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Pebbleboy – Eric Pessan

9782211231213,0-4090410

Pierre est un garçon dur comme la pierre. Lorsqu’il reçoit un coup, il ne réagit pas, il n’a même pas mal ! Et Dieu sait qu’il en reçoit des coups… Son incroyable résistance finit par susciter la curiosité de ses camarades de classe, puis des gens, et enfin des journalistes. Pierre devient alors une célébrité, un super-héros : Pebbleboy, le garçon-caillou.

★★★★★

Sous-titré Les aventures extraordinaires du garçon aussi dur qu’une pierre, cette pièce de théâtre imaginée par Eric Pessan nous conte l’histoire étonnante de Pierre et de son habilité toute particulière à ne ressentir aucune douleur. Un texte court, d’une grande force, qui évoque, comme vous pouvez vous en douter, la maltraitance. Et c’est à travers le mythe du super-héros qu’Eric Pessan traite le sujet, en montrant également tout le paradoxe du côté « voyeur » de ces gens, de ces journalistes, de ces camarades et enseignants qui ne voient pourtant rien de la triste réalité. Car Pierre va se laisser entraîner dans ce mensonge de super-héros, allant jusqu’à se confectionner un costume et devenir Pebbleboy, afin de se protéger, de ne pas révéler ce que cachent vraiment ses bleus, ses contusions. Seule une fille, parmi tous ses camarades qui vont le frapper, vérifier qu’il n’a vraiment pas mal, qu’il est dur comme le roc, va essayer de soulever la carapace de Pierre…

Pebbleboy est un très beau texte, à la fois sensible dans son écriture (les monologues de Pierre sont vraiment plein d’émotion) et dur par son sujet et la façon dont il est traité (notamment quand il s’agit des scènes où les camarades de classe de Pierre s’amusent à le frapper). C’est un texte également poétique, dont on imagine très bien les dialogues joués sur scène, où se découvre petit à petit la vérité derrière le don étonnant de Pierre et sa relation avec son père et sa mère. Une pièce émouvante, percutante et singulière qui se termine tout de même sur une note d’espoir…

Pebbleboy : les histoires extraordinaires du garçon aussi dur qu’une pierre, Eric Pessan (École des loisirs)
collection Théâtre
disponible depuis le 12 avril 2017
9782211231213 – 7,20€
à partir de 11 ans
Son
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Nouvelle collection : « Mes premiers Witty »

Vous devez tous connaître aujourd’hui la collection Witty chez Albin Michel ? (On en a chroniqué quelques-uns ici-même) Si ce n’est pas le cas, faut vous rattraper ! Tout de suite ! :P Pour les autres, une belle surprise car l’éditeur sort cette année Mes premiers Witty, une toute nouvelle collection pour les plus jeunes, à partir de 7 ans, avec les mêmes ingrédients : des auteurs anglo-saxons pros de l’humour, des enfants héros d’aventures du quotidien et des illustrations à gogo. Chouette, non ? En tous cas, nous on avait hâte ! Et ça tombe bien car la collection est lancée aujourd’hui, avec les deux titres que voici :

Crumble – Michael Rosen

9782226325211, 0-3095660

Laurie-Anne se rend à l’animalerie avec sa mère, dans l’espoir de se choisir un chien. Mais elle ne s’attendait pas du tout à ce que le chien qu’elle a repéré lui fasse passer un « entretien d’embauche ». Parviendra-t-elle à convaincre le canidé d’être adopté ?

★★★☆☆

Crumble est le genre de chien plutôt dur en affaire. La pauvre Laurie-Anne ne pensait pas devoir répondre à toute une batterie de questions, elle qui venait choisir un chien qu’elle appellerait Lassie. Raté ! Michael Rosen (celui de La chasse à l’ours) détourne ici cette règle humaine qui veut que ce soit le maître qui choisisse son chien et non l’inverse. Cet acte tout simple de la vie quotidienne prend alors une dimension fantastique pour notre plus grand plaisir. Les illustrations de Tony Ross, toujours fidèle à son style, ajoutent au charme de cette petite histoire idéale pour les jeunes lecteurs.

Crumble, Michael Joel Rosen, illustré par Tony Ross, traduit par Anne Léonard (Albin Michel)
collection Mes premiers Witty
disponible depuis le 2 mars 2016
9782226325211 – 7,50€
à partir de 7 ans
Colin de l’espace : la course cosmique puante – Tim Collins

9782226324672, 0-3095661

Colin s’ennuie en classe. En même temps, M. Watkins est le professeur le plus soporifique du monde ! Heureusement, Harry, le petit nouveau, va le tirer de son ennui. Car Harry voyage dans le temps et l’espace grâce à une poubelle magique. Les deux garçons vont alors partir à l’aventure, jusqu’à ce qu’une terrible erreur dans le passé les fasse revenir dans un monde terrifiant : tout le monde ressemble à M. Watkins !

★★★★★

Alors là, vous allez vous régaler ! Colin de l’espace, c’est un peu Doctor Who mais pour vos petits neveux. D’abord, le vaisseau spatial de Harry, c’est une benne à ordure (c’est un peu moins classe que la cabine de police, ok, mais c’est plus drôle) et il possède un transpondeur interstellaire (genre de tournevis sonique, un peu). Mais surtout, il peut voyager à travers le temps et l’espace et le moindre faux pas peut changer le cours du temps ! Pas de bol, c’est ce qu’ils ont fait. Colin et Harry ont malencontreusement ramené un poil de moustache de M. Watkins dans le passé et l’évolution étant passé par là, l’humanité s’est transformée en bonhommes chauves à moustaches soporifiques au possible et au vocabulaire limité. Colin et Harry vont alors devoir réparer leur erreur pour retrouver un monde normal… Cette histoire totalement déjantée et pleine d’humour l’est d’autant plus par les illustrations hyper présentes de Joëlle Dreidemy et leur côté parfois un peu BD, mais surtout grâce à l’inventivité de l’auteur. Génial ! Encore plus cool ? Le tome 2 sera disponible dès le mois de mai ! :D

Colin de l’espace : la course cosmique puante, Tim Collins, illustré par Joëlle Dreidemy, traduit par Mickey Gaboriaud (Albin Michel Jeunesse)
collection Mes premiers Witty
disponible depuis le 2 mars 2016
9782226324672 – 8,50€
à partir de 7 ans
Son
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La classe de mer de monsieur Ganèche – Jérôme Bourgine

9782848658353,0-3166211

En ce mois de janvier frileux, rien de mieux qu’un petit roman à vous donner envie de hisser les voiles et de voguer loin de la routine. :)

Monsieur Ganèche est l’heureux professeur d’une classe de mer composée de six loustics qui lui en font voir de toutes les couleurs. Mais lorsque le rafiot qui les transportait jusqu’au lieu de vacances en Bretagne est contraint d’accoster sur un îlot qui semble abandonné, ils sont loin de se douter des aventures qui les attendent…

★★★★☆

Zlatan, Céline, Tho, Lucas, Fatima et Maïtiti, voilà les six « cas sociaux » dont Monsieur Ganèche, professeur remplaçant, a hérité. Monsieur Ganèche et ses grandes oreilles décollées, son petit air dans la Lune mais terrifiant lorsqu’il est en colère… Tout un tas de caractères bien différents qui vont être amenés à vivre ensemble et à constituer une équipe quand les problèmes commencent. Car l’île sur laquelle ils se retrouvent abandonnés est en réalité le repaire de trafiquants d’animaux (je ne vous spoile pas, c’est écrit sur la 4e de couverture !) et vous vous doutez bien qu’une bande de morveux sur le territoire de ces affreux bonhommes n’est pas la bienvenue…

On retrouve dans cette histoire tout le cocktail qui nous plaît dans la collection Pépix : de l’humour et, surtout, de l’aventure. On s’attache très rapidement à chacun des personnages (mêmes si certains sont vraiment des sales gosses) et notamment à Monsieur Ganèche, à sa bienveillance et à son côté un peu original. En fait, Monsieur Ganèche, c’est un peu l’instit’ qu’on aurait bien aimé avoir. Mais ce que j’ai préféré, c’est l’intrigue de Jérôme Bourgine, rondement menée, qui nous entraîne d’un bout à l’autre de l’île et transforme nos jeunes héros en aventuriers intrépides. A la lecture, j’ai repensé à tous ces films que je regardais enfant, où des gamins partaient à la chasse au trésor en faisant tourner en bourrique les terribles méchants. En tous cas, une classe de mer qui tourne de cette manière, j’aurais bien aimé en vivre une !

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Un Pépix ne serait pas non plus réussi sans ses illustrations et celles-ci, de Maurèen Poignonec, sont une invitation de plus au désir d’aventure. J’ai beaucoup aimé son trait, fin et malicieux, et toute l’énergie qui s’en dégage. C’en est presque à regretter que toutes les images ne soient pas en couleur !

Une très chouette histoire, en tous cas, où l’amitié, la confiance en soi et la défense des animaux sont les maîtres mots. Et un bel avant-goût des vacances d’été… :)

La classe de mer de monsieur Ganèche, Jérôme Bourgine, illustré par Maurèen Poignonec (Sarbacane)
collection Pépix
disponible depuis le 6 janvier 2016
9782848658353 – 11,90€
à partir de 9 ans
Son
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Le caméléon et les fourmis blanches – Emmanuel Bourdier

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Casimir Feunard est un instituteur désabusé depuis que sa compagne l’a quitté et montre peu d’enthousiasme à la rentrée scolaire. D’autant plus quand il apprend qu’il aura dans sa classe Issa Doucouré, jeune malien sans papiers, redoublant multiple qui sèche les cours et se fait passer pour plus inculte qu’il ne l’est. Pourtant, le jour où les gendarmes arrivent pour renvoyer Issa et son père dans leur pays, c’est Casimir qui va se trouver, bien malgré lui, à cacher cet enfant…

★★★★☆

Commence alors pour Casimir et Issa une cohabitation un peu difficile, où la colère se dispute à la peur, jusqu’à ce qu’ils s’apprivoisent. L’histoire est ainsi racontée par les deux personnages, alternant les points de vue à chaque chapitre. On commence avec Casimir, dont la tristesse l’amène à repenser à sa vie et à ses choix. Puis arrive Issa, qui accuse lui aussi la perte d’une femme dans sa vie : sa grande sœur Kadiatou. Issa qui a appris à se rendre invisible, tel le caméléon, tandis qu’il observe tous ces petits enfants dans la cour de récréation, ces petites fourmis… (et bim, vous avez l’explication du titre ! :P ) Avant l’arrivée d’Issa dans la classe de Casimir, les deux se connaissant. On n’oublie pas Issa quand on est enseignant : il n’est pas souvent là, il semble mentir comme il respire, il vole des petites choses… Quant à Casimir, son nom de famille a fait de lui une star dans l’école car il porte le même qu’un Pokémon ! Alors quand le père d’Issa le confie au professeur, tous deux vont apprendre à mieux se connaître et, pour Issa, à s’ouvrir à quelqu’un d’autre et à montrer son amour des histoires et de la lecture.
Le roman offre ainsi de très beaux moments de complicité, des instants magiques partagés entre ces deux personnages aux antipodes, pourtant liés bien plus qu’ils ne le pensent. Il faudra cependant passer par tout un panel d’émotion, de la frustration à l’exaspération, et d’événements avant qu’ils ne s’en rendent compte. Et alors leur cohabitation forcée devient plus facile pour eux. Emmanuel Bourdier signe ici un très beau texte, qui s’inscrit en plus dans une certaine actualité. J’ai beaucoup aimé son écriture soignée et les mots de chacune des voix du livre, souvent emprunts de tristesse mais qui finissent par se donner de l’espoir. Un très beau roman, qui montre aussi que la frontière entre la littérature ado et adulte est parfois très tenue. :)

Le caméléon et les fourmis blanches, Emmanuel Bourdier (La Joie de Lire)
collection Encrage
disponible depuis le 20 octobre 2015
9782889082957 – 19,90€
à partir de 13 ans

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Wild girl – Audren

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En cette rentrée, Albin Michel lance une toute nouvelle collection : Litt’, des romans français à destination des adolescents à partir de 13 ans. Les deux premiers titres sont signés par des auteurs que nous connaissons bien : Audren et Fabrice Colin. Aujourd’hui, c’est celui d’Audren que l’on vous présente ! :)

1867. Milly Burnett, toute jeune institutrice de 19 ans, décide de quitter sa vie bourgeoise au Massachussetts et se rend dans le Montana, où elle sera sans doute utile aux enfants des colons et, surtout, libre et heureuse. Après un long et dur voyage, elle arrive à Tolstoy, une bourgade de chercheurs d’or. Mais le quotidien n’est pas facile, entre les conventions puritaines encore importantes et les coups de feu à toute heure du jour et de la nuit… Il le sera encore moins quand elle accueillera dans sa classe un jeune homme de 17 ans, Joshua, petit frère de la terreur du coin…

★★★☆☆

On connaît le talent d’Audren et après nous avoir régalé de ses Orphelines d’Abbey Road, elle nous entraîne cette fois-ci dans le Far West, où une jeune femme en avance sur son temps va découvrir le véritable sens de la liberté. Comme l’auteure nous l’explique en préambule, si son roman est une fiction, il est en tous cas parfaitement documenté et on découvre avec intérêt les difficultés du voyage de l’Est vers l’Ouest ; de la condition des femmes à l’époque, et notamment de la chance de Milly d’être née dans une famille quasi « parfaite » (notamment sur les questions de société : abolition de l’esclavage, droits des femmes…) ; de la création des États ; du sort réservé aux tribus indiennes… Mais c’est surtout Milly que nous suivons avec beaucoup de plaisir, et souvent d’appréhension car la jeune femme ne va pas connaître une vie de tout repos ! Il y a parfois un petit côté Petite maison dans la prairie, on est plutôt loin du western rugueux, mais ça n’en est pas désagréable. C’est justement ce qui fait l’intérêt de Wild girl : ce souffle de romantisme et de liberté que l’on ressent à chaque page. Même si je l’ai trouvé parfois un peu plombé par une écriture trop descriptive et insistante, cela n’en reste pas moins un joli roman, qui se lit de façon très agréable et plutôt rafraîchissant dans le genre.

Wild girl, Audren (Albin Michel)
collection Litt’
disponible le 2 septembre 2015
9782226318510 – 15€
à partir de 13 ans

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Le voleur de sandwich – Patrick Doyon & André Marois

Il y a dans notre société actuelle un méfait méconnu qui ronge des dizaines d’écoliers à l’heure du déjeuner, je parle bien sûr : du vol de sandwich.

★★★★☆

levoleurdesandwichsLundi matin – heure du déjeuner : Marin attrape sa boîte à lunch (oui les auteurs sont canadiens) et file s’asseoir entre ses copains à la cafétéria. Seulement l’innommable se produit : le sandwich de Marin s’est volatilisé. Les boules. Surtout que c’était son favori : le jambon-cheddar-laitue avec une mayonnaise préparée avec soin par sa mère qui achète également un pain spécial à la farine d’épeautre dans une boulangerie secrète tenue par des moines kung-fu. Quelqu’un a dû te le voler ! s’exclama Manon. A cette phrase, Marin eût le vertige…il allait trouver coûte que coûte le coupable de cet acte cruel qui va se répéter : aurait-on à faire à un voleur de sandwichs en série ?

La liste des suspects

Le gros Robin qui ne fait que s’empiffrer
La pauvre Marie dont la maman a perdu « sa job » et qui a faim
Benjamin le fatigant fait des blagues qui ne font même pas rire les prématernelles
Mathias le jaloux qui a la vengeance dans la peau
M.Maxence le concierge super balèze qui se prend pour la police
M.Garence le directeur en manque de bonne nourriture
Mme Ombeline car qui soupçonnerait une dame à lunettes ?

Après plusieurs échecs afin de démasquer le coupable, Marin finit par tout raconter à sa mère qui devint folle de rage voler la nourriture de son fils c’était encore plus grave que d’acheter un pâté chinois surgelé. Ça allait barder ! A l’aide d’un plan infaillible concocté par sa maman coriace, Marin va enfin découvrir qui est le voleur de sandwichs.

Un roman graphique qui nourrit son lecteur de légèreté et d’humour tapageur. L’enquête est si bien ficelée qu’on ne devine pas l’identité du coupable à moins d’aller au bout du roman. Appétissant, ce livre l’est indubitablement ! La seule chose à laquelle on pense immédiatement c’est de faire sa mayonnaise maison à tartiner en couche épaisse dans un sandwich à la viande. Patrick et André ont mis tout leur talent dans cette histoire aux vertus éducatives. Voici ce qu’on y apprend :

* Quelques expressions canadiennes « sa job » « ti-coune »
* La mayonnaise ne sort pas que des usines
* Sois persévérant, la vie te le rendra
* Le respect est une valeur à ne pas négliger
* Le vol ne reste jamais impuni très longtemps
* Affamer un enfant n’est pas très sympathique
* Il ne faut pas traiter les petits de « petit », ça les énerve
* Le soutien parental c’est encore ce qu’il y a de plus sûr dans ce monde de brutes
* Le second degré c’est chouette d’en avoir lorsqu’on lit des livres aussi originaux :)

Le voleur de sandwichs, Patrick Doyon & André Marois
(La Pastèque)
en librairie depuis le 29 mai 2015
9782923841267 – 15€
à partir de 7 ans

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Conversion – Katherine Howe

9782226257789,0-2630774

Bob aime bien les histoires de sorcières. Et figurez-vous que Conversion, le livre qu’il vient de terminer est écrit par une descendante directe d’une des célèbres accusées du procès des sorcières de Salem. Intriguant, non ? ;)

Colleen est en terminale au lycée privé de St Joan, à Danvers. Un jour, une de ses camarades de classe s’effondre, prise de convulsions. Peu après, d’autres jeunes filles de sa classe sont victimes de symptômes étranges : paralysie, perte de cheveux… Très vite, l’affaire prend un tournant médiatique inattendu et Colleen et ses amies vont vivre dans une drôle d’atmosphère, entre les cours et les caméras de la télévision. Mais pour Colleen, pas question de se laisser distraire, elle doit bosser son entrer dans une prestigieuse université et, pour rattraper des points qui lui manquent, son professeur d’histoire avancée lui propose de faire une dissertation sur la pièce d’Arthur Miller Les Sorcières de Salem. Colleen y rencontre alors une oubliée de l’auteur, Ann Putnam, qui fit semblant d’être ensorcelée…

★★★☆☆

Inspirée d’histoires vraies, le roman de Katherine Howe se découpe en deux parties : l’une consacrée à la maladie mystérieuse qui fait tomber les filles de St Joan comme des mouches, et l’autre au célèbre procès des sorcières de Salem. Et le croisement des époques et des drames fonctionne plutôt bien car, honnêtement, nous sommes dans un vrai page-turner ! L’histoire commence instantanément, nous transportant dans le froid de la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle et des salles froides de l’ancien couvent de St Joan. Il est difficile ensuite de décrocher, entre la confession d’Ann Putnam, qui raconte comment s’est déroulé le drame de Salem, et les tentatives de Colleen et ses amies de comprendre ce qui se passe dans son lycée quand personne ne leur dit quoi que ce soit.
Le plus étonnant dans tout ce roman, c’est à quel point tout est inspiré de faits réels. Le cas des jeunes filles de St Joan est en effet tiré d’un événement réel de « maladie mystère » qui s’est déroulé en 2011 à Le Roy, une petite ville des États-Unis, et Katherine Howe explique que la plupart du déroulement des événements de son livre est identique à la réalité (ça fait peur, je vous le dis !). Idem pour les procès des sorcières de Salem dont, en tant qu’historienne, elle est allée chercher les informations dans les comptes rendus du procès et les confessions des personnages existants. L’ouvrage est donc très bien documenté et ajoute à l’impression que l’on a que les deux histoires vont finir par se recouper.
Et elles le font, mais pas forcément de la manière à laquelle on peut s’attendre… Mais c’est un peu difficile de vous expliquer pourquoi sans vous révéler toute l’intrigue. En tous cas, Conversion est un roman très intéressant, qui plaira sans doute (d’autant que sa couverture est très accrocheuse), même s’il n’a pas forcément été un coup de cœur. Peut-être y ai-je regretté certains passages ou une dimension fantastique qui semblait prometteuse…encore que, certains éléments de la fin laissent songeur… :P

Pour finir cette chronique de notre sélection rockambolesque, j’aurais pu vous faire découvrir Abigail Williams un groupe de métal dont le nom est celui d’une des protagonistes des sorcières de Salem, mais j’ai choisi à la place l’un des derniers titres de Marylin Manson qui fait office de générique à la série américaine justement nommée Salem et qui, sans surprise, parle de sorcières…

Conversion, Katherine Howe (Albin Michel)
collection Wiz
en librairie le 4 mai 2015
9782226257789 – 18€
à partir de 13 ans

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Konnichiwa, Martin ! Salut, Hikaru ! – Antoine Dole et Gilles Abier

Le maître d’Hikaru a proposé à ses élèves de correspondre avec d’autres écoliers. Quand tous ses camarades ont choisi d’envoyer une lettre à un autre enfant au Japon, Hikaru a eu envie d’en envoyer une à un élève en France… Là-bas, c’est la maîtresse de Martin qui fait une surprise à ses élèves : chacun a reçu un courrier d’un enfant d’un autre pays…

9782812608520,0-2559767 003387471

★★★★☆

Le thème de la correspondance ce prête merveilleusement bien à ce nouveau titre de la collection Boomerang qui se lit d’un côté et de l’autre sans préférence. D’autant plus quand les histoires sont confiées à deux auteurs différents, qui sont pourtant très complémentaires. Leur écriture à tous les deux est vraiment magnifique, pleine de poésie, ce qui donne une atmosphère presque magique à cet échange entre deux enfants qui se demandent bien ce que l’on peut raconter à quelqu’un qu’on ne connaît pas.

J’ai commencé par l’histoire d’Hikaru, petite fille japonaise qui vit avec toute sa famille et notamment une grand-mère qui fut grande violoniste et voyagea partout dans le monde, y compris en France. Ce qui a lancé l’intérêt d’Hikaru à écrire à un enfant français. Mais que lui dire ? Lui parler des traditions japonaises, lui propose son père ? Comment on mange au Japon, lui propose sa sœur ? Ou alors d’un souvenir qui lui tient à cœur, du sourire de sa grand-mère… De son côté, Martin n’est tout d’abord pas particulièrement enthousiasmé par le fait de recevoir du courrier, surtout quand le sien est écrit en japonais alors que tous les autres ont eu des lettres en français ! Et, d’abord, Hikaru, c’est un prénom de fille ou de garçon ? Il lui faudra un petit peu de temps pour apprécier toute la beauté de l’écriture japonaise, qui va passer de « gribouillis » à des « mots [qui sont] des paysages »…

Heureusement, la langue du sourire est un langage universel et il n’en faudra pas plus pour lier ces deux enfants que des milliers de kilomètres séparent et qui se sont trouvés par hasard… Un très beau petit roman, dont les couvertures sont en plus très belles, qui invite au voyage et aux rencontres inattendues. :D

Konnichiwa, Martin ! Salut, Hikaru !, Antoine Dole et Gilles Abier (Rouergue)
collection Boomerang
en librairie depuis le 8 avril 2015
9782812608520 – 6 €
à partir de 8 ans

Son
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L’année de Jules – Hubert Ben Kemoun

Cette jeune série ce concentre sur Jules, petit garçon qui, mois après mois, va découvrir la vie et apprendre à grandir. Les événements de la vie de tous les jours, l’école, les copains…de nombreux sujets traités dans, à ce jour, 8 histoires, de septembre à mars. Je vous propose aujourd’hui de découvrir deux titres : La surprise des surprises (septembre) et Le jour des amoureux (février), qui tombe à pic !

★★★★☆

9782700243680, 0-2172831Dans La surprise des surprises, Jules va découvrir l’élection des délégués de classe. En effet, peu après la rentrée, c’est l’heure de choisir les délégués. Mais sur les vingt-six élèves de sa classe, dix-huit se présentent à l’élection. Le choix devient alors très difficile, surtout quand Léo, le meilleur ami de Jules, et Clarisse, son amoureuse, font partie des candidats. Il faudra alors toute l’intelligence de Jules, et son observation de ses camarades, pour que cette journée soit…surprenante !

9782700243819, 0-2506024Dans Le jour des amoureux, la Saint-Valentin approche. Jules ne connaissait pas cette fête et son ami Léo le prévient qu’il va falloir offrir un cadeau à son amoureuse, Clarisse. Mais Jules n’a pas d’idées. Ou plutôt si, il en a plein, mais il les offre à Clarisse toute la semaine avant le 14 février et, le jour J, il n’a pas de cadeau à lui offrir…

Pour les plus jeunes lecteurs, cette série écrite par Hubert Ben Kemoun, aussi doué pour les ados que pour les plus petits, est un petit régal de tendresse. L’écriture est simple et accessible, les sujets variés et au plus proche des enfants sont très bien abordés. Le système du vote dans le premier est très bien expliqué et, même s’il n’est qu’à l’échelle de la classe, il est tout à faire valable pour en discuter avec les enfants après la lecture. J’ai aussi beaucoup aimé l’espièglerie de Jules dans le deuxième et sa compréhension de l’amour. Les illustrations de Colonel Moutarde apportent un certain dynamisme et correspondent parfaitement à l’univers de la série. En bref, de très bons petits romans à mettre entre les mains des jeunes lecteurs.

L’année de Jules, Hubert Ben Kemoun (Rageot)
collection Petit Roman (8 tomes parus)
en librairie depuis juin 2014 et janvier 2015
9782700243819 – 5,70 €
à partir de 6-7 ans

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Comme les autres – Françoise Cruz

commeautresAugustin a 9 ans et une surprise l’attend pour cette nouvelle rentrée scolaire. Mademoiselle Julie son institutrice va annoncer à ses parents qu’il est surdoué. Et dès cet instant, beaucoup de choses vont changer : à commencer par le regard qu’ils vont porter sur leur fils…il est plus que ça ! il est surdoué. Mais ce petit en a marre d’être pointé du doigt dans la cour de récré comme à la maison, même si aux yeux de papa et maman cette caractéristique est une fierté. Alors Augustin va partir et montrer ainsi son mécontentement…

★★★☆☆

Un message on ne peut plus intéressant sur l’abord de la différence qui soulève de nombreuses questions :
- comment un enfant surdoué vit-il sa condition ?
- le comportement des parents peut-il être un déclencheur d’angoisses ?
- comment le rassurer ?

Un texte qui aurait mérité d’être approfondi – parce que Françoise Cruz écrit comme elle nous prépare une tartine, c’est délicieux et captivant mais j’aurais aimé un peu de confiture sur la mienne !
Je respecte néanmoins ce choix, c’est une histoire destinée aux plus jeunes (et aux parents) afin de les sensibiliser à ce qu’un enfant surdoué peut vivre et ressentir au contact de ceux qui ne le sont pas. Belle approche et bonne idée d’avoir accompagné le texte de photos illustrant parfaitement bien la situation : Augustin est habillé en super-héros – bien malgré lui – qu’il est dur d’être un Superkid alors que l’on souhaite n’être qu’un enfant ordinaire qui se bagarre à la récré avec les copains.

« - c’est grave ‘surdoué’ ?
– oui, je crois.
– ça se soigne comment ? »

Comme les autres, Françoise Cruz (Naïve)
en librairie depuis le 11 septembre
9782350213682 – 12€
à partir de 6 ans