Son
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Le phénomène Philomène – Emmanuelle Cosso

9782848659404,0-4198015

Anatole est un ado un peu ailleurs, qui se prend la porte en plein nez, qui lit des mangas tout seul dans la cour et que tout le monde ignore un peu superbement… Sauf Juliette, apprentie journaliste qui a un faible pour le garçon. Un jour, pourtant, Anatole se découvre un talent particulier : il peut voir les fantômes ! Il rencontre ainsi Philomène, morte en 1870 dans un accident de la filature qui se trouvait à la place du collège…

★★★★☆

Et cette Philomène, c’est un vrai phénomène (ohohoh!) ! Du même âge qu’Anatole, c’est bien la première fois qu’un humain vivant peut la voir. Pour Anatole, c’est la révélation. Lui qui était rêveur, pas du tout ami des maths et de la géographie, voilà que, grâce à cette petite fantôme qui l’aide à se sortir de situations périlleuses face aux professeurs et à ses camarades, le garçon change… Ce que ne manque pas de repérer Juliette, qui connaît Anatole depuis toujours et nous raconte son étonnante histoire. Car si Philomène est particulièrement heureuse d’être enfin vue d’un garçon vivant, ses motivations à se lier à Anatole sont nombreuses. Et grâce à Philomène, Anatole va découvrir l’histoire de son collège, celle des enfants en 1870 et, peut-être, devenir un héros ?

Voilà un Pépix très différent des précédents titres de la collection ! Pas de bonus, pas d’humour débordant d’irrévérence (bien que Juliette soit une reporter pleine d’esprit et apporte pas mal d’humour au récit), mais une véritable histoire d’amitié inoubliable, d’aventure à hauteur d’ado rêveur et de secrets historiques tout plein d’émotion. Emmanuelle Cosso nous transporte par son écriture fluide et délicate et son histoire parfaitement construite dans laquelle les révélations s’égrènent au fil du récit, pour nous surprendre et nous émouvoir. Une jolie manière d’aborder la grande Histoire et la condition difficile des enfants de la fin du XIXe siècle. Les illustrations au crayon de Nathanaël Ferdinand complètent à merveille l’histoire dans toutes ses émotions, j’ai beaucoup aimé son style et son souci du détail (je n’avais pas remarqué qu’on voyait Anatole avec son pansement sur le nez – résultat de la porte prise dans la figure dès la première page – jusqu’à la fin du livre). C’est le premier roman d’Emmanuelle Cosso et ça ne présage que du bon pour la suite, j’ai été véritablement séduite par son écriture et son histoire intemporelle et pleine de charme !

Le phénomène Philomène, Emmanuelle Cosso, illustré par Nathanaël Ferdinand (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 6 juin 2017
9782848659404 – 10,90€
à partir de 9 ans
Son
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Baleine rouge – Michelle Montmoulineix

9782330075835,0-4045933

Delphine part en vacances au bord de la mer avec son père et sa belle-mère qu’elle n’apprécie pas. En se promenant sur la plage, elle fait la rencontre d’une vieille femme qui semble confondre les couleurs et qui, chaque soir, s’en va nager au loin. Intriguée, Delphine et son nouvel ami Thomas se rendent chez Léandre, un vieil homme qui va leur conter l’histoire étonnante d’Eliaz, mousse breton du siècle dernier, et de Skye, jeune baleine bleue.

★★★★☆

Quel rapport entre Delphine, adolescente du 21e siècle à la famille recomposée et dont la mère lui manque affreusement après qu’elle soit partie un jour sans laisser d’adresse, et Eliaz, jeune garçon de onze ans engagé comme mousse sur un terre-neuvier pour rapporter de l’argent à ses parents en des temps difficiles ? Ahah, je ne vous le dirais pas ! Mais sachez que cela concerne évidemment l’océan et les majestueuses baleines qui vivent dans ses eaux. Le roman fait la part belle au récit d’Eliaz, conté par un personnage de vieil homme malicieux qui ne refuse pas de raconter les légendes du village à de jeunes ados curieux. Un procédé assez classique mais qui fonctionne toujours aussi bien : on réagit comme Delphine et Thomas à chaque rebondissement de l’histoire. Et cette histoire, c’est celle d’Eliaz et de son étonnante amitié avec une baleinelle (ouais, c’est rare mais ça se dit) prénommé Skye. Je ne vous en dis pas plus, même si les lecteurs avertis verront sans doute où tout cela va.

La beauté du roman vous frappera par sa description du monde sous-marin et de celui des baleines. Notre imaginaire nous les présente douces, majestueuses, puissantes. Michelle Montmoulineix nous en fait le même portrait et y ajoute, sans qu’on s’en rende compte, tout un tas d’informations étonnantes sur ces superbes créatures. Je crois que les passages concernant Skye et sa mère Blow sont mes préférés, on y sent tout l’amour et toute la sensibilité de l’auteure pour les baleines. Des moments poétiques qui contrebalancent la dureté de la vie d’Eliaz sur le terre-neuvier, du mal de mer aux brimades du second. Mais grâce à la musique de son violon et aux étranges sculptures du saleur Lullan, indien du Canada, Eliaz va voir sa vie changer radicalement… Par bien des aspects, le récit de Léandre va toucher Delphine en plein cœur et la perte de sa mère la ronger sérieusement. La vieille et « folle » Marina lui apportera-t-elle les réponses qu’elle cherche ?

Baleine rouge est une histoire intemporelle somme toute classique mais qui apporte un vrai souffle d’aventure, avec des sensations et une universalité qui m’ont parfois rappelé les textes de Michael Morpurgo. Si vous aimez les baleines, comme Bob, alors vous n’en serez que plus conquis par ce texte aussi doux et éthéré qu’un moment passé dans la sérénité de l’océan.

Baleine rouge, Michelle Montmoulineix (hélium)
disponible depuis le 15 mars 2017
9782330075835 – 13,90€
à partir de 10 ans
Son
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Nous autres, simples mortels – Patrick Ness

S’il y a bien un auteur que Bob et Jean-Michel aiment particulièrement, c’est Patrick Ness. Et ce depuis son incroyablement originale trilogie du Chaos en marche que l’on vous conseille très très grandement de découvrir. :D Alors que l’adaptation au cinéma du magnifique Quelques minutes après minuit sort en France en janvier 2017, on vous présente aujourd’hui son dernier né : Nous autres, simples mortels.

97820750745820-3453695Mikey attend la fin de l’année avec impatience. Il espère décrocher son bac et partir ensuite à l’université. Le bal de promo l’angoisse un peu également, désireux qu’il est d’y aller avec la jolie Henna à qui il n’arrive pas à dire son amour… Mais il se passe des choses un peu bizarres dans sa ville, en ce moment. Mikey a été témoin d’un étrange rayon bleu dans la forêt. Puis des animaux ont commencé à se comporter étrangement…genre un cerf qui se relève après avoir été percuté par sa voiture ! Le monde serait-il encore sous la menace d’une apocalypse quelconque ?

★★★☆☆

Vampires, zombies, mangeurs d’âmes et autres extraterrestres, la petite ville de banlieue de Michael aura tout connu ! Etonnamment, personne n’en parle vraiment, et tout le monde s’en fout pas mal. Surtout Mikey et sa bande de copains pour qui le principal, l’urgence, c’est d’obtenir le bac. D’autant que tous ces trucs-là, ce sont les « indie kids » qui les vivent. Ceux qui sont populaires, qui ont des noms un peu chelous et qui se fourrent toujours dans le sauvetage de la planète.

Tout ça vous paraît un peu étrange, obscur ? C’est pas mal l’effet que nous procure le roman quand on le commence : qui sont ces indie kids ? mais que se passe-t-il, en fait ? Car Patrick Ness a choisi de s’intéresser non pas aux héros des histoires, à ceux qui combattent les vampires ou cassent du zombie à coup de raquette, mais bien à ceux qui ne sont pas les héritiers des Chasseurs, ou les adolescents aux super-pouvoirs. Imaginez que, dans Twilight, on ait l’histoire du point de vue de la fille dans la classe de Bella qui n’a aucune idée que les Cullen sont des vampires et qui ne peut pas piffrer Bella qu’elle trouve pas intéressante et puis, de toute façon, elle a déjà des tonnes d’autres amis. Euh…ouais, ok, mais du coup ça doit être un peu chiant, non ? Détrompez-vous ! En se moquant des romans fantastiques adolescents actuels (clairement, dans les ouvertures de chapitres, qui expliquent ce qui se passe pour les indie kids, tous les poncifs du genre sont rassemblés et c’est vraiment très drôle), Patrick Ness évoque surtout l’adolescence telle qu’elle est vécue par tout un chacun : l’angoisse de réussir son bac, l’interrogation sur l’amour, l’amitié, la famille et ses problèmes, l’anxiété et autres maladies de l’adolescence. Des thématiques qui paraissent là aussi « déjà lues » mais qui, mêlés à cette histoire héroïque en second plan, amènent surtout à nous dire que, même dans nos vies ordinaires, il peut se passer des choses extraordinaires. Inutile d’être celui qui trucidera la Reine des Damnés ou celle qui vivra un triangle amoureux avec un Ange et un Démon. Pas besoin de ça pour souffrir, faire preuve de courage, prendre des risques ou aimer. On le fait très bien aussi dans la vraie vie. Et ça nous suffit.

Un roman peut-être un peu en dessous des précédents, il n’est clairement pas aussi fort émotionnellement que les autres, mais très étonnant et dont j’ai trouvé très drôles les piques lancées aux romans young adults ! :P

Nous autres, simples mortels, Patrick Ness, traduit par Bruno Krebs (Gallimard jeunesse)
disponible depuis le 21 novembre 2016
9782075074582 – 16€
à partir de 14 ans
Son
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Louis Pasteur contre les loups-garous – Flore Vesco

Après nous avoir époustouflé par son inventivité dans le génial De cape et de mots, Flore Vesco revient avec un nouveau roman dans ce style si particulier dont elle ne démord pas… (attention, premier jeu de mots !) :P

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Paris, 1840. Le jeune Louis Pasteur, boursier débarqué de son Jura natal, rejoint la prestigieuse Institution Royale Saint Louis dans l’espoir de mener à bien ses recherches scientifiques. Mais entre les difficultés que lui font ses professeurs ou ses camarades de classes, sa rencontre avec la jolie Constance et les mystérieuses attaques nocturnes qui ont lieu dans l’école, les plans de Louis sont quelque peu bouleversés… Heureusement que tous ces événements sont finalement un bon moyen d’observer et de mettre en pratique quelques idées…

★★★★☆

Après Orgueil et préjugés et zombies et Abraham Lincoln, chasseur de vampires, c’est au tour d’un héros français de se confronter à des créatures diaboliques. Bon… en vrai, ça n’a pas grand-chose à voir avec ces parodies littéraires ou cinématographiques, mais si vous cherchez quelques idées pour Halloween… Et si vous avez plutôt envie d’une bonne histoire d’aventure, c’est assurément le nouveau roman de Flore Vesco que vous devez lire ! On retrouve dans Louis Pasteur contre les loups-garous tous les ingrédients qui nous avaient plu dans De cape et de mots : un univers historique, des personnages étonnants et courageux et un style inimitable où l’on goûte à un vocabulaire riche et à un humour fin et délicieux !

Mais là où Serine maniait les mots avec malice et inventivité, Louis est plutôt expériences scientifiques et bombes artisanales. Les amateurs de Science et vie junior devraient donc aussi s’y retrouver car Flore Vesco a clairement fait chimie 2e langue au collège. Avec les sciences au cœur du roman, chaque chapitre s’ouvrant d’ailleurs sur sa composition chimique (humoristique, bien sûr), l’auteure nous invite en effet à nous rendre compte des découvertes importantes que Louis Pasteur a mis en lumière au 19e siècle. Et c’est vrai qu’à part le vaccin contre la rage ou la pasteurisation, Bob ne se rendait pas compte que le monsieur avait fait plein d’autres choses ! Bon, ok, mais si on aime pas trop les sciences ?

N’ayez crainte, le roman n’est pas une biographie de Louis Pasteur mais bel et bien une aventure palpitante, un petit peu angoissante mais surtout fantastique ! Car oui, il y a bel et bien des loups-garous dans l’école et c’est ce mystère qui va faire de notre Louis un enquêteur nocturne aux côtés de la jolie Constance, une jeune fille de bonne famille qui se révèle intrépide et qui n’est certainement pas en reste lorsqu’il y a de l’action ! On croisera également des concierges étranges, des professeurs suspects ou des élèves pédants ou malchanceux, le tout enrobé dans une intrigue aux petits oignons, qui ne manque ni de piquant ni d’un humour qui est bien la patte de l’auteur. Quelle sera la prochaine créature dont Louis Pasteur devra se débarrasser ? Nous le saurons sans doute dans le tome 2 ? :P

Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco (Didier Jeunesse)
disponible depuis le 21 septembre 2016
9782278085552 – 15€
à partir de 11 ans
Son
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Un garçon nommé Noël – Matt Haig

Il y a deux ans, Matt Haig nous avait offert un roman exceptionnel de génialitude avec Humains. Aujourd’hui, il revient avec un roman pour les plus jeunes que l’on vous invite à offrir à tous les enfants de 10 ans pour les fêtes de Noël ! :D

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Nicolas vit en Finlande avec son père Joël, bûcheron. Pauvres, le jeune garçon n’a pour toute possession qu’un traîneau gravé de son surnom « Noël » (car il est né ce jour-là) et une poupée fabriquée dans un navet. Lorsqu’un chasseur se présente dans leur cabane pour proposer à Joël une mission royale, c’est l’occasion de rêver d’une vie meilleure. La mission proposée par le roi : ramener une preuve de l’existence de Lutinbourg, la ville magique des lutins.

★★★★☆

Et c’est ainsi que le père de Nicolas le laisse seul dans leur cabane en plein milieu de la forêt. Jusqu’à l’arrivée de sa terrible tante censée le garder durant l’absence de Joël et qui le force à dormir dehors dans la neige. Après d’horribles moments passés avec elle et ne voyant pas revenir son père, Nicolas décide de partir lui aussi et de tenter de trouver Lutinbourg, et son père. Sur le chemin, Nicolas va faire la rencontre d’un renne blessé qu’il va nommer Eclair et qui va l’accompagner dans son périple. Mais bientôt, l’épuisement les gagne et, sans le concours d’un petit être, Nicolas et Eclair auraient pu mourir… Et c’est ainsi que le jeune garçon et son compagnon se réveillent dans le village de Lutinbourg, accueillis par le Père Topo et Tite Nouch. Mais contrairement à la légende qui parle de lutins toujours joyeux, Nicolas découvre bien vite que quelque chose cloche…

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Comment un petit garçon pauvre comme Nicolas peut-il devenir le célèbre gros monsieur que l’on connaît sous le nom de Père Noël ? C’est tout l’enjeu de cette tendre et magique histoire imaginée par Matt Haig et magnifiquement mise en image par Chris Mould. Un univers de neige et de créatures fantastiques qui nous invite à croire en l’impossible, qui nous montre tout le pouvoir de la bonté, de la bienveillance et de la gentillesse, le crédo des lutins et de celui qui se découvrira la vocation de Père Noël. On se laisse emporter dans cette belle histoire, on sent le vent glacé de la Finlande nous fouetter le visage en enfourchant Eclair, on tremble avec Nicolas dès que l’histoire se corse et on se laisse enivrer par la magie de Noël… Un roman à déguster avec un chocolat chaud et un plaid sur les genoux pendant les longues soirées d’hiver… ☕

Un garçon nommé Noël, Matt Haig, illustré par Chris Mould, traduit par Valérie Le Plouhinec (Hélium)
disponible depuis le 5 octobre 2016
9782330066116 – 13,90€
à partir de 10 ans
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Luna Viva – Aurélie Benattar

9782848658766,0-3276118Si l’on connaît la collection Exprim’ dans des textes forts et plutôt ancrés dans une certaine réalité, elle ne s’interdit pas d’aller titiller les genres et c’est le cas avec ce nouveau roman à la couverture chatoyante qui représente parfaitement l’univers de Luna Viva:)

Luna a 17 ans et tire les cartes tout au bout de la fête foraine, affublée d’une perruque et d’un maquillage censée la faire ressembler à ce que le tout-venant imagine d’une diseuse de bonne aventure. Un jour, le Falcone, patron de la fête foraine, l’inscrit au Tournoi des Voyantes dans le but de remporter les 50 000€ promis à la gagnante. Une opportunité pour Luna de sortir de sa roulotte et de se confronter réellement à son « don »…

★★★★☆

Luna a toujours vécu dans cet univers singulier et foisonnant de la fête foraine, gérée par le Falcone, et non sans rappeler par certains côté la mafia… Sa mère est morte, son père est un ivrogne complètement hors de sa vie et, sur ses quatre frères, seul Gidy « veille » sur elle. Si les coups de pied au cul et autres brimades perverses sont une façon de veiller sur une adolescente, enfermée du matin au soir avec, pour seuls visiteurs, les clients de la Roulotte de Luna. Il ne reste alors que Sagittaire, son fidèle compagnon canin… Après une tentative de suicide, la vie de Luna prend un nouveau tournant. Tout d’abord, il y a cette façon de flotter au-dessus de son corps tandis que les médecins la sauvaient, et puis la rencontre avec le garçon à côté d’elle, en train de mourir, dont l’âme fantomatique va finir par lui apparaître régulièrement. Et ce fantôme lui sera sûrement d’une grande aide lorsque le Falcone décide de l’inscrire au Tournoi des Voyantes. Mais c’est surtout avec la sœur du patron, Izabella, grande voyante, que Luna va s’exercer et découvrir que ce qu’elle croyait n’être qu’un tour de passe-passe avec des cartes est en réalité un véritable don…

Roman luxuriant et endiablé, Lune Viva est un véritable récit fantastique, où la magie et le folklore des forains nous emportent dans un univers envoûtant, à la rencontre de personnages mystiques et mystérieux, comme la Vieille ou encore Doryan Manias et son marc de café… Alors que le Tournoi se profile et que Luna quitte sa prison divinatoire, c’est tout un pan de secrets jalousement gardés, de révélations familiales et de découvertes du monde extérieur qui s’ouvre à la jeune voyante. Le suspense ne manque pas, tout comme l’action qui fait vivre à notre héroïne de grands moments d’angoisse. J’ai beaucoup aimé cette lecture passionnante et originale, cette Luna forte et attachante et tous ces mystères et secrets qui entourent les fêtes foraines et les voyantes… Le petit plus : ces cartes du tarot de Marseille qui ouvrent chaque chapitre, nous plongeant un peu plus dans l’art de tirer les cartes… Un univers à découvrir et dont on espère bien qu’il y aura d’autres volumes… :P

Luna viva : le tournoi des voyantes, Aurélie Bénattar (Sarbacane)
collection Exprim’
disponible depuis le 1er juin 2016
9782848658766 – 15,50€
à partir de 13 ans
Son
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Les chroniques d’Hurluberland – Olivier Ka

9782812610608,0-3270085

Après un texte très noir sur la relation entre une mère et son fils, Olivier Ka change littéralement de registre avec ce tout nouveau roman…détonnant ! :D

Hurluberland est un drôle de royaume. Chaque jour, il s’y passe des choses étonnantes : des chanteuses qui font pousser des fleurs, une couturière qui pleure des diamants ou encore un pêcheur qui rapporte un cheval minuscule d’une île minuscule…

★★★★☆

Quelle agréable surprise que ce recueil d’histoires fantastico-burlesques qui nous transporte dans le monde improbable d’Hurluberland. Une contrée un peu magique avec son lot de bizarreries, ses personnages tarabiscotés et ses histoires délirantes. A travers ses 10 petites histoires, Olivier Ka nous fait découvrir son univers original et extravagant, où des personnages aux caractères très typés vont être aux prises avec des événements extraordinaires et, très souvent, à une morale qui les fera réfléchir à leurs comportements. Des histoires qui font ainsi penser à des petits contes, ou des fables.

L’écriture fine et humoristique d’Olivier Ka fait tout le charme de ce recueil inattendu mais particulièrement réussi. Des illustrations de Juliette Barbanègre ouvrent chaque chapitre et, avec cette superbe couverture, on regrette qu’il n’y ait pas plus d’images d’Hurluberland et de ses habitants au cœur du livre. Tout comme on regrette que le recueil soit si court ! Nul doute que ces hurluberlus de ce drôle de royaume ont encore des tonnes d’histoires à nous raconter ! Néanmoins, cette première entrée dans le monde inventé par Olivier Ka est à effectuer ! Vous ne regretterez assurément pas ce voyage singulier et absurde.

Et figurez-vous qu’avant d’être un livre, Les chroniques d’Hurluberland était, et est toujours, un spectacle de lectures musicales et d’ombres proposé par l’auteur lui-même ! Une très jolie façon de découvrir également cet univers insolite ! :)

Les chroniques d’Hurluberland, Olivier Ka (Le Rouergue)
collection DacOdac
disponible le 11 mai 2016
9782812610608 – 8€
à partir de 9 ans
Son
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Hugo de la nuit – Bertrand Santini

9782246860266,0-3345557

Une nuit d’été, un enfant, des fantômes, un secret… C’est le programme du tout nouveau roman de Bertrand Santini, après le génialissime et hilarant Journal de Gurty. Intrigués ? :D

Hugo et sa famille vivent dans une belle demeure à Monliard. Un terrain qui attire la convoitise quand un gisement de pétrole est découvert dans le cimetière du domaine. Et une nuit, tout bascule…

★★★★☆

Difficile de vous résumer le roman de Bertrand Santini sans vous révéler quelques ressorts de l’intrigue ! Pourtant, je ne peux pas ne pas vous dire que Hugo, notre héros, meurt dès la première page. Eh oui, c’est bien triste mais c’est comme ça ! Hugo avait 11 ans, bientôt 12, et c’est la veille de son anniversaire que le malheur s’abat sur lui et sa famille… Sa mère, Hélène, est auteure de romans jeunesse et, grâce à la fortune amassée par les ventes de sa série à succès en 7 tomes (toute ressemblance avec le parcours d’une certaine J.K. Rowling serait fortuite), a acheté le domaine de Monliard. Son père, Romain, est botaniste et, quand le gisement de pétrole est découvert, il compte bien parvenir à protéger le domaine grâce à une fleur présumée éteinte qui a justement poussé près d’une tombe dans le cimetière. Mais, comme je vous l’ai dit, le malheur va s’abattre sur la famille…

C’est là qu’une simple histoire de territoire et d’avidité villageoise se transforme en conte horrifique et ce pour notre plus grand plaisir ! Je ne vous ferais pas de gros spoiler en vous disant que le cimetière de Monliard est hanté par des fantômes et que le cœur du roman va se dérouler entre le monde de la vie et celui de la mort. Pour ceux qui ont lu L’étrange vie de Nobody Owens, sachez que ce cimetière et ses habitants n’ont rien à envier à ceux de Neil Gaiman. Loufoques, étranges, exubérants, mélancoliques, tels sont les fantômes dont Hugo va faire la connaissance. Et nous voilà désormais dans un roman où la peur côtoie un humour pince-sans-rire avec beaucoup de réussite.

Mais là où Bertrand Santini est le plus fort, c’est qu’il joue avec nos impressions et nos sensations jusqu’à la fin du roman, et nous interroge sur notre sens du rêve – ou du cauchemar – et de la réalité. C’est vraiment bien fichu, on se laisse entraîner dans cette nuit étrange et étonnante, on a les chocottes, on rigole, on frissonne, on danse… Une véritable ambiance gothico-burlesque que cette magnifique couverture toute en dorures ne laisse peut-être pas présager mais qui nous surprend fort agréablement. On en redemande ! :P

Hugo de la nuit, Bertrand Santini (Grasset jeunesse)
disponible depuis le 20 avril 2016
9782246860259 – 13,50€
à partir de 11 ans
Son
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Cinémonstres – Stéphane Tamaillon et Laurent Audouin

Aventures et frissons sont au programme de ce beau dimanche où il fera bon découvrir quelques classiques du cinéma de genre. C’est parti ! :D

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Brooks est la fille du célèbre réalisateur Harry Hausen et a grandi auprès des plus stars les plus glamours d’Hollywood et les meilleurs techniciens du cinéma. Cet été, toute l’équipe débarque en Amazonie pour le nouveau tournage d’Harry : un film de monstre ! Mais le lagon qu’ils ont choisi est réputé maudit et, bientôt, Rose Glamour, la star du film, est enlevée…

★★★★☆

La créature du lagon maudit, c’est la toute première aventure de Brooks dans la série Cinémonstres (qui comptera au moins 4 tomes, le prochain paraissant en août), créée par Stéphane Tamaillon (dont on vous a commenté son précédent roman et qu’on aime beaucoup ici) et Laurent Audouin (que vous connaissez sans aucun doute pour la série des Enquêtes de Mirette chez Sarbacane aussi). Ceux qui sont un peu vieux reconnaîtront sûrement les nombreuses références, à commencer par le film qui a inspiré cette première aventure : L’étrange créature du lac noir (1954). Quant aux plus jeunes, ils auront tout simplement le plaisir de découvrir une histoire complètement dingo, une jeune héroïne pleine de courage, des adultes colériques, trouillards et pas très débrouillards, et un monstre terrifiant…ou pas ?

Moi c'est pas tant le monstre qui me fait frissonner que le menton proéminent d'Edward...

Moi c’est pas tant le monstre qui me fait frissonner que le menton proéminent d’Edward…

Un petit roman au format album, qui ravira les amateurs de mystère et de monstres. L’écriture de Stéphane Tamaillon est efficace et énergique, les jeux de typographies et de bulles façon BD donnent encore plus de pep’s et les inventions de mots du père de Brooks enrichissent l’humour déjà bien présent de l’histoire et des personnages. Les illustrations de Laurent Audouin, riches et colorées, souvent en pleine page, se marient parfaitement au texte : Brooks en est encore plus pétillante, l’Amazonie terrifiante et la créature du lagon…pas si effrayante ? Un duo qui fonctionne en tous cas à merveille et que l’on a hâte de retrouver pour le prochain tome qui nous emmènera dans le froid de l’Alaska… Vivement le mois d’août ! :P

Et pour ceux qui sont du côté de Poitiers, sachez qu’il y a une exposition en 3D à la Fnac de la ville jusqu’au 12 mars ! Une très chouette occasion de découvrir le livre, non ?

Cinémonstres – 1, La créature du lagon maudit, Stéphane Tamaillon, illustré par Laurent Audouin (Sarbacane)
disponible depuis le 2 mars 2016
9782848658506 – 12€
à partir de 8 ans
Son
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Une histoire de sable – Benjamin Desmarès

9782812609978,0-3008191

Jeanne passe les vacances d’hiver dans une station balnéaire sinistre. Alors que ses parents passent leur temps à travailler sur l’ordinateur et que leur humeur est aussi massacrante que la sienne, Jeanne passe tout son temps dehors, à se balader dans la station, sur la plage, à croiser une vieille dame à vélo…et à rencontrer deux garçons sur le perron d’une maison, qui passent leur temps à compter les grains de sable.

★★★☆☆

Avec cette couverture et ce titre énigmatique, on ne pouvait s’attendre qu’à une histoire tout aussi étrange. Le début commence pourtant dans une réalité fracassante : Jeanne ne cesse de se disputer avec ses parents, de jouer les rebelles – ou les ados en crise – et de claquer les portes à tout bout de champ. Alors autant vous dire qu’elle n’est pas particulièrement heureuse de passer des vacances à la mer en plein hiver. D’autant qu’il n’y a personne, rien, nulle part où aller ! Elle croise bien une petite vieille à vélo, mais c’est tout. Mortel, le coin est mortel ! Jusqu’au moment où, remontant une rue déserte, Jeanne aperçoit deux garçons tout aussi désœuvrés qu’elle. Ce n’est que le lendemain qu’elle ose les aborder et, après une conversation à la limite de l’absurde, accepte de les aider à compter les grains de sable devant la maison. Alain et Bruno, ce sont les deux garçons avec lesquels elle se lie d’amitié. Deux drôles de gars, aux looks improbables, dont les parents sont aussi absents qu’invisibles.

Finalement, ces vacances ne vont pas être si nulles que ça pour Jeanne. Tout son temps libre, elle le passe avec Alain et Bruno, ou alors au bar, le seul endroit ouvert dans ce patelin désert, où elle écoute les conversations des habitués. Petit à petit, le récit bascule dans le fantastique et, dans la plus pure tradition du genre, on ne s’en rend pas tout de suite compte et on se pose des questions, tout comme Jeanne. Quel mystère entoure Alain et Bruno ? Pour cela, il faudra lire ce roman très bien écrit, qui fait également la part belle à l’amour adolescent. Une histoire étrange, sensible et émouvante, qui donne un vrai roman d’ambiance, atmosphérique.

Une histoire de sable, Benjamin Desmarès (Le Rouergue)
collection DoAdo
disponible depuis le 10 février 2016
9782812609978 – 10,70€
à partir de 13 ans