ce orange qui pète ! Fleur Oury nous montre encore toute sa sensibilité et son talent à représenter la nature et l’enfance dans cet album qui loue l’imagination, et crée une proximité toute nouvelle entre une grand-mère et sa petite fille. C’est touchant, poétique, et de toute beauté !

Dimanche, Fleur Oury (Les fourmis rouges)
disponible depuis le 18 avril 2019
9782369021056 – 15,50€
à partir de 4 ans
Le grand voyage de Rickie Raccoon

Pour ceux qui sont un peu plus grands et savent lire tout seul, c’est avec un grand plaisir que l’on retrouve l’univers riche et plein d’humour de Gaëlle Duhazé. Après Chaton pâle, voici Rickie, une petite ratonne-laveuse (ça se dit sans doute pas, mais on fait ce qu’on veut ici) qui décide de quitter sa terre d’adoption pour partir à l’aventure. Un voyage qui va la mener de Vancouver au Japon, à la recherche du bonheur mais aussi de ses origines. Gaëlle Duhazé nous fait vibrer dans cette aventure étonnante et légèrement déjantée autour de l’estime et la recherche de soi, et du fait de grandir. Une Rickie drôle et attachante, grâce à qui nous découvrons le folklore japonais mais aussi des réseaux insoupçonnés de transports transpacifique (et ça c’est dingue !). On apprécie toujours autant les illustrations rythmées, aux couleurs chatoyantes, et à la précision qui fourmille de petits détails drôles et savoureux. Rickie Raccoon est d’une bien agréable compagnie et on se plaît à lire et relire son incroyable voyage à la découverte d’elle-même.

Le grand voyage de Rickie Raccoon, Gaëlle Duhazé (HongFei)
disponible depuis le 21 février 2019
9782355581489 – 15,50€
à partir de 7 ans
Son
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Les orphelins de métal – Padraig Kenny

Christopher est un jeune orphelin qui travaille pour M. Absalom, un inventeur malhonnête, qui crée des robots. Ces derniers sont désormais courants en Angleterre, où ils sont tantôt serviteurs, tantôt mains d’œuvre. Pourtant, il y a des règles à la création de ces robots et notamment celle de ne pas les faire ressembler à des « authentiques » êtres humains. Le jour où Christopher est enlevé par des mystérieux inconnus, ses amis robots, Lapoigne, Jack, Manda et Rob, accompagnés d’Estelle, jeune fille qui fabrique de la peau, se lancent à sa recherche et vont découvrir de nombreux secrets…

★★★★★

Bienvenue dans une Angleterre uchronique où, après la Grande Guerre, les robots sont aussi naturels dans notre paysage que les grille-pains. Un univers régi par les lois de la mécanique qui interdisent aux inventeurs de donner vie à des robots de taille adulte ou de leur insuffler une âme. Si tout cela vous fait penser aussi bien à Pinocchio que Le Magicien d’Oz ou encore aux lois de la robotique d’Asimov, c’est normal ! Avec de telles inspirations, Padraig Kenny nous offre un conte absolument fascinant et passionnant qui pose la question de ce qu’est l’humanité. Autant vous l’annoncer tout de suite : vous allez être complètement tourneboulés par ces petits robots d’une redoutable candeur et d’une profonde sensibilité malgré leur absence d’âme et leurs cœurs faits de rouages et de métal.

Un roman d’aventures mené tambour battant, qui nous emmène à la découverte de cet univers où s’affrontent inventeurs de légende, terribles secrets et risques inconsidérés, et où l’amitié reste la plus grande valeur pour tous ces petits robots. Des personnages touchants, drôles et loyaux, qui nous font reconsidérer les notions de bien et de mal. De nombreux passages, comme la tentative de M. Absalom de vendre Jack à un couple qui vient de perdre son enfant ; l’arrivée à Havrefer, cette cité où se rassemblent tous les robots qui attendent d’être réparés par Cormier, le plus grand inventeur de tous les temps désormais reclus par le chagrin ; ou encore la découverte de Christopher de sa véritable nature, sont tout simplement émouvants et nous interrogent sur tout ce que peut impliquer une invention aussi extraordinaire que ces robots dotés d’intelligence. Deuil, espoir ou encore mémoire sont alors des concepts susceptibles de trouver une toute nouvelle vie dans cet univers…

Un roman riche et captivant sur la nature humaine, une galerie de personnages bouleversants et une magnifique histoire d’amitié, de loyauté et d’acceptation de l’autre. C’est vraiment très très beau ! ❤

Les orphelins de métal, Padraig Kenny, traduit par Julie Lafon (Lumen)
disponible depuis le 4 avril 2019
9782371021693 – 15€
à partir de 10 ans
Son
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Le royaume de la Pierre d’Angle, t.1 L’art du naufrage – Pascale Quiviger

Après deux ans de navigation avec son équipage, le prince Thibault décide de retourner à Pierre d’Angle, son royaume natal. Le retour est long, entre escales protocolaires et tempêtes, passagère clandestine et orphelin à sauver. Jusqu’au jour où Thibault apprend que son père est mort. Il n’a que quelques jours pour venir réclamer la couronne ou cette dernière échoira à son frère Jacquard, aussi sombre et comploteur que lui est juste et bon.

★★★★★

Et ceci n’est que le début de l’histoire, car ces 480 pages de fantasy sont aussi riches que passionnantes ! Premier tome d’une saga qui en comptera quatre (et on a du bol car ils sont déjà tous écrits et paraîtront donc très vite jusqu’au printemps 2020), tous les ingrédients du genre sont réunis : un jeune prince qui doit se battre pour sa couronne ; une belle esclave en fuite promise à une grande destinée ; des jeux de pouvoirs ; une île mystérieuse et débordant de secrets ; et un soupçon de malédiction ? Là vous vous demandez sûrement : « ok, alors si ça ressemble à ce qu’on connaît déjà, pourquoi c’est aussi bien ? » Et je vous réponds : parce que c’est rudement bien écrit et que, même si on retrouve tous les motifs propres à la fantasy, on ne sait jamais ce qui nous attend vraiment et on se laisse complètement emporter par cet univers et cette histoire passionante.

Pascale Quiviger réussit à nous happer dès les premières scènes du roman. Une écriture fluide, poétique et intelligente, qui ne s’embarrasse pas de fioritures ampoulées comme c’est souvent le cas en fantasy, et qui joue beaucoup sur l’humour. Même dans des situations terribles, certains dialogues sont tout bonnement savoureux et pince-sans-rire. Il est ainsi tout à fait possible d’éclater de rire avant de revenir à des affaires plus sérieuses. Vous vous laisserez alors embarquer dans un récit captivant et intrigant, aux côtés de personnages diablement attachants. Thibault, en tête, bien sûr, car on ne résiste jamais à un prince droit dans ses bottes – même s’il cache quelques secrets. Mais aussi Ema, l’esclave en fuite qui, par son intelligence et son courage, va susciter le respect de tous ces marins évidemment misogynes (vous savez bien qu’une femme sur un bateau, ça porte malheur). Un couple de héros non seulement féministes mais surtout égalitaires, et ça c’est rare. Les seconds rôles ne sont clairement pas en reste, depuis les marins aux personnalités aussi différentes qu’étonnantes (fan de l’amiral Dorec, personnellement), que les présumés « méchants » de l’histoire qui vont sans doute avoir beaucoup à nous révéler dans les tomes suivants…

L’art du naufrage est le premier tome prometteur d’une saga de fantasy où l’aventure et les mystères nous tiennent déjà sacrément en haleine. Embarquez à bord de l’Isabelle, et voguez avec l’équipage de Thibault jusqu’au royaume de Pierre d’Angle, vous ne serez assurément pas déçus du voyage ! ❤

Le royaume de la Pierre d’Angle, t.1 L’art du naufrage, Pascale Quiviger (Le Rouergue)
collection Epik
disponible depuis le 10 avril 2019
9782812618048 – 16,90€
à partir de 13 ans
Son
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Les raisons de la colère

On ne vous parle pas de Steinbeck aujourd’hui, mais bien de ce qui nous motive parfois à nous mettre en colère. C’est pas toujours jojo comme sentiment, mais nos deux albums du jour parviennent à en parler avec beaucoup de justesse, et surtout, à l’évoquer à travers des images aux styles diamétralement opposés mais tout autant puissants.

Le jardin d’Evan

Evan, un fermier faisant pousser des citrouilles, passe ses journées avec son chien. Ils font tout à deux : déblayer la neige du chemin l’hiver, jouer, aller voir les copains d’Evan et, surtout, s’occuper du magnifique jardin ! Jusqu’au jour où le chien s’endort pour ne plus jamais se réveiller. A ce moment-là, la peine d’Evan est si grande qu’elle en devient colère. Tout lui est insupportable et Evan commet l’irréparable : il détruit de rage son précieux jardin, qui devient le vivier des mauvaises herbes, des plantes qui piquent, qui empoisonnent… Un jardin qui correspond parfaitement à l’état de son propriétaire. Jusqu’à ce qu’une racine de citrouille trouve son chemin sous la clôture du jardin…

Après le très bel album Plus, qu’il illustrait chez Minedition, Brian Lies revient avec un album sublime et d’une grande force émotionnelle. Rien que cette couverture, très forte visuellement, en dit beaucoup, et ne laisse pas indifférent. Sur un thème éculé, Brian Lies nous propose cette fois de parler du deuil dans tout ce qu’il peut avoir de rageant, de la colère qui se mêle à la tristesse et qui veut nous faire tout détruire de ce qui nous fait penser à l’être perdu. Des émotions extrêmement fortes que l’on retrouve dans ses peintures hyper réalistes, avec un magnifique travail de lumières et de couleurs automnales, et où un renard n’aura jamais été mieux incarné que dans cette histoire. Un album bouleversant sur la résilience.

Le jardin d’Evan, Brian Lies, traduit par Françoise de Guibert (Albin Michel Jeunesse)
disponible depuis le 27 mars 2019
9782226441232 – 13,90€
à partir de 5 ans
La ligne

Alors qu’un petit garçon lit tranquillement sur le banc de la cour de l’immeuble, une petite fille s’amuse avec son ballon, joue en faisant du bruit. C’est chiant, ça, quand on veut lire dans le calme, non ? Alors le garçon trace une ligne dans la cour. Facile : tu restes de ton côté, moi du mien. Mais la petite fille n’est pas d’accord et, bien vite, les choses s’enveniment…

Là aussi, un album aussi fort visuellement qu’émotionnellement, où la colère est le point de départ d’une situation terrible où la liberté et l’acceptation de l’autre sont mises à mal. Plutôt que de parler, le petit garçon choisit de délimiter une ligne à ne pas franchir, un mur symbolique. L’escalade de violence suit, jusqu’à ce que les deux enfants se rendent compte de ce qui est en train de se passer… Ce qui peut parfois ne pas être le cas chez des adultes, par exemple… ll ne faut que quelques mots à Frédéric Maupomé, qui apparaissent sur une place quasi blanche avant chaque image, pour rendre toute la puissance poétique de son propos, qu’il soit doux ou violent. Des mots qui font mouche et des illustrations de Stéphane Sénégas qui, elles aussi, nous interpellent. Un trait noir et vif, qui s’assombrit et se gribouille de colère à mesure que le conflit évolue, et qui rend parfaitement toute l’émotion de cette histoire. Un album percutant sur le vivre ensemble.

La ligne, Frédéric Maupomé, illustré par Stéphane Sénégas (Frimousse)
disponible depuis le 15 novembre 2018
9782352413806 – 15€
à partir de 5 ans