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Maresi : chroniques de l’Abbaye Ecarlate – Maria Turtschaninoff

9782700253085,0-3755066

Sur une île invisible depuis la mer vivent une communauté de femmes. Des sœurs, qui ont fui le monde et sa violence, celle des hommes en particulier, pour vivre sous la protection d’une ancienne magie. Maresi est une adolescente qui a quitté son foyer après une terrible famine et qui espère, grâce à l’enseignement dispensé par les sœurs, pouvoir un jour apporter son savoir dans son ancien pays. Mais un jour, une nouvelle jeune fille arrive sur l’île et, avec elle, une menace sur la communauté…

★★★★☆

Oh mais voilà un roman de fantasy aussi passionnant qu’étonnant ! Nous sommes dans un monde aux frontières non définies, à la carte floue et aux peuples esquissés où l’on s’intéresse à une petite île réputée invisible à qui ne sait qu’elle se cache à cet endroit précis de l’océan. Menos est une île fouettée par les vents, riche d’une teinture précieuse et où ne vivent que des femmes, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, qui ont quitté leurs foyers trop pauvres ou cruels. C’est avec Maresi que nous découvrons l’histoire de l’île et de sa communauté ancienne. Jeune fille dont la famine a frappé le pays d’origine, Maresi se révèle aussi avide de connaissance que des bons plats préparés à l’abbaye. Déterminée et généreuse, elle accueille volontiers la nouvelle venue, Yaï, qu’un passé terrible poursuit jusque dans son sommeil. Entre corvées, découverte du lieu et apprentissage quotidien, Maresi nous apprend comme à Yaï tout ce qu’il y a à savoir sur l’Abbaye Ecarlate et le culte de la Mère Originelle. Un endroit empli de mystères, de légendes et d’une magie étrange. Mais la quiétude de ce lieu est bientôt menacée, tout comme la sécurité de Yaï et des autres femmes de l’abbaye… Car les hommes arrivent.

Avec Maresi, Maria Turtschaninoff nous offre un monde entre douceur et cruauté, espoir et mort. Le début du roman est assez lent, presque contemplatif, nous laissant découvrir l’île et ses habitantes, leur mode de vie et leur croyance et l’arrivée de cette nouvelle fille qui va bouleverser toute l’abbaye. Une manière de nous attacher à ses personnages, à son univers féminin – et féministe – avant de le voir menacé par la cruauté de l’homme. Maresi est d’ailleurs un personnage fort, qui comprend sa chance d’être à l’abbaye tout en n’oubliant pas son triste passé, déterminé à assouvir sa soif de connaissance dans un but de transmission, et effrayé par une facette de la Mère Originelle qui ne cesse de la poursuivre… Au-delà du roman féministe qui évoque tout simplement la condition des femmes et les traitements violents dont elles sont victimes (c’est le lot de beaucoup des jeunes sœurs de l’abbaye), ou de l’importance de l’éducation, Maria Turtschaninoff, à travers la figure de sa divinité, la Déesse aux Trois Visages, évoque aussi toutes les faces possibles de la femme et j’ai trouvé particulièrement intéressant le personnage de la Rose (dont je ne vous dis rien) qui donne une toute autre dimension à ce qualificatif et qui n’est pas si courant en littérature jeunesse. J’ai été véritablement conquise par ce très beau roman, sa mythologie et sa magie, ses portraits de sœurs courageuses, érudites, malicieuses ou travailleuses qui vivent en harmonie. Une magnifique découverte ! :)

Maresi : chroniques de l’abbaye Ecarlate, Maria Turtschaninoff, traduit par Johanna Kuningas (Rageot)
disponible depuis le 1er mars 2017
9782700253085 – 14,90€
à partir de 13 ans
Son
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La Grande Forêt – Anne Brouillard

97822112169130-3561722

Killiok est inquiet. Son ami le magicien Vari Tchésou ne donne plus de nouvelles depuis le Printemps. De plus, une étrange roulotte serait apparue au cœur de la Grande Forêt, épaississant le mystère. Killiok se rend alors chez Veronica, dans l’espoir qu’elle puisse l’aider. Bientôt, les deux amis décident de quitter leurs maisons et de se rendre dans la Grande Forêt, à la recherche du magicien…

★★★★★

Avec La Grande Forêt, Anne Brouillard signe sans doute son œuvre la plus belle et la plus aboutie. Dans ce premier tome d’une série qui explorera le Pays des Chintiens, un monde imaginaire comprenant onze pays, l’auteure nous transporte dans son univers avec une étonnante facilité. Ses personnages, humains, animaux ou créatures rêvées (à quoi Killiok peut-il bien ressembler ? une sorte de Moomin ?) sont tout de suite attachants et nous rappellent les héros de notre enfance, ceux capables de planifier une randonnée sans rien oublier, de s’aventurer dans les sous-bois sans peur aucune, et de rencontrer d’étranges personnages qui les aideront ou les distrairont de leur quête. Il y a chez Anne Brouillard un imaginaire foisonnant d’une très grande douceur, mais aussi beaucoup d’humour et d’absurde, ce genre de choses propre à l’enfance.

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Un récit magique qui va bien au-delà de l’album : Anne Brouillard passe de l’illustration en pleine page à un découpage en bande dessinée avec une parfaite aisance. Un mélange des genres qui fonctionne à merveille, qui permet de faire avancer l’histoire plus rapidement ou bien de nous laisser le temps d’apprécier tous les détails des maisons, des paysages ou des situations vécues par nos héros dans le Pays du Lac Tranquille. Et pour parfaire son univers, des cartes du pays des Chintiens, des environs de la Grande Forêt ou encore une page de journal viennent apporter toujours plus d’authenticité et d’honnêteté à cette histoire merveilleuse.

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Un album extraordinaire qui plaira autant aux petits qu’aux grands et qui nous donne envie de continuer à explorer la Chintia avec Killiok et Veronica, ou d’autres beaux personnages. :)

La Grande Forêt (Le pays des Chintiens), Anne Brouillard (École des loisirs – Pastel)
disponible depuis le 5 octobre 2016
9782211216913 – 18€
à partir de 7 ans
Son
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Un garçon nommé Noël – Matt Haig

Il y a deux ans, Matt Haig nous avait offert un roman exceptionnel de génialitude avec Humains. Aujourd’hui, il revient avec un roman pour les plus jeunes que l’on vous invite à offrir à tous les enfants de 10 ans pour les fêtes de Noël ! :D

97823300661160-3538589

Nicolas vit en Finlande avec son père Joël, bûcheron. Pauvres, le jeune garçon n’a pour toute possession qu’un traîneau gravé de son surnom « Noël » (car il est né ce jour-là) et une poupée fabriquée dans un navet. Lorsqu’un chasseur se présente dans leur cabane pour proposer à Joël une mission royale, c’est l’occasion de rêver d’une vie meilleure. La mission proposée par le roi : ramener une preuve de l’existence de Lutinbourg, la ville magique des lutins.

★★★★☆

Et c’est ainsi que le père de Nicolas le laisse seul dans leur cabane en plein milieu de la forêt. Jusqu’à l’arrivée de sa terrible tante censée le garder durant l’absence de Joël et qui le force à dormir dehors dans la neige. Après d’horribles moments passés avec elle et ne voyant pas revenir son père, Nicolas décide de partir lui aussi et de tenter de trouver Lutinbourg, et son père. Sur le chemin, Nicolas va faire la rencontre d’un renne blessé qu’il va nommer Eclair et qui va l’accompagner dans son périple. Mais bientôt, l’épuisement les gagne et, sans le concours d’un petit être, Nicolas et Eclair auraient pu mourir… Et c’est ainsi que le jeune garçon et son compagnon se réveillent dans le village de Lutinbourg, accueillis par le Père Topo et Tite Nouch. Mais contrairement à la légende qui parle de lutins toujours joyeux, Nicolas découvre bien vite que quelque chose cloche…

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Comment un petit garçon pauvre comme Nicolas peut-il devenir le célèbre gros monsieur que l’on connaît sous le nom de Père Noël ? C’est tout l’enjeu de cette tendre et magique histoire imaginée par Matt Haig et magnifiquement mise en image par Chris Mould. Un univers de neige et de créatures fantastiques qui nous invite à croire en l’impossible, qui nous montre tout le pouvoir de la bonté, de la bienveillance et de la gentillesse, le crédo des lutins et de celui qui se découvrira la vocation de Père Noël. On se laisse emporter dans cette belle histoire, on sent le vent glacé de la Finlande nous fouetter le visage en enfourchant Eclair, on tremble avec Nicolas dès que l’histoire se corse et on se laisse enivrer par la magie de Noël… Un roman à déguster avec un chocolat chaud et un plaid sur les genoux pendant les longues soirées d’hiver… ☕

Un garçon nommé Noël, Matt Haig, illustré par Chris Mould, traduit par Valérie Le Plouhinec (Hélium)
disponible depuis le 5 octobre 2016
9782330066116 – 13,90€
à partir de 10 ans
Son
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Classiques illustrés

La période de Noël voit toujours la parution de beaux albums. Aujourd’hui, Bob vous propose une belle sélection de textes classiques illustrés par des artistes contemporains, à offrir à tous et à (re)lire ! :) On y parlera pas forcément des textes, le plus souvent connu, mais surtout des images qui les accompagnent.

Docteur Jekyll & Mister Hyde

9782745965486,0-2710975

L’un des plus célèbres textes de R.L. Stevenson est ici traduit et adapté par Maxime Rovere. C’est Sébastien Mourrain qui illustre avec un certain brio l’univers fiévreux et inquiétant de cette histoire fantastique. La couverture, tout en relief et particulièrement belle, donne parfaitement le ton, à la fois de l’histoire mais aussi des illustrations. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ce papillon illustrant la double personnalité est particulièrement beau et effrayant, non ? Sébastien Mourrain a choisi de rester dans les tons de la couverture pour l’intérieur du livre : du noir et blanc, avec une touche de jaune, ce qui donne une atmosphère toute particulière à ce texte rendu accessible aux plus jeunes. Un album sombre et envoûtant, une belle relecture de ce classique.
Rendez-vous sur le site de l’illustrateur pour quelques aperçus. :)

Docteur Jekyll et Mister Hyde, Robert Louis Stevenson, illustré par Sébastien Mourrain, traduit et adapté par Maxime Rovere (Milan jeunesse)
collection Albums classiques
disponible depuis le 7 octobre 2015
9782745965486 – 16,90€
à partir de 10 ans

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L’appel de la forêt

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C’est dans la collection des « Grands Classiques illustrés » que nous retrouvons maintenant L’appel de la forêt. Publié pour le centenaire de la mort de Jack London, le texte s’offre une nouvelle traduction par Annie-France Mistral et, surtout, les illustrations splendides de Maurizio Quarello. Comme pour les autres titres de la collection, le format est grand (plus que le double décimètre de Bob, c’est dire !) et agréable, le texte intégral est accompagné d’illustrations en pleine page, voire en double-pages. Un vrai régal pour les yeux que ces magnifiques peintures à l’huile de Maurizio Quarello, aussi riches que le texte de London et où le sauvage et la beauté des grands espaces se disputent à la cruauté des hommes. Un album superbe, un hommage vibrant à l’œuvre pleine d’aventure de Jack London, la meilleure façon de lire ou relire ce très beau roman.

L’appel de la forêt, Jack London, illustré par Maurizio A.C. Quarello, traduit par Annie-France Mistral (Sarbacane)
collection Les grands classiques illustrés
disponible depuis le 7 octobre 2015
9782848657950 – 23,50€
à partir de 10 ans

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Peter Pan

9782013831369,0-2352043

L’ouvrage le plus volumineux de cette sélection, c’est Peter Pan qui, de ses 200 pages, en compte une bonne moitié illustrée. C’est Régis Lejonc (que Bob adore !) qui nous propose sa version de cette histoire centenaire, que l’on prend énormément de plaisir à relire, d’autant plus quand la version de Disney nous a pas mal parasité. J’ai beaucoup aimé le style qu’a choisi Régis Lejonc, en parfait accord avec l’époque où a été publié le roman, puisque tous ses tableaux ne sont pas sans rappeler l’Art nouveau (moi qui adore Alfons Mucha, j’ai été servie). Grâce à ces images, je me suis surprise à redécouvrir le texte et à l’apprécier tout autrement. Une très belle expérience de lecture et encore un très beau livre à offrir !

Peter Pan, James Matthew Barrie, illustré par Régis Lejonc, traduit par Michel Laporte (Gautier-Languereau)
disponible depuis le 21 octobre 2015
9782013831369 – 25€
à partir de 10 ans

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Harry Potter à l’école des sorciers

9782070669073,0-2723765

On termine avec l’incontournable pour Noël, à offrir impérativement à tous les fans d’Harry Potter ! C’est Jim Kay qui illustre ce tout premier tome illustré et c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on découvre chacun de ses tableaux au cours de la relecture. Malgré les images que l’on garde des film ou des précédentes couvertures des livres, nous ne sommes pas déçus de l’apparence de Drago ou de Hagrid et, surtout, on passe son temps à regarder les petits détails, qui ajoutent à l’univers, et les couleurs, superbes ! L’édition la plus chère de cette sélection mais qui fera le bonheur de tous les fans du petit sorcier à la cicatrice. Ce sera d’ailleurs l’un des cadeaux de Bob, obligé !

Harry Potter à l’école des sorciers, J.K. Rowling, illustré par Jim Kay, traduit par Jean-François Ménard (Gallimard jeunesse)
disponible depuis le 22 octobre 2015
9782070669073 – 39€
à partir de 10 ans

Son
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Le livre de toutes les réponses sauf une – Manon Fargetton

9782700247886,0-2778185

Cette année, Bérénice entre dans un nouveau collège et, comme à chaque fois, son nom de famille – Lamort – provoque les moqueries. Mais cette fois, il y a une autre élève au nom étrange : Pandora Hurlevent, qui sait supporter les ricanements. Les deux jeunes filles vont vite se lier d’amitié, à laquelle va se joindre Lazare. Un trio qui va partager ses rêves et ses confidences chez Bérénice…jusqu’au jour où c’est au tour de Pandora d’accueillir son amie chez elle…

★★★★☆

Déjà connue pour ses romans de fantasy ou ses thrillers chez Rageot, Manon Fargetton s’adresse ici à un lectorat un peu plus jeune pour une histoire qui mordille la frontière du fantastique. On y retrouve trois personnages, trois ados un peu en marge des autres, dont on se moque à cause de leurs noms un peu spéciaux ou de leur orientation sexuelle. Mais au-delà des notions de harcèlement, c’est surtout l’amitié qui prime, les liens qui se créent entre chaque personnage. Et notamment ceux de Bérénice et Pandora. Issues de familles originales (monde du spectacle pour Bérénice, histoire et archéologie pour Pandora), il était évident que les deux jeunes filles ne pouvaient qu’être amies. Pourtant, une différence sociale va les séparer un certain temps, jusqu’à ce que Pandora accepte d’inviter Bérénice chez elle, dans un manoir à l’écart de la ville, avec chauffeur, cuisinière et tableaux de maîtres. Mais le plus intéressant chez les Hurlevent, c’est la bibliothèque. Une bibliothèque magnifique qui referme un ouvrage millénaire, un livre capable de répondre à toutes les questions…sauf une. Sauf celles qui commencent pas « pourquoi ? »… Pourtant, Bérénice n’a que des questions de ce type à la bouche, car elle cache un lourd secret, qu’elle a confié à son amie qui pense que le livre lui permettra de soulager son cœur. Mais c’est tout le contraire qui se passe…
Sans vous en dire plus sur l’histoire, qui se découvre véritablement au fil des pages, Le livre de toutes les réponses sauf une est un très joli roman qui mélange une variété de thématiques sans pour autant tomber dans le fourre-tout. Un peu de suspense, des amitiés qui se nouent et se dénouent, des éléments fantastiques, des secrets et pas mal de références. Mais aussi une façon de gérer un deuil, de se construire ou se reconstruire. Une belle évocation de relations familiales, en somme. L’écriture de Manon Fargetton est tout en douceur, et la pointe de magie sert parfaitement le propos plutôt grave évoqué dans l’histoire. Je regrette peut-être juste que le mystère archéologique ne soit pas résolu, j’aurais été bien curieuse de découvrir l’hypothèse de l’auteure. :P

Le livre de toutes les réponses sauf une, Manon Fargetton (Rageot)
disponible depuis le 16 septembre 2015
9782700247886 – 6,45€
à partir de 11 ans

Son
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Aliénor Mandragore, t.1 – Séverine Gauthier et Thomas Labourot

9782369811978,0-2704552

Séverine Gauthier est une auteure de BD que Bob aime tout particulièrement, notamment pour son écriture très souvent poétique. Ici, elle change de registre et retrouve Thomas Labourot, avec qui elle avait déjà fait Mon arbre ou encore Garance, deux très belles BD.

Aliénor vit à Brocéliande avec son père, le célèbre enchanteur Merlin. Un jour où il lui transmet ses connaissances sur les champignons, Aliénor, qui l’écoute d’une oreille distraite, découvre une drôle de plante : la mandragore, dont le cri quand on les arrache est capable de tuer. Aliénor arrache la mandragore et survit ! Mais Merlin, qui faisait son petit malin, est tué sur le coup…

★★★★☆

Voilà le point de départ de cette première aventure d’Aliénor Mandragore où un Merlin ronchon ne compte pas rester mort très longtemps. La légende arthurienne est un terreau fertile pour les auteurs de BD ou de romans, et Séverine Gauthier a choisi ici d’évoquer la légende avec humour ! Nous avons donc un vieux Merlin féru de champignons, une Morgane peu commode qui produit du miel, une Viviane qui ne se déplace jamais sans sa baignoire et un petit Lancelot qui apprend à développer son courage. Et nous avons bien sûr Aliénor, courageuse et espiègle, qui se découvre des dons… Le scénario de Séverine Gauthier mélange habilement aventure, humour et légendes bretonnes, les dialogues sont savoureux – j’ai particulièrement aimé la rencontre d’Aliénor avec l’Ermite – et ce premier tome se suffit à lui-même avec une chute aussi drôle que le reste du volume.

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Les illustrations de Thomas Labourot se marient parfaitement avec l’histoire : un découpage dynamique, des personnages expressifs, de magnifiques décors, des couleurs pêchues et plein de petits détails ou scènes d’arrière-plan humoristiques.
En bonus dans ce volume, L’écho de Brocéliance, la feuille de chou de la forêt qui nous offre quelques moments supplémentaires en compagnie des héros de l’histoire, avec une interview de la fée Morgane, une recette de potion magique ou encore des petites annonces et publicités !
Un excellent moment à passer dans la forêt de Brocéliande, une première histoire ébouriffante qui donne très envie de découvrir les prochaines aventures d’Aliénor ! :)

Aliénor Mandragore – 1, Merlin est mort, vive Merlin !, Séverine Gauthier et Thomas Labourot (Rue de Sèvres)
disponible depuis le 2 septembre 2015
9782369811978 – 12€
à partir de 9 ans

Son
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Billie Fossette : à la ferme du laurier rose – Sabrina Bensalah

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Billie Fossette est une petite fille au caractère bien trempé. Après de nombreuses frasques, elle est renvoyée de son école. Une aubaine pour celle qui n’aime pas l’école ! Sauf que ses parents en ont décidé autrement ! Agacés par le comportement de Billie, ils décident de l’emmener à la ferme du Laurier Rose, où un couple de fermier se charge de redonner un peu de discipline aux jeunes…

★★★☆☆

Et c’est là que commence une histoire complètement loufoque, dans la plus pure lignée des romans de la collection Pépix. Sabrina Bensalah, dont c’est le premier roman dans cette collection (on vous avait chroniqué son Exprim’ qui était génial !), s’en est donnée à cœur joie en matière d’irrévérence ! Billie est une petite boule pleine d’énergie, salopette et cheveux en bataille, qui n’hésite pas à répondre aux adultes, pour notre plus grand bonheur. Et sans aucun doute celui des enfants… :P Une petite fille pas si éloignée de Fifi Brindacier, en somme.
Il y a de l’humour, donc, mais aussi des personnages truculents : de bons méchants, les biens nommés monsieur et madame Lamatraque, propriétaires du Laurier Rose, qui vont mener la vie dure à Billie ; des amis fidèles mais un peu spéciaux, Brunella et Baptistin (vous voyez le tableau, hein ?) ; une Sorcière ? ; et des poules qui semblent parler… Et en guest-star : Stromae (formidable, non ? *ooouuuh, personne ne l’avait faite, celle-là*). En tous cas, on ne s’ennuie pas dans cette aventure rocambolesque, où la magie et un peu de peur s’ajoutent aux ingrédients habituels de la collection.
J’ai cependant été un peu moins convaincue par l’écriture de Sabrina Bensalah sur ce roman, je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait plu dans Vers le bleu. Bien qu’il soit destiné à un tout autre public et sur des thèmes très différents, j’ai trouvé cette Billie Fossette malgré tout un peu trop dans le moule. Mais ça n’enlève rien au plaisir de lecture que trouveront les plus jeunes dans cette histoire en plus très joliment illustrée ! :)

Billie Fossette : à la ferme du laurier rose, Sabrina Bensalah (Sarbacane)
collection Pepix
disponible le 2 septembre 2015
9782848658148 – 10,90€
à partir de 8 ans

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Les neiges de l’éternel – Claire Krust

9782917689929,0-2681494

Pour cette rentrée littéraire ado, Bob a décidé de vous parler d’un premier roman qui ne figure pas dans une collection pour adolescents mais qui, par sa qualité et son histoire, pourrait tout à fait leur plaire. ;)

Yuki, jeune fille noble dont le frère se meurt, décide de quitter le château de son père Daimyo pour partir à la recherche d’un célèbre guérisseur, son dernier espoir pour sauver son frère. Dans le froid de l’hiver, la jeune fille se déguise en homme et parvient au pied de la montagne où il vit. Mais le guérisseur, depuis la mort de son fils, ne souhaite plus soigner qui que ce soit… Yuki réussira-t-elle à faire fléchir l’homme et à sauver son frère ?

★★★★☆

En vrai, je ne vous ai fait le résumé que de la première histoire qui constitue ce doux et éclatant roman, telle la neige qui recouvre le paysage de ce Japon féodal imaginé par Claire Krust. Je dis bien roman car, malgré ce que l’on pourrait penser être des nouvelles à la lecture des différentes parties, chaque histoire est liée à l’autre, d’une manière ou d’une autre, sans se soucier de la chronologie ou des personnages. C’est d’ailleurs l’une des particularités des Neiges de l’éternel, une construction qui s’affranchit du temps, qui nous surprend, mais qui donne aussi cette saveur à la lecture, celle de découvrir toute une vie par fragments, jouant avec notre impatience de percer les mystères et les secrets et notre infini plaisir à se laisser emporter par les histoires de ces personnages, vivants…ou non.
Ce qui m’a également beaucoup plu est cette ambiance hivernale, presque un personnage de chacun des récits, cette fantasy latente, où les fantômes et la magie s’entremêlent aux croyances issues de ce Japon presque réaliste (car la géographie évoquée dans le roman vous montrera vite qu’il n’y du Japon que l’inspiration). Les personnages, à commencer par Yuki, sont tous très beaux, même lorsqu’ils sont cruels ou égoïstes, et on s’attache à chacun d’entre eux, les redécouvrant au fur et à mesure des histoires. Au final, il semble que la mort et la maladie soient au cœur des Neiges de l’éternel, mais Claire Krust parvient avec la douceur des flocons à nous faire tourner la dernière page avec l’espoir et l’amour. Une très belle découverte ! :)

Les neiges de l’éternel, Claire Krust (ActuSF)
collection Les trois souhaits
disponible depuis le 21 août 2015
9782917689929 – 18€
à partir de 14 ans

Son
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Le secret de l’inventeur, t.1 Rébellion – Andrea Cremer

Bob ne s’arrête plus de lire ! Et il vient de terminer le premier tome de la nouvelle trilogie d’Andrea Cremer. Andrea Cremer qui sera présente lors du Salon du livre de Paris et que nous aurons la chance de pouvoir interviewer, grâce aux éditions Lumen ! :D Du coup, si vous aussi vous avez des questions pour l’auteur, n’hésitez surtout par à nous les envoyer par mail ou en laissant un commentaire sur cet article. :)

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Lorsque Charlotte sauve un jeune garçon d’une machine lancée à ses trousses, elle ne s’imagine pas que sa vie est sur le point de changer. Nous sommes aux États-Unis, peu après la guerre d’indépendance remportée par les britanniques et la résistance s’organise. Charlotte et d’autres jeunes, cachés dans les Catacombes, en font partie. Mais l’arrivée du jeune garçon surnommé Grave va changer leurs plans. Charlotte va ainsi devoir se rendre dans la cité flottante de New York pour y percer le secret de son nouvel ami, et venir en aide à la rébellion.

★★★☆☆

Premier tome de ce qui s’annonce comme une trilogie, Le secret de l’inventeur est une uchronie steampunk (ou rétro-futuriste, c’est comme vous voulez), qui part du principe que la guerre d’indépendance des États-Unis s’est soldée par un échec des colons. C’est donc l’Empire britannique qui gouverne d’une main de fer…et ce n’est pas peu dire puisque l’Empire possède des machines de guerre propres à mater l’ennemi et à dissuader toute rébellion. Notre jeune héroïne, Charlotte, fait partie de cette rébellion des colons américains et, si elle vit éloignée des combats et de ses parents qui les mènent, cela ne l’empêche pas de faire tout son possible pour les rejoindre. Mais la rencontre avec Grave, va totalement changer la donne, tout en lui donnant la possibilité de vivre l’aventure dont elle rêvait.
Malgré un début un peu long à la mise en place, Rébellion est un roman qui plaira sans aucun doute. On y trouve tous les ingrédients requis : héroïne rebelle, monde fantastique, mystères et aventures…et une amourette contrariée. L’intérêt vient surtout de l’inspiration steampunk de l’auteur et le choix du lieu et de l’époque. Je ne suis pas une experte du genre mais de tout ce que j’ai lu, ça se déroulait le plus souvent dans le courant du XIXe siècle en Europe. Il est donc super intéressant de découvrir le découpage des États-Unis après l’échec de la guerre d’indépendance (notamment grâce à une carte), même si ça reste succinct afin de privilégier l’intrigue, et l’évolution de l’histoire du pays après cette guerre. En revanche, c’est un peu dommage que l’auteur ne nous donne pas plus de repères historiques (ou une chronologie) car il n’est pas si aisé de savoir à quelle époque on se trouve exactement et certains détails peuvent nous échapper (il est vrai qu’en tant qu’européens, et surtout français, on étudie moins l’histoire des États-Unis à l’école que celle de l’Europe). J’ai aussi regretté que certaines informations de civilisation arrivent si tard dans le récit, par exemple : les personnages ont tendance à jurer le nom de dieux grecs. Pourquoi ? C’est un mystère qui nous sera plus ou moins expliqué vers la fin du récit.
Au-delà de ces détails, qui n’ont finalement que peu d’incidence sur l’histoire en elle-même, le récit est très bien mené. On se laisse entraîner avec Charlotte dans la découverte de cette New York flottante, où les us et coutumes sont bien différents de ceux des Catacombes, et où elle devra donner le change si elle veut réussir sa mission. On s’interroge sur le mystère qui entoure Grave, même si on se doute très vite (ou même dès le début si on est amateur de steampunk) de sa réelle nature, et on se laisse émerveiller par les gadgets et les secrets des Inventeurs qui peuplent ces États-Unis alternatifs.
Le petit laïus de l’éditeur nous promettait « monstres d’acier » (c’est bon, et il y en a des plutôt coriaces !), « magie vaudou » (bon, je n’en ai pas relevé des tonnes d’allusions au sujet, même si on en trouve un peu à la fin) et « combat pour la liberté » (c’est en effet la mission de notre jeune héroïne mais ça reste à réaliser). Globalement, le programme est tenu, mais on sent quand même bien qu’il ne s’agit que d’une mise en bouche et qu’il nous faudra probablement attendre la suite pour en apprécier toute la saveur… Car nombre de mystères sont posés et l’auteur nous promet de belles aventures à venir… A suivre, en tous cas et peut-être aurons-nous quelques réponses durant le Salon du livre ! :)

Le secret de l’inventeur, 1. Rébellion, Andrea Cremer (Lumen)
en librairie depuis le 12 février 2015
9782371020290 – 15 €
à partir de 13 ans

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14-14 – Silène Edgar & Paul Beorn

14-14 a eu le prix Gulli du roman 2014 ! C’était en août. Oui, nous sommes sacrément en retard mais avec Bob, on aime se faire remarquer.
J’aime beaucoup ce prix, chaque année je suis ravie de voir de bons romans récompensés – l’année dernière c’était Le manoir d’Evelyne Brisou-Pellen et quand j’ai vu le bandeau “prix Gulli” sur 14-14 j’ai sauté de joie, c’est amplement mérité et puis ça tombe bien, je viens de le finir alors je ne pouvais pas ne pas en parler.

Couv 14-14 vdef.inddAdrien et Hadrien ont 13 ans et vivent tous les deux en Picardie, deux adolescents tout à fait normaux avec des occupations tout ce qu’il y a de plus banales…ce qui l’est moins c’est qu’Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. AH ! Ca devient nettement plus intriguant tout à coup :) A l’aide d’une étrange boîte aux lettres, Adrien & Hadrien vont correspondre et se lier d’amitié. Mais Hadrien est en 1914 et la Guerre approche…

★★★★★

C’est brillant : les différentes époques sont analysées et présentées avec justesse, des copies de vieilles affiches, cartes, photos alimentent agréablement le roman. Je m’attendais à lire un roman mêlant aventure et fantastique et j’ai été surprise par l’originalité que j’ai pu y trouver. Ce roman s’avale tout seul, il se lit d’une traite, promis vous ne serait pas déçus. Retour vers le futur ? ou retour vers le passé ? Si seulement une boîte aux lettres comme celle-ci existait, Marie-Antoinette et moi serions BFF.

“et s’aperçoit, stupéfait, qu’une nouvelle boîte aux lettres a été installée juste devant la maison. c’est bizarre, elle doit être toute neuve ; en fait, il aurait juré qu’elle n’était pas là tout à l’heure. Ce qui est encore plus bizarre, c’est qu’elle a un air vieillot et elle est déjà rouillée aux angles. Et puis elle est bleue au lieu d’être jaune…”

Le site de Silène Edgar
Le blog de Paul Beorn

14-14, Silène Edgar & Paul Beorn (Castelmore)
en librairie depuis le 16 avril
9782362311192 – 10,90€
à partir de 10 ans