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Florian Bates : alerte au musée – James Ponti

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Florian Bates est un élève de 5e tout à fait normal, bien que doué d’une faculté un peu bizarre : il remarque tous les petits détails que personne ne voit et les relie entre eux. Un don plutôt utile pour résoudre des mystères ou des enquêtes ? C’est aussi ce que pense le FBI. Et lorsque des tableaux sont volés au musée où travaillent ses parents, Florian va devenir un consultant d’un genre particulier pour le FBI…

★★★★☆

Si Sherlock Holmes avait un fils, il se nommerait Florian Bates. Une simple marque de chaussure, une marque de bronzage, voilà le genre de petits détails qui peuvent tout dire de vous, ou en tous cas de vos derniers voyages, pour un garçon de 12 ans doué d’une perception étonnante. Ce pouvoir un peu spécial, il ne nomme le GRATIN : le Guide de Recherche et Analyse de Tout Indice Négligeable. Et jusqu’à présent, il était le seul à l’utiliser. Mais après avoir voyagé à travers le monde, la famille Bates s’installe à Washington et Florian fait immédiatement la rencontre de Margaret, une fille géniale qui fait du football et s’intéresse à son drôle de pouvoir. C’est lorsque les deux amis sont au musée, Florian initiant Margaret au gratin, que ce qui n’était qu’un jeu bascule soudain en enquête fédérale et propulse Florian et sa famille au cœur d’une affaire de vol d’œuvres d’art.

Du rythme, de l’humour, de l’esprit, un peu de frissons, tous les ingrédients sont réunis dans ce roman policier à la traduction impeccable (en langue originale, le GRATIN est appelé TOAST : the theory of all small things). On s’attache instantanément à Florian et Margaret, un duo d’enquêteurs flamboyant qui, du haut de leurs 12 ans, restent malgré tout des enfants. L’intrigue, très riche, nous fait également découvrir de nombreux endroits de Washington (ce n’est pas souvent qu’on se trouve là-bas en littérature jeunesse) mais aussi quelques peintures célèbres ou encore les techniques de survie du FBI en cas de kidnapping…ce qui s’avère particulièrement utile, vous en conviendrez. Cette première enquête de Florian Bates est rondement menée, avec des twists jusqu’à la dernière ligne, et on attend avec impatience la suite des aventures de ces deux jeunes héros dégourdis ! :D

Florian Bates : alerte au musée, James Ponti, traduit par Cécile Chartres (hélium)
disponible le 7 septembre 2016
9782330065997 – 13,90€
à partir de 11 ans
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Lever de rideau sur Terezin – Christophe Lambert

9782747056830,0-2688148

Après l’excellent Swing à Berlin, Christophe Lambert s’intéresse à nouveau à l’art pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme l’auteur l’explique dans sa postface, nombreux sont les lecteurs à lui avoir demandé s’il y aurait une suite à l’histoire de ses jeunes musiciens de jazz jouant pour le régime nazi. Ce n’était évidemment pas possible, alors l’auteur a pensé à une autre histoire, qu’il avait déjà repérée lors de ses recherches pour ce précédent roman…

Novembre 1943. Victor Steiner, célèbre dramaturge juif, est arrêté et déporté. Il est envoyé à Terezin, en Tchécoslovaquie, un camp qui ressemble à une petite ville, où il va se découvrir un fan : un officier SS qui va lui commander une pièce. Car la Croix-Rouge envoie une délégation pour contrôler le traitement des prisonniers et il faudra les divertir. Mais écrire sous la contrainte, et en plus pour les Nazis, Steiner s’y refuse. Mais il n’a évidemment pas le choix…

★★★★★

Si l’on connaît déjà un certain nombre de romans évoquant les camps de concentration, on connaît peut-être moins celui de Terezin. Il était notamment réservé aux Juifs célèbres, que les disparitions soudaines auraient sans doute alertés. Même s’il était un camp comme les autres, les Nazis le présentèrent au monde comme un modèle de colonie juive, une ville factice. C’est dans cet environnement que va évoluer Victor Steiner, célèbre homme de théâtre français. Après la déportation et la terreur des premiers jours, Steiner va obtenir un semblant de liberté et quelques privilèges lorsque Waltz, un officier nazi, lui demande d’écrire une pièce pour la visite de la Croix-Rouge. Très vite, Steiner va ravaler sa fierté d’auteur libre et se consacrer à l’écriture sous la contrainte car il n’y a pas que son art en jeu, mais aussi la véritable liberté que la Résistance planifie pour la représentation…

Encore une fois, Christophe Lambert nous plonge dans un pan de l’Histoire avec beaucoup de talent. Son écriture, fine et fluide, nous offre un roman haletant malgré le contexte terrible. On y retrouve l’importance de l’art, et notamment du théâtre, pour des personnages à qui il ne semble rester que la misère et la peur. J’ai beaucoup aimé la réflexion sur l’écriture, la contrainte et l’inspiration. Mais j’ai surtout aimé cet hommage vibrant, comme il le fit dans son précédent roman, que Christophe Lambert rend à l’art, l’amitié, la liberté. Et puisqu’il est question de théâtre, il est important de souligner la présence de la pièce écrite par le personnage principal, Victor Steiner, à la toute fin du roman. Une jolie mise en abyme, qui nous montre aussi le talent de Christophe Lambert pour l’écriture en alexandrins. :) Un roman extrêmement bien documenté, qui fait également la part belle à l’aventure et l’émotion. Magnifique !

Lever de rideau sur Terezin, Christophe Lambert (Bayard jeunesse)
disponible depuis le 27 août 2015
9782747056830 – 14,90€
à partir de 13 ans

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Blackwood, le pensionnat de nulle part – Lois Duncan

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Dans les nouvelles parutions de la collection Black Moon figure Blackwood, un roman qui date de 1974 et traduit pour la première fois en France afin de préparer une adaptation cinématographique actuellement en cours et produite par nulle autre que Stephenie Meyer, la maman de Twilight. Alors, prochain gros succès ou pas ? :P

Après le remariage de sa mère, Kit est contrainte d’aller dans un pensionnat. Elle arrive à Blackwood, ancienne demeure gothique où elle étudiera avec d’autres jeunes filles. Sous la direction de Mme Duret, les filles recevront un enseignement de qualité, où les arts ont toute leur place. Mais très vite, Kit ressent un étrange malaise dans cette école…à commencer par le fait qu’elles ne sont que quatre pensionnaires…

★★★☆☆

Amateurs de mystères et de romans gothiques façon 19e siècle, ce roman est fait pour vous ! Il y a indéniablement un petit goût de vieillot dans ce roman qui a quand même 40 ans, même s’il a été remanié par son auteur il y a quelques années (ce qui a sans doute aidé pour l’adaptation ciné à venir). Si Lois Duncan a ajouté des ordinateurs et des téléphones portables (inutiles très vite) histoire de s’intégrer dans le 21e siècle, les dialogues sont quant à eux restés très old school : on imagine mal quatre adolescentes s’exprimer aujourd’hui comme elles le font dans tout le roman. Mais c’est finalement ce qui fait aussi le charme désuet de cette histoire de fantômes. On a l’impression d’être hors du temps, dans un huis-clos angoissant où la résolution ne viendra que dans les dernières pages…s’il y en a une ! (héhé, non je ne vous dis rien) Les personnages sont attachants, particulièrement Kit et Sandy, on se laisse assez vite emporter par l’ambiance et dans le mystère qui entoure cette étrange pension dont la froide Mme Duret garde bien les secrets. De quoi donner un film inquiétant… :)

Blackwood, le pensionnat de nulle part, Lois Duncan (Hachette)
collection Black Moon
disponible le 26 août 2015
9782012036475 – 16€
à partir de 13 ans

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Les belles danses – Marie Desplechin & Jean-Michel Othoniel

A l’origine, il était prévu que nous présentions La Toile des éditions Courtes et Longues…mais en ayant eu entre les mains, tout frais sorti des cartons Les belles danses du même éditeur, il était évident qu’il fallait en parler tant il est envoûtant.

★★★★★

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En mai dernier, l’artiste Jean-Michel Othoniel – en collaboration avec le paysagiste Louis Benech, présentait le résultat de son travail dont la teneur consistait à recréer le bosquet du Théâtre d’Eau du jardin de Versailles. Trois sculptures fontaines ainsi que le réaménagement du jardin retranscrivent métaphoriquement les danses de Louis XIV. Dans ce bel ouvrage, Marie Desplechin raconte avec la plume qu’on lui connait, l’histoire cette oeuvre d’art. L’artiste Jean-Michel Othoniel raconte ses premiers souvenirs concernant Versailles : la grandeur du lieu et la magnificence des sculptures à travers son regard d’enfant « j’ai l’impression que je suis entré dans un conte de fées. c’est étrange. c’est magique ». Toutes les sculptures dont l’artiste a orné le bosquet sont en perles de verre qui jouent avec la lumière « elles ajoutent à l’enchantement des jardins qui sont des images du paradis ». A travers les pages, on nous parle de beauté, de la notion d’ordre et de la genèse du projet du théâtre d’Eau où tout était à refaire, recréer un espace à l’image de l’Histoire. On apprend que Louis XIV voulait le plus beau château du monde, dans le plus beau parc du monde qui deviendra Versailles et que le plus talentueux jardinier à cette époque avait été engagé pour créer les jardins : André Le Nôtre.

Mais pourquoi Les belles danses ?

En imaginant les fontaines, notre artiste nous rappelle que petit, Louis XIV raffolait de la danse, du théâtre, de la scène en général et sous son règne elle fût de plus en plus spectaculaire, aérienne et influença toutes les cours d’Europe : on parlera de « belle danse ». Le musicien Lully était le compositeur préféré du Roi et Jean-Michel Othoniel s’en inspira « sur les bassins, l’eau s’élève, cabriole et dégringole. elle danse ».
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Nous ne pouvons que vous inciter à ouvrir ce livre, qui nous conte en plus la fabrication des quelques 1750 perles soufflées par des maîtres verriers, avec 22 000 feuilles d’or incrustées dans chacune d’entre elles – perles qui seront toutes fixées sur des grandes tiges de métal. Grâce au travail extraordinaire de Jean-Michel Othoniel, les images du Roi Soleil et de la danse n’auront jamais connu aussi belles allégories pour Versailles.

Avec beaucoup de finesse et de pudeur, les textes de Marie Desplechin sont en parfaite adéquation avec les aquarelles et les photographies des Œuvres de Jean-Michel Othoniel, une alchimie qui devait être éditée : bravo aux éditions Courtes et Longues.

Les belles danses, Marie Desplechin & Jean-Michel Othoniel
disponible depuis le 25 juin 2015
9782352901396 – 19.50€
à partir de 12 ans

« il faut de l’enfance répandue partout »
Louis XIV à son architecte puis,
Louis Benech à Jean-Michel Othoniel
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Magnet’Art, c’est toi l’artiste !

magnetart Depuis que j’ai découvert ce livre-objet, je m’éclate comme un dingue, sauf qu’en attendant je ne prépare pas les cadeaux de Noël de Bob. Savez-vous ce qu’on peut faire avec ce jeu ? Il faut reconstituer chaque tableau en cherchant parmi les 87 pièces aimantées de l’enveloppe les éléments manquants ou alors…vous pouvez créer des tableaux originaux en imaginant un texte très édulcoré qui accompagnera votre splendide création. Autant vous dire que vous en avez pour la journée à exercer votre art le plus sérieusement du monde ou à vous tordre comme des baleines. Un livre tel que celui invite son lecteur à jouer avec les époques, les couleurs et les techniques des différents peintres présentés. Un voyage inédit dans l’histoire de l’art si vous souhaitez la faire découvrir aux plus jeunes. Ils découvriront ainsi six célèbres tableaux :

* La fresque murale à Pompéi
* La visitation de Vittore Carpaccio
* La chambre Van Gogh à Arles de Van Gogh
* La charmeuse de serpents du Douanier Rousseau
* L’atelier de Bazille de Frédéric Bazille
* Le vieil homme d’Artimino de Giovanna Garzoni

….ou alors vous pouvez leur faire faire des bêtises en recréant la scène de La visitation :)

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« - …Le voleur de poules ! J’ai encore rêvé de lui Martha…oh je me sens si mal…le voleur de pouuuules !

- Bon sang calmez-vous Arlette, il n’y a pas de voleur de poules ! Asseyez-vous et mangez donc du jambon. »

(il va vraiment falloir qu’on investisse dans un appareil photo digne de ce nom.)

Magnet’Art (Milan)
sorti en octobre 2014 (réédition de 2013)
9782745967503 – 18.50€
à partir de 6 ans